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PETER FRASER – MATHEMATICS

Peter Fraser est un photographe contemporain qui a été à l’avant-garde de la photographie en couleurs dès les années 1980. Une grande partie de ses travaux consiste en une vision presque obsessionnelle des objets et matériels de la vie quotidienne. Après la réédition de Two Blue Buckets sortie au printemps dernier (voir ici), le photographe gallois signe un second ouvrage intitulé Mathematics, publié par les éditions italiennes Skinnerboox. Pour ce nouveau grand projet, Peter Fraser s’est inspiré du concept qui a fasciné Aristote et Pythagore au quatrième siècle avant notre ère: au plus profond niveau, la réalité est de nature mathématique. Dix-neuf siècles plus tard, Galilée expliquait que «la nature est un grand livre qui est écrit en langage mathématique». Fraser reprend cette idée selon laquelle les mathématiques peuvent expliquer le monde, ou du moins le décrire de manière à mieux le comprendre. Mathematics se compose de clichés réalisés lors de voyages entre l’Irlande du Nord et Istambul, et entre la Norvège et la Sicile, entre 2011 et 2016. Les objets et paysages ordinaires s’y résolvent en unités de couleur, de lumière et de forme, et forment des motifs répétitifs et cohérents. Pour ses portraits, le photographe a demandé à ses sujets d’imaginer que quelque chose qu’ils avaient toujours cru être vrai était désormais prouvé faux. Les personnes qui se sont prêtées à cette expérience semblent tristes, mais aussi intensifiés. Le livre de 76 pages, édité à 750 exemplaires, avec des essais de Mark Durden et David Campany, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Skinnerboox.

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THIERRY STRUVAY – LOVE & HATE & OTHER MYSTERIES

Thierry Struvay (1961) vit et travaille à Bruxelles. Depuis plus de trente ans, il chine et collectionne des clichés de famille réalisés de façon ludique par des anonymes: des photos vernaculaires. Love & Hate & Other Mysteries, son nouvel ouvrage publié par les éditions américaines August Editions, présente un aperçu drôle, souvent poignant et véridique de la condition humaine à travers une centaine d’images issues de sa vaste collection, en provenance d’Europe et des États-Unis. Chacune des images qui compose le livre a été, pour différentes raisons, coupée, percée, raturée, etc., reflétant ainsi l’état affectif de leurs propriétaires, tout en laissant au lecteur le soin d’imaginer l’histoire qui l’accompagne. Ces photographies, patiemment sauvées de l’oubli par Thierry Struvay, sont autant de témoignages touchants de vies ordinaires et de la banalité du quotidien du 20ème siècle. Certaines modifications, comme un visage manquant en forme de cœur ou d’ovale, étaient clairement destinées à un médaillon. D’autres photos, cependant, contiennent des têtes et des corps qui ont été arrachés avec rage, ou ont simplement été déchirées en deux. Un troisième groupe comporte des manipulations à la nature encore plus mystérieuse, avec d’étranges découpes qui suggèrent un mélange d’émotions et de passion, de l’amour profond à son opposé le plus total. Si une photographie est «un moment figé dans le temps, une photographie déchirée est une manifestation physique d’une émotion, rendue visible à l’œil nu», explique Dung Ngo (August Editions), en se référant aux images publiées dans Love & Hate & Other Mysteries. L’ouvrage de 160 pages (limité à 1000 exemplaires), avec un très beau texte d’introduction rédigé par l’écrivain new-yorkais Glenn O’Brien, rend un hommage poétique à toutes ces personnes qui ont été effacées à jamais des clichés. Il séduira les nostalgiques de la photographie papier et les passionnés de photo amateur. Le livre est maintenant disponible dans les meilleures librairies ainsi que sur Amazon.com.

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WILLIAM EGGLESTON – THE DEMOCRATIC FOREST – SELECTED WORKS

À la fin des années 1950, William Eggleston a commencé à photographier autour de chez lui, dans le Sud des États-Unis, utilisant des pellicules 35 mm noir et blanc. Fasciné par le travail de Cartier-Bresson, il déclare à l’époque « Je ne pouvais pas imaginer faire mieux que de parfaits faux Cartier-Bresson ». II a finalement développé un style photographique personnel, qui viendra quelques années plus tard façonner son travail en couleur. C’est une vision inédite de l’Amérique quotidienne, banale, avec ses typologies : les supermarchés, les bars, les stations-services, les voitures et des personnages fantomatiques perdus dans l’espace. Comme un acteur qui ne parvient pas à se libérer du rôle qui l’a rendu célèbre, Eggleston est resté longtemps prisonnier de l’étiquette aussi réductrice qu’excessive “d’inventeur” de la photographie en couleur. C’est sans doute pour dissiper ce malentendu qu’il publie en , ffffff1989 The Democratic Forest, livre dans lequel il se proclame “en guerre contre l’évidence”. “Un œil démocratique, une guerre ouverte contre ce qui semble aller de soi : les deux se combinent, il faut voir ce qu’a priori on n’aurait pas regardé. Tout peut mériter l’attention, le déclic”. À l’occasion de la rétrospective du photographe à la David Zwirner Gallery de New York, présentant une sélection de clichés de la série The Democratic Forest, les éditions allemandes Steidl publient en partenariat avec David Zwirner Books ce magnifique catalogue qui dévoile plus de soixante images exceptionnelles du projet épique d’Eggleston. Sa photographie est «démocratique» dans sa résistance à la hiérarchie où, comme l’a souligné l’artiste, « aucun sujet particulier n’est plus ou moins important qu’un autre« . Avec un très bel essai issu des recherches d’Alexander Nemerov, cette remarquable présentation de The Democratic Forest offre un contexte historique pour une œuvre monumentale, et ravira tous les passionnés de photographie. L’ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Steidl, chez David Zwirner Books ainsi que sur Amazon.com.

