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LEE FRIEDLANDER – THE PEOPLE’S PICTURES

Reconnu comme l’un des meilleurs photographes de sa génération, Lee Friedlander reflète la vie quotidienne moderne, souvent aliénée, dans ses images en noir et blanc et est considéré comme un observateur critique de l’American Way of Life. Beaucoup de ses images font partie des icônes de la photographie américaine et sont devenues des documents historiques de notre époque. Publié par les éditions new-yorkaises Eakins Press Foundation, The People’s Pictures présente une sélection de clichés du photographe, couvrant six décennies et qui ont été réalisés à travers une grande partie des États-Unis et certains pays d’Europe occidentale et d’Asie. Ces images sont des photographies exclusives de Friedlander : elles portent autant sur ce qui se trouve devant l’appareil que sur la redéfinition du médium par le photographe tout au long de sa vie. Tout comme son exploration des mots, des lettres et des chiffres dans le paysage social, ces photographies de la présence de la photographie dans la rue semblent inévitables dans la vaste orchestration visuelle de Friedlander sur ce à quoi ressemble notre société. Mais les photographies de Friedlander ne sont pas des documents neutres ; ce sont des créations intentionnelles, créées par ses soins, ludiques et intelligentes, conçues grâce à une complicité sans précédent avec le temps et l’espace. La saturation de notre paysage social par les photographies et les photographes est évidente de n’importe quel point de vue public. La photographie est sans doute le moyen d’expression le plus démocratique, plus accessible aujourd’hui que la langue, au-delà des cultures et des classes sociales. À certains égards, c’est le sujet le plus durable de Lee Friedlander : la manière dont les citoyens ordinaires interagissent avec le monde en le photographiant, ainsi que la manière dont ces images et celles construites à des fins publicitaires ou politiques définissent l’espace public. Le livre de 168 pages est disponible sur la boutique en ligne des éditions Eakins Press Foundation.

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JASON LEE – IN THE GOLD DUST RUSH

L’acteur/photographe (ancien skateur professionnel) Jason Lee vient de publier son nouvel ouvrage: In the Gold Dust Rush. Il s’agit du nouveau volet d’une exploration photographique en cours de l’Amérique rurale, qui a démarré il y a plus d’une décennie sur les routes secondaires de Californie, avec des films Polaroid grand format. Publié par les éditions britanniques Stanley / Barker, le livre rassemble 84 photographies en noir et blanc jamais publiées auparavant des 12 dernières années dans un voyage sinueux de la montagne à la ville. Le photographe explique : “Depuis mes premières sorties photographiques dans ma Californie natale en 2006, où j’ai exploré un visage plus rural, peut-être négligé de l’État, et les nombreuses sorties ultérieures zigzagant à travers la côte ouest, le sud-ouest et le Texas, je reste fasciné par ces rebuts américains, par les témoignages du désengagement et du départ, et les contradictions environnementales qui constituent notre regard collectif quotidien. C’est alors et maintenant que le temps se divise, l’homme et la nature se poussant l’un contre l’autre, et le progrès s’imposant toujours sur le fond. Et quelque part au coeur de tout cela, on prend des photos”. Bâtiments abandonnés, station services désertes, parkings isolés, devantures de magasins et panneaux publicitaires défraichis… rien n’échappe à l’œil acéré de Jason Lee. Le photographe fait preuve d’une grande maîtrise de la narration et d’une capacité unique à capturer la beauté naturelle et brute, principalement en jouant avec la lumière naturelle. Le livre de 112 pages, actuellement épuisé sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker est encore disponible dans quelques librairies spécialisées.

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JOSHUA K. JACKSON – SLEEPLESS IN SOHO

Joshua K. Jackson (né en 1984) est un photographe britannique basé à Londres. Son oeuvre se concentre sur la vie urbaine; il explore notamment la relation entre les gens et les lieux, exprimée à travers un riche langage visuel de couleur et d’abstraction. De Chinatown à Soho, en passant par Tooting et Piccadilly Circus, ses images adoptent un ton séduisant et cinématographique. Publiée par les éditions britanniques Setanta Books, Sleepless in Soho est sa toute première monographie. Pendant trois ans, Jackson a parcouru les rues éclairées par les lampadaires et les néons de Soho, utilisant la photographie pour échapper aux frustrations de l’insomnie. Le travail de Jackson de cette période révèle l’atmosphère complexe et intense de l’incontournable quartier vibrant et animé de Londres, en observant la juxtaposition entre le Soho d’aujourd’hui et le charme désuet de son passé. Les photographies ont été réalisées entre janvier 2017 et décembre 2019. Le photographe explique : “J’étais devenu complètement insomniaque et j’essayais alors de faire quelque chose de productif avec mon temps. Il s’agissait de photographier l’atmosphère que je ressentais pendant cette période et d’essayer de projeter une vision plus personnelle de ce que je voyais et ressentais à ce moment-là : obscurité, solitude, angoisse, mais aussi des moments de bonheur. C’était toutes sortes de choses. Et j’espère qu’avec ces photos, le lecteur sera emmené dans une sorte de voyage à travers ces émotions.” Le livre de 72 pages, qui contient 48 images ainsi qu’un poème de Sarah Tucker, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Setanta Books.

