Category Archives: Art

BORO – THE ART OF NECESSITY

À l’occasion de l’exposition Boro – The Art of Necessity au Museum of Far Eastern Antiquities de Stockholm (jusqu’au 15 août 2021), la maison d’édition suédoise Art and Theory Publishing publient un excellent catalogue. Celui-ci raconte l’histoire d’un art né de la misère, au Japon. Il retrace l’histoire et les souvenirs à travers des tissus rapiécés et réparés – une culture textile nippone où aucun reste de tissu n’est gaspillé et dont les créations économes ont été transmises de génération en génération. Les vestes, les pulls, les couvertures et les couettes ont été réparés, renforcés et retravaillés pendant plusieurs décennies. Les textiles étaient fabriqués en combinant des couches de tissus de chanvre faits maison, des vêtements usés, des chiffons et du fil recyclé. Pendant longtemps, le boro a été considéré comme un vestige honteux des temps plus pauvres du Japon. Un siècle plus tard, tout a changé, et les objets en boro sont maintenant copiés par les marques de mode de luxe et présentés comme de l’art dans les galeries d’art internationales. Le livre contient une documentation photographique des pièces clés de la collection du folkloriste, archéologue et ethnologue Chuzaburo Tanaka (1933-2013). Cette publication passe en revue l’histoire du boro en tant que textile, mais examine également l’évolution du statut social, économique et esthétique du boro. Elle comprend des textes critiques de Staffan Appelgren, Petra Holmberg, Yoshiko Iwamoto Wada et Philip Warkander. Ce très beau livre de 168 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Art and Theory Publishing.

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PAUL GRAHAM – BUT STILL, IT TURNS

À l’occasion de l’exposition But Still, It Turns à l’International Center of Photography (ICP) de New-York, les éditions britanniques Mack publient un très beau catalogue. À cette occasion, le photographe Paul Graham assure la direction d’une étude subtile et d’un manifeste revitalisant pour la photographie. L’oeuvre dynamique et variée rassemblée pour ce projet prône un dévouement décomplexé, mais non sans complexité, à l’enchevêtrement brillant de la réalité. Sans céder ni aux artifices du studio, ni aux exigences restrictives du documentaire conventionnel, ces artistes racontent des histoires ouvertes qui se déplacent, se déforment et se ramifient, en phase avec la vie telle qu’elle est. On retrouve ainsi dans l’ouvrage le rêve éveillé californien ZZYZX de Gregory Halpern (voir ici), l’exercice itinérant d’empathie de Vanessa Winship dans She Dances on Jackson, les rassemblements de personnes de Lost Coast de Curran Hatleberg, l’intense et multiforme One Wall a Web de Stanley Wolukau-Wanambwa, l’Amérique teintée de mortalité de What Remains de Richard Choi, l’œuvre documentaire visionnaire South County de RaMell Ross, le projet collaboratif Index G d’Emanuele Bruti et Piergiorgio Casotti, et enfin l’exploration désorientante du paysage américain et de la masculinité de Kristine Potter dans Manifest. Toutes ces œuvres sont ainsi réunies dans une harmonie et une dissonance éclairante, permettant à Graham d’explorer une nouvelle forme photographique. À travers cette sélection d’images, le prisme du temps s’illumine et se précise. On y distingue leurs différentes composantes et la façon dont elles s’assemblent. Elles nous entraînent sur des chemins inattendus, nous font découvrir d’autres vies que nous pourrions mener si la vie prenait une autre tournure ; elles favorisent l’empathie. Elles nous permettent enfin de reconnaître que la vie n’est pas une histoire qui s’écoule vers une fin forcément heureuse : elle se déforme et se ramifie, s’enroule en spirale et se tortille, apparaissant et disparaissant de notre conscience. Le livre de 268 pages, comprenant des essais de Paul Graham, Rebecca Bengal et Ian Penman, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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CHANEL – ETERNAL INSTANT

