Category Archives: Art

GRAHAM MARSH – THE IVY LOOK A TO Z

À l’heure où la mode masculine puise largement dans son héritage, The Ivy Look A to Z de Graham Marsh, publié par les éditions britanniques Reel Art Press, s’impose comme un ouvrage de référence consacré à l’un des styles les plus influents du XXe siècle. Spécialiste reconnu de l’esthétique Ivy, Marsh propose un voyage visuel et documenté au cœur de cette élégance née sur les campus de la côte Est des États-Unis dans les années 1950 et 1960. Conçu sous la forme d’un abécédaire, le livre explore les pièces et les codes qui ont façonné cette allure devenue intemporelle : chemises Oxford, loafers, vestes sport, tissus Madras ou encore Desert Boots. Chaque entrée est enrichie d’illustrations originales et d’une iconographie particulièrement riche mêlant publicités d’époque, pochettes de disques, affiches de cinéma et photographies de figures emblématiques comme Steve McQueen, Paul Newman ou Miles Davis. Plus qu’un simple guide de style, l’ouvrage raconte l’histoire d’une culture vestimentaire qui a dépassé le cadre universitaire pour influencer durablement la mode, la musique et l’imaginaire américain. Graham Marsh montre comment le style Ivy a traversé les décennies grâce à son équilibre unique entre raffinement et simplicité. Son approche dépasse la seule question du vêtement pour mettre en lumière les liens entre apparence, identité et culture populaire. Accessible, élégant et abondamment illustré, The Ivy Look A to Z séduira aussi bien les passionnés de mode que les amateurs de culture visuelle. Un livre qui rappelle avec brio qu’un style peut devenir un véritable phénomène culturel. Le livre de 208 pages est maintenant disponible sur la boutique en igne des éditions Reel Art Press ainsi que sur Amazon.com.

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BENITA SUCHODREV – FIND ME PARADISE

Avec Find Me Paradise, publié en 2026 par les éditions allemandes Kehrer Verlag, Benita Suchodrev compose moins un album qu’une traversée de la condition humaine, entre désir, vertige et besoin de rédemption. L’ouvrage rassemble près de vingt années de photographies et fait dialoguer portraits, scènes documentaires, fragments urbains et visions presque oniriques. Ici, pas de récit linéaire ni de géographie balisée : les images, parfois séparées de plusieurs années et de centaines de kilomètres, sont recomposées pour faire naître de nouvelles correspondances. Un visage répond à un animal, un corps à un objet, une scène de nuit à une trouée de lumière ; l’ensemble produit une étrange grammaire visuelle où le réel bascule vers l’allégorie. Oiseaux inquiétants, fruits mûrs, forêts solitaires, corps vulnérables et figures nocturnes composent un monde à la fois familier et dérangeant. Suchodrev photographie ce qui échappe aux catégories rassurantes : l’intime côtoie le grotesque, l’érotisme la mélancolie, la beauté une violence sourde, tandis que chaque image semble conserver quelque chose d’inachevé. Son noir et blanc dense, ponctué de tirages en duotone, accentue cette impression de clair-obscur existentiel. Le livre avance par chocs et par échos plutôt que par démonstration, laissant au lecteur le soin de relier les fragments. Cette construction lui donne une dimension presque cinématographique : on ne regarde pas seulement des photographies, on entre dans une succession de scènes dont le sens se transforme au contact des suivantes. Parmi les motifs marquants figurent les nuits berlinoises, héritières du travail de Suchodrev sur les marges de la vie urbaine, mais aussi des images plus silencieuses et tendres qui introduisent une respiration inattendue. L’une des forces du livre réside dans cette oscillation permanente : l’ombre n’exclut jamais la lumière, et la douceur peut se teinter d’inquiétude. Le « paradis » du titre n’est donc pas un lieu découvert par la photographe, mais une aspiration, quelque chose que l’on entrevoit fugitivement sans jamais pouvoir le posséder. Find Me Paradise parle ainsi moins du bonheur que de notre désir de le chercher, même lorsque le monde nous offre surtout ses contradictions. Les photographies refusent les réponses définitives et privilégient le doute, le trouble et les zones d’ombre. À l’heure où les images sont consommées dans la vitesse, Suchodrev propose un livre qui demande de ralentir, de regarder les rapprochements, de revenir en arrière, de laisser une photographie contaminer la suivante. Son travail documentaire devient une matière poétique sans perdre son ancrage dans le réel. Find Me Paradise apparaît finalement comme une cartographie sensible de nos contradictions : notre désir, notre solitude, notre fascination pour la nuit, notre vulnérabilité face au temps et notre obstination à chercher, malgré tout, une éclaircie. Un livre sombre, sensuel et magnétique, qui transforme vingt années d’archives en une constellation et fait de la photographie non pas un miroir du monde, mais l’un de ses rêves les plus troubles. L’ouvrage de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer Verlag.

