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ANDRES GONZALES – AMERICAN ORIGAMI

Publié par les éditions néerlandaises Fw:Books, American Origami est le résultat de six années de recherche photographique par le californien Andres Gonzalez. Le projet examine de près l’épidémie de fusillades de masse dans les écoles américaines, entremêlant interviews à la première personne, documents médico-légaux, documents de presse et photographies originales. On y retrouve également des lettres écrites après la tragédie du lycée de Columbine, le 20 avril à Littleton dans le Colorado ou encore des extraits du journal de Dylan Klebold, l’un des deux tueurs. Le livre emmène le lecteur à travers un voyage visuel de deuil partagé et d’expiation pour illuminer des moments de beauté et poser des questions morales ancrées dans des actes de guérison collective. Reliés de façon unique, les divers éléments se répètent et se replient les uns les autres, créant un monde parallèle de passé et de présent, et montrant le paysage réduit au silence avec les artefacts personnels créés par ceux qui ont perdu la vie dans ces évènements tragiques. “Les gens essaient simplement d’établir un lien avec ces tragédies qu’ils ne comprennent pas “, explique Gonzalez, “Je voulais m’engager dans ce deuil, l’étreindre et le préserver.” De Columbine à Sandy Hook en passant par Roseburg et Red Lake, American Origami compile les traces laissées, dans l’espace comme dans les corps, par ces fusillades de masse perpétrées dans les écoles et interroge le rapport des États-Unis à la violence. Le livre de 384 pages a été sélectionné en novembre dernier dans la catégorie Prix du Livre Photographique de l’Année des Prix du Livre 2019 organisés par Paris Photo et Aperture, et a récemment été sélectionné par le magazine Time comme l’un des meilleurs livres photographiques de l’année. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Fw:Books.

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YINGGUANG GUO – THE BLISS OF CONFORMITY

Yingguang Guo est la première lauréate en 2017 du prix Jimei x Arles-Madame Figaro Women Photographers Award, le premier prix dédié aux femmes photographes en Chine, lancé par le magazine Madame Figaro China et le festival de photographie Jimei x Arles. La jeune photographe se focalise sur des préoccupations sociales de la Chine contemporaine, en s’axant spécifiquement sur la condition des femmes à travers la pratique du mariage arrangé. Publié par les éditions La Maison de Z, The Bliss of Conformity, saisit le Jardin du Peuple à Shanghai, dans lequel des espaces entiers deviennent des lieux de marchandisation où les parents diffusent des annonces et se lancent à la recherche d’un conjoint pour leurs enfants. Yingguang Guo explique qu’en Chine, la question du mariage est un aspect central de la vie quotidienne. C’est lors de ses études au London College of Communication qu’elle a commencé à s’intéresser au « poids de ce conformisme » qui pèse particulièrement sur les jeunes femmes chinoises. Alors confrontée à la culture européenne, elle s’est interrogée sur la valeur assignée aux femmes dans sa culture d’origine. Tout au long du livre, un fil rouge traverse les photos. La photographe explique: “En travaillant sur cette série, je me suis rendu compte que le fil rouge était un élément très présent. Les parents disposent les feuilles A4 (sur lesquelles figurent les petites annonces) de différentes façons, certains utilisent de la ficelle rouge pour les accrocher aux arbres ou à des ombrelles. En prêtant attention aux éléments du parc où se rencontrent les parents pour tenter de marier leurs enfants, j’ai fait une liste des annonces accrochées dans le parc, celles qui étaient « clippées » et celles attachées par une ficelle rouge. En regardant tous ces éléments pour essayer d’en faire quelque chose, j’ai remarqué ce fil rouge qui parcourait les images et j’ai décidé de l’utiliser dans mon travail. Par ailleurs, le fil rouge a une signification symbolique dans les mariages chinois. Donc je l’ai utilisé dans le livre et dans les œuvres sur papier. Il n’y a pas simplement le fil rouge « physique », mais aussi le rouge utilisé dans les annonces disposées par les parents. Les informations importantes, comme l’âge et le genre de leur enfant, sont écrites en rouge. D’une certaine manière, le fil rouge métaphorique fait écho au vrai fil rouge. (…) Je pensais que les mariages arrangés appartenaient au passé, mais en travaillant sur ce projet j’ai réalisé à quel point ce phénomène était à nouveau devenu populaire, un peu comme une vogue rétro. J’ai été choquée de constater que, en dépit du développement de la société chinoise, il existait encore des lieux où s’orchestrent des mariages arrangés. Un immense fossé culturel s’était ouvert devant moi.” Le livre, avec sa très belle couverture en velours, inclut trois pochettes dont on peut extraire une double page contenant deux photographies. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions La Maison de Z.