En 2000, Chanel révolutionne les codes de l’horlogerie traditionnelle et les standards des montres pour femmes avec la J12, première montre ronde en céramique noire de l’histoire. Inspiré des silhouettes des voiliers de l’America’s Cup, Jacques Helleu alors directeur artistique des parfums, des produits de beauté, de l’horlogerie et de la joaillerie chez Chanel, invente un garde-temps inédit dans lequel la technique est exclusivement mise au service d’un design élégant, racé. Inoubliable. En transformant la céramique en matériau précieux, la J12 pose les nouveaux jalons de la montre de sport de luxe et devient la première icône horlogère classique du XXIème siècle. Publié par les éditions britanniques Thames & Hudson, Eternal Instant rend hommage à cette montre culte. Richement illustré, cet ouvrage signé de Nicholas Foulkes (How To Spend It Magazine, Vanity Fair, Country Life, British GQ, On Time) retrace le destin fabuleux de la J12 et célèbre les vingt ans d’une montre qui incarne dans l’univers horloger la vision singulière et avant-gardiste de Chanel. Illustré d’une sélection étonnamment originale de belles photographies, ce volume célèbre l’une des montres les plus belles et techniquement raffinées jamais portées. Le livre de 152 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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JOHN DIVOLA – TERMINUS

L’œuvre hétéroclite de l’artiste visuel américain John Divola explore la peinture et l’art conceptuel à travers la photographie. Si les sujets photographiés vont des bâtiments aux paysages en passant par les objets en studio, ses préoccupations sont conceptuelles : elles remettent en question les frontières entre fiction et réalité, ainsi que les limites de l’art pour décrire la vie. Depuis 2015, l’artiste réalise des projets photographiques dans un complexe résidentiel abandonné de l’armée de l’air à Victorville, en Californie. En intervenant à l’intérieur des bâtiments désaffectés avec de la peinture en aérosol puis en photographiant les scènes modifiées, Divola crée une œuvre qui se situe au carrefour de la photographie, de la sculpture et de l’installation. Les images de Terminus, sa nouvelle monographie publiée par les éditions britanniques Mack, contemplent des couloirs délabrés et des formes sombres que Divola a peintes à leurs extrémités. À travers des couches de peinture, de poussière et de plâtre, elles exercent une attraction indéniable sur le spectateur, suggérant à la fois les forces déterministes du destin et la possibilité déchirante de s’en échapper. En organisant et en juxtaposant ces images dans le livre comme un objet concret, l’artiste entraîne le spectateur dans une traversée stochastique et envoûtante à travers ces lieux abandonnés. Poursuivant l’expérimentation conceptuelle qui a défini l’œuvre de Divola, Terminus capte une tension entre l’observation du spécifique et l’insistance de l’abstrait. Ce sont des lieux réels, photographiés dans la lumière du petit matin, mais altérés par les obscurs hiéroglyphes de Divola ; ils sont vivants avec des suggestions de symbolisme et de fiction. Des détails précis témoignent de l’abandon et de la disparition de scènes à moitié familières, alors même qu’elles sont transfigurées en arènes scéniques pour la conceptualisation. Dans les espaces de transition de ces passages, nous voyageons toujours et n’arrivons jamais, pris entre les courants de marée de l’histoire et de la réflexion. Imprimé sur du papier japonais, l’ouvrage de 68 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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TOMOKO YONEDA @ FUNDACION MAPFRE MADRID – OPENING

Tomoko Yoneda (Akashi, Japon, 1965) a étudié la photographie à Chicago et plus tard à Londres, où elle vit actuellement. Passionnée dès son plus jeune âge par le journalisme, ses œuvres font généralement référence à des événements historiques, des paysages et des intérieurs associés à des conflits armés, avec lesquels elle souhaite documenter la présence intangible de l’histoire dans le cours de la vie quotidienne et pas seulement dans les monuments qui l’évoquent ou les vestiges qui en témoignent. Cette exposition, organisée par la Fundación MAPFRE de Madrid, offre un large aperçu de son travail qui, bien qu’ayant déjà fait l’objet d’une exposition monographique internationale, n’avait pas encore fait l’objet d’une exposition individuelle en Espagne. Du 11 février au 9 mai 2021.

