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HAJIME KIMURA – CORRESPONDENCE

Diplômé en architecture et en anthropologie au Japon, Hajime Kimura (1982) se passionne pour la photographie et trouve son inspiration dans sa région natale, auprès de son père, dans la campagne japonaise. Ce qui est important pour lui : photographier sa famille, son environnement et laisser son empreinte dans ce monde. Pour cela, il photographie en noir et blanc et accentue les contrastes des images pour rendre compte de l’atmosphère froide et hivernale ressentie au moment même. Pour Correspondence, son nouveau projet publié conjointement par la galerie Ibasho et les éditions The (M)éditions, le photographe a voyagé dans la région de Torres Vedras, au nord de Lisbonne, célèbre pour ses vestiges archéologiques. Arpentant l’une de ces anciennes plages, Kimura a documenté les paysages actuels et les objets et déchets qu’il a y trouvés lors de ses promenades, en imaginant que ces détritus auxquels on ne prête pas attention, ou la flore et la faune d’aujourd’hui, pourraient faire l’objet de recherches archéologiques dans le futur et indiquant, à la manière d’un archéologue, les lieux, dates et heures de leur « excavation ». L’artiste explique: “Il s’agit d’un méta-message que j’ai envoyé dans un lieu célèbre pour l’archéologie, aux futurs archéologues, ou à toute personne qui trouve par hasard une relique du passé. Ce que nous reconnaissons aujourd’hui comme un simple déchet peut devenir un indice pour explorer le passé dans quelques décennies ou même quelques centaines d’années. J’ai décidé de transmettre ce message aux personnes du futur qui ne l’ont pas encore vu, des photographies de détritus et du paysage environnant où les détritus sont tombés. Je les ai réunies dans ce livre, et je vous ai laissé faire les “fouilles”. C’est la base de cette histoire.” Publié dans une édition limitée à 450 exemplaires, l’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions The (M)éditions.

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ALEX WEBB AND REBECCA NORRIS WEBB – WAVES

Alex Webb a étudié la photographie au Carpenter Center for the Visual Arts. C’est en 1974 qu’il deviendra photojournaliste avant de rejoindre la célèbre agence Magnum deux années plus tard. Depuis, il a travaillé pour de nombreux magazines tels que New York Times Magazine, Life ou encore National Geographic. Avec son épouse la photographe et poétesse Rebeca Norris Webb, ils forment l’un des duos artistiques les plus prolifiques de notre époque. Inspiré par le roman The Waves de Virginia Woolf, ce nouveau projet collaboratif publié par les éditions américaines Radius Books rassemble le travail des deux inséparables partenaires créatifs. Cette collection intime sert de journal de bord pandémique en mots et en images, créé alors que le couple était en grande partie isolé à Cape Cod de mars 2020 à mai 2021. Rebecca offre une poésie originale, écrite à la main, qui ponctue ses photographies lyriques et les paysages marins panoramiques d’Alex. Leurs images servent de méditations poignantes sur ce que signifie être à la fois intimement lié au monde qui nous entoure et profondément isolé de tout ce qui nous est cher. Alex Webb explique: “Loin des environnements urbains animés que j’ai souvent photographiés, j’ai suivi les mouvements subtils du temps et des marées, du vent et de l’eau. Pendant ce temps, Rebecca a photographié les vagues de lumière qui traversaient les nombreuses fenêtres de notre maison, et a écrit des textes dépouillés pour essayer de naviguer émotionnellement dans cette période troublante, où tant de personnes que nous connaissons ont été prises dans ce tourbillon.” Avec ses 108 pages, Waves est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Radius Books. Une édition limitée contenant deux tirages signés par les deux artistes est également disponible ici.

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LARRY TOWELL – THE MENNONITES