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TONY RAY-JONES

Tony Ray-Jones (1941-1972) a marqué l’histoire de la photographie indépendante britannique. Plaçant sa vision artistique au-dessus de toutes considérations commerciales, il a documenté son époque à la recherche de sujets décalés et saugrenus. Dans cette nouvelle monographie publiée conjointement par les éditions britanniques RRB Photobooks et la Fondation Martin Parr, son œuvre est replacée dans son contexte et l’évolution de la photographie dans les années 1960 est également abordée. Le livre se concentre sur des photographies prises entre 1966 et 1969, alors que Ray-Jones, motivé par sa curiosité, parcourait le pays pour documenter les coutumes sociales anglaises et ce qu’il considérait comme un mode de vie en voie de disparition. Ce corpus de photographies, petit mais distinct, s’inscrivait dans l’évolution de la photographie britannique, plaçant la vision artistique au-dessus du succès commercial. Au cours de cette courte période, Ray-Jones a réussi à établir un style personnel individuel. Il a construit des images complexes sur un fond typiquement anglais, où les espaces entre les composants de l’image étaient aussi importants que le sujet principal lui-même. Le photographe explique: « J’ai essayé de montrer la tristesse et l’humour dans la folie douce qui règne chez les gens. Les situations sont parfois ambiguës et irréelles, et les juxtapositions d’éléments apparemment sans rapport, et pourtant les personnes sont réelles. J’espère que cela contribue à créer un sentiment de fantaisie. La photographie peut être un miroir et refléter la vie telle qu’elle est, mais je pense aussi qu’il est peut-être possible de passer, comme Alice, à travers le miroir et de trouver un autre monde avec la caméra. » Les talents de Ray-Jones ont été mis à profit par une génération de photographes de rue qu’il a rencontrés alors qu’il vivait à New York au milieu des années 1960. Parmi ces photographes figuraient Garry Winogrand, Joel Meyerowitz et d’autres personnes associées au cercle du légendaire directeur artistique de Harpers Bazaar, Alexey Brodovitch. Leurs images définissaient l’époque car ils utilisaient la rue comme cadre. Ray-Jones a appliqué cette nouvelle façon de voir à son Angleterre natale et a photographié ses observations comme elles ne l’avaient jamais été auparavant. En 2012, Martin Parr, aux côtés du conservateur Greg Hobson, a revisité les planches contact de Ray-Jones de cette période et retrouvé des images inédites. Parr explique: « Tony Ray-Jones a été l’une de mes premières inspirations. Ses images m’ont montré comment il était possible de photographier mon propre pays. » Ces nouvelles découvertes sont publiées avec des images anciennes emblématiques, notamment des tirages d’époque de la collection de la Fondation Martin Parr. L’ouvrage de 128 pages, qui comprend un essai de Liz Jobey et une introduction de Martin Parr, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Photobooks.

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PARIS PHOTO 2019

Voici quelques clichés de la 23ème édition du salon Paris Photo, qui se tenait la semaine dernière, et qui a connu un nouveau record d’affluence avec plus de 70 000 visiteurs. Près de 200 exposants, provenant d’une trentaine de pays, étaient à l’honneur sous la nef du Grand Palais où elles présentaient œuvres historiques et travaux contemporains. Se sont joints à elles une trentaine d’éditeurs internationaux offrant un panorama complet du médium photographique.