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LEE FRIEDLANDER @ FUNDACION MAPFRE MADRID – OPENING

La Fundación MAPFRE de Madrid accueille depuis jeudi dernier la nouvelle rétrospective de l’un des plus grands photographes contemporains, l’américain Lee Friedlander. Reconstituer l’œuvre hétérogène de Friedlander signifie se plonger dans un monde chargé d’éléments quotidiens et reconnaissables mais qui, en y regardant de plus près, acquièrent un sens différent et plus abouti. Considéré comme l’un des artistes fondamentaux du XXe siècle et après plus de 60 ans de photographie au quotidien, il continue aujourd’hui à renouveler son langage. Dans cette recherche de métaphores visuelles difficiles à interpréter, malgré leur apparente banalité, son regard critique reflète, même à des fins strictement formelles, la démesure et le chaos de la société américaine. L’exposition propose un aperçu chronologique complet de son œuvre. Ces travaux sont presque toujours regroupés en séries, ensembles de photographies développées sur plusieurs années. L’exposition souligne l’importance de ces projets, qui prennent souvent la forme de livres, une autre de ses passions : The Little Screens, The American Monument ou encore America by Car. L’exposition dévoile des associations thématiques ou stylistiques qui rassemblent près de trois cent cinquante photographies : portraits, autoportraits, photos de famille, nature, paysage urbain, etc. Parmi celles-ci, dix-sept appartiennent aux Collections de la Fundación MAPFRE, ainsi que d’autres matériels – tels que des vinyles de jazz et une cinquantaine de publications. Tout cela nous rapproche de l’œuvre complexe de l’un des photographes américains les plus influents du XXe siècle. Jusqu’au 10 janvier 2021.

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LEE FRIEDLANDER – THE MIND AND THE HAND

Dans les années 1960 et 1970, Lee Friedlander (né en 1934) a développé son approche originale pour documenter le « paysage social » américain, à savoir des photographies en noir et blanc d’apparence complexe, de tout ce qui passait devant son objectif. Mais alors qu’il se faisait un nom dans le monde de la photographie documentaire, capturant l’aspect et la sensation de la vie américaine moderne, il photographiait aussi ses amis les plus proches, une pratique qu’il a poursuivi tout au long de sa longue carrière. Publié par les éditions américaines Eakins Press Foundation dans un très beau coffret comprenant six livres, The Mind and the Hand présente les portraits intimes de six de ses meilleurs amis pris au cours des cinq dernières décennies. Les sujets, présentés chacun dans leur propre volume, font partie des photographes les plus influents de l’une des périodes les plus fertiles du média en Amérique : Richard Benson, William Christenberry, William Eggleston, Walker Evans, John Szarkowski et Garry Winogrand. Ce sont eux qui, des décennies durant, étaient cachés derrière l’appareil photo, mais aujourd’hui, ces clichés intimes en noir et blanc de Friedlander, dont la majorité n’ont encore jamais été dévoilés au public, nous révèlent ces géants de la photographie comme on ne les a jamais vu auparavant : tenant leur bébé, à la plage, à table, jouant du piano, fumant des cigarettes ou prenant un verre de vin ou deux. Chaque volume commence par une citation pertinente de son sujet. Le coffret, contenant un total de 240 pages, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Eakins Press Foundation, ainsi que sur Amazon.com.

