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JASON VAUGHN AND BRAD ZELLAR – DRIFTLESS

Les éditions TBW Books viennent de publier le nouvel ouvrage de Jason Vaughn, Driftless. Les images de ce projet ont été prises par le photographe américain Jason Vaughn au cours d’une période de sa vie qui l’a vu errer pendant un an dans une région du Wisconsin connue familièrement sous le nom de Driftless Area, du nom du terrain accidenté formé par un manque d’écoulement glaciaire continental (drift). Cette résidence temporaire de Vaughn dans cette petite ville appelée La Crosse semble décrire le paysage autant que ses habitants. Alors qu’il vivait dans un appartement loué au bord du Mississippi, dans l’attente de la naissance de son deuxième enfant, et au début d’un deuxième chapitre de sa vie à la suite d’un cancer, le photographe a tenté de créer une communauté malgré son statut de visiteur de passage. Au cours de cette période de transition, ses promenades quotidiennes n’ont pas seulement nourri sa pratique artistique, mais lui ont également permis d’avoir des moments de clarté et d’appartenance pour se fondre dans le décor. Poursuivant dans cet esprit d’expérience partagée mais éphémère, le montage final de l’œuvre a été confié à l’auteur et journaliste Brad Zellar, qui a prêté ses propres méandres verbaux aux images, intégrant une narration contrastée mais complémentaire au livre. Parmi ses mots, à la fois désinvoltes mais aussi fatigués du monde, on retrouve un sentiment de légèreté sophistiquée, exacerbant des sentiments d’espoir plutôt que de désespoir. Tout en créant les images de Driftless, Vaughn laisse entendre que vivre au bord de la rivière lui a permis de contempler l’expérience humaine d’une nouvelle façon et de méditer sur ” le processus par lequel les gens peuvent dériver dans un espace, se loger, devenir permanents, se libérer et se déplacer vers un nouvel endroit “. Le photographe explique: ” L’un des thèmes principaux est la façon dont les gens dérivent, s’emmêlent quelque part souvent par pure coïncidence, et parfois, mais pas toujours, s’échappent. Les débris et la glace qui flottaient sur la rivière en étaient une représentation visuelle très pertinente pour moi lorsque j’étais là-bas. Plusieurs des photos du projet montrent ces éléments flottants ou suggèrent l’activité et les changements constants qui se produisent sur la rivière. J’ai eu beaucoup de chance de vivre là-bas, car c’est une muse très inspirante “. En duo, Vaughn et Zellar s’aident mutuellement à tisser un récit jusqu’à ce que leurs voix semblent s’unir. Chaque moment fugace ajoute une couche de sens, transformant, au fil du temps, une conversation en une histoire partagée. Ce très bel ouvrage de 92 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions TBW Books.

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GARY BRIECHLE – MAINE

Les éditions américaines Twin Palms viennent de publier le second ouvrage du photographe américain Gary Briechle, Maine. Briechle a noué des relations fortes avec les gens qu’il photographie depuis qu’il a emménagé dans le Maine, il y a près de 20 ans. Cela confère à son œuvre une intimité particulière, comme si les clichés avaient été prises par un membre de la famille. Reconnu internationalement pour son authenticité, le photographe marche à l’instinct et photographie en toute modestie sa famille, ses amis ou les étrangers qu’il rencontre chez lui, dans les environs de Rockland, dans le Maine. Il est un explorateur du quotidien, d’un moment « dans les mystères de notre monde ». Vivant et travaillant dans cet État de l’extrême nord-est des États-Unis, il n’éprouve pas le besoin de voyager pour faire des photos. “Tout ce qui m’inspire se trouve à quelques kilomètres de chez moi. Parfois, je pense que le Maine est comme ma famille d’accueil ; je ne suis pas vraiment à l’aise et je ne me sentirai probablement jamais complètement installé, mais le Maine continue de me nourrir.” Les thèmes récurrents sont la naissance et la mort, mais aussi la décadence humaine et les blessures profondes liées à nos tentatives infructueuses pour changer le monde. Ses photographies ont été publiées à plusieurs reprises dans le New York Times Magazine et il a reçu en 2015 le prix Guggenheim Fellowship in Photography. Publié dans une éditions tirée à 1500 exemplaires, ce très beau livre de 128 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Twin Palms, ainsi que sur Amazon.com.