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PAWEL JASZCZUK – EVERYTHING YOU DO IS A BALLOON

Pawel Jaszczuk (Varsovie, Pologne) est un photographe autodidacte qui a commencé sa carrière artistique après l’obtention de son diplôme en design graphique à l’École des Arts Visuels de Sydney. Son œil cherche constamment des images intrigantes, tout en évitant de tomber dans les stéréotypes et autres clichés. Une photographie à la frontière entre le documentaire et l’art, un effort pour capturer la beauté de ces deux univers. Dans son nouvel ouvrage Everything You Do Is A Balloon publié par la jeune maison d’édition bordelaise Lieutenant Willsdorff, le photographe continue de nous faire découvrir l’extravagance de Tokyo. Après une impressionnante série sur les salarymen tokyoïtes et leur relation avec l’alcool, le photographe continue de décortiquer impitoyablement l’homme moderne pris dans une vie quotidienne monotone et pressurisée. Le livre montre l’explosion salvatrice et délirante qui se libère alors le weekend… et les japonais ne sont pas en reste quand il s’agit d’imaginer des exutoires à un quotidien étouffant. « La fatigue bourdonne dans ta tête. Elle remplit ton corps, se mêle à la tension. Tu t’assois dans le noir pendant quelques heures, drainant les petits souvenirs de ta semaine. Tu bois une bière. Ta peau réclame la libération. Fatigué, stressé, surmené, frustré : tu éclates comme un ballon. Le weekend a commencé. » S. K. Pawel Jaszczuk transmue ce qui pourrait être un projet documentaire standard en quelque chose de beaucoup plus complexe et unique. Qu’elle soit motivée par la nécessité, la curiosité ou l’envie, la sexualité de ces personnages rongés par la solitude, souvent pathétique, voire grotesque, reflète une recherche désespérée du contact humain dans la vaste métropole anonyme. Il réussit à photographier mieux que personne l’obsession fétichiste des japonais et quand ces délires sexuels ressemblent à des jeux pour grands enfants, cela donne un livre à la fois drôle et sexy. Ceint d’un morceau de tissu découpé dans un bas, rendant chacun des 500 exemplaires unique, Everything You Do Is A Balloon contient 74 pages et est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Lieutenant Willsdorff.

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BRUCE GILDEN INTERVIEW

Guillotine s’est récemment entretenu avec le photographe new-yorkais Bruce Gilden. Membre de la prestigieuse agence Magnum depuis 1998 (il en fut le vice-président pendant deux ans), il est à la fois controversé et considéré comme le plus agressif des photographes de rue de sa génération. Bruce Gilden nous parle de son enfance à Brooklyn, de sa famille et de ses choix qui l’ont progressivement amené vers la photographie de rue. Il revient sur la polémique de son projet Face (Dewi Lewis – 2015), son inspiration, sa vision de la photographie contemporaine et ses futurs projets.

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JOSE PARLA – SEGMENTED REALITIES

Segmented Realities présente un groupe de cinq peintures et dix peintures sculpturales de l’artiste new-yorkais José Parlá, suggérant des fragments culturels récupérés dans les sites urbains qui ont tous connu de grands bouleversements sociaux-culturels. Comme le font les segments de murs à La Havane, New York, Londres, ou le mur de Berlin, les sculptures de Parla témoignent des vagues successives de l’histoire qui semblent s’être inscrites sur leurs surfaces, dans le langage expressif et poétique de la rue. Ces œuvres agissent comme des parchemins dont les surfaces portent les strates des différents évènements, et sur lesquelles les nouvelles générations peuvent s’imaginer leur avenir. Publié par Damiani, l’ouvrage de 96 pages est maintenant disponible sur Amazon.com.

WILLIAM EGGLESTON – FROM BLACK AND WHITE TO COLOR – PARIS

Depuis le 9 septembre, la Fondation Henri Cartier-Bresson présente une exposition exceptionnelle du photographe américain William Eggleston. À travers une centaine d’épreuves en noir et blanc et en couleur, empruntées à différentes collections et au fonds de l’artiste, l’exposition propose de montrer l’évolution, les ruptures et surtout la radicalité qui peu à peu apparaît dans l’œuvre du photographe américain, alors qu’il aborde la photographie en couleur à la fin des années soixante.
À la fin des années 1950, Eggleston a commencé à photographier autour de chez lui, dans le Sud des États-Unis, utilisant des pellicules 35 mm noir et blanc. Fasciné par le travail de Cartier-Bresson, il déclare à l’époque Je ne pouvais pas imaginer faire mieux que de parfaits faux Cartier-Bresson. II a finalement développé un style photographique personnel, qui viendra quelques années plus tard façonner son travail en couleur. C’est une vision inédite de l’Amérique quotidienne, banale, avec ses typologies : les supermarchés, les bars, les stations-services, les voitures et des personnages fantomatiques perdus dans l’espace. Jusqu’au 21 décembre.

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