Category Archives: Art

CHRISTER STROMHOLM – POSTE RESTANTE

Christer Strömholm, né en 1918 en Suède, commence sa carrière photographique en 1958, en voyageant dans des lieux comme Paris, Los Angeles, Tokyo, Calcutta et Nairobi. Il se fait rapidement connaître grâce à ses séries intimes de photographies de rue en noir et blanc. Initialement publié en suédois en 1967, Poste Restante est devenu l’un des livres de photographie les plus collectionnés à partir du milieu du XXe siècle, se classant à côté des publications les plus connues de Robert Frank et Ed Van der Elsken. Cette autobiographie photographique détaille de nombreux voyages du grand photographe suédois à travers le monde dans un livre construit comme un journal existentialiste. Juxtaposant l’urbanité et le macabre, combinant du portrait, des scènes de rue avec des fragments photographiques abstraits, l’ouvrage utilise la métaphore et le calembour visuel dans un flux incessant de la conscience. Dans sa progression et dans sa conception, ce livre préfigure une grande partie de l’édition photographique contemporaine. L’ouvrage comprend l’ensemble des 96 photographies de la première édition, avec la mise en page originale et les textes traduits en français pour la première fois. L’introduction non révisée de 1967, un texte de Tor-Ivan Odulf, est basée sur une interview enregistrée avec le photographe et conduite pendant cinq jours dans un hôtel à Paris. Intitulée Avant la Photographie, elle raconte des souvenirs d’enfance de Strömholm et quelques anecdotes passionnantes de la Seconde Guerre mondiale, comme son engagement dans la résistance. Avec Poste Restante, Christer Strömholm s’affirme comme celui qui peut-être, de toute l’histoire de la photographie, a su le plus authentiquement utiliser ce médium tel un langage symbolique ou formel pour exprimer des sensations intimes, un vécu subjectif. Étrange et étouffant, son univers visuel ne dénote pas seulement une attirance pour le pervers et le lugubre, mais aussi une prise de position en faveur de la marginalité et de la solitude : une vision profondément tolérante de l’humanité. Publié par la maison d’édition française The Eyes Publishing, cet ouvrage incontournable est maintenant disponible sur leur boutique en ligne.

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RAYMOND PETTIBON – A PEN OF ALL WORK – NEW YORK – OPENING

L’artiste new-yorkais Raymond Pettibon investit depuis le 8 février dernier les trois niveaux du New Museum de New York. Organisée par par Gary Carrion-Murayari et Massimiliano Gioni, A Pen of All Work est la plus grande présentation de l’œuvre de Pettibon à ce jour et se compose de plus de 700 dessins des années 1960 à nos jours. Elle se compose également de quelques-uns de ses premiers livres et zines auto-produits, ainsi que de plusieurs vidéos réalisées en collaboration avec des artistes et ses amis musiciens. Cette collection unique d’objets et d’installations immersives offre un aperçu de l’esprit de l’un des artistes américains les plus influents et visionnaires. Jusqu’au 4 septembre 2017.

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REBECCA NORRIS WEBB – MY DAKOTA

Rebecca Norris Webb, poète et photographe, explore les rapports complexes entre les hommes et leurs environnements, notamment urbains. L’artiste américaine entrelace souvent son texte et ses photographies dans ses livres. C’est notamment le cas avec sa troisième monographie My Dakota. Sorti pour la première fois en 2012 et immédiatement considéré comme un classique, le livre est aujourd’hui republié par les éditions Radius Books. En 2005, Rebecca Norris Webb entreprend de photographier son état natal du Dakota du Sud, un état relativement peu peuplé sur les Grandes Plaines, avec plus de buffles, d’antilopes, de cerfs et de chiens de prairie que d’habitants. C’est le pays des Pow Wow indiens, des rodéos, du maïs et des rafles de buffle dans le véritable esprit de l’Old West. Dominé par les grands espaces et le silence, le paysage à la fois rude et merveilleux du Dakota du Sud est parfois en proie à un vent brutal et à des conditions météorologiques extrêmes. L’année suivante, cependant, tout a changé pour la photographe, quand son frère est mort subitement d’une insuffisance cardiaque. «Pendant des mois, écrit-elle dans la postface de cet ouvrage, l’une des rares choses qui a atténué ma douleur était le paysage du Dakota du Sud… Je me suis alors demandé: la perte d’un être cher possède-t-elle sa propre géographie?». Ses photographies, à la fois sublimes et éthérées, redéfinissent la notion de ce qu’un livre sur le lieu, la mémoire et le deuil peut être. Le récit poétique rédigé à la main qui accompagne les clichés de Norris Webb ajoute à la beauté du projet. Très personnel et intime, My Dakota est autant un livre sur la beauté de l’Ouest américain qu’il est une élégie sur la mort d’un frère. Sorti le mois dernier, le livre de 116 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions américaines Radius Books ainsi que sur Amazon.com.