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MIKE OSBORNE – FEDERAL TRIANGLE

Mike Osborne est un photographe dont l’œuvre aborde divers thèmes, tels que l’architecture, le paysage, l’histoire, ou encore la technologie. Intitulé d’après un complexe gouvernemental coincé entre le Capitole et la Maison-Blanche, son nouvel ouvrage publié par les éditions Gnomic Book Federal Triangle décrit Washington DC comme une sorte de triangle des Bermudes bureaucratique, un lieu impénétrable de mystère, de danger et de désorientation. Commencé en 2016, le projet consiste en une série de brèves rencontres avec les artifices du pouvoir, qui ont conduit à une cascade de questions. Que font ces hommes munis d’écouteurs qui se réunissent dans des recoins près de voitures portant des plaques diplomatiques? Pourquoi des véhicules entièrement noirs passent au ralenti dans les ruelles derrière les villas de Georgetown. Où vont ces jardiniers qui font l’objet de fouille avant de pouvoir entrer dans des enceintes murées? Si le photographe américain était enclin aux projections paranoïaques, quels types de rencontres pourraient activer ses peurs et ses fantasmes conspirationnistes les plus sombres ? Quelles scènes et situations évoqueraient le sentiment paradoxal d’être proche des leviers du pouvoir tout en étant loin de ceux-ci? Osborne explique: “Mes images ne font pas directement allusion à des complots ou des conspirations spécifiques, mais elles se focalisent parfois sur des scènes et des situations qui renvoient à un sentiment généralisé de malaise, d’anxiété et d’absurdité qui caractérise ce moment.” Federal Triangle soulève ce genre de questions de manière imagée. Les photographies sont profondément ambiguës : les scènes du quotidien sont teintées de la possibilité de violence et de conspiration. En retenant plus qu’elles ne révèlent, les images de Mike Osborne invitent à des projections qui parlent de la peur, du doute, du dysfonctionnement et de l’absurdité de notre moment présent. Le livre de 144 pages, publié dans une édition limitée à 750 exemplaires, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gnomic Book.

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EDWARD GRAZDA – ON THE BOWERY

Dans les années 70, lorsqu’une sévère austérité est imposée par les banques new-yorkaises pour faire face à la banqueroute du gouvernement, les industries traditionnelles quittent New York, laissant les ouvriers dans les rues et une nouvelle génération d’artistes s’installer dans les bâtiments industriels. C’est dans ce contexte qu’Edward Grazda commence sa carrière de photographe. Jusqu’à la fin du XXe siècle, le Bowery était un quartier réputé pour ses hôtels et bars bon marché – le fameux “Skid Row” de New York – où les habitants de la ville se rencontraient et faisaient de leur mieux pour survivre. Inspiré du film classique On the Bowery de Lionel Rogosin sorti en 1956, l’ouvrage On the Bowery d’Edward Grazda, publié par les éditions powerHouse Books, dépeint la vie et l’époque qu’il a vécues sur le Bowery en 1971. C’est dans ce que beaucoup considèrent comme la zone la plus dure de la ville de ces années-là que le photographe américain a capturé toute la douleur, les difficultés et la malchance qui règnent sur le visage de ceux qui ont élu domicile sur le Bowery. La rue, sans limite et sans filtre, est l’endroit où Grazda a toujours été le plus à l’aise pour ses prises de vue, et cette série, à la fois brute, sincère et bienveillante, démontre une fois plus l’esprit intrépide et audacieux du photographe. Capturé avant que la gentrification et l’embourgeoisement ne transforment définitivement le quartier environnant en une destination touristique avec ses musées, ses boutiques haut de gamme, ses clubs et ses restaurants de luxe, Grazda rappelle à tous qu’il y a seulement quelques décennies, le Bowery était un paysage bien différent – et que New York ne cesse d’évoluer. Le livre de 68 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse Books, ainsi que sur Amazon.com.

