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LORENA LOHR – TONIGHT LOUNGE

Publiée par les éditions britanniques The Cob Gallery, Tonight Lounge est la première étude complète de la photographie de nature morte contemporaine de Lorena Lohr, qui documente ses voyages à travers l’Amérique au cours de la dernière décennie. Cette publication rassemble tous les chapitres de sa série Ocean Sands. Depuis près d’une décennie, la photographe canadienne-britannique parcourt le sud-ouest américain en bus et en train, documentant les paysages éphémères et le caractère singulier de l’environnement urbain de la région. Rien n’est épargné par Lohr: des motels et des bars aux parkings et aux terrains vagues, ses clichés capturent les aspects inattendus et souvent étranges de la banalité des lieux qu’elle visite. Sans détachement ni commentaire ironique, la photographe relève la beauté et l’originalité dans des espaces négligés ou abandonnés et qui, autrement, passeraient inaperçus. Bien qu’elle ne se limite pas à un sujet particulier, l’ensemble de l’œuvre de Lorena Lohr se caractérise par des motifs récurrents : les fils électriques, les boissons colorées et les détails de la carrosserie des voitures ne sont que quelques-unes des caractéristiques qui traversent ses séries et ses livres. Le langage, tel qu’il est entrevu dans la signalétique commerciale, est un autre leitmotiv de ses photographies : les phrases génériques qui évoquent un exotisme en rupture avec leur environnement sont très présentes, contribuant à la fois à la richesse visuelle de ses compositions et faisant allusion à l’espoir, au désir et à l’isolement. L’ouvrage de 164 pages, avec des essais de Kirk Lake et Louise Benson, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions The Cob Gallery.

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JOAKIM KOCJANCIC – EUROPEA

Joakim Kocjancic est né à Milan en 1975. Après des études artistiques en Italie, des études de peinture à l’Académie des beaux-arts et une maîtrise en photojournalisme à Londres, il a vécu et travaillé dans plusieurs villes européennes. En 2006, il est revenu s’installer à Stockholm. Depuis lors, il a exposé à plusieurs reprises dans la capitale suédoise, la dernière à la Galleri Kontrast avec la série Paradise Stockholm, en septembre 2012. L’exposition a également été présentée au FORMA, à Milan, en mai 2013. Le photographe présente aujourd’hui son nouvel ouvrage intitulé Europea, publié par les éditions suédoises Max Ström. Conçue entre 1999 et 2016, cette série est une intrigante représentation photographique d’une Europe ouverte, un continent où les frontières sont créées par les hommes et non par la nature. Joakim Kocjancic y dépeint les citadins sur fond de paysage urbain. La foule, l’architecture, le chaos, la circulation et les conditions de vie des gens sont au centre de son œuvre. Avec ses images en noir et blanc, il essaie d’arranger et de créer un équilibre dans la vie urbaine trépidante et, en même temps, de créer une réalité intérieure à la frontière entre le rêve et la réalité. Il constitue avec ses images une nouvelle ville européenne où les frontières n’existent plus et où la condition humaine prédomine. « Mes photographies sont électriques, gorgées d’espoir et de désespoir, elles sont le résultat visuel de ma recherche d’identité, d’une possible identité européenne », précise-t-il. Le livre de 224 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Max Ström.