Sorti à l’origine en 2000 et désormais introuvable, l’ouvrage The Mennonites du photographe canadien Larry Towell est aujourd’hui publié à nouveau par les éditions britanniques GOST Books. Membre de la célèbre agence Magnum, Towell a passé près de 10 ans entre 1990 et 1999 à photographier la communauté mennonite de l’Ontario et du Mexique. Originaires de l’Allemagne du 16ème siècle et persécutés pour leur foi, les Mennonites ont migré autour du globe. Aujourd’hui, le plus grand nombre du mouvement de la Vieille Colonie, sur laquelle se base cette œuvre, vit au Mexique et migre, pour sa survie économique, vers les champs de légumes du Canada. Après s’être lié d’amitié avec une famille mennonite rencontrée près de chez lui en Ontario, il a pu partager de manière unique leur vie quotidienne, avant de rencontrer la communauté elle-même et de visiter les colonies du Mexique. La culture mennonite d’ordinaire n’autorise pas la photographie ; ce livre représente ainsi un document unique, un reportage saisissant sur le mode de vie de cette communauté, un mode de vie menacé plus qu’on ne saurait l’imaginer. En plus des photographies, le texte de Towell nous fait partager son expérience singulière à l’aide de détails poignants et d’anecdotes savoureuses. Avec un oeil d’artiste, il dépeint la vie de ces gens : la dureté et la pauvreté de la vie rurale, la discipline et les contradictions de leur religion, leur appétit de terre, leur soif de travail, leur aspiration à vivre comme ils l’entendent. Les photographies sont d’une telle qualité qu’elle justifieraient à elles-seules un simple livre d’images. Le texte, sur lequel plane l’ombre de Steinbeck, apporte au livre la touche supplémentaire et nécessaire à la restitution complète et presque magique d’un mode de vie. Cette deuxième édition révisée et mise à jour revisite le projet et comprend 40 photographies inédites. L’ouvrage de 288 pages, publié dans un superbe coffret noir, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions GOST Books. Deux éditions spéciales avec tirages signés et numérotés sont également disponibles.

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PAUL GRAHAM – TROUBLED LAND

Après le succès de la réédition de A1- The Great North Road (2020) et de Beyond Caring (2021), les éditions britanniques Mack ressortent Troubled Land, le troisième et dernier volet de la célèbre trilogie de Paul Graham. Oeuvre emblématique réalisée au plus fort de son projet, l’ouvrage aborde les signes, petits mais insistants, de division politique inscrits dans le paysage de l’Irlande du Nord. Au cœur du conflit irlandais se trouve la terre – qui la possède, qui la contrôle, dont elle exprime l’histoire. Le livre, subtilement radical, garde cette vérité matérielle à l’esprit en combinant de manière unique des photographies de paysages et de conflits, et nous captive avec des scènes bucoliques dans lesquelles des détails révélateurs n’apparaissent que progressivement : des bordures de trottoirs peintes, des soldats ou des hélicoptères au loin, des drapeaux et des graffitis, des routes éclaboussées de peinture, chacun alignant tacitement cet endroit sur son allégeance républicaine ou loyaliste. Les photographies pastorales de champs verts et de haies se révèlent être des images de conflit et de dispute – malgré la stabilité du cadre photographique et la clarté de la vision de Graham, il s’agit d’une terre instable. Publié à l’origine en 1986, Troubled Land est réimprimé ici pour la première fois en trente-cinq ans. Controversé à l’époque pour son utilisation de la couleur et son refus de suivre les clichés du photojournalisme, ce livre a joué un rôle essentiel en offrant une perspective nouvelle sur la période de violences et d’agitation politique en Irlande du Nord appelée Les Troubles. Le livre de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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MIMI PLUMB – THE GOLDEN CITY

Les éditions britanniques Stanley/Barker publient The Golden City, une série de photographies en noir et blanc réalisée à San Francisco entre 1984 et 2020 par la photographe américaine Mimi Plumb. Née à Berkeley et élevée dans la banlieue de Walnut Creek, Plumb a reçu sa maîtrise en beaux-arts du San Francisco Art Institute en 1986. Elle a enseigné la photographie aux niveaux national et régional, notamment à la School of Art Institute de Chicago, au San Francisco Art Institute, à l’Université de Stanford et à l’Université d’État de San Jose. Mimi Plumb a longtemps vécu à la périphérie de San Francisco, là où les loyers étaient bon marché. Non loin de là, au sommet de la colline, se trouvaient des couches stratifiées de calcaire avec des restes fossilisés de créatures microscopiques appelées radiolaires. Une large crevasse dans le flanc de la colline rappelait la menace toujours omniprésente d’un tremblement de terre. Warm Water Cove, le long de la baie, était un spectacle de pneus et de voitures abandonnées. Un jour, Plumb a photographié la cheminée de la centrale électrique au-dessus de la destruction par le feu de la jetée de la 25e rue. Elle a regardé les avions survoler la décharge urbaine de collines en carton. La vie de la jeune photographe était rythmée par les nuits passées à danser au Crystal Pistol dans le quartier de Mission, à écouter un groupe de polka punk à l’Oasis ou à jouer au billard au Palace Billiards. Au bal exotique/érotique, un homme oiseau et une infirmière se cachaient dans les coins. Un homme argenté au regard d’acier dans son smoking fixait Plumb derrière son masque, le flash de la caméra l’éclairant. Les journées de Plumb étaient consacrées à la visite d’écoles abandonnées et de stations-service désaffectées. Pour elle, le cliquetis magique des téléphériques de San Francisco était un monde à part, et l’idéalisme des années 1960 semblait bien loin. La ville dorée de San Francisco, dont les contours s’effilochent, témoignait du fossé grandissant entre les riches et les pauvres. Ce très bel ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley/Barker.