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MASAHISA FUKASE – FAMILY

Publié par les éditions Mack, Family (Kazoku) est le dernier ouvrage du photographe japonais Masahisa Fukase (1934-2012), publié à l’origine en 1991. Les Fukase, durant trois générations, étaient une famille de photographes et possédaient un studio de photographie à Bifuka, une petite ville de la province d’Hokkaido au nord du Japon. Pendant près d’une vingtaine d’années, de 1971 à 1989, Masahisa Fukase réalise des “tableaux de famille”, photographiés d’année en année à chaque retour à Hokkaido: son père, sa mère, ses frères et sœurs et leurs enfants, sans oublier sa femme Yoko. Tous pris, à chaque fois, de face, souriants, puis de dos, cohabitant jovialement. Fidèle à son style, Fukase a souvent introduit des modèles tiers et des éléments humoristiques pour juxtaposer la réalité inéluctable du temps qui passe et du groupe familial qui s’amenuise. Au bout d’un certain temps s’ajoutent, dans les bras de quelques membres vivants de la tribu, de grands portraits photographiques encadrés perpétuant la mémoire d’un enfant ou d’un adulte absent ou défunt. Puis l’écart des pauses s’accentue, l’étau des années resserre cruellement sa pince muette: les parents prennent, d’une photo à l’autre, un terrible coup de vieux, le père s’amenuise, disparaît… Ensuite, plus rien. Le photographe a poursuivi la série jusqu’à la mort de son père en 1987, jusqu’à la fermeture du studio Fukase pour cause de faillite en 1989, et la dispersion de la famille qui s’en suivit. « Toute ma famille, dont je vois l’image inversée sur le verre dépoli, mourra un jour, résume Fukase. Cette chambre qui reflète et fixe leur silhouette est en fait un appareil à archiver la mort. » Ce magnifique ouvrage de 96 pages, qui comporte l’introduction originale sous forme autobiographique du photographe, ainsi qu’un essai du fondateur et directeur des archives Masahisa Fukase Tomo Kosuga, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack. Une édition spéciale du livre dans un coffret accompagné d’un tirage en phototypie, édité à 150 exemplaires, est également disponible ici.

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BORIS MIKHAILOV – SUZI ET CETERA ( PART 2)

Boris Mikhaïlov est l’un des principaux photographes des pays qui constituaient autrefois l’Union soviétique. Depuis presque 50 ans, Mikhaïlov explore la position de l’individu au sein des mécanismes de l’idéologie publique, abordant des sujets tels que l’Ukraine sous le régime soviétique, les conditions de vie en Europe orientale postcommuniste et les idéaux déchus de l’URSS. Bien que profondément enracinée dans un contexte historique, son œuvre incorpore des récits fortement engagés et personnels d’humour, de luxure, de vulnérabilité, de vieillissement et de mort. Quel que soit le système politique, Mikhaïlov refuse d’être un observateur passif et continue à observer activement le monde qui l’entoure. Publié à l’origine en 2007 par les éditions allemandes Koenig Books, Suzi et Cetera présentait une série d’images du photographe ukrainien Boris Mikhailov prises dans sa ville natale de Charkow dans les années 80. Aujourd’hui, les éditions italiennes 89books publient la seconde partie de ce grand projet de Mikhailov. Suzi et Cetera (Part 2) se compose d’une sélection de clichés réalisés par le photographe dans les années 60 et 70. Celles-ci sont souvent présentées lors d’expositions (notamment Primrose: Early Colour Photography in Russia), mais n’ont pas été incluses dans le premier livre. Cette série est souvent décrite comme le point de transition de Mikhailov de la photographie amateur à la photographie professionnelle. L’auteur lui-même dit que cette série est comme une capsule contenant l’embryon de toutes ses œuvres et explorations suivantes. Il y documente la vie quotidienne dans la société soviétique, tout en offrant une critique sociale incisive de son système répressif (les clichés de sa femme nue avaient notamment été découverts par le KGB, ce qui lui fit perdre son poste d’ingénieur). Ce projet est l’un des plus intimistes du photographe, où son choix de thèmes et de modes de représentation, y compris la nudité, les plaisirs désinvoltes et la perspective à grand angle, projettent une image contraire à l’esthétique officielle prescrite à l’époque. L’ouvrage de 204 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions 89books.