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JASON FULFORD – PICTURE SUMMER ON KODAK FILM

Photographe, designer, éditeur (J&L Books), Jason Fulford adopte avec talent le livre de photographie comme principal mode d’expression, dans lequel ses photos construisent plusieurs niveaux d’expression à travers leur séquence et leur agencement. L’artiste américain présente aujourd’hui Picture Summer on Kodak Film, publié par les éditions britanniques Mack. Les photographies qui composent ce nouvel ouvrage ont toutes été prises sur une pellicule Kodak et présentent des motifs récurrents : le temps, les bandes de test, la lumière réfractée et la couleur arc-en-ciel, la déformation par les ombres. Les personnages et les lieux sont répétés dans des compositions kaléidoscopiques tout au long de cette séquence vivante. Bien qu’elles aient été prises un peu partout dans le monde (notamment au Canada, en Italie, au Japon, en Lituanie, au Mexique, au Népal, en Thaïlande, aux États-Unis et au Vietnam), ces photographies se rassemblent pour créer un langage visuel unique : un lieu lumineux, intemporel et fictif. Outre le flux d’images, le rythme est également donné par un poème écrit par deux sœurs de Toronto, ponctué de phrases coïncidentes imprimées sur un papier noir plus fin, et qui ne sont pas sans rappeler le haïku moderne. Fulford explique: “Lorsque je compose un livre, je veux un mélange riche d’éléments qui se dynamisent mutuellement. Je ne veux pas que tout soit parfaitement planifié, comme “c’est ce que ça veut dire”, “c’est ce que vous devriez comprendre. Quand vous le lisez, j’aime qu’il soit ouvert, sans contrainte. Et en général, je préfère quand le texte et l’image se jouent l’un de l’autre. Ainsi, l’un rend l’autre plus agréable et vice versa. Ce n’est pas comme si l’un illustrait l’autre ou expliquait l’autre, mais ils fonctionnent en quelque sorte en parallèle. (…) Je veux que ce livre soit vraiment amusant pour quelqu’un en tant que lecteur, et je veux qu’il soit capable de danser à travers lui. Je pense beaucoup à la musique quand je réalise un livre, et je veux que le texte soit un élément de cette musique.” Picture Summer on Kodak Film présente un univers imprégné de beauté, d’humour et de sens inattendus. Ce très bel ouvrage de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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CHRIS KILLIP – THE STATION

En 2016, le fils de Chris Killip découvre une boîte de planches contact des clichés pris par son père à The Station, un centre de musique anarcho-punk de Gateshead (Angleterre) ouvert de 1981 à 1985. Ces images de la jeunesse crue prises dans le feu de la célébration étaient restées en sommeil depuis 30 ans; elles reviennent aujourd’hui à la vie dans le livre The Station, publié par les éditions allemandes Steidl. Ce lieu unique n’était pas seulement un espace de musique et de répétition, mais un véritable laboratoire pour l’expression des sous-cultures et de la culture punk de l’époque. Chris Killip explique: «En 1985, je photographiais des lieux de vie nocturne à Newcastle lorsque quelqu’un m’a parlé de la gare de Gateshead. J’ai été étonné par l’énergie et la convivialité de l’endroit. C’était totalement différent; géré pour et par les gens qui la fréquentais. J’ai arrêté d’aller dans d’autres lieux pour y photographier le samedi soir. Personne ne m’a jamais demandé d’où je venais ni même qui j’étais. Un homme de trente-neuf ans aux cheveux blancs courts qui portait toujours un costume, car la veste avait des poches cousues à l’intérieur pour contenir mes films 4×5 ”. Avec un gros appareil photo à plaque autour de mon cou et un gros flash Norman, avec sa batterie surdimensionnée autour de ma taille, je devais ressembler à quelque chose d’un film B des années 1950, ou à une imitation plutôt bizarre de Weegee. Cette époque était marquée par de nombreuses grèves, et le chômage était en pleine explosion, notamment chez les jeunes. La plupart des punks de The Station n’avaient pas de travail, et cet endroit, géré comme un collectif très inclusif, était extrêmement important pour eux et leur estime de soi. Ce superbe ouvrage de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Steidl ainsi que sur Amazon.com.

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MARIA LAX – SOME KIND OF HEAVENLY FIRE