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JASON BOULTER – UNEMPLOYABLE

À l’occasion de son trentième anniversaire, la marque australienne Globe publie un livre collector qui regroupe 700 pages d’images et d’interviews inédites: Unemployable – 30 Years of Hardcore, Skate and Street. Jason Boulter, l’auteur du livre, et Matt Hill, co-fondateur de Globe reviennent sur les premiers pas de l’aventure avec Hardcore Enterprises et Die Hard Streetwear, ainsi que la construction de Globe International et l’acquisition de Dwindle Distribution. On retrouve également dans l’ouvrage des sections sur les autres marques du groupe Globe telles que Cliché Skateboards, Almost et Enjoi. Dans l’une des nombreuses citations du livre, Matt Hill explique : « Clairement, nous étions inemployables. Nous étions vus comme des losers avec des hobbys puérils et sans avenir. Pour nous, cela signifiait ne pas suivre une vie conventionnelle. Nous voulions une vie d’adulte en phase avec notre quotidien d’ados : optimiste, innovante, et fun. C’est ce qui arrive quand on rassemble des gens autour d’une mentalité anticonformiste, et cela devient une source d’inspiration créative et puissante. » Cette histoire sur l’importance d’aller au bout de ses rêves trouvera écho au sein d’un large public, au-delà de la scène skate/surf/street. Publié par Thames & Hudson, Unemployable est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques, ainsi que sur Amazon.com.

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THIERRY STRUVAY – LOVE & HATE & OTHER MYSTERIES

Thierry Struvay (1961) vit et travaille à Bruxelles. Depuis plus de trente ans, il chine et collectionne des clichés de famille réalisés de façon ludique par des anonymes: des photos vernaculaires. Love & Hate & Other Mysteries, son nouvel ouvrage publié par les éditions américaines August Editions, présente un aperçu drôle, souvent poignant et véridique de la condition humaine à travers une centaine d’images issues de sa vaste collection, en provenance d’Europe et des États-Unis. Chacune des images qui compose le livre a été, pour différentes raisons, coupée, percée, raturée, etc., reflétant ainsi l’état affectif de leurs propriétaires, tout en laissant au lecteur le soin d’imaginer l’histoire qui l’accompagne. Ces photographies, patiemment sauvées de l’oubli par Thierry Struvay, sont autant de témoignages touchants de vies ordinaires et de la banalité du quotidien du 20ème siècle. Certaines modifications, comme un visage manquant en forme de cœur ou d’ovale, étaient clairement destinées à un médaillon. D’autres photos, cependant, contiennent des têtes et des corps qui ont été arrachés avec rage, ou ont simplement été déchirées en deux. Un troisième groupe comporte des manipulations à la nature encore plus mystérieuse, avec d’étranges découpes qui suggèrent un mélange d’émotions et de passion, de l’amour profond à son opposé le plus total. Si une photographie est «un moment figé dans le temps, une photographie déchirée est une manifestation physique d’une émotion, rendue visible à l’œil nu», explique Dung Ngo (August Editions), en se référant aux images publiées dans Love & Hate & Other Mysteries. L’ouvrage de 160 pages (limité à 1000 exemplaires), avec un très beau texte d’introduction rédigé par l’écrivain new-yorkais Glenn O’Brien, rend un hommage poétique à toutes ces personnes qui ont été effacées à jamais des clichés. Il séduira les nostalgiques de la photographie papier et les passionnés de photo amateur. Le livre est maintenant disponible dans les meilleures librairies ainsi que sur Amazon.com.