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ALBARRAN CABRERA – PARAJOS

Depuis plusieurs années, le duo d’artistes de Barcelone Angel Albarrán et Anna Cabrera sont les imprimeurs privilégiés des musées et de certains photographes de renommée mondiale. Récemment, ils ont développé leur propre activité artistique, en expérimentant entre techniques d’impression modernes et traditionnelles, et en exposant dans le monde entier. En plus de maîtriser les techniques artisanales telles que les tirages platine et les cyanotypes, ils ont développé une technologie d’impression unique : imprimer des photographies avec des pigments sur du papier japonais fin, qui est ensuite placé sur une feuille d’or, imprégnant les images d’une qualité hors du commun. Dans Pájaros, nouvel ouvrage publié par les éditions Editorial RM, l’univers poétique des deux photographes espagnols est présenté au fil d’un voyage onirique au pays des oiseaux. Le temps, la mémoire, la beauté sont des thèmes qui traversent toute leur oeuvre. “Nous cherchons à expérimenter la beauté de la découverte”, précisent-ils. Entre réel et illusion, l’image interroge notre rapport au monde tangible. “La photographie nous aide à comprendre la réalité, les images sont comme des notes visuelles dans un carnet.” Chaque image est comme une histoire arrêtée. Ses nuances chromatiques, nous immergent dans la couleur. L’image se fait vibration sensible. Pour la collection Des Oiseaux dont c’est le 7e titre, le duo a réalisé des photographies spécialement pour le livre. La beauté de l’éphémère, une certaine mélancolie mais aussi la fragilité de l’instant saisi par l’objectif se révèlent au fil d’images en couleurs mordorées ou en monochrome. Les oiseaux semblent tout droit sortis de contes fantastiques; ils prennent leur envol sur des surfaces miroitantes, se dispersent parmi de sombres frondaisons. Les cadrages serrés soulignent leur présence physique. Les oiseaux deviennent presque abstraits. Cou souple bicolore d’un couple de cygnes, bec immaculé d’une poule d’eau d’un noir lustré, ailes de palombes déployées auxalba pennes argentées, plumes de paon au somptueux tombé : le jeu formel des formes sert de contrepoint à la saturation des couleurs. Cabrera et Albarrán laissent l’interprétation de leurs images à la mémoire du spectateur, s’inscrivant dans la démarche de Joan Miró, qui dans son tableau Bird in Space, donne une représentation minimale de l’oiseau, à travers des points ou des ombres, pour laisser voler notre imagination. Le livre de 96 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions espagnoles Editorial RM.

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LARRY CLARK – SELECTED WORKS: 1963—1979

La galerie madrilène 1 Mira Madrid accueille depuis le weekend dernier la nouvelle exposition personnelle du photographe et réalisateur américain Larry Clark, Selected Works: 1963—1979. Cette rétrospective présente ses clichés documentant la culture de la consommation de drogue et les activités illicites de ses amis à Tulsa. L’exposition est accompagnée d’une vente de tirages. Jusqu’au 3 avril 2021.

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DEANNA TEMPLETON – WHAT SHE SAID

What She Said, le nouvel ouvrage de Deanna Templeton publié par les éditions britanniques Mack tire son titre d’une chanson de The Smiths : “What she said was sad / But then, all the rejection she’s had / To pretend to be happy / Could only be idiocy.” L’œuvre trouve son origine dans les portraits que la photographe californienne a réalisés dans les rues des États-Unis, d’Europe, d’Australie et de Russie, dans lesquels elle a immortalisé des femmes à l’adolescence : des punks et des parias dont les jeans déchirés et les collants, les tatouages et les coiffures témoignent de ce moment de transition dans leur vie alors qu’elles naviguent dans l’intensité de l’adolescence. Templeton a grandi dans un environnement ostensiblement différent dans la jeunesse des années 80, mais elle reconnait en eux quelque chose de l’universalité de l’adolescence féminine, alors qu’elles sont aux prises avec des déceptions et des défis similaires à ceux qu’elle a elle-même rencontrés dans sa jeunesse. La photographe explique : “En réalisant ces portraits, j’ai commencé à remarquer que beaucoup de ces photos me rappelaient soit moi-même quand j’avais leur âge, soit comment j’aurais aimé être, mais avec plus d’assurance et d’attitude”. Le livre combine ces portraits modernes avec des flyers de concerts et les propres notes manuscrites du journal intime de Deanna Templeton adolescente, datant du milieu à la fin des années 80, dans lesquelles les joies et les peines que l’on ressent en grandissant sont mises à nu dans tout leur antagonisme, humour et pathos. Le livre de 168 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack. Une version signée avec un cliché de la photographe est également disponible.