Les éditions londonienne Setanta Books publient Some Kind of Heavenly Fire, la première monographie de la photographe finlandaise Maria Lax, qui réalise une série de photos où elle capture les lumières des paysages de son pays natal. Munie de son appareil photo, elle sillonne les rues de la Finlande pour capturer en image les éclairages des néons électriques, les phares de voitures ou les lumières des stations-service. Maria Lax arrive à faire ressortir des scènes les plus banales des lumières envoutantes et mystiques qui nous immergent dans un univers de science-fiction. Inspirée par la vague d’observations d’OVNI qui s’est déroulée en 1960 à Pudasjarvi, la photographe a décidé de monter un projet qui s’inspire des lumières mystérieuses projetées par ces objets venus d’ailleurs. Lax explique: “Je viens d’une petite ville du nord de la Finlande, entourée d’une vaste région sauvage peu peuplée. La plupart des gens passent par la ville en allant ailleurs sans jamais savoir qu’il s’agissait d’un haut lieu de l’observation d’OVNI dans les années 60. N’étant pas moi-même au courant de cette histoire, ce n’est qu’en lisant le livre de mon grand-père que j’ai appris les incroyables histoires d’événements surnaturels, de bravoure et de lutte contre les difficultés dans ce qui est en grande partie une terre stérile. Déjà atteint de démence, il ne pouvait répondre à aucune des questions que je me posais, alors je suis parti seule à la recherche de réponses. Je me suis tourné vers les personnes qui avaient vu les lumières mystérieuses, vers les archives des journaux et les albums photos d’époque de ma famille. Les observations d’OVNI ont coïncidé avec une grande période d’agitation en Finlande du Nord. Les gens affluaient de la campagne vers les villes à la recherche d’un emploi, laissant ainsi des maisons abandonnées éparpillées dans ce magnifique mais rude paysage. Il n’est pas étonnant que les observations d’OVNI aient incarné la peur de l’avenir, de l’inconnu et du changement inexorable des modes de vie et des moyens de subsistance qui se produisaient autour d’eux. Certains ont réagi aux lumières mystérieuses avec crainte, d’autres les ont prises comme un signe qu’ils n’étaient pas seuls”. Maria Lax combine ainsi sa propre photographie avec des archives familiales et des coupures de journaux pour transmettre l’essence des histoires déroutantes qui lui ont été transmises tout au long de sa jeunesse. En utilisant ces éléments, le livre tisse un récit délicat et ambigu, sur une petite ville avec un grand secret. Édité à 750 exemplaires et décliné en deux couvertures distinctes, le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Setanta Books.

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KATE BELLM – AMOR

Les éditions allemandes Hatje Cantz publient aujourd’hui Amor, le nouvel ouvrage de la photographe d’origine londonienne Kate Bellm. Au cours des dernières années, Bellm a photographié pour des magazines comme GQ, Vogue, Wonderland, Playboy, Interview et 032c, ainsi que pour des marques comme Gucci, Adidas et Audi. Ce très bel ouvrage est l’aboutissement d’une dizaine d’années de voyages en compagnie d’amis et d’amants, se baignant, s’embrassant ou encore faisant du skate. La photographie épurée et atmosphérique de Bellm séduit et attire le spectateur dans un paradis psychédélique issu d’un autre monde – avec des paysages colorés décalés, des cactus fous, des vues brumeuses et chaudes, des palmiers vacillants et des formes rocheuses colossales. Ses magnifiques nus construisent des récits enivrants qui dégagent une alchimie à la fois romantique et bohème. S’inspirant de l’œuvre d’Helmut Newton, Bellm dépeint la féminité avec fascination, alliant élégance, sexualité et autonomisation des femmes. Parmi ses amis et ses amants, l’artiste trouve ses modèles et ses muses, ce qui lui permet de travailler avec spontanéité et aisance, et lui confère le charme de la liberté de la jeunesse. À propos de ses modèles, la photographe déclare: “Nous avons un lien profond ainsi qu’un niveau de confiance mutuelle qui permet d’obtenir des clichés plus risqués ou plus aventureux. Sans le courage de mes modèles, la plupart de mes prises de vue n’auraient pas lieu. Surtout lorsque les filles courent nues sur une montagne ou plongent au fond de l’océan pour mes photos.” Sa maîtrise innovante de pellicules non traitées, en utilisant des techniques organiques telles que les filtres de lentilles, les fuites de lumière ou même les gouttelettes d’eau de mer, offre un résultat unique en son genre. Chaque image entraîne ainsi le lecteur dans un nouveau voyage ou une nouvelle aventure ensoleillée. Le livre de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.