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JASON FULFORD – CONTAINS: 3 BOOKS

Photographe, designer, éditeur (J&L Books), Jason Fulford a adopté avec talent le livre de photographie comme principal mode d’expression, dans lequel ses photos construisent plusieurs niveaux d’expression à travers leur séquence et leur agencement. Pour son nouvel ouvrage intitulé Contains: 3 Books, il rejoint la jeune maison d’édition néerlandaise fondée par Lorenzo de Rita, The Soon Institute. Pour ce projet, Fullford s’est laissé guidé par son appareil photo dans une quinzaine de pays à travers le monde, pendant près de trois ans. Trois volumes sont ainsi rassemblés dans un superbe coffret aux reflets métalliques: I Am Napoleon, &&, et enfin Mild Moderate Severe Profound. La mise en page des trois livres est particulièrement originale, avec de nombreux textes qui viennent se mélanger aux clichés, et qui tour à tour éclairent et embrouillent le lecteur. Beaucoup des questions posées par cette nouvelle œuvre du photographe américain sont intentionnellement laissées sans réponse. Son travail porte sur l’expérience de la recherche et de la pensée, invitant le lecteur à être un participant actif. À travers ces diaporamas d’images et ces courts récits, Jason Fulford évoque les grandes questions de la vie: celles de l’existence, du surnaturel et de l’origine du sens. Chacun des trois livres laisse au lecteur la liberté de compréhension et d’interprétation afin qu’il puisse se créer sa propre histoire. Ce très beau coffret est maintenant disponible sur le shop online de The Soon Institute ainsi que sur Amazon.com.

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ANGUS FRASER – SANTA MUERTE

Le premier livre du lauréat du Bar Tur Photobook Award de 2014, Angus Fraser, Santa Muerte, suit les membres de ce culte mexicain, populaire parmi les communautés marginalisées où règnent la criminalité, et examine les rapports à la mort, son acceptation, à travers différentes régions du Mexique. Santa Muerte est une sainte folklorique dont les origines remontent à des centaines d’années, aux rituels aztèques mêlés aux croyances et pratiques catholiques. Bien que dénoncée par l’Église catholique du Mexique comme satanique, le culte a connu une popularité croissante au cours de la dernière décennie. De nombreux observateurs ont noté que son essor coïncidait avec les meurtres et la violence associés à la guerre entre cartels de la drogue rivaux et le gouvernement mexicain. Depuis 2011, le photographe britannique s’est rendu à plusieurs reprises au Mexique, afin de réaliser son projet photographique sur les dévots de Santa Muerte. Son travail examine le contraste entre les perceptions occidentales et mésoaméricaines et l’acceptation de la mort. Ses images incluent des portraits de croyants, de leaders spirituels, des sanctuaires, des autels privés et publics, des accessoires, des prières, des cérémonies et des rassemblements de rue, pour analyser les liens avec la grande faucheuse. Publié aux éditions britanniques Trolley Books, le livre identifie les individus qui ont été parmi les premiers à construire et gérer les sanctuaires de Santa Muerte, et qui sont maintenant considérés comme des patrons et chefs spirituels de la foi. Angus Fraser a été autorisé à photographier les pratiquants dans leurs lieux de culte, ainsi que dans leurs foyers et dans les prisons où le culte est particulièrement célébré. Les photographies présentées dans cet ouvrage de 210 pages sont accompagnées d’un essai de la réalisatrice mexicaine primée, Eva Aridjis. Santa Muerte est disponible sur la boutique en ligne des éditions Trolley Books ainsi que sur Amazon.com.

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JUNGJIN LEE – ECHO

Née en 1961 en Corée, Jungjin Lee est installée à New York et a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire à base d’images panoramiques monochromes aux compositions parfaites et qui dégagent une ambiance de sérénité. Au début des années 1990, la photographe coréenne effectue plusieurs voyages à travers l’immensité de l’Amérique. Elle y a capture des images archaïques et primitives des déserts, des rochers, des broussailles et des cactus. Ses séries d’images fragmentaires et poétiques ont été décrites par le grand Robert Frank comme des «paysages sans la bête humaine». S’appuyant sur son héritage sud-coréen, l’artiste développe un langage pictural unique en son genre: Ocean, On Road, Pagodas, Things et Wind sont autant de séries dans lesquelles son intérêt fondamental pour la nature et la culture s’exprime dans un espace de résonance poétique. Dans son œuvre, Jungjin Lee utilise sa compréhension profonde de la matérialité, la texture et l’artisanat. Elle utilise notamment un papier de riz traditionnel coréen sur lequel elle applique à la brosse en chambre noire une émulsion photo-sensible (Liquid Light). Les imprécisions qui en résultent dans le processus de développement et les imperfections dans la production vont à l’encontre de la supposée prétention à la vérité de la photographie. La présence physique des photos grand format de Jungjin Lee est immédiatement captivante. Photographier le paysage est pour elle une exploration de son propre esprit – les états introspectifs de l’artiste, dont le regard photographique est insistant et transformateur. «Mes images doivent être vues comme des métaphores : ni représentation du monde réel, ni expression de sa beauté visuelle, elles sont une forme de méditation». Elle utilise la photographie pour poursuivre une recherche intérieure quasi mystique, une méditation sur notre place dans le monde, sur notre rapport à la nature et aux objets. Qu’elle pose son regard sur le lointain ou le proche, Jungjin Lee transcende la vision ordinaire et extrait du monde des « immémoriaux ». Ses photographies nous font entrevoir ce que pouvait être l’art à ses débuts : une médiation chamanique qui reliait l’homme à ce qui l’entourait. «Ce que je cherche dans mes photos, ce sont les éléments de vie. La solitude de l’humain. La vie change en surface, comme un océan. L’eau est en mouvement perpétuel à la surface, mais dans les profondeurs, au cœur, rien ne bouge». Publiée par la maison d’édition allemande Spector Books, à l’occasion de sa rétrospective à la galerie Fotomuseum Winterthur, la nouvelle monographie Echo de Jungjin Lee présente onze séries d’œuvres commentées et contextualisées à travers des essais de Lena Fritsch, Hester Keijser et Liz Wells – fournissant pour la première fois un aperçu d’une œuvre s’étalant sur deux décennies. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Spector Books.