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JASON LEE – IN THE GOLD DUST RUSH

L’acteur/photographe (ancien skateur professionnel) Jason Lee vient de publier son nouvel ouvrage: In the Gold Dust Rush. Il s’agit du nouveau volet d’une exploration photographique en cours de l’Amérique rurale, qui a démarré il y a plus d’une décennie sur les routes secondaires de Californie, avec des films Polaroid grand format. Publié par les éditions britanniques Stanley / Barker, le livre rassemble 84 photographies en noir et blanc jamais publiées auparavant des 12 dernières années dans un voyage sinueux de la montagne à la ville. Le photographe explique : “Depuis mes premières sorties photographiques dans ma Californie natale en 2006, où j’ai exploré un visage plus rural, peut-être négligé de l’État, et les nombreuses sorties ultérieures zigzagant à travers la côte ouest, le sud-ouest et le Texas, je reste fasciné par ces rebuts américains, par les témoignages du désengagement et du départ, et les contradictions environnementales qui constituent notre regard collectif quotidien. C’est alors et maintenant que le temps se divise, l’homme et la nature se poussant l’un contre l’autre, et le progrès s’imposant toujours sur le fond. Et quelque part au coeur de tout cela, on prend des photos”. Bâtiments abandonnés, station services désertes, parkings isolés, devantures de magasins et panneaux publicitaires défraichis… rien n’échappe à l’œil acéré de Jason Lee. Le photographe fait preuve d’une grande maîtrise de la narration et d’une capacité unique à capturer la beauté naturelle et brute, principalement en jouant avec la lumière naturelle. Le livre de 112 pages, actuellement épuisé sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker est encore disponible dans quelques librairies spécialisées.

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MARK POWER – GOOD MORNING, AMERICA (VOLUME THREE)

Au cours de ces huit dernières années, le photographe Mark Power – membre de la célèbre agence Magnum depuis 2007 – a parcouru les États-Unis pour créer le récit visuel complexe d’un pays en pleine mutation. Publié par les excellentes éditions britanniques GOST Books, ce nouveau livre, Good Morning, America (Volume III), poursuit l’exploration personnelle et pertinente du paysage naturel et culturel américain, et de la divergence entre la réalité et le mythe. Lorsque le photographe a commencé ce projet en 2012, il n’aurait pas pu prévoir les changements sismiques provoqués par la politique et la pandémie sur l’Amérique à cette époque. Ce nouvel ouvrage, à mi-chemin de la série, prolonge la chronique visuelle – mais dans des circonstances très différentes de celles de ses débuts. Il combine des clichés récents pris en Nouvelle-Angleterre, en Arizona et au Nouveau-Mexique avec ceux pris lors d’autres voyages dans le cadre de ce projet. Power a comparé le processus de création et d’édition de cette série de livres à l’assemblage d’un grand puzzle complexe dont on aurait qu’une idée vague de l’image finale. Ainsi, les photographies sélectionnées pour le volume III ont été prises dans des lieux sillonnant le pays de la Caroline du Sud au Maine, de la Californie au Vermont, au Nevada, en Floride, au Michigan et au Wyoming – vingt-cinq États en tout sur une période de 8 ans. Malgré la vaste étendue géographique des images, la majorité d’entre elles ont été prises pendant les mois d’hiver et leur ton homogène suggère que, d’une certaine manière, toutes les photographies sont inexplicablement liées dans ce récit complexe. Le photographe britannique explique : “Le premier cas de Covid-19 aux États-Unis a été confirmé le 20 janvier 2020. J’étais dans la ville frontalière de Nogales, en Arizona, ce jour-là et l’histoire a fait la une de CNN dans la soirée. Lorsque j’ai quitté l’Amérique le 7 février, une douzaine d’autres personnes avaient été diagnostiquées… Les photos que j’ai recueillies se traduisent différemment maintenant. Les paysages semblent plus sombres et mélancoliques, comme s’ils étaient en sommeil, attendant l’apparition du virus sur la scène. Le montage et la trame de ce livre ont été réalisés dans cette optique.” Publié dans une édition limitée à 1500 exemplaires, le livre de 136 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions GOST Books. Une édition spéciale limitée à 100 exemplaires signés par l’artiste et contenant un cliché numéroté et signé est également disponible ici.