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LUIGI GHIRRI – PUGLIA. TRA ALBE E TRAMONTI

Géomètre de formation, Luigi Ghirri commence à photographier durant le week-end au début des années 1970, arpentant les rues, places et faubourgs de Modène, échafaudant des projets et des thématiques. Il pose sur les signes du monde extérieur un regard attentionné et affectueux en observant, sans les commenter ouvertement, les modifications apportées par l’homme au paysage et à l’habitat de sa province d’origine, l’Émilie-Romagne, baromètre d’un vernaculaire local exposé à l’avènement de nouvelles formes d’habitat, de loisirs et de publicité. «Je m’intéresse à l’architecture éphémère, à l’univers de la province, aux objets considérés comme de mauvais goût, kitsch, mais qui, pour moi, ne l’ont jamais été, aux objets chargés de désirs, de rêves, de souvenirs collectifs […] fenêtres, miroirs, étoiles, palmiers, atlas, globes, livres, musées et êtres humains vus par l’image.» Publié par les éditions britanniques Mack, Puglia. Tra albe e tramonti offre un récit brillant de la relation de Luigi Ghirri avec les Pouilles – une région particulière située au talon de l’Italie, qui a joué un rôle essentiel dans la carrière du photographe et a continué à l’inspirer tout au long de celle-ci. Une première visite en 1982 a permis à Ghirri de découvrir les rues blanchies à la chaux, les nuits lumineuses, les portes et les arches, les cactus en pot, les fêtes foraines et les plages des Pouilles, ainsi qu’un groupe d’artistes, de critiques et de conservateurs qui allaient devenir ses amis proches et ses collaborateurs. Au cours de la décennie suivante, Ghirri est retourné dans la région presque chaque année, photographiant, exposant et approfondissant sa compréhension de ce terrain subtil. Ces photographies, qui sont presque toutes peu connues et inédites, capturent les textures et les rythmes de la vie urbaine, se délectant de coïncidences visuelles et de détails tactiles. Leur sens de la découverte tranquille – et la pellicule couleur sur laquelle elles sont prises – évoque chaleureusement l’identité de la région en tant que destination de vacances populaire. Ghirri cartographie le territoire des Pouilles à travers les traces laissées par ses habitants et ses visiteurs dans des images inondées de la lumière caractéristique de l’Italie du Sud – le soleil brillant et ses ombres éloquentes, et l’aura étrange des néons et des lampadaires à la nuit tombée. Le livre de 288 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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FENG LI – GOOD NIGHT

Originaire de Chengdu dans la province du Sichuan, Feng Li exerce la photographie à la fois en tant que fonctionnaire pour le gouvernement local et comme indépendant. De fait, il gravite constamment entre l’imagerie officielle et des photos personnelles en décalage complet avec la propagande dont il est l’artisan. Les éditions chinoises Jiazazhi Press publient aujourd’hui Good Night, le deuxième ouvrage du photographe après le succès de son premier livre White Night. L’éditeur explique: “En 2017, lorsque nous avons débuté la conception du livre White Night pour Feng Li, il nous avait apporté de nombreux clichés dans notre studio. Nous avons immédiatement été frappés par ses photos en couleur. Les photos en noir et blanc avaient alors été mises de côté. Mais il nous a expliqué par la suite que le noir et blanc était le véritable point de départ de sa série White Night. Dès lors, le sens de la “nuit blanche” devint sa muse. “C’est le chemin du monde, et c’est un état d’incertitude”, dit-il. Depuis ce moment, il conserve toujours un regard instinctif et une manière directe d’immortaliser des instants sur la pellicule.” Feng Li n’a d’œil que pour le quotidien et c’est sans effort qu’il décèle les scènes les plus insolites du grand spectacle de la vie de tous les jours. Malgré la différence de couleur entre White Night et Good Night, on retrouve toujours la façon dont Feng Li voit ce monde. Pour lui, ces photos sont monochromatiques et non pas en noir et blanc au sens traditionnel du terme. À ses yeux, le noir est plus que du noir. Pour lui, ce livre est un adieu, un adieu au bon vieux temps. Le livre de 352 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Jiazazhi Press.