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MARCIA RESNICK – RE-VISIONS

Artiste et photographe, figure de l’avant-garde de Downtown New York, Marcia Resnick (née en 1950 à Brooklyn) documente les communautés artistiques new-yorkaises depuis plus d’un demi-siècle. Les éditions suisses Edition Patrick Frey publient aujourd’hui la réédition de son livre iconique, Re-visions, sorti en 1978 et encensé à l’époque par Allen Ginsberg, Andy Warhol, William S. Burroughs et Lydia Lunch. L’ouvrage se compose d’une série de 48 photographies noir et blanc constituant un récit autobiographique qui met en scène l’adolescence féminine. En 1975, alors qu’elle conduisait sa voiture à Manhattan, Marcia Resnick s’est trouvée impliquée dans un accident de voiture et toute sa vie est passée devant elle. Quand elle s’est réveillée à l’hôpital, elle a commencé à penser à son passé. Elle a commencé à écrire des idées et à dessiner des images en considérant sa vie jusqu’à présent, en vue de la création d’un nouveau projet. En 1978 sort son livre autobiographique Re-visions, poignant et ironique, composé de photographies mises en scène. Ce livre est un ensemble de revisualisations de mémoires, souvent révisées pour augmenter l’ironie et l’humour de la condition humaine. Les mots et les images sont tout aussi importants: ils se nourrissent les uns des autres en travaillant de concert ou en discorde pour former le récit. Andy Warhol l’appelait «Bad», alors qu’Allen Ginsberg parlait lui de «Sharp… for a girl.» Aujourd’hui, 41 ans plus tard, Lydia Lunch, amie de longue date, rend hommage à la deuxième édition de Re-visions: “qui murmure dans des tons mystérieux prédisant la perversion délicieuse d’une adolescence naissante.” Resnick explique: “En réalisant Re-visions, j’ai beaucoup appris sur les femmes, et sur moi-même. J’ai découvert des femmes indépendantes, créatives, qui évoluaient dans un monde « d’homme ». Chaque femme que j’ai photographiée m’a appris quelque chose. Chacune des artistes féminines, écrivaines, musiciennes, danseuses ou pionnières sexuelles que j’ai photographiées avait un talent et une vision à part.” Ce très beau livre introspectif de 104 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Edition Patrick Frey, ainsi que sur Amazon.com.

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MICHAEL GALINSKY – THE DECLINE OF MALL CIVILIZATION

Le projet du livre The Decline of Mall Civilization de Michael Galinsky, publié en novembre 2019 par les éditions Rumur, est né un peu par hasard, en 2010, lorsque l’auteur a emprunté le scanner d’un ami pour numériser certains de ses négatifs qu’il n’avait encore jamais développés. Il est alors tombé sur de vieilles photos qui avaient capturé la vie au cœur de centres commerciaux, une culture de la consommation aujourd’hui mise à mal par Internet et l’e-commerce. Dès leur mise en ligne, ces photos ont rencontré un franc succès. Galinsky a donc réalisé son premier livre Malls Across America, qui a été très apprécié du public. Au début de 2019, le projet The Decline of Mall Civilization a débuté avec la publication du livre sur le portail international de financement participatif Kickstarter, dépassant toutes les prévisions en matière de collecte de fonds. Entre Détroit, Chicago et le Dakota du Sud, il a visité, photographié et raconté quinze centres commerciaux. Dans ce livre, on peut retracer l’épopée de la mall culture qui a dominé l’Amérique de Ronald Reagan dans les années 80 et 90. Avec l’essor d’Internet, les magasins et les centres commerciaux sont très souvent devenus des villes fantômes. Voir ces images aujourd’hui ne représente pas seulement un souvenir des objets du passé, mais un avertissement raconté sous forme d’images surprenantes et honnêtes d’un passé à jamais disparu. Lorsque l’ouvrage a été publié sur la plate-forme de crowdfunding, de nombreuses personnes ont perçu des similitudes entre les décors de la troisième saison de la série à succès Stranger Things et les photos prises par Michael Galinsky. Cette singularité a contribué au grand succès du livre et de la collecte de crowdfunding réalisée sur Kickstarter. The Decline of Mall Civilization est actuellement épuisé sur la boutique en ligne des éditions Rumur, mais il est encore disponible dans quelques librairies spécialisées.