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THE WATCH BOOK COMPENDIUM

Après leur succès individuel, les best-sellers The Watch Book I et The Watch Book II sont enfin disponibles regroupés dans un sublime volume publié par les éditions allemandes teNeues et intitulé The Watch Book Compendium. Peu d’objets combinent la fonction, l’élégance et le statut comme la montre-bracelet. Un mélange de mécanique précise, de savoir-faire, de matériaux nobles et d’innovation distinguent les exemples les plus remarquables. Les montres dites intelligentes jouant un rôle de plus en plus important, le monde de l’horlogerie est en pleine mutation. Toutefois, les montres classiques à mouvement mécanique ne disparaîtront pas des poignets, car le tic-tac d’une montre mécanique a été et continuera à faire battre le cœur de la culture humaine. Les connaissances étendues de Gisbert L. Brunner, historien horloger de renom, agrémentées de près de 1000 photographies couleur de haute qualité, présentent ainsi les dernières innovations et les plus importants chronomètres haut de gamme. Les lecteurs pourront se délecter d’une sélection somptueusement illustrée et documentée des plus belles montres de collection au monde. On y retrouve des portraits de plus de quarante marques horlogères, du haut de gamme tels que Patek Philippe, Rolex et Cartier, aux montres du segment “luxe abordable”, en passant par les montres de la crème de la crème chronométrique. Le livre explore leurs caractéristiques et leurs particularités uniques et analyse les percées remarquables et les développements techniques exclusifs qui ont contribué à l’histoire de chacune des montres présentées. Ce volume comprend également un glossaire utile des termes importants, ce qui en fait un indispensable absolu pour les experts en horlogerie et les collectionneurs, ainsi que pour ceux qui découvrent le monde de l’art horloger. Ce superbe ouvrage de 504 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions teNeues, ainsi que sur Amazon.com.

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RAVENS & RED LIPSTICK – JAPANESE PHOTOGRAPHY SINCE 1945

La photographie japonaise a été longtemps ignorée des Occidentaux mais connaît depuis peu une véritable renaissance. Publié par les éditions britanniques Thames & Hudson, Ravens & Red Lipstick, du nom de deux célèbres séries réalisées par les photographes Masahisa Fukase (voir ici) et Ishiuchi Miyako, est un magnifique ouvrage constituant l’un des premiers aperçus de la photographie japonaise à être publié en anglais. S’appuyant sur des recherches approfondies, Lena Fritsch (spécialiste de la photographie et de l’art japonais des XXe et XXIe siècles et conservatrice de l’art moderne et contemporain au Ashmolean Museum de l’Université d’Oxford) retrace l’évolution chronologique de la photographie japonaise, de la sévérité du réalisme d’après-guerre à l’inventivité de la photographie dans le Japon contemporain. Entrecoupé d’interviews originales fascinantes avec certains des photographes les plus influents de chaque époque, le livre retrace notamment le parcours du groupe Vivo des années 1960, Provoke dans les années 1970 (voir notre article ici), et la mode du Girl Power des années 1990, jusqu’aux tendances contemporaines. Au fil des pages, les lecteurs rencontrent les figures-clés entrées dans l’histoire de la photographie, comme Daido Moriyama, Nobuyoshi Araki ou Rinko Kawauchi. Ravens and Red Lipstick offre ainsi un impressionnant et audacieux aperçu visuel de l’histoire récente de la photographie japonaise. Fritsch encadre chaque mouvement de façon magistrale avec leurs différents contextes: elle démontre par exemple que le consumérisme et les débats politiques intenses des années 1960 et 1970 au Japon, sont au cœur du style brut des artistes Provoke. La grande réussite de Fritsch est d’apporter des observations issues d’un large éventail de disciplines à son analyse avec imagination et clarté. Richement illustré avec plus de 200 clichés, le livre est à la fois une introduction accessible et un travail d’analyse éclairant de la photographie japonaise depuis 1945. Ravens and Red Lipstick est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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GEOFF MCFETRIDGE – COMING BACK IS HALF THE TRIP

