Category Archives: Art

WILLIAM KLEIN – YES

Photographe de rue. Photographe de mode. Peintre. Graphiste. Photographe abstrait. Écrivain. Cinéaste. Créateur de livres. Peu de personnes ont transformé autant de domaines de l’art et de la culture que William Klein. De ses études photographiques follement inventives de New York, Rome, Moscou et Tokyo à ses clichés de mode audacieux et pleins d’esprit ; de la photographie abstraite sans appareil photo aux portraits emblématiques de célébrités ; des films documentaires sur Muhammad Ali, Little Richard et le Festival panafricain d’Alger aux films de fiction sur l’industrie de la beauté, l’impérialisme et la culture de consommation. La capacité de Klein à transcender la forme et le sujet artistiques dans ses photographies abstraites, ses peintures, ses films et ses publications a contribué à établir sa prolifique stature d’artiste multidisciplinaire. À travers toute son oeuvre, on retrouve son énergie graphique distincte et sa profonde affection pour les luttes de l’humanité dans le chaos de la vie moderne. À l’occasion de sa grande rétrospective à l’International Center of Photography de New York, l’Atelier EXB publie William Klein – Yes, une somme sans précédent, qui rassemble toute l’œuvre de l’artiste à travers près de 400 pages, depuis les premières séries abstraites jusqu’à ses films et contacts peints en passant par les séries emblématiques de New York, Rome, Tokyo, Paris, Moscou et ses photographies de mode. À l’instar de ses précédentes publications, ce livre, à la mise en pages très graphique, a été conçu avec la complicité de William Klein qui a suivi l’editing et la maquette jusqu’au bout aux côtés de Pierre-Louis Denis et Tiffanie Pascal, qui dirigent son studio. Cet ultime ouvrage monographique témoigne d’une œuvre foisonnante, protéiforme, mêlant photographies, films et peintures, dont de nombreux inédits. Il révèle également à quel point le travail de William Klein a influencé plusieurs générations d’artistes et trouve d’importants prolongements encore aujourd’hui. Pour accompagner ces images, un long essai de David Campany, directeur de l’International Center of Photography de New York, offre une relecture de tout le travail de l’artiste depuis ses débuts. L’imposant ouvrage de 384 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Atelier EXB. Deux éditions limitées (édition de tête, sous coffret, comprenant l’ouvrage avec un tirage à encres pigmentaires sur papier baryté (ci-contre), numéroté de 1 à 15 et et authentifié avec le tampon à sec des Archives de l’artiste) dont également disponible sur ce lien et ce lien.

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HANS VAN DER MEER – MINOR MYSTERIES

Publié par les éditions Fw:Books, Minor Mysteries de Hans van der Meer présente ses premiers clichés réalisés à Budapest et dans ses environs, alors qu’il était encore étudiant à la Rijksacademie d’Amsterdam. Inspiré par les célèbres photographes de rue – en particulier la poésie d’André Kertész, le style humoristique de Robert Doisneau et le surréalisme et la sensibilité d’Henri Cartier-Bresson – van der Meer s’est envolé pour la capitale hongroise à l’automne 1984 et y est resté pendant un an. Minor Mysteries offre un aperçu de ce qui a fasciné le photographe hollandais en tant que jeune étranger curieux dans un pays qui, à première vue, semblait étranger et distant, mais où il a rapidement trouvé sa place. Sans plan préconçu, il s’est laissé guider par son intuition, errant dans les rues comme un metteur en scène rassemblant des scènes pour un scénario. C’est ainsi qu’il est tombé sur des situations merveilleuses, ludiques, parfois tragicomiques. Avec le recul, la série est comme un monument à une époque en transition. Une époque qui touchait à sa fin, dans une ville au cœur de l’Europe, qui semblait meurtrie sous le poids de l’histoire, mais avec l’espoir de quelque chose de nouveau. Le photographe explique: “Quarante ans après la division de l’Europe par Staline, Churchill et Roosevelt, comme ailleurs dans le bloc de l’Est, les habitants de la Hongrie ont dû faire face à une situation qu’ils n’avaient pas demandée. J’ai été émue par la réalité quotidienne de la vie des gens. Il était triste de voir des personnes âgées ramasser des cartons pour quelques forints, abandonnées par leur gouvernement avec une pension minuscule. Ces images ne semblaient pas accidentelles. Elles soulevaient une question sous-jacente : en quoi ces mystères anodins renvoyaient-ils à une image plus vaste ?” Le livre de 176 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des editions néerlandaises FW:Books. Une édition signée et limitée à 100 exemplaires offerte avec un tirage (22 x 20 cm) est également disponible ici.