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JASON LEE – A PLAIN VIEW

L’acteur/photographe (ancien skateur professionnel) Jason Lee vient de publier son nouvel ouvrage: A Plain View. Il s’agit du nouveau volet d’une exploration photographique en cours de l’Amérique rurale, qui a démarré il y a plus d’une décennie sur les routes secondaires de Californie, avec des films Polaroid grand format. Publié par Film Photographic en collaboration avec RF Book Co., le livre se compose de photographies couleur réalisées dans tout le Texas pendant 25 jours entre janvier et avril 2017, en utilisant des films Kodak 4×5 périmés et un appareil Graflex Speed Graphic. “L’un de mes plus grands plaisirs est de conduire et d’explorer la campagne, les banlieues, les petites villes, avec mon appareil photo à portée de main. J’ai fait pas mal de choses au fil des ans, poursuit Jason Lee, principalement des films en noir et blanc 35mm, principalement au Nouveau-Mexique, en Arizona et en Californie, alors je voulais cette fois-ci explorer le Texas, où je vis, en couleur et en grand format. J’avais un certain regard en tête, ainsi qu’un désir de voir ce paysage, ces scènes américaines, d’une manière différente, et les films couleur grand format périmés m’ont permis d’accomplir cette vision.” Bâtiments abandonnés, station services désertes, parkings isolés, devantures de magasins et panneaux publicitaires défraichis… rien n’échappe à l’œil acéré de Jason Lee. Le photographe fait preuve d’une grande maîtrise de la narration et d’une capacité unique à capturer la beauté naturelle et brute, principalement en jouant avec la lumière naturelle, mais également à la lueur des néons. Cette première édition du livre (180 pages) est éditée à 2000 exemplaires, dont 1400 sont signés par le photographe. Il est disponible dès maintenant sur la boutique en ligne des éditions Film Photographic, ainsi que sur le site jasonleefilm.com.

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LEE FRIEDLANDER – DOG’S BEST FRIEND – A PET PROJECT

Travaillant principalement avec des appareils photo 35 mm de la marque Leica et des films en noir et blanc, le style de Lee Friedlander se concentre généralement sur le “paysage social”. Ses photographies utilisent des images détachées de la vie urbaine, des reflets de devantures de magasins, des structures encadrées par des clôtures, des affiches et des signes qui se combinent pour capturer l’aspect de la vie moderne. Beaucoup de ses images font partie des icônes de la photographie américaine et sont devenues des documents historiques de notre époque. Publié par les éditions américaines SPQR Editions, Dog’s Best Friend – A Pet Project est la toute première monographie du photographe américain consacrée aux chiens – l’un de ses centres d’intérêts tout au long de sa carrière – et, dans de nombreux cas, leur étroite relation avec leurs propriétaires. Ses photos montrent le rôle que jouent ces précieux animaux de compagnie dans notre vie quotidienne. On y découvre des chiens compagnons, objets d’affection, attendant seuls dans leur cour fermée, dans des parcs, des salons ou dans des voitures. Pas grand chose ne manque à l’œil vagabond de Friedlander qui capture la beauté subtile et intime d’une amitié entre deux espèces différentes, par le biais d’une centaine de portraits de personnes et de leurs chiens, réalisés entre 1958 et 2016. Ces animaux domestiques reflètent leurs propriétaires tout autant qu’ils reflètent la culture américaine. Leur présence est souvent sous-estimée, comme s’il s’agissait d’une ombre, quelque chose qui a toujours été là, fidèle, et qui nous suit toujours. Ce très bel ouvrage de 108 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de SPQR Editions.