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ARAKI – HI-NIKKI (NON-DIARY DIARY)

Né en 1940 à Tokyo, Nobuyoshi Araki invente en 1980 le concept de « faux journal intime photographique ». Il trouve son inspiration dans l’histoire de son pays, sa vie quotidienne et l’érotisme japonais. Situé à la frontière entre l’autobiographie et le journal intime, son travail se caractérise par la pratique de la photographie spontanée de situations mises en scène. Après sa très belle rétrospective au musée Guimet achevée en septembre dernier (voir ici), Nobuyoshi Araki s’illustre une nouvelle fois à Paris en sortant un nouvel ouvrage photographique. À l’occasion de son 30e anniversaire en 2014, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a demandé au photographe japonais de prendre une photographie chaque jour, commande destinée à être publiée chaque semaine sur le site Internet de la Fondation Cartier sous forme de diaporama. Araki se prend alors au jeu et réalise entre mars et mai 2014 un total de 1250 photographies couleur inédites – soit plus d’un cliché par jour – nous invitant à le suivre à travers un Tokyo intime et sensible mêlant portraits de jeunes femmes, natures mortes sensuelles et lieux emblématiques de la vie personnelle de l’artiste (comme ce petit bar du quartier de Kabukicho où le photographe a ses habitudes). La Fondation Cartier dévoile aujourd’hui toute la richesse de ce sublime kaléidoscope au sein de l’ouvrage Hi-Nikki (Non-Diary Diary) qui réunit l’ensemble des photographies réalisées pour ce projet. Ce très beau livre de 696 pages, avec son coffret et sa reliure japonaise, est un ouvrage indispensable à la compréhension de l’œuvre fleuve du très prolifique Araki, aujourd’hui âgé de 76 ans. Il est maintenant disponible en librairie, à la Fondation Cartier et sur fondation.cartier.com, ainsi que sur Amazon.com.

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PLAIN BLACK: ABSTRACT PAINTINGS BY CLARE ROJAS

L’artiste californienne Clare Rojas utilise une large gamme de médias tels que la peinture, l’installation et la vidéo. Ses images font référence à l’art noble et à la culture populaire, le modernisme de la côte ouest et le quaker art, les mosaïques byzantines, les textiles amérindiens, la peinture d’enseignes traditionnelles et l’art brut. Elle chante et joue également de la guitare et du banjo sous le nom de Peggy Honeywell. Définitivement éloignée de son style folk pour se reconvertir dans un travail plus abstrait, l’artiste californienne Clare Rojas réalise désormais de magnifiques toiles minimalistes composées de diverses formes géométriques colorées. À l’occasion de sa dernière exposition personnelle (Everyone Has Those Spaces) chez Kavi Gupta (voir ici), la galerie de Chicago publie une très belle monographie intitulée Plain Black: Abstract Paintings by Clare Rojas. On y découvre des reproductions de ses nouvelles œuvres inspirées par l’observation des formes dans la nature, et qui s’inscrivent dans la ligne de son étude sur l’abstraction géométrique. Avec leur angularité vive et leur chromatisme audacieux, ses récentes toiles qui mettent l’accent sur l’image flottante dans l’espace, sont des réductions formalistes rappelant le travail d’Alexander Calder, Matisse, Kazimir Malevich ou Ellsworth Kelly. Retirant les personnages de ses peintures et nourrissant sa disposition instinctive vers certaines formes et couleurs, l’artiste construit un exercice de simplicité et d’autoréflexion. Dans certaines œuvres, les formes composent un équilibre élégant reposant dans un espace blanc dont Rojas dit: « Je le vois, et peux presque l’entendre, comme vous entendez la résonance d’un son dans l’espace. » Les travaux sont accompagnés d’un essai du conservateur et directeur adjoint du Jewish Museum, Jens Hoffmann, et d’un poème de David Whyte. L’ouvrage de 208 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de la galerie Kavi Gupta ainsi que sur Amazon.com.