L’œuvre de Geoff McFetridge porte sur la condition humaine. Il aborde l’existence et la sémiotique dans une perspective curieuse, pragmatique, poétique et personnelle. Ses peintures, dessins et sculptures tournent souvent (littéralement) autour de thèmes tels que le commencement et la fin, la relation et la compréhension, la perception, le transcendantal et l’inconscient. Mais dans le travail de l’artiste originaire de Calgary, ces thèmes humains courants sont explorés avec la légèreté d’un vocabulaire graphique intuitif. Complexe et dense tout en étant tout aussi fragile et épars, le langage visuel de McFetridge ressemble à la fois à de la danse et à de l’alpinisme : lourd en préparation, léger en exécution. Coming Back Is Half The Trip se compose d’une série de travaux préparatoires pour peintures et sculptures présentées dans sa quatrième exposition personnelle avec V1 Gallery / Eighteen à Copenhague, du 27 octobre au 24 novembre 2018. Le livre, publié par les éditions suisses Nieves à l’occasion de l’exposition, propose de nouvelles approches de la cognition. Geoff McFetridge s’aventure aux frontières du sens, nous entraînant avec lui dans un voyage que nous pouvons ressentir, mais qu’il est plus difficile de verbaliser. Un état d’esprit méditatif, empreint d’empathie, où nous sommes connectés au-delà du temps et des mots, en reconnaissance de notre existence complexe. Publié en décembre dernier, ce très beau livre de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Nieves.

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MATT EICH – SIN & SALVATION IN BAPTIST TOWN

Dans ses travaux, Matt Eich étudie la condition américaine et se concentre sur le poids de la mémoire collective des Américains. Avec son projet Sin & Salvation in Baptist Town, le photographe américain documente la vie à Baptist Town, l’un des plus anciens quartiers afro-américains de Greenwood, dans le Mississippi, où l’héritage du racisme continue à avoir un impact économique et culturel sur la population. Publié par les éditions suisses Sturm & Drang, le livre est l’aboutissement de sept années de travail photographique et de dialogue avec les résidents du quartier de Baptist Town. Composé à la fois de portraits documentaires et de paysages, Eich raconte l’histoire longue, tordue et complexe de Baptist Town dans un contexte contemporain. Comme dans les autres travaux du photographe, cette série est une réflexion sur ce que signifie être un Américain aujourd’hui. C’est l’histoire d’une communauté, l’une parmi tant d’autres, au sein de la nation américaine. « Cet endroit est un microcosme d’une histoire qui se déroule dans tous les coins de l’Amérique, explique le photographe. L’histoire se répète. Notre mémoire collective favorise la facilité de l’amnésie plutôt que la reconnaissance des dommages que nous continuons de nous infliger les uns aux autres. Nous sommes tous pécheurs et saints. » Sin & Salvation, deuxième volume de la série en quatre parties Invisible Yolk de Matt Eich, constitue un témoignage précieux sur la face sombre de certains quartiers des États-Unis et sur les laissés pour compte du Rêve Américain, et révèle un malaise existentiel profondément enraciné. Édité à 800 exemplaires, le livre de 136 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Sturm & Drang.