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JUNGJIN LEE – DESERT

Née en 1961 en Corée, Jungjin Lee est installée à New York et a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire à base d’images panoramiques monochromes aux compositions parfaites et qui dégagent une ambiance de sérénité. Au début des années 1990, la photographe coréenne effectue plusieurs voyages à travers l’immensité de l’Amérique. Elle y a capture des images archaïques et primitives des déserts, des rochers, des broussailles et des cactus. Ses séries d’images fragmentaires et poétiques ont été décrites par le grand Robert Frank comme des «paysages sans la bête humaine». S’appuyant sur son héritage sud-coréen, l’artiste développe un langage pictural unique en son genre: OceanOn RoadPagodasThings et Wind sont autant de séries dans lesquelles son intérêt fondamental pour la nature et la culture s’exprime dans un espace de résonance poétique. Dans son œuvre, Jungjin Lee utilise sa compréhension profonde de la matérialité, la texture et l’artisanat. Elle utilise notamment un papier de riz traditionnel coréen sur lequel elle applique à la brosse en chambre noire une émulsion photo-sensible (Liquid Light). Les imprécisions qui en résultent dans le processus de développement et les imperfections dans la production vont à l’encontre de la supposée prétention à la vérité de la photographie. La présence physique des photos grand format de Jungjin Lee est immédiatement captivante. Photographier le paysage est pour elle une exploration de son propre esprit – les états introspectifs de l’artiste, dont le regard photographique est insistant et transformateur. «Mes images doivent être vues comme des métaphores : ni représentation du monde réel, ni expression de sa beauté visuelle, elles sont une forme de méditation». Elle utilise la photographie pour poursuivre une recherche intérieure quasi mystique, une méditation sur notre place dans le monde, sur notre rapport à la nature et aux objets. Qu’elle pose son regard sur le lointain ou le proche, Jungjin Lee transcende la vision ordinaire et extrait du monde des “immémoriaux”. Ses photographies nous font entrevoir ce que pouvait être l’art à ses débuts : une médiation chamanique qui reliait l’homme à ce qui l’entourait. «Ce que je cherche dans mes photos, ce sont les éléments de vie. La solitude de l’humain. La vie change en surface, comme un océan. L’eau est en mouvement perpétuel à la surface, mais dans les profondeurs, au cœur, rien ne bouge». Ce nouvel ensemble d’œuvres, publié aujourd’hui par les éditions américaines Radius Books dans un superbe coffret intitulé Desert, a été conçu en l’espace de cinq ans, au début des années 90. La photographe y capture le vaste sud-ouest américain et le transforme avec sa fameuse lumière liquide et des émulsions diluées photo-sensibles, pour créer des images aussi incontrôlables et naturelles que le paysage qu’elle dépeint. Desert comprend quatre séries d’œuvres (chacune reliée dans un livre séparé et présentée dans un superbe coffret unique) qui contiennent toutes des images monochromatiques de terres arides. La stratigraphie gravée dans les parois rocheuses, les pierres massives, les précipices cavernicoles et la faune anthropomorphique présentent un vaste recueil des nombreux visages et textures du désert. Chaque image met l’accent sur les qualités formelles du paysage, évitant la présence humaine, et évoque la photographie de la fin du XIXe siècle, tout en incarnant la vision moderne de Lee. Certaines images provoquent un sens de l’infini dans leur immensité, tandis que d’autres se limitent à des traits et détails particuliers des paysages. Ce sublime coffret est maintenant disponible en pré-commande sur la boutique en ligne des éditions Radius Books, ainsi que sur Amazon.com.

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ALEC SOTH – SLEEPING BY THE MISSISSIPPI

À l’occasion de l’exposition Sleeping by the Mississippi d’Alec Soth à la galerie Beetles & Huxley (Londres), du 19 septembre au 21 octobre 2017, les éditions britanniques Mack publient une nouvelle édition de ce grand classique de la photographie contemporaine. Cette ré-édition du premier livre d’Alec Soth (publié pour la première fois en 2004 par Steidl) inclue deux nouvelles photographies, absentes des précédentes éditions. Documentant une série de road trips le long de la rivière du Mississippi, l’auteur capture la “troisième côte” iconique du Sud des États-Unis. Plus qu’à la beauté de la nature, il s’attache à la présence humaine, l’ambiance des lieux. Les photographies de Soth présentent un mélange éclectique d’individus, de paysages et d’intérieurs, à travers des photographies large format en couleur. Sensuel de part les détails qui le constitue et brut de part son sujet, Sleeping by the Mississippi pousse le lecteur à un sentiment de solitude, de désir et de rêverie. Comme Les Américains, le classique de Robert Frank, ce livre mêle un style documentaire et une sensibilité poétique. Le sujet du livre est moins le Mississippi en lui même que la structure qui l’entoure. Ne reposant ni sur un concept précis ou sur une idéologie, cette série de photographie semble créée à partir d’une certaine quintessence du désir de voyage des américains. 13 ans ont passés depuis la première publication du livre, et la vision rêveuse de l’artiste semble avoir évolué vers une signification plus nuancée, dans laquelle l’espoir, la peur, le désir et le regret se forment au sein de ce voyage évocateur le long de cette rivière mythique. Sleeping by the Mississippi, la plus célèbre série de Soth, est la traversée d’un fleuve immobilisé par l’oppression du progrès, déchets, usines, religion. Un «rêve éveillé», précise l’auteur, qui s’y abandonnera aux rencontres fortuites. Avec cette série, le photographe s’inscrit d’emblée dans la tradition photographique de l’errance à travers les États-Unis, et s’impose comme un des maîtres de la photographie couleurs. Plus qu’un documentaire sur le Mississippi, ses clichés sont la traduction d’un voyage intérieur et initiatique, et le fruit d’une investigation poétique du monde. Le livre de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack, ainsi que sur Amazon.com.

