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KAZUO SHIRAGA MONOGRAPH

L’artiste japonais Kazuo Shiraga (1924 – 2008) étudie la calligraphie aux Beaux-Arts de Kyoto avant de devenir l’un des principaux artistes du mouvement Gutaï (mouvement d’avant-garde japonais créé en 1955 par Yoshihara), stimulé par l’atmosphère de forte volonté expérimentale qui y règne. Shiraga développe une philosophie reposant entièrement sur « l’art de l’acte » et sur la recherche perpétuelle d’une abstraction pure où le matériau pictural, devenu le reflet vivant de la personnalité de l’artiste, s’anime petit à petit. L’artiste peint avec ses pieds, debout, pendu à une corde, simple instrument au service d’une volonté supérieure quasi métaphysique. L’acte de peindre devient alors combat, c’est un face à face absolu avec la toile qui prend vie sous l’influence d’une étrange chorégraphie où le peintre, à la fois maître de ballet et maître d’arme, rentre physiquement dans le tableau et fait fusionner le corps et l’âme, l’esprit et la matière. La Toile comme champ d’action (de bataille) de l’artiste. La toile devenue tatami est battue à mort par le corps de Shiraga, gigantesque pinceau humain ; elle disparaît pour donner naissance à une œuvre totale, à la fois possédée et possédante, matérielle et immatérielle. « L’art doit partir du zéro absolu et se développer selon sa propre créativité. » Ces œuvres sont vivantes, sinueuses, et même vertigineuses tant elles tourbillonnent, marquées par de profond sillons qui semblent autant de trajets et d’aller-retour vers un lieu spirituel que Shiraga explore sans relâche. En peignant avec ses pieds, il privilégie l’imperfection et le contact direct et brutalement charnel avec la toile. Loin d’être le fruit du hasard, chaque tableau résulte d’un intense travail de réflexion et de méditation, à l’origine d’une conception inédite de la peinture qui influencera de manière flagrante l’art occidental et notamment l’Arte Povera, le Body art, le Land art, le Happening, etc. Publié par la galerie belge Axel Vervoordt, ce nouvel ouvrage présente l’œuvre de l’artiste en examinant les influences de l’action painting occidentale et les rituels antiques bouddhistes du Japon. De nombreuses peintures et photographies sont publiées pour la première fois, notamment un fac-similé d’un magnifique carnet de notes et de photos de l’artiste, qui offre un aperçu de son processus créatif et de ses performances publiques. La monographie comprend également des essais originaux de spécialistes du mouvement Gutaï tels que Koichi Kawasaki, John Rajchman, Ming Tiampo, et Reiko Tomii, qui partagent leurs réflexions sur l’œuvre de Kazuo Shiraga. Le livre de 296 pages est maintenant disponible à la galerie Axel Vervoordt, ainsi que sur Amazon.com.

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GENIEVE FIGGIS – SOMETHING FOR LOVERS

À l’occasion de son exposition personnelle à la Gallery Met de New York, ayant pour thème Roméo et Juliette et l’amour en général, les éditions américaines Karma publient un nouvel ouvrage en édition limitée de Genieve Figgis: Something for Lovers. Dans un style assez cru, fait de surcoupe et de tons chair, la peintre irlandaise revisite les portraits renaissances en distordant les corps et des visages. Ce livre-objet de 80 pages est à la fois élégant et fonctionnel, nostalgique et moderne. Enveloppé en suède d’un violet foncé, Something for Lovers rassemble 34 peintures de l’artiste dans un livre compact à colorier. L’apparence rêveuse, romantique et parfois banale des sujets traités par Figgis – scènes d’opéra, décors victoriens, portraits attendrissants et étreintes passionnées – offrent au lecteur des images implorant une réinterprétation créative. Ce livre original permet en effet de repenser les séduisantes compositions de Genieve Figgis, et invite à redonner de la couleur à chacune des œuvres de l’artiste. Les 34 peintures sont également reproduites en couleur, dans les toutes dernières pages de la publication. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Karma, ainsi que sur Amazon.com.

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MICHAEL WOLF – HONG KONG COAT HANGERS

Michael Wolf photographie les mégapoles. Deux fois vainqueur du World Press Photo, il a notamment connu un grand succès pour ses clichés oppressant de façades de gigantesques immeubles résidentiels en Asie. Depuis 2013, le photographe allemand met en lumière – à travers une série de neuf ouvrages – un pan essentiel de son œuvre à savoir : son exploration menée depuis plus de quinze ans dans les rues de Hong Kong, ville où il a élu domicile. Aux grandes artères et ses architectures rutilantes, il préfère les petites ruelles et arrière-cours, et leurs constructions empiriques. Dans la lignée d’un Walker Evans qui a œuvré avec constance et tendresse pour la reconnaissance des formes vernaculaires, Michael Wolf s’attache à dresser minutieusement une cartographie souterraine de la ville, relevant quotidiennement ces petits arrangements informels qu’un regard attentif découvre aux détours des back alleys. Retournant parfois jusqu’à vingt fois sur le même lieu, le photographe pointe ces formes innocemment sculpturales, et dessine le visage d’une ville au travers de ses usages, car toujours derrière ces ready mades colorés se devine le geste d’un travailleur, d’un habitant, qui parvient à faire sien un territoire de béton, d’acier et de verre. Faisant se côtoyer façades monumentales et bouts de ficelle, ce corpus file la trame d’une ville où ingéniosité et poésie s’entremêlent. Pour ce huitième volume publié par les éditions allemandes Peperoni Books, le photographe présente une série de clichés de cintres installés par les locaux dans les ruelles de la ville. Si ces derniers paraissent à priori sans intérêt, leurs dispositions improbables en cascade, leurs formes disproportionnées et leurs emplacements surréalistes sont à la fois drôles et poétiques, et dévoilent un instant d’humanité dans cette urbanité galopante. Hong Kong Coat Hangers est maintenant disponible sur Amazon.com.

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