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ANDRES GONZALES – AMERICAN ORIGAMI

Publié par les éditions néerlandaises Fw:Books, American Origami est le résultat de six années de recherche photographique par le californien Andres Gonzalez. Le projet examine de près l’épidémie de fusillades de masse dans les écoles américaines, entremêlant interviews à la première personne, documents médico-légaux, documents de presse et photographies originales. On y retrouve également des lettres écrites après la tragédie du lycée de Columbine, le 20 avril à Littleton dans le Colorado ou encore des extraits du journal de Dylan Klebold, l’un des deux tueurs. Le livre emmène le lecteur à travers un voyage visuel de deuil partagé et d’expiation pour illuminer des moments de beauté et poser des questions morales ancrées dans des actes de guérison collective. Reliés de façon unique, les divers éléments se répètent et se replient les uns les autres, créant un monde parallèle de passé et de présent, et montrant le paysage réduit au silence avec les artefacts personnels créés par ceux qui ont perdu la vie dans ces évènements tragiques. “Les gens essaient simplement d’établir un lien avec ces tragédies qu’ils ne comprennent pas “, explique Gonzalez, “Je voulais m’engager dans ce deuil, l’étreindre et le préserver.” De Columbine à Sandy Hook en passant par Roseburg et Red Lake, American Origami compile les traces laissées, dans l’espace comme dans les corps, par ces fusillades de masse perpétrées dans les écoles et interroge le rapport des États-Unis à la violence. Le livre de 384 pages a été sélectionné en novembre dernier dans la catégorie Prix du Livre Photographique de l’Année des Prix du Livre 2019 organisés par Paris Photo et Aperture, et a récemment été sélectionné par le magazine Time comme l’un des meilleurs livres photographiques de l’année. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Fw:Books.

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YINGGUANG GUO – THE BLISS OF CONFORMITY

Yingguang Guo est la première lauréate en 2017 du prix Jimei x Arles-Madame Figaro Women Photographers Award, le premier prix dédié aux femmes photographes en Chine, lancé par le magazine Madame Figaro China et le festival de photographie Jimei x Arles. La jeune photographe se focalise sur des préoccupations sociales de la Chine contemporaine, en s’axant spécifiquement sur la condition des femmes à travers la pratique du mariage arrangé. Publié par les éditions La Maison de Z, The Bliss of Conformity, saisit le Jardin du Peuple à Shanghai, dans lequel des espaces entiers deviennent des lieux de marchandisation où les parents diffusent des annonces et se lancent à la recherche d’un conjoint pour leurs enfants. Yingguang Guo explique qu’en Chine, la question du mariage est un aspect central de la vie quotidienne. C’est lors de ses études au London College of Communication qu’elle a commencé à s’intéresser au « poids de ce conformisme » qui pèse particulièrement sur les jeunes femmes chinoises. Alors confrontée à la culture européenne, elle s’est interrogée sur la valeur assignée aux femmes dans sa culture d’origine. Tout au long du livre, un fil rouge traverse les photos. La photographe explique: “En travaillant sur cette série, je me suis rendu compte que le fil rouge était un élément très présent. Les parents disposent les feuilles A4 (sur lesquelles figurent les petites annonces) de différentes façons, certains utilisent de la ficelle rouge pour les accrocher aux arbres ou à des ombrelles. En prêtant attention aux éléments du parc où se rencontrent les parents pour tenter de marier leurs enfants, j’ai fait une liste des annonces accrochées dans le parc, celles qui étaient « clippées » et celles attachées par une ficelle rouge. En regardant tous ces éléments pour essayer d’en faire quelque chose, j’ai remarqué ce fil rouge qui parcourait les images et j’ai décidé de l’utiliser dans mon travail. Par ailleurs, le fil rouge a une signification symbolique dans les mariages chinois. Donc je l’ai utilisé dans le livre et dans les œuvres sur papier. Il n’y a pas simplement le fil rouge « physique », mais aussi le rouge utilisé dans les annonces disposées par les parents. Les informations importantes, comme l’âge et le genre de leur enfant, sont écrites en rouge. D’une certaine manière, le fil rouge métaphorique fait écho au vrai fil rouge. (…) Je pensais que les mariages arrangés appartenaient au passé, mais en travaillant sur ce projet j’ai réalisé à quel point ce phénomène était à nouveau devenu populaire, un peu comme une vogue rétro. J’ai été choquée de constater que, en dépit du développement de la société chinoise, il existait encore des lieux où s’orchestrent des mariages arrangés. Un immense fossé culturel s’était ouvert devant moi.” Le livre, avec sa très belle couverture en velours, inclut trois pochettes dont on peut extraire une double page contenant deux photographies. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions La Maison de Z.