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MARK STEINMETZ – RIVERS & TOWNS

Né aux Etats-Unis d’une mère française et d’un père hollandais, Mark Steinmetz a été influencé aussi bien par la culture européenne qu’américaine. Tout au long de sa carrière, qui a débuté au milieu des années 1980, le photographe s’est appuyé sur des événements fortuits pour réaliser ses photographies. Travaillant par séries, ses clichés intimes en noir et blanc couvrent des sujets tels que l’enfance et l’adolescence. Il réalise également de très beaux projets sur des petites villes du sud-est américain, des scènes de rue à Paris et diverses villes italiennes. Distillées au compte-gouttes, à tel point qu’elles n’apparaissent qu’en filigrane à l’œil averti, ses influences sont aussi nombreuses que diverses; on évoquera Stieglitz, Strand, Evans, Friedlander, Winogrand, Eggleston tout autant qu’Atget, Cartier-Bresson, Kertész, Sander ou encore Boubat. Et, bien sûr, les repères ne sont pas que photographiques. Son œuvre est également littéraire et cinématographique (l’auteur considère d’ailleurs que la photographie et le cinéma sont des formes de littérature). Les photographies du nouveau livre de Mark Steinmetz, publié par les éditions britanniques Stanley/Barker, Rivers & Towns, ont été réalisées dans les années 1980 dans des villes ouvrières du Connecticut, aux États-Unis. Le photographe explique: “Les usines et les moulins maussades construits le long des rivières avaient connu leur apogée et commençaient à décliner. J’ai été ému par ces lieux et j’ai voulu décrire les ponts, les maisons et les rues, et montrer quelque chose de la vie intérieure des gens. En même temps, j’essayais de me découvrir en tant que photographe.” Ce superbe ouvrage de 208 pages, la quatrième collaboration avec Stanley/Barker à ce jour, est maintenant disponible sur la boutique en ligne de l’éditeur.

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NICK HAYMES – THE LAST SURVIVOR IS THE FIRST SUSPECT

Publié par les éditions suisses Kodoji Press, The Last Survivor is the First Suspect est à la fois une célébration et un requiem. Le projet, capturé entre 2005 et 2009 par le photographe Nick Haymes, est le témoignage d’une communauté de jeunes amis à la dérive, basée principalement entre deux points géographiques distincts : la Californie du Sud et Tulsa, en Oklahoma. La narration du livre mêle un sentiment de joie à documenter les amitiés et les liens naissants, et un sentiment de crainte qui culmine finalement dans une série de tragédies. Les photographies intimes de Haymes sont entrelacées d’une série de captures d’écran numériques que Haymes a identifiées comme essentielles à ce moment précis et qui offrent au spectateur un récit secondaire d’engagement. Les médias sociaux étaient encore relativement jeunes et Haymes a pris conscience d’un nouveau sens nodal de la communication entre ces groupes d’amis distincts. Des plateformes telles que MySpace, YouTube et les forums de discussion en ligne ont engendré un sentiment de communauté en permettant la connexion, tout en établissant des normes et des attentes nouvelles et impossibles à satisfaire. Diligemment collectées, ces diverses formes de communication entre les personnages forment un présage. Dans l’introduction de son livre, Haymes raconte comment son appareil photo lui a permis de compenser une timidité invalidante qu’il a développée pendant son adolescence. “J’ai pris un appareil photo et je me suis caché, découvrant que je pouvais à nouveau être proche des gens, intime avec eux, sans avoir à m’engager”, écrit-il. Pour créer cette publication, l’artiste est revenu à un corpus d’images, reconstituant pour lui-même ce qui est arrivé à ces personnes. Haymes nous invite ici à nous engager de manière contemporaine dans ce moment historique spécifique, où les choses sont à la fois différentes et identiques dans une même mesure. L.P. Hartley ouvrait son célèbre opus The Go-Between sur le thème du passage à l’âge adulte en ces termes : “Le passé est un pays étranger ; on y fait les choses différemment”. The Last Survivor is the First Suspect montre ce sentiment avec une clarté remarquable. Le livre de 480 pages, produit dans une édition limitée à 700 exemplaires, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kodoji Press.