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RAGNAR AXELSSON – FACES OF THE NORTH

Publié pour la première fois en 2004, Faces of the North a établi Ragnar ‘RAX’ Axelsson comme l’un des meilleurs photographes documentaires de notre temps. Cette deuxième édition (Crymogea) tant attendue est le résultat de plus de 30 ans de documentation sur la vie des chasseurs, des pêcheurs et des agriculteurs des pays nordiques. On y retrouve deux fois plus de clichés que la sélection originale, avec des photographies inédites de la collection de RAX, des récits personnels de ses nombreux voyages, ainsi que quelques-uns de ses croquis. Le résultat est un témoignage rare des cultures à travers l’Islande, les îles Féroé et le Groenland. Ragnar Axelsson, sensible aux multiples visages que la nature offre à son regard, est aussi avide de rencontres: « Chaque fois que je croise une personnalité intéressante, je m’arrête et j’engage la conversation. Souvent, des heures se passent avant que je ne prenne mon premier cliché. » Ses modèles de prédilection sont les vieilles personnes, les pêcheurs en déshérence, les agriculteurs reclus qui peinent à survivent dans leurs fermes isolées, quasi inaccessibles au fin fond des régions les plus reculées d’Islande… « J’aime les visages qui racontent une histoire. » Ses photographies en noir et blanc sont intemporelles, ouatées de silence, peuplées de solitudes. Capter dans sa fugacité le mouvement, l’instant, l’atmosphère, ce que le regard exprime. S’il y a tant de portraits chez Ragnar Axelsson, c’est que les visages sont pour lui la mémoire des pays et de leurs habitants, ils en reflètent l’histoire. Un témoignage photographique unique d’univers et de modes de vie qui ont aujourd’hui presque disparu. Avec ses 410 pages, l’imposant et somptueux Faces of the North est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions islandaises Crymogea, ainsi que sur Amazon.com.

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NICK TURPIN – ON THE NIGHT BUS

Durant les trois derniers hivers (de 2013 à 2016), le photographe de rue anglais et fondateur du collectif In-Public Nick Turpin a photographié, à travers les vitres, les passagers de bus londoniens rentrant chez eux le soir, pour sa série personnelle Through a Glass Darkly. Le photographe met en scène avec sensibilité tous ces anonymes qui viennent peupler les transports en commun tôt le matin ou tard le soir. À travers les vitres embuées des bus de Londres, ses clichés nous donne l’impression d’être sur le quai, témoin d’une tranche de vie, nous faisant percevoir la chaleur des bus, la torpeur des passagers, le froid extérieur, l’humidité ruisselante des vitres. Pour ce projet, Nick Turpin s’est placé sur une plateforme un peu en hauteur, avec son téléobjectif, pour pouvoir photographier facilement l’étage des bus londoniens et dévoiler ces moments intimes des travailleurs pendulaires de Londres. Ces portraits, du fait des lumières artificielles des bus et de la buée omniprésente, ressemblent à de véritables aquarelles classiques, apportant une dimension particulière aux photos. Certains passagers interagissent les uns avec les autres, certains dorment, d’autres sont timides et pensifs, d’autres perdus dans des pensées lointaines. Tous sont étrangement silencieux derrière le verre glacé. Liant l’artistique et le documentaire, Nick Turpin a créé des moments irréels et suspendus dans la nuit et l’hiver londonien. Publiées pour la première fois par la maison d’édition britannique Hoxton Mini Press, les photographies du projet Through a Glass Darkly sont maintenant réunies dans un très bel ouvrage de 104 pages, intitulé On the Night Bus. Le livre est disponible sur la boutique en ligne des éditions Hoxton Mini Press ainsi que sur Amazon.com.

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