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TONY RAY-JONES

Tony Ray-Jones (1941-1972) a marqué l’histoire de la photographie indépendante britannique. Plaçant sa vision artistique au-dessus de toutes considérations commerciales, il a documenté son époque à la recherche de sujets décalés et saugrenus. Dans cette nouvelle monographie publiée conjointement par les éditions britanniques RRB Photobooks et la Fondation Martin Parr, son œuvre est replacée dans son contexte et l’évolution de la photographie dans les années 1960 est également abordée. Le livre se concentre sur des photographies prises entre 1966 et 1969, alors que Ray-Jones, motivé par sa curiosité, parcourait le pays pour documenter les coutumes sociales anglaises et ce qu’il considérait comme un mode de vie en voie de disparition. Ce corpus de photographies, petit mais distinct, s’inscrivait dans l’évolution de la photographie britannique, plaçant la vision artistique au-dessus du succès commercial. Au cours de cette courte période, Ray-Jones a réussi à établir un style personnel individuel. Il a construit des images complexes sur un fond typiquement anglais, où les espaces entre les composants de l’image étaient aussi importants que le sujet principal lui-même. Le photographe explique: « J’ai essayé de montrer la tristesse et l’humour dans la folie douce qui règne chez les gens. Les situations sont parfois ambiguës et irréelles, et les juxtapositions d’éléments apparemment sans rapport, et pourtant les personnes sont réelles. J’espère que cela contribue à créer un sentiment de fantaisie. La photographie peut être un miroir et refléter la vie telle qu’elle est, mais je pense aussi qu’il est peut-être possible de passer, comme Alice, à travers le miroir et de trouver un autre monde avec la caméra. » Les talents de Ray-Jones ont été mis à profit par une génération de photographes de rue qu’il a rencontrés alors qu’il vivait à New York au milieu des années 1960. Parmi ces photographes figuraient Garry Winogrand, Joel Meyerowitz et d’autres personnes associées au cercle du légendaire directeur artistique de Harpers Bazaar, Alexey Brodovitch. Leurs images définissaient l’époque car ils utilisaient la rue comme cadre. Ray-Jones a appliqué cette nouvelle façon de voir à son Angleterre natale et a photographié ses observations comme elles ne l’avaient jamais été auparavant. En 2012, Martin Parr, aux côtés du conservateur Greg Hobson, a revisité les planches contact de Ray-Jones de cette période et retrouvé des images inédites. Parr explique: « Tony Ray-Jones a été l’une de mes premières inspirations. Ses images m’ont montré comment il était possible de photographier mon propre pays. » Ces nouvelles découvertes sont publiées avec des images anciennes emblématiques, notamment des tirages d’époque de la collection de la Fondation Martin Parr. L’ouvrage de 128 pages, qui comprend un essai de Liz Jobey et une introduction de Martin Parr, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Photobooks.

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PARIS PHOTO 2019

Voici quelques clichés de la 23ème édition du salon Paris Photo, qui se tenait la semaine dernière, et qui a connu un nouveau record d’affluence avec plus de 70 000 visiteurs. Près de 200 exposants, provenant d’une trentaine de pays, étaient à l’honneur sous la nef du Grand Palais où elles présentaient œuvres historiques et travaux contemporains. Se sont joints à elles une trentaine d’éditeurs internationaux offrant un panorama complet du médium photographique.

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