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RICHARD PRINCE – CATALOGUE

Les éditions HIRMER publient un remarquable ouvrage consacré à Richard Prince, figure incontournable de l’art contemporain américain et pionnier de l’appropriation, à l’occasion de la grande rétrospective présentée à l’ALBERTINA de Vienne. Véritable livre de référence, cette publication retrace plus de cinquante ans de création en réunissant les séries emblématiques qui ont façonné la renommée internationale de l’artiste, des célèbres Cowboys, inspirés de l’imagerie publicitaire de Marlboro, aux Fashion, Gangs, Nurses et autres ensembles photographiques devenus des jalons de l’histoire de l’art contemporain. L’ouvrage accorde également une place importante à ses peintures, dessins, collages, installations et œuvres plus récentes, offrant ainsi une vision complète de l’évolution de sa pratique artistique. Richement illustré et accompagné d’essais critiques rédigés par plusieurs spécialistes, il met en lumière la manière dont Richard Prince a profondément renouvelé notre regard sur les images produites par la publicité, les médias de masse et la culture populaire, interrogeant sans relâche les notions d’auteur, d’originalité, de reproduction et de propriété intellectuelle. À travers une iconographie abondante et une analyse accessible autant qu’exigeante, le lecteur découvre une œuvre aussi fascinante que controversée, qui explore les mécanismes de la mémoire collective, du désir, de la célébrité et de la circulation des images dans notre société saturée de représentations. Plus qu’une simple monographie, ce beau livre révèle toute la cohérence d’un parcours artistique qui n’a cessé de repousser les frontières entre photographie, peinture et culture visuelle, tout en influençant plusieurs générations d’artistes. Fidèle aux standards éditoriaux d’HIRMER, cette publication séduit autant par la qualité de sa fabrication que par l’excellence de son impression et la richesse de son iconographie, s’imposant comme un ouvrage incontournable pour les amateurs d’art, les collectionneurs, les chercheurs et tous ceux qui souhaitent mieux comprendre l’influence durable de Richard Prince sur la scène artistique internationale et les enjeux esthétiques qui traversent la création contemporaine. Le livre de 256 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions HIRMER.

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HANS VAN DER MEER – GOALKEEPERS

Avec Goalkeepers, le photographe néerlandais Hans van der Meer poursuit une exploration entamée il y a plus de trente ans des terrains de football amateur européens, mais en resserrant cette fois son regard sur une figure aussi essentielle que discrète : le gardien de but. Loin des stades ultramodernes, des retransmissions mondiales et du spectacle du football professionnel, l’ouvrage rassemble 81 photographies réalisées entre 1995 et 2012 dans plus d’une vingtaine de pays européens. Toutes mettent en scène ces sentinelles solitaires, souvent figées dans l’attente tandis que le jeu se déroule à l’autre extrémité du terrain. Cette immobilité devient le véritable sujet du livre. Van der Meer photographie depuis un point de vue fixe et souvent surélevé, laissant le paysage occuper une place aussi importante que le match lui-même. Les cages s’ouvrent sur des montagnes, des champs, des lotissements, des usines, des immeubles ou des routes de campagne ; chaque image raconte autant un territoire qu’une partie de football. Le gardien apparaît comme un personnage presque théâtral, isolé sur une scène immense, suspendu entre concentration, ennui et rêverie. À travers cette série, le photographe transforme le football amateur en une réflexion sensible sur le temps, l’espace et la condition humaine. Son humour discret affleure dans les détails : des animaux qui paissent derrière les buts, des voitures garées au bord du terrain, des spectateurs dispersés ou des décors improbables qui contrastent avec le sérieux du jeu. Plus qu’un livre sur le sport, Goalkeepers est un portrait de l’Europe ordinaire, celle des villages, des périphéries et des paysages quotidiens où le football demeure un rituel populaire profondément enraciné. En isolant systématiquement le gardien, Van der Meer révèle la poésie de l’attente et fait de cette figure marginale le symbole d’un monde éloigné des projecteurs de la Ligue des champions. Ce nouvel ouvrage, publié par FW:Books, s’inscrit naturellement dans la continuité de ses livres devenus des références, Dutch Fields (1998) et European Fields (2006), tout en proposant une lecture plus méditative de son immense archive photographique. Goalkeepers célèbre ainsi la beauté discrète des terrains oubliés et rappelle que le football est aussi une affaire de paysages, de patience et d’humanité. Les images composent finalement un hommage émouvant à tous ces lieux où des amateurs continuent, chaque week-end, à vivre leur passion loin des projecteurs, dans un décor où le gardien demeure, inlassablement, le dernier veilleur du paysage européen. Le livre de 168 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions FW:Books.