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ALEJANDRO CARTAGENA – SUBURBAN BUS

Le photographe mexicain Alejandro Cartagena vit et travaille à Monterrey, au Mexique. Ses projets utilisent le paysage et le portrait comme un moyen d’examiner les questions sociales, urbaines et environnementales. Après le succès de Carpoolers (voir ici), Cartagena publie Suburban Bus aux éditions The Velvet Cell. Entre 1993 et 2004, Alejandro Cartagena faisait presque quotidiennement l’aller-retour en bus de banlieue entre Monterrey et la ville de Juarez. Travaillant dans le restaurant de sa famille, il observait les changements progressifs qui se produisaient à Juarez. Entre 2000 et 2005, la ville est passée d’une population de 66 000 à 144 000 habitants. Il a vu Juarez se faire engloutir, tout cela à travers la fenêtre du bus. Au cours de ces voyages, Cartagena lisait, s’endormait, rêvait de posséder une voiture et se lamentait d’être coincé dans cette créature de métal sous la chaleur de 40 degrés du nord du Mexique. Douze ans plus tard, devenu photographe, il décide de prendre à nouveau le bus pour capturer l’expérience que vivent chaque jour des milliers de banlieusards. Ce qu’il voit l’amène à redécouvrir les anxiétés mentales et physiques involontaires produites par le développement urbain non planifié. Ce livre raconte l’histoire de gens qui veulent une vie meilleure dans une ville caractérisée par le manque ; le manque de routes correctes, le manque de bus, le manque de sécurité dans les bus. En outre, 91,6 % des femmes ont subi une agression sexuelle au moins une fois alors qu’elles voyageaient dans les transports publics de la région de Monterrey. Dans son essai sur l’ouvrage, Ximena Peredo explique: « La situation précaire des transports en commun, et de la mobilité en général, reste ultra-sous-représentée dans le débat public, comme un sujet condamné à croupir sur de nombreuses listes de choses à faire. Le travail d’Alejandro Cartagena prend une importance politique particulière en rendant visible les coûts de cette inaction sur la qualité de vie des personnes vivant dans la zone métropolitaine de Monterrey. » Le livre de 352 pages a été sélectionné en novembre dernier dans la catégorie Prix du Livre Photographique de l’Année des Prix du Livre 2021 organisés par Paris Photo et Aperture. Publié dans une édition limitée à 500 exemplaires, Suburban Bus est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions The Velvet Cell.

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ED KASHI – ABANDONED MOMENTS

Ed Kashi est un photojournaliste américain, cinéaste et éducateur qui se consacre à documenter les problèmes sociaux et politiques qui définissent notre époque. Un oeil sensible et une relation intime avec ses sujets sont les signatures de son travail. En tant que membre de VII Photo Agency, Kashi est reconnu pour ses images complexes et son rendu convaincant de la condition humaine. Les éditions allemandes Kehrer publient aujourd’hui le nouvel ouvrage du photographe, Abandoned Moments. Le livre est une incursion dans la vision et le talent uniques de Kashi, et présente des aperçus de la vie ordinaire, ainsi que des événements extraordinaires, des luttes et des victoires. Si l’instant décisif de Cartier-Bresson reflète une situation parfaitement en phase avec l’intuition du photographe, alliant parfaitement les éléments de composition et de timing, Abandoned Moments est quant à lui le résultat d’un instant d’abandon imprécis. Cette collection de photographies, réalisée sur une période de 40 ans, révèle des aperçus imprécis d’événements transitoires remplis d’énergie frénétique – le chaos de la vie quotidienne. Incarnant la puissance intrinsèque de la photographie, ils préservent des moments qui ne peuvent plus jamais se reproduire exactement dans le même temps et dans le même espace. Lorsque la géométrie, l’ambiance et la possibilité s’unissent pour créer involontairement quelque chose de nouveau, les qualités magiques et fictives de la photographie capturent l’essence non planifiée de l’existence. Kashi explique que ce livre est le fruit d’un “travail d’amour” de 40 ans. Il évoque l’évolution de son style et de sa méthodologie, et explique: “Avec le temps, j’ai développé une approche plus personnelle, instinctive et sans préméditation. Je prends souvent des photos sur le vif. Parfois, il s’agit simplement de laisser mon appareil photo absorber la lumière dans l’espoir que l’intensité et l’immédiateté de la vie, simplement vécue, aient été dévorées dans toute leur plénitude. Ce sont précisément les circonstances incontrôlées qui déclenchent ces images, qui leur donnent leur vitalité et leur caractère surprenant.” Le livre de 136 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer.

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