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JUNGJIN LEE – ECHO

Née en 1961 en Corée, Jungjin Lee est installée à New York et a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire à base d’images panoramiques monochromes aux compositions parfaites et qui dégagent une ambiance de sérénité. Au début des années 1990, la photographe coréenne effectue plusieurs voyages à travers l’immensité de l’Amérique. Elle y a capture des images archaïques et primitives des déserts, des rochers, des broussailles et des cactus. Ses séries d’images fragmentaires et poétiques ont été décrites par le grand Robert Frank comme des «paysages sans la bête humaine». S’appuyant sur son héritage sud-coréen, l’artiste développe un langage pictural unique en son genre: Ocean, On Road, Pagodas, Things et Wind sont autant de séries dans lesquelles son intérêt fondamental pour la nature et la culture s’exprime dans un espace de résonance poétique. Dans son œuvre, Jungjin Lee utilise sa compréhension profonde de la matérialité, la texture et l’artisanat. Elle utilise notamment un papier de riz traditionnel coréen sur lequel elle applique à la brosse en chambre noire une émulsion photo-sensible (Liquid Light). Les imprécisions qui en résultent dans le processus de développement et les imperfections dans la production vont à l’encontre de la supposée prétention à la vérité de la photographie. La présence physique des photos grand format de Jungjin Lee est immédiatement captivante. Photographier le paysage est pour elle une exploration de son propre esprit – les états introspectifs de l’artiste, dont le regard photographique est insistant et transformateur. «Mes images doivent être vues comme des métaphores : ni représentation du monde réel, ni expression de sa beauté visuelle, elles sont une forme de méditation». Elle utilise la photographie pour poursuivre une recherche intérieure quasi mystique, une méditation sur notre place dans le monde, sur notre rapport à la nature et aux objets. Qu’elle pose son regard sur le lointain ou le proche, Jungjin Lee transcende la vision ordinaire et extrait du monde des “immémoriaux”. Ses photographies nous font entrevoir ce que pouvait être l’art à ses débuts : une médiation chamanique qui reliait l’homme à ce qui l’entourait. «Ce que je cherche dans mes photos, ce sont les éléments de vie. La solitude de l’humain. La vie change en surface, comme un océan. L’eau est en mouvement perpétuel à la surface, mais dans les profondeurs, au cœur, rien ne bouge». Publiée par la maison d’édition allemande Spector Books, à l’occasion de sa rétrospective à la galerie Fotomuseum Winterthur, la nouvelle monographie Echo de Jungjin Lee présente onze séries d’œuvres commentées et contextualisées à travers des essais de Lena Fritsch, Hester Keijser et Liz Wells – fournissant pour la première fois un aperçu d’une œuvre s’étalant sur deux décennies. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Spector Books.

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LEE FRIEDLANDER – STREET: THE HUMAN CLAY

Reconnu comme l’un des meilleurs photographes de sa génération, Lee Friedlander reflète la vie quotidienne moderne, souvent aliénée, dans ses images en noir et blanc et est considéré comme un observateur critique de l’American Way of Life. Beaucoup de ses images font partie des icônes de la photographie américaine et sont devenues des documents historiques de notre époque. Après Portraits et Children, le photographe américain publie Street, le troisième volume de sa nouvelle série The Human Clay. Publiée par les éditions britanniques Yale University Press, cette série présente des images de personnes dans leur environnement, organisées par thème. Chaque livre propose des centaines de photographies, dont beaucoup sont inédites, choisies et séquencées par l’artiste lui-même, et toutes proviennent de ses vastes archives personnelles. Street se concentre sur la photographie de rue de Friedlander, sur une période de cinquante ans, et nous emmène à travers Atlanta, Buffalo, Denver, Los Angeles, Miami, New Orleans, San Francisco et bien sur New York. Avec un sens visuel inégalé, Friedlander transforme des situations urbaines quotidiennes en structures esthétiques, parfois impénétrables. À travers des recadrages rigoureux, des angles inhabituels, des réflexions multiples ou l’utilisation de cadres dans le cadre, il rompt radicalement avec les conventions esthétiques traditionnelles. Les compositions complexes qui résultent de ses prises de vue originales (à travers des rétroviseurs ou des vitrines, où l’on retrouve parfois un autoportrait de l’artiste) offrent une vision déformée – et paradoxalement encore plus nette – de la vie américaine et de ses développements sociaux. L’ouvrage de 215 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Yale University Press ainsi que sur Amazon.com.

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