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MICHAEL JANG – JANG

Michael Jang poursuit dans JANG une exploration aussi malicieuse que politique de l’espace urbain, en transformant les rues de San Francisco en terrain d’intervention artistique. Ce nouvel ouvrage publié par MW Editions rassemble plus d’une centaine de photographies documentant les installations éphémères que le photographe a réalisées à partir de 2021, au moment où la pandémie de Covid-19 et la montée des actes racistes visant les communautés asiatiques bouleversaient la ville. Réinvestissant des images de sa célèbre série The Jangs (1973), il les colle clandestinement sur les vitrines condamnées de Chinatown, les accompagne d’affiches graphiques inspirées des emballages alimentaires asiatiques et invente le personnage de « Chef Jang », figure ironique qui brouille les frontières entre autoportrait, fiction et commentaire social. Le livre montre comment ces interventions dialoguent avec l’architecture, les passants et les traces du quotidien, faisant de la photographie non plus seulement un document mais un véritable acte de présence dans l’espace public. Fidèle à son humour pince-sans-rire, Jang détourne les codes de la publicité, du street art et de la signalétique commerciale pour interroger les notions d’identité, d’appartenance et de visibilité. L’ouvrage révèle également une nouvelle facette d’un artiste longtemps resté confidentiel malgré une carrière de plus d’un demi-siècle, aujourd’hui reconnu pour son regard singulier sur la culture populaire américaine et les marges urbaines. Plus qu’un simple catalogue d’images, JANG fonctionne comme le récit d’une occupation poétique de la ville, où chaque collage devient un geste de mémoire, de résistance et d’autodérision. Les photographies conservent la spontanéité qui caractérise l’ensemble de l’œuvre de Michael Jang tout en soulignant le caractère fragile et temporaire de ces installations appelées à disparaître. En réunissant documentation photographique, graphisme et performance urbaine, ce livre témoigne de la capacité de l’artiste à renouveler son langage tout en restant fidèle à son goût pour les récits décalés et les situations ambiguës. À la fois chronique d’une période marquée par les tensions sociales et réflexion sur la place des images dans la ville contemporaine, JANG confirme Michael Jang comme l’un des observateurs les plus inventifs de la scène photographique américaine actuelle, capable de transformer des gestes modestes en propositions artistiques profondément humaines et visuellement percutantes. Le livre de 176 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions MW Editions.

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KRISTINA ROZHKOVA – UNBEWITCHED

Avec Unbewitched, la photographe russe Kristina Rozhkova signe un ouvrage aussi troublant qu’envoûtant, où la photographie devient un territoire de résistance intime face aux fractures du réel. Publié en 2026 par les éditions japonaises United Vagabonds, ce livre de 104 pages rassemble plusieurs années d’images réalisées en Russie puis dans le contexte de l’exil de l’artiste. À travers des portraits de proches, d’amis, de couples et de jeunes figures queer, Rozhkova compose un récit visuel où le conte de fées se fissure sous le poids de l’histoire contemporaine. Le titre, Unbewitched — littéralement « désenchanté » — évoque ce moment où le sortilège se rompt, où les illusions cèdent la place à une réalité plus rugueuse. Les photographies oscillent entre rêve et désillusion, beauté et grotesque, tendresse et inquiétude. Corps couverts de boue, regards absents, mises en scène étranges et paysages presque mythologiques construisent un univers à la fois poétique et dérangeant. L’artiste revendique cette esthétique du malaise comme une manière de questionner notre rapport au confort, à la normalité et aux récits collectifs. Derrière la fantaisie visuelle se dessine le portrait d’une génération confrontée à la guerre, à la répression politique et à l’exil. Les protagonistes photographiés deviennent les acteurs d’un théâtre fragile où chacun tente de réinventer sa place dans un monde en crise. Le livre explore également la notion de refuge, notamment à travers les espaces ruraux et les datchas russes, transformés en laboratoires d’imaginaire. L’intimité qui lie Rozhkova à ses sujets confère aux images une rare intensité émotionnelle. Chaque photographie semble suspendue entre confession personnelle et allégorie universelle. Loin du documentaire classique, Unbewitched privilégie l’ambiguïté, laissant au spectateur la liberté d’interpréter les symboles qui traversent l’ouvrage. Les animaux, les gestes insolites et les métamorphoses corporelles participent à cette narration où le réel n’est jamais totalement stable. L’ensemble compose une méditation visuelle sur la perte de l’innocence, la fin des illusions et la nécessité de continuer à inventer des mythes pour survivre. À la fois journal de bord d’une époque tourmentée et manifeste esthétique, ce premier grand livre international de Kristina Rozhkova confirme l’émergence d’une voix singulière dans la photographie contemporaine. Entre réalisme social, dark fantasy et poésie de l’étrange, Unbewitched s’impose comme une œuvre marquante, capable de transformer la désillusion en puissance d’imagination.

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VIVIANE SASSEN – LUX & UMBRA – MADRID – OPENING

Viviane Sassen est à l’honneur de PHotoESPAÑA 2026 avec Lux & Umbra, sa première grande rétrospective en Espagne. Présentée au Teatro Fernán Gómez de Madrid, l’exposition retrace plus de trente ans de création photographique. Le parcours réunit des œuvres emblématiques issues de différentes séries et périodes de sa carrière. Plutôt qu’une chronologie classique, l’exposition propose un dialogue libre entre images, vidéos et collages. La lumière et l’ombre, thèmes centraux de son travail, structurent l’ensemble de la présentation. L’influence de l’Afrique, où l’artiste a passé une partie de son enfance, est très présente dans ses photographies. Ses images mêlent couleurs intenses, formes géométriques et compositions souvent proches de l’abstraction. Les notions d’identité, de mémoire, de désir et de transformation traversent l’ensemble de son œuvre. L’exposition met également en valeur ses expérimentations entre photographie, mode et arts visuels. Lux & Umbra offre ainsi une immersion dans l’univers poétique et singulier de l’une des grandes figures de la photographie contemporaine. Jusqu’au 26 juillet 2026.

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LEE FRIEDLANDER – LIFE STILL

Avec Life Still, publié par Aperture, Lee Friedlander confirme, à 91 ans, qu’il demeure l’un des grands arpenteurs visuels de l’Amérique contemporaine. Ce nouveau livre rassemble des images récentes et des photographies plus anciennes dans un montage libre où le temps semble volontairement brouillé. Depuis les années 1960, Friedlander observe les marges du quotidien — vitrines, routes secondaires, façades anonymes, ombres, reflets, voitures, panneaux publicitaires — mais Life Still donne à cette matière familière une résonance presque méditative. Le titre lui-même joue sur plusieurs sens : vie immobile, nature morte, persistance du vivant dans un monde saturé d’images. Fidèle à son style, le photographe transforme les scènes ordinaires en compositions complexes où les lignes se croisent, les surfaces se réfléchissent et les présences humaines apparaissent souvent comme des silhouettes fugitives. Là où l’image contemporaine cherche fréquemment l’impact immédiat, Friedlander continue de privilégier l’ambiguïté et la densité visuelle ; ses photographies exigent du regardeur une attention lente, presque physique. Accompagné d’un texte du critique Hua Hsu, le livre apparaît comme une réflexion discrète sur la mémoire, le vieillissement et les contradictions persistantes de la société américaine. Plus qu’une simple publication photographique, Life Still s’impose comme une œuvre de maturité, lucide et profondément vivante, où Friedlander rappelle que le réel reste toujours plus étrange et plus complexe qu’il n’y paraît. Le livre de 160 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Aperture.

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LARS TUNBJÖRK – LANDET UTOM SIG

La nouvelle édition de Landet utom sig, publiée par les éditions ssuéoises Bokförlaget Arena, remet en lumière l’un des ouvrages photographiques les plus marquants de la scène européenne contemporaine. Publié pour la première fois en 1993, ce livre culte du photographe suédois Lars Tunbjörk (1956–2015) revient aujourd’hui dans une version enrichie qui permet de redécouvrir toute la force de son regard sur la société suédoise des années 1980 et 1990. À travers des images aux couleurs saturées, des cadrages frontaux et une esthétique volontairement banale, Tunbjörk photographie les espaces du quotidien: bureaux impersonnels, centres commerciaux, zones pavillonnaires, fêtes populaires ou restaurants standardisés deviennent les symboles d’un pays en pleine transformation. Derrière l’humour discret et parfois absurde de ces scènes ordinaires apparaît une critique plus profonde de la société de consommation et de l’effacement progressif du modèle social suédois traditionnel. Les personnages semblent souvent isolés dans des lieux trop grands, trop lumineux, presque artificiels, comme perdus dans un décor façonné par le capitalisme moderne. Pourtant, le regard du photographe n’est jamais cruel ; il conserve une forme de tendresse et d’humanité qui donne à ses images une émotion particulière. Cette ambiguïté entre satire sociale et empathie explique pourquoi Landet utom sig est aujourd’hui considéré comme un ouvrage majeur de la photographie contemporaine. Trente ans après sa première publication, cette réédition confirme l’incroyable modernité du travail de Lars Tunbjörk et rappelle combien son œuvre continue de résonner avec notre époque. Le livre de 130 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Bokförlaget Arena.

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SOHRAB HURA – SNOW

Dans Snow, publié par les éditions MACK, le photographe indien Sohrab Hura construit bien plus qu’un simple livre d’images. Il propose une expérience visuelle et mentale nourrie par plusieurs années passées au Cachemire, territoire à la fois fantasmé pour ses paysages spectaculaires et profondément marqué par une histoire politique conflictuelle. Structuré autour des cycles hivernaux locaux, lorsque la région s’enfonce dans le froid puis renaît avec la fonte, l’ouvrage utilise la neige comme une véritable matière narrative. Elle agit à la fois comme un écran et comme un révélateur, une surface qui sublime autant qu’elle dissimule, transformant le paysage en un décor suspendu où toute aspérité semble d’abord effacée. Pourtant, cette blancheur n’est jamais innocente. Au fil des pages, elle se fissure, se salit, devient boue, et laisse apparaître une réalité plus instable, où la présence militaire, les tensions invisibles et l’absence d’une vie quotidienne pleinement représentée introduisent un trouble diffus. Hura évite toute imagerie spectaculaire ou sensationnaliste. Il privilégie une approche indirecte, faite d’indices, de silences et de décalages, qui oblige le lecteur à ralentir, à douter de ce qu’il voit et à questionner ses propres attentes face à une région souvent réduite à des clichés. Cette démarche s’accompagne d’une réflexion implicite sur sa position de photographe. D’abord attiré par la neige en tant que visiteur, il prend progressivement conscience du caractère superficiel de ce désir face à la complexité du territoire. Le projet devient alors un processus de désapprentissage, où regarder signifie aussi remettre en question ses propres perceptions. Le livre repose sur une tension constante entre séduction esthétique et inconfort moral, entre contemplation et inquiétude. Il montre comment la beauté peut fonctionner comme un voile, mais aussi comme un point d’entrée vers une compréhension plus nuancée. En refusant un récit linéaire ou explicatif, Snow s’impose comme un objet ouvert et méditatif. Chaque image agit comme un fragment d’expérience plutôt que comme une preuve. Le paysage devient à la fois un espace de projection et un lieu de confrontation. Au-delà du Cachemire, l’œuvre interroge notre manière de regarder les zones de conflit à distance, ainsi que notre tendance à esthétiser ce qui nous échappe. C’est dans cette ambiguïté que le livre trouve sa force, en faisant de la neige une métaphore de l’effacement, de la mémoire et de la révélation progressive. Le livre de 256 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques MACK.

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HARRY GRUYAERT – NEW YORK

Dans son dernier ouvrage publié par les éditions françaises Atelier EXB, New York, Harry Gruyaert livre une traversée vibrante et chromatique de la mégalopole américaine, capturant l’essence d’une ville à la fois mythifiée et réinventée par son regard singulier. Fidèle à son approche picturale de la photographie couleur, il compose des images où la lumière devient matière, où les reflets, les transparences et les fragments urbains dialoguent dans une tension presque cinématographique. Loin des clichés attendus, ce New York-là se déploie en nuances subtiles, entre éclats saturés et silences visuels, révélant une ville intime, presque abstraite. Gruyaert ne documente pas, il interprète : ses cadrages décentrés, ses jeux d’ombres et ses instants suspendus transforment les rues en tableaux vivants. On y ressent l’influence de la peinture moderne autant que celle du cinéma, avec une attention particulière portée à la couleur comme vecteur d’émotion et de narration. Chaque image semble flotter entre réel et perception, comme si la ville elle-même devenait un souvenir en train de se construire. La présence de Cédric Klapisch vient enrichir l’ouvrage d’un contrepoint sensible : à travers son texte, le cinéaste prolonge l’expérience visuelle en y insufflant une dimension narrative et personnelle, évoquant son propre rapport à New York et au regard de Gruyaert. Son écriture, fluide et évocatrice, agit comme une voix off, guidant le lecteur sans jamais figer l’interprétation, ouvrant au contraire de nouvelles strates de lecture. Ce dialogue entre photographie et cinéma confère au livre une profondeur singulière, où les images semblent se mettre en mouvement sous l’effet des mots. L’ensemble s’inscrit ainsi dans une continuité artistique fertile, tout en offrant une respiration nouvelle, plus méditative, presque contemplative. À travers cette errance visuelle et textuelle, New York apparaît moins comme un lieu que comme une sensation diffuse, une vibration urbaine que Gruyaert capte avec une précision rare. Une publication qui séduira autant les amateurs de photographie que les passionnés d’esthétique contemporaine, et qui confirme la place de Gruyaert comme l’un des grands coloristes de notre temps. Le livre de 200 pages, relié suisse, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Atelier EXB.

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DAMIEN HIRST – SUNSHINE / LOVES MOODS

Dans l’univers foisonnant de Damien Hirst, où la mort, la beauté et la consommation dialoguent sans cesse, les ouvrages Sunshine et Loves Moods – publiés par les éditions britanniques HENI Publishing apparaissent comme deux variations complémentaires d’une même obsession : capturer l’intensité émotionnelle à travers la couleur, le geste et la répétition. Avec Sunshine, Hirst propose une immersion presque hypnotique dans la lumière et l’énergie vitale, où les motifs rayonnants, souvent proches de ses célèbres spin paintings, semblent traduire une forme d’extase visuelle, entre euphorie solaire et saturation sensorielle. Chaque page agit comme une décharge chromatique, un fragment d’instant suspendu qui évoque à la fois la joie immédiate et son caractère éphémère. À l’inverse, Loves Moods adopte une tonalité plus introspective, presque mélancolique, explorant les nuances de l’affect et les fluctuations du sentiment amoureux. Ici, Hirst déploie une palette émotionnelle plus nuancée, où les titres, les couleurs et les compositions fonctionnent comme des indicateurs d’humeur, oscillant entre désir, perte, ironie et vulnérabilité. Loin d’être de simples catalogues, ces deux livres se lisent comme des journaux visuels, où l’artiste met en scène ses propres contradictions : fascination pour la beauté et conscience aiguë de sa fragilité. Le contraste entre l’exubérance de Sunshine et la subtilité émotionnelle de Loves Moods révèle une dualité centrale dans l’œuvre de Hirst, celle d’un créateur partagé entre spectacle et introspection. Dans un format qui emprunte autant au livre d’art qu’au manifeste personnel, Hirst confirme son aptitude à transcender les médiums, transformant la page imprimée en espace d’expérience esthétique. Ces deux publications prolongent ainsi les questionnements fondamentaux de son travail : comment représenter l’invisible, donner forme à l’émotion, et surtout, comment faire de l’art un miroir aussi séduisant qu’inquiétant de notre propre condition. Les deux livres sont mainentannt disponibles sur la boutique en ligne des éditions HENI Publishing.

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