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LEON LEVINSTEIN – PHOTOGRAPHS 1950 – 1970S – PARIS

Léon Levinstein est « un photographe cannibale », selon la belle formule d’Armelle Godeluck. Un animal rare, très rare, au talent fou, au cadrage carnassier ; un caractère de chien sauvage ne faisant rien pour se rendre domesticable, un peine-à-jouir absolu refusant tout assouplissement, et freinant, de ce fait, la reconnaissance de son travail unique. Il faudra qu’il meurt pour que, sans le poids torturé de sa présence à l’autre, son œuvre immense, si singulièrement avant-gardiste, à la fois si proche et si distancée de son objet/sujet, commence à être reconnue pour ce qu’elle est : celle d’un photographe majeur du XXème siècle. Issues de la collection Harry Lunn et de la Howard Greenberg Gallery, les photographies exposées à la Galerie Mandarine (75006 Paris), datées et signées, sont aussi rares que le talent de leur auteur. Jusqu’au samedi 24 novembre 2018.

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FRED W. MCDARRAH – NEW YORK SCENES

Au cours de ses 50 années de collaboration avec le Village Voice, Fred W. McDarrah (1926-2007) a couvert les différentes scènes de Downtown New York, produisant un témoignage visuel encyclopédique sans égal des personnes, des mouvements et des événements. Le photographe américain fréquentait les bars, les cafés et les galeries où se réunissaient écrivains, artistes et musiciens, et il était toujours le bienvenu dans les appartements et les lofts de l’aristocratie culturelle avant-gardiste de la ville. Il capture ainsi grand nombre de moments décisifs: Jack Kerouac en train de lire de la poésie, Bob Dylan traînant sur Sheridan Square, Andy Warhol en plein tournage dans la Factory, les émeutes de Stonewall… À travers son objectif, on assiste à la naissance mythique d’idées et d’attitudes qui continuent à façonner le caractère et l’attrait du New York d’aujourd’hui. Publié par les éditions Abrams Books, New York Scenes présente près de 300 photos noir et blanc originales allant de la fin des années 1950 au milieu des années 1970: les images les plus emblématiques de McDarrah, ainsi que des œuvres inédites tirées de ses nombreuses archives. Un essai introductif de Sean Wilentz décrit de manière vivante comment le photographe a enregistré la transformation de Greenwich Village, d’une scène bohème locale en un mouvement mondial. «Fred a laissé derrière lui une œuvre sans précédent de l’intérieur de cet espace toujours changeant tel qu’il existait dans le Greenwich Village du milieu du siècle, quand, pendant un certain temps, il a secoué la nation et le monde. Personne n’a jamais été aussi proche pour le dépeindre comme Fred l’a fait, et toute future chronique bohème sera forcément photographiée différemment. Il était au bon endroit au bon moment, et quand la chance est venue pour lui d’en tirer le meilleur parti, il ne s’est pas planté. Donc, tant qu’il y aura des spectateurs attentifs, l’esprit de Fred W. McDarrah, l’esprit de ces images, racontera ses histoires magiques.» Le livre de 248 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Abrams Books, ainsi que sur Amazon.com.