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DR. PAUL WOLFF & TRITSCHLER – LIGHT AND SHADOW

Publié par les éditions Kehrer, Light and Shadow marque la redécouverte de deux des photographes allemands les plus célèbres des années 1930: Paul Wolff (1887-1951) et Alfred Tritschler (1905-1970). Les deux photographes sont aujourd’hui encore reconnus comme des pionniers de l’utilisation du Leica, précurseurs d’un style toujours plus vivant dans la photographie d’illustration et le reportage. En outre, leur œuvre, estimée à 700 000 clichés, reflète plusieurs chapitres de l’histoire allemande : du réveil culturel pendant les années de la République de Weimar, en passant par le Troisième Reich, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle d’importantes parties des archives Wolff furent également détruites. En termes d’esthétique formelle, Wolff & Tritschler ont fait preuve d’un équilibre entre le conventionnel et le mouvement artistique de la Nouvelle Objectivité, entre le style traditionnel germanique et le courant photographique de la Nouvelle Vision qui adopte des angles inédits (plongée, contre-plongée, vision latérale). Il n’existe pratiquement aucun sujet que Wolff & Tritschler n’aient pas réussi à couvrir. Leur œuvre photographique façonne notre conception de l’ancien ou du “Nouveau Francfort” tout autant qu’il suscite notre nostalgie des lieux lointains, comme en témoignent leurs clichés de voyages en voiture, en bateau ou à bord d’un Zeppelin. En résumé, ce ne sont pas les contradictions qui manquent dans le travail de Wolff & Tritschler depuis trois décennies. Mais c’est précisément ce qui fait de leur œuvre, qui oscille entre prestation de services et aspiration artistique, entre avant-garde et adaptation, un témoin essentiel de leur époque, en amont d’une véritable révolution photographique. Cet imposant ouvrage de 464 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

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THE GAZE OF THINGS – JAPANESE PHOTOGRAPHY IN THE CONTEXT OF PROVOKE – VALENCIA

Le Bombas Gens, centre d’Art de Valence accueille du 22 février 2019 au 2 février 2020 la grande rétrospective La Mirada de las Cosas (The Gaze of Things) – Japanese Photography in the Context of Provoke. On y découvre une sélection d’œuvres de la collection Per Amor a lÁrt, la plus importante collection privée de photographies japonaises de cette période hors du Japon. L’exposition présente plusieurs centaines d’images qui retracent l’histoire de la photographie japonaise à partir de 1950, en accordant une attention particulière aux artistes qui faisaient partie du groupe Vivo (1957 – 1961) et du collectif responsable de la publication mythique Provoke. Entre 1957 et 1972, une transformation radicale du langage photographique a lieu au Japon, avec un groupe de photographes qui commence à développer leur œuvre dans l’après-guerre. Un renouveau qui se déroule parallèlement aux grands changements économiques, culturels et psychosociaux de cette période. On peut ainsi y découvrir le travail d’éminents artistes tels que Shomei Tomatsu, Akira Sato, Yutaka Takanashi et Daido Moriyama, ainsi que Nabuyoshi Araki, Koji Enkoura, Tamiko Nishimura et Hiroshi Hamaya.

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CHRISTOPHER ANDERSON – COP

Christopher Anderson, membre de la prestigieuse agence Magnum Photos, fait partie des photographes contemporains les plus influents. Son œuvre visuelle défie toute catégorisation puisqu’elle se situe entre les mondes du documentaire, de l’art, de la photographie commerciale et de la photographie de mode. Publié par les éditions britanniques Stanley / Barker, COP est le dernier ouvrage en date du photographe canadien, qui fait suite à Approximate Joy (voir ici), superbe série de portraits de la Chine contemporaine. Anderson commence à photographier les policiers de New-York en 2001, peu de temps après l’attaque du 11 septembre. Le paysage urbain commence déjà à changer à l’époque, avec des officiers plus lourdement armés, l’installation de barricades anti-émeute et une augmentation généralisée de la sécurité dans les rues de la ville. Même si celle-ci est en partie installée pour rassurer les New-yorkais, un premier sentiment d’instabilité s’installe. Anderson reprend la série après le mouvement Occupy Wall Street, la mort d’Eric Garner et l’élection de Trump, sous la forme d’une protestation plus large et inconsciente de l’autorité en place. Dans ce nouvel ouvrage, le photographe présente les images certes comme une critique du pouvoir en place mais aussi avec un nouveau regard, accompagné d’une quasi sentimentalité nostalgique pour un New-York qui n’existe plus. Il explique: «J’ai vu le portrait d’une classe ouvrière immigrée en Amérique. L’uniforme ne servait que de lien pour accrocher un échantillon de section transversale. Les photographies ressemblaient davantage à une lettre d’amour à New York ». Le livre de 88 pages, au design particulièrement original et soigné (signé The Entente), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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