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MASAO YAMAMOTO – SMALL THINGS IN SILENCE

L’œuvre de Masao Yamamoto est inspirée par la philosophie du Zen Japonais, où la méditation et la recherche de la beauté tiennent une place essentielle dans l’épanouissement de l’être humain. “Une vie idéale doit être faite d’harmonie et de contentement”, dit-il. Né en 1957 à Gamagori, dans la préfecture japonaise d’Aichi, le photographe commence ses études d’art en tant que peintre à l’huile sous la direction de Goro Saito dans sa ville natale. Il découvre par la suite que la photographie était le support idéal pour le thème qui l’intéressait le plus: la capacité de l’image à évoquer des souvenirs. Publié par les éditions espagnoles RM Editoriales, Small Things in Silence retrace les 20 ans de carrière de Yamamoto, aujourd’hui considéré comme l’un des photographes les plus importants du Japon. Ses portraits, paysages et natures mortes sont reproduits en petits tirages délicats, que le photographe repeint, teint ou trempe dans le thé, pour les user et donner l’impression qu’ils ont subi la patine du temps. “Pour moi, les photographies sont avant tout des objets que l’on doit pouvoir toucher et manipuler. J’aime l’idée que mes images donnent la sensation de photos anonymes trouvées aux puces, qu’elles aient ce charme et ce mystère… et que chacun se les approprie, les découvre et invente sa propre histoire”, explique Yamamoto. Édité et mis en séquence par Yamamoto lui-même, ce volume comprend des images de chacun des grands projets du photographe – Box of Ku, Nakazora, Kawa et Shizuka – ainsi que des clichés de certaines installations photographiques originales de Yamamoto, et, dans cette nouvelle édition, sept nouvelles images et une nouvelle couverture. “J’essaie de capturer des moments que personne ne voit et d’en faire une photo. Quand je les vois sur papier, une nouvelle histoire commence”, déclare le photographe japonais. Ce magnifique ouvrage de 132 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RM Editoriales.

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REBECCA NORRIS WEBB – NIGHT CALLS

Rebecca Norris Webb, poète et photographe, explore les rapports complexes entre les hommes et leurs environnements, notamment urbains. L’artiste américaine entrelace souvent son texte et ses photographies dans ses livres. Étudiante au Centre international de photographie de New York, elle découvre pour la première fois le célèbre essai Country Doctor de W. Eugene Smith, pour le magazine Life. Elle est immédiatement attirée par le sujet de l’essai de Smith, le Dr Ernest Ceriani, un médecin de campagne du Colorado qui n’avait que quelques années de plus que son père. Elle s’est alors demandé comment une femme pourrait raconter cette histoire, surtout si elle se trouve être la fille du médecin ? C’est dans cette optique que, depuis six ans, Norris Webb retrace le parcours des visites à domicile de son père âgé de 99 ans à travers le comté rural de Rush, dans l’Indiana, où ils sont tous deux nés. Suivant ses rythmes de travail, elle a souvent photographié la nuit et au petit matin, quand beaucoup de gens viennent au monde – son père a mis au monde plus d’un millier de bébés – et quand d’autres le quittent. Le projet, intitulé Night Calls, est aujourd’hui publié par les éditions américaines Radius Books. Accompagnant les 61 photographies présentées dans le livre, des textes lyriques adressés à son père créent une série de lettres manuscrites particulièrement émouvantes. La photographe signe une fois de plus un très bel ouvrage, véritable réflexion méditative sur la relation père fille, sur la mémoire et le premier paysage, sur le soin de la terre et de ses habitants, et sur l’histoire qui nous sépare autant qu’elle nous guérit. Le livre de 128 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Radius Books, ainsi que sur Amazon.com. Une édition limitée avec un cliché signé par Norris Webb est également disponible ici.

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