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TOM WOOD – WOMEN’S MARKET

Martin Parr n’hésite pas à qualifier Tom Wood de « génie méconnu de la photographie britannique ». Irlandais de naissance, Wood a longtemps vécu à Liverpool où il a « photographié la vie ». C’est un photographe des gens: étrangers, amis, famille; ces gens de tous âges dont il capture l’image individuellement, par paire ou en petits groupes, en les faisant poser ou non. Avec Parr et Chris Killip, il a contribué au développement de la photographie sociale en Angleterre dans le sillage de la révolte punk et des années Thatcher. Les éditions britanniques Stanley / Barker publient aujourd’hui Women’s Market, le nouvel ouvrage du photographe. De 1978 à 1999, Wood passe tous ses samedi matins au marché de Great Homer Street, suffisamment éloigné du centre de Liverpool, dans le nord de l’Angleterre, pour avoir sa propre identité, unique et plus détendue. Accompagné de son Leica et de films périmés, Wood y réalise des photos pleines de vie des chalands rencontrés sur le marché, à la recherche de la bonne affaire, entre amis ou en famille. « J’ai découvert le marché de Great Homer Street en 1975, grâce à une amie dont la famille habitait à Dingle (Liverpool), explique Tom Wood. À cette époque, je fis l’acquisition de deux costumes trois pièces Worsted à vestes croisées, et un costume rayé à trois épingles boutonnées avec revers, pour un total de quatre livres. Je me suis dit : “Quel marché formidable!” C’était un grand marché, s’étendant des deux côtés de la rue, mais quand j’ai commencé à y photographier, la partie des vêtements d’occasion avait pratiquement disparu. Pourtant, le marché était toujours bondé par les mêmes mères et filles qui, depuis des générations, fréquentaient “Greatie” ». Qu’ils soient en noir et blanc ou en couleur, les clichés de Tom Wood, authentiques et plein de spontanéité, transforment de simples moments de vie en moments de poésie où transparaît la beauté de la nature humaine. Le livre de 104 pages, au design particulièrement original et soigné (signé Tamara Shopsin and The Entente), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker. Tom Wood sera présent au Jeu de Paume (1 Place de la Concorde, 75008 Paris) le samedi 10 novembre 2018, pour une séance de dédicaces organisée par Stanley / Barker.

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SALLY MANN – A THOUSAND CROSSINGS

Depuis plus de quarante ans, Sally Mann réalise des photographies expérimentales d’une beauté envoûtante et mélancolique, qui explorent les thèmes primordiaux de l’existence : la mémoire, le désir, la mort, les liens familiaux et l’indifférence magistrale de la nature à l’égard de l’activité humaine. Ce qui unit ce vaste corpus d’œuvres (portraits, natures mortes, paysages et autres études), c’est qu’il est né d’un lieu, le sud des États-Unis. Originaire de Lexington, en Virginie, Mann utilise son amour profond pour sa terre natale et la connaissance de son héritage historiquement chargé pour poser des questions puissantes et provocatrices – sur l’histoire, l’identité, la race et la religion – qui résonnent au-delà des frontières géographiques et nationales. Elle obtient une renommée internationale dans la fin des années 80, dans un climat de controverse liée à sa représentation d’une enfance sensuelle et grave, dont les protagonistes étaient ses propres enfants et la toile de fond, un ancestral paysage virginien. Publié par les éditions américaines Abrams Books, le catalogue de l’exposition itinérante (Washington, Salem, Los Angeles, Houston, Paris, Atlanta), présente une vue d’ensemble des réalisations artistiques de la photographe américaine. Organisé en cinq grandes sections – Family, The Land, Last Measure, Abide with Me, et What Remains – et comprenant de nombreuses œuvres qui n’ont jamais été exposées ou publiées auparavant, A Thousand Crossings est une une rétrospective magistrale de Sally Mann. Avec cet imposant ouvrage de 320 pages, l’artiste affirme une nouvelle fois son statut de figure de proue au sein d’une veine de la photographie contemporaine volontiers anachronique dans son pictorialisme, décomplexée vis-à-vis de la modernité et revendiquant son archaïsme comme la marque de son esthétique et de ses préoccupations atemporelles. Le livre est disponible sur la boutique en ligne des éditions Abrams Books, ainsi que sur Amazon.com.

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ROBIN DE PUY – RANDY

En 2015, la photographe Robin de Puy (Oude-Tonge, 1986) traverse l’Amérique à moto. Au cours de ce périple, elle réalise une série de portraits et d’autoportraits intimistes accompagnés de textes. Parmi ces portraits se trouve celui de Randy, un adolescent originaire d’Ely, une petite ville de casinos isolée du Nevada. Dès qu’elle l’aperçoit pédalant à toute vitesse sur son vélo, Robin de Puy est intriguée par ce garçon et brûle de faire sa connaissance. Quelques jours plus tard, la photographe quitte la petite ville. De retour à Amsterdam, le souvenir de Randy ne la quitte pas. À propos de cette première rencontre, Robin de Puy écrit: «Randy, un garçon à l’air fragile, un visage frappant, de grandes oreilles – un chiot, un golden retriever attendant que le ballon soit lancé, (trop) naïf. “Puis-je te photographier?” Lui ai-je demandé. La question a été accueillie avec un haussement d’épaules et un regard à la fois anxieux et curieux, un regard qui semblait dire tellement et si peu, puis il a dit de tout cœur “oui”.» Le projet de retourner au Nevada mûrit peu à peu. Fin 2016, de Puy, qui a entretemps été élue pour un an ambassadrice de la photographie néerlandaise (Fotograaf des Vaderlands), met son projet à exécution. Cette visite à Randy sera suivie d’une autre en février 2017, puis d’une autre encore au mois de mai suivant. Fascinée par l’adolescent, l’artiste fixe son quotidien sur la pellicule. Photographié sous tous les angles, Randy se prête au jeu… Publié par les éditions belges Hannibal Publishing, l’ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur leur boutique en ligne, ainsi que sur Amazon.com.

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DAIDO MORIYAMA – RECORD

Né au Japon en 1938, Daido Moriyama est l’un des plus importants photographes contemporains. Membre de l’avant-garde artistique japonaise d’après-guerre, il a commencé son œuvre au milieu des années 1960. Auteur de plus de 180 livres mêlant photographies, textes théoriques et techniques d’impression diverses mais aussi performances et dispositifs d’installations, il a exploité toutes les formes du medium photographique et a contribué à redéfinir la pratique de la photographie de rue. Membre du mouvement Provoke qu’il rejoint en 1968 pour la deuxième édition de la revue éponyme, Daido Moriyama produit une œuvre riche, dense et protéiforme. Ses photographies –souvent décrites comme brutes, floues et troubles (l’esthétique du “are, bure, boke”), ont donné naissance à une nouvelle pratique de la photographie de rue où l’artiste, qui rôde sur la route, est en prise avec l’espace public. Le travail de Daido Moriyama embrasse aussi la technique de la sérigraphie, qu’il utilise dès les années 70, tant pour produire des livres que des œuvres à exposer. Les Éditions Textuel publient cet automne le fac-similé des trente numéros de la revue Record, créée en 1972 par le photographe. Photo-journal, magazine, fanzine, cette brochure de seize pages tient lieu de journal intime et de journal de terrain. Moriyama y rassemble quatre années durant ses images préférées parmi toutes celles qu’il prend au quotidien. On trouve, dans l’ensemble des photographies présentées, des panneaux publicitaires défraîchis, des vitrines miroitantes, des tuyaux aux formes insolites, ou encore des profils de Tokyoïtes saisis sur le vif. Comme prises à la hâte, ces photographies témoignent de l’esthétique de l’instantané chère à l’artiste, qui utilise un appareil photo compact qu’il brandit au fil de ses balades, tel un véritable chasseur d’images. Plutôt que de préparer et de cadrer avec soin ses clichés, il déclenche spontanément sans regarder dans son viseur, se servant de son corps et de ses humeurs pour capter la réalité qui l’entoure. Indifférent aux techniques académiques de composition et de tirage, Daido Moriyama livre des photographies d’une grande force expressive. Après trente ans d’interruption, il réactive Record en 2006 pour y publier, avec la même férocité graphique ses photographies prises au Japon, dans les rues de Paris, Los Angeles, Florence, Londres, Marrakech ou Marseille… Avec leur cohorte d’animaux errants, de ciels zébrés de câbles électriques, d’enseignes et de signalétique omniprésente, ces trente numéros de Record composent une odyssée furieuse et pulsatile. Ce magnifique ouvrage de 424 pages, sous coffret, est maintenant disponible dans les meilleures librairies ainsi que sur Amazon.fr.

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