TARYN SIMON – CONTRABAND

Les éditions Hatje Cantz viennent de publier une nouvelle édition de Contraband, l’un des plus célèbres projets de la photographe américaine Taryn Simon. Ses prises de vues relatent les aspects contradictoires de l’identité américaine tout en exposant les mécanismes cachés de la société. Cette dernière œuvre poursuit sa série antérieure, An American Index of the Hidden and Unfamiliar (2007) qui explorait l’intersection secrète entre le privé et le public. Durant cinq jours en novembre 2009, Simon est restée sur place à l’aéroport International John F. Kennedy, où transitent plus de passagers internationaux que dans n’importe quel autre aéroport des États-Unis. Le rythme exhaustif auquel elle a effectué les prises de vues était équivalent à celui du flux de marchandises en vingt quatre heures, à travers les frontières et les fuseaux horaires. L’ouvrage de 496 pages comprend 1075 photographies d’articles détenus ou saisis aux passagers et de courriers express qui entrent aux États-Unis en provenance de l’étranger. Simon a travaillé intensivement, en utilisant une procédure photographique médico-légale pour documenter une grande variété d’articles interdits, notamment l’agent actif contenu dans le Botox, des vêtements et accessoires contrefaits (y compris des sacs à main de marque), de l’héroïne, des bijoux, du rhum jamaïcain à très forte teneur en alcool, des articles fabriqués à partir d’espèces menacées, des produits pharmaceutiques, des cigares cubains, des organes d’animaux, des DVD piratés, de la poudre d’or, des pistolets, des oignons, du GHB, des chèques de voyage et des stéroïdes illégaux. En cataloguant un volume important de documents en un temps réduit, des modèles se dégagent et révèlent un échantillon complet du commerce international, exposant les désirs et les besoins qui stimulent l’économie internationale ainsi que les économies locales qui les produisent. Simon a photographié chaque article sur un fond gris neutre, ce qui permet d’obtenir un enregistrement scientifique « objectif » dénué de tout contexte. Séparé des effets personnels du passager, chaque article perd ses connotations individuelles particulières et se transforme en une pièce d’un réseau mondial plus étendu. Contraband peut aussi induire le danger et suscite des questions sur ce qui est officiellement considéré comme étant une menace pour l’autorité et la sécurité dans la société américaine contemporaine. Le livre est accompagné d’un texte de Hans Ulrich Obrist, directeur de la galerie Serpentine à Londres et est maintenant disponible chez Hatje Cantz ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.