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CHRISTOPHER ANDERSON – MARION

Christopher Anderson, membre de la prestigieuse agence Magnum Photos, fait partie des photographes contemporains les plus influents. Son œuvre visuelle défie toute catégorisation puisqu’elle se situe entre les mondes du documentaire, de l’art, de la photographie commerciale et de la photographie de mode. Après le succès de Pia (2020) et Son (2021), les éditions britanniques Stanley / Barker publient Marion, le nouveau livre d’Anderson, qui marque le dernier chapitre d’une trilogie relatant la vie et les amours de sa propre famiile de manière très intense au cours de leur vie commune. Le photographe a commencé à prendre des clichés de sa famille de manière totalement organique. Ses images étaient simplement l’action naturelle d’un époux essayant d’arrêter le temps, et de ne pas laisser s’envoler un seul moment de ses relations. En tant que photographe, il était loin de considérer ses photos personnelles comme une “œuvre”, jusqu’à ce que le photographe Tim Hetherington voie une photo qu’Anderson avait prise de sa femme Marion et dise : ” Ceci évoque le temps qui passe “. Anderson a commencé à voir ses images personnelles sous un nouveau jour et, avec le temps, il a fini par penser que ces photographies étaient en fait l’œuvre de sa vie. “Cela n’a jamais été une sorte d’exercice créatif. Les photographies sont des expressions de l’amour… un enregistrement de cette expression. Elles sont plus que des souvenirs”, explique le photographe. Publié en novembre dernier, l’ouvrage de 160 pages est encore disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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DAVID THOMSON – DRY HOLE

Publié conjointement par les éditions britanniques Archive of Modern Conflict et Morel Books, Dry Hole est une sélection éclectique et intuitive d’images extraites d’une collection de vraies cartes postales photographiques. Le début du siècle dernier a vu une explosion de la popularité des cartes postales régionales, en particulier en Amérique du Nord, où elles étaient à la fois collectionnées et utilisées comme un moyen de communication abordable et efficace. Leur utilisation répandue a été alimentée par une réduction des tarifs postaux et l’accessibilité à de petits appareils photo conçus spécifiquement pour ce format. Bien que de nombreuses cartes postales aient été produites en série et utilisées à des fins commerciales, une partie d’entre elles ont été réalisées par des amateurs. Elles constituent des documents historiques uniques qui témoignent de la vie dans les petites villes et les zones rurales américaines à travers les événements, les lieux et les personnes qu’elles décrivent. David Thomson met en valeur les détails contenus dans le cadrage plus large des cartes postales en rognant sur des zones spécifiques – une subtile nuance de lumière, le regard d’un étranger, une tornade imminente – où le banal et l’extraordinaire se côtoient à parts égales. Cette collection d’images variées et l’effet cumulatif de cette série évoque des histoires d’efforts et d’aventures passées, au début de notre ère moderne. Une noblesse d’esprit persiste au milieu d’immenses difficultés, d’aspirations sans limites et d’espoir. L’ouvrage de 468 pages, publié dans une édition limitée à 750 exemplaires, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Archive of Modern Conflict et Morel Books.

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JEAN-MICHEL BASQUIAT – ART AND OBJECTHOOD

Publié par les editions allemandes Hatje Cantz, Art and Objecthood met en lumière le rôle des objets trouvés et des matériaux non conventionnels dans l’œuvre du célèbre artiste Jean-Michel Basquiat. Sa ferveur créatrice ne connaissant aucune limite, il peignait et dessinait sur tout ce qui l’entourait, des chaises aux réfrigérateurs, mais aussi sur des objets qu’il rencontrait dans la rue : portes et fenêtres jetées, miroirs, planches de bois et dalles de métro. Dans une interview de 1985 avec Becky Johnston et Tamra Davis, il explique : “Les premières peintures que j’ai faites étaient sur des fenêtres que je trouvais dans la rue. Et j’ai utilisé la forme de la fenêtre comme cadre, et j’ai simplement posé la peinture sur la partie en verre, et sur des portes que je trouvais dans la rue.” Entremêlant l’art et la vie, ces œuvres tridimensionnelles font non seulement partie intégrante du paysage culturel de New York dans les années 1980, mais elles sont aussi des symboles de l’engagement de Basquiat envers la réalité qui l’entoure et de sa transformation. Art and Objecthood emprunte son titre à l’essai influent de 1967 du célèbre historien de l’art Michael Fried, qui critiquait le minimalisme pour sa séparation dogmatique entre “art” et “objet”, arguant que sa présentation d’objets isolés en tant qu’art relevait de la théâtralité plutôt que d’un art véritable, qui pour Fried impliquait l’unité de l’art et de l’objet. En invoquant la position de Fried, ce livre invite les spectateurs à considérer le débat sur l’art et l’objet comme une lentille permettant d’examiner les utilisations d’objets par Basquiat. La publication présente de nouvelles études réalisées par d’éminents spécialistes de Basquiat et des historiens de l’art. Il s’agit de la première étude exhaustive à explorer l’utilisation par Basquiat d’objets trouvés et de supports peu orthodoxes, ainsi que leur rôle dans le traitement des questions d’inégalité sociale, de seuils politiques et de frontières raciales aux États-Unis. Le livre de 288 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz ainsi que dans les meilleures librairies indépendantes.

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MARTIN WONG – MALICIOUS MISCHIEF @ CA2M MADRID

La première grande rétrospective de l’artiste sino-américain Martin Wong (1946 — 1999), Malicious Mischief, se tient actuellement au musée CA2M de Madrid. Peintre autodidacte, Wong  apprend les usages de l’art figuratif en portrayant le bouillonnant quartier new-yorkais du Lower East Side, où il s’installe en 1978. Il peint le quotidien de son quartier, à l’époque composé d’immeubles en briques délabrés et graffés où vivent différentes communautés ethniques, notamment hispaniques. Mêlant réalisme social, érotisme, interculturalité et décoration, ses toiles au style unique en sont des riches témoignages. Représenter le fourmillement du Lower East Side permet à Martin Wong d’aborder des sujets variés au sein de ses œuvres. L’artiste se passionne notamment pour les systèmes de communication minoritaires tels que la langue des signes, les symboles astrologiques, les graffitis, les tatouages ou encore les dispositifs de reconnaissance sexuels. Son intérêt pour ces codes identitaires annonce l’attachement de la scène artistique pour ses questions dans les années 1990. Jusqu’au 29 janvier 2023.

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FRED HERZOG – BLACK AND WHITE

Né en Allemagne en 1930, Fred Herzog a émigré au Canada au début des années 1950. S’installant à Vancouver à partir de 1953, il photographie la ville durant les heures de liberté que lui laisse son travail de photographe médical. Longtemps ignoré, son travail a été redécouvert au milieu des années 2000 et ses photos sont aujourd’hui exposées dans les musées et les galeries du monde entier. « Pendant plus d’un demi-siècle », écrit David Campany « il a regardé vivre, travailler, jouer et changer Vancouver ». Son style documentaire rappelle le photographe américain Walker Evans (voir ici), mais il possède également la vision poétique et la sensibilité picturale d’un Edward Hopper, mort en 1967, à l’époque où Fred Herzog captait les couleurs d’un monde encore dans sa splendeur crépusculaire. Mais ce n’est qu’à la fin des années 1950 qu’il décide de travailler presque exclusivement avec la pellicule couleur Kodachrome. Publiée par les éditions allemandes Hatje Cantz, Black and White est la première mise en valeur d’une facette moins connue de l’œuvre du photographe. L’ouvrage rassemble ses somptueux arrangements d’ombre et de lumière, ainsi que des moments de vie hors de la ville. Les premières photographies en noir et blanc évoquent un sentiment de mélancolie, et non de nostalgie, montrant que l’attrait du travail d’Herzog réside dans son flair pour condenser un état psychologique. Le livre de 128 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que dans les meilleures librairies indépendantes.

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BARRY MCGEE – THE HARSH REALITY

À l’occasion du salon Paris Photo 2022, la galerie V1 Gallery de Copenhague a publié un nouvel ouvrage de l’artiste californien Barry McGee: The Harsh Reality. Les oeuvres de McGee sont un mélange d’observation de la société moderne et d’activisme. Son engagement en faveur des communautés marginalisées reste inchangé depuis ses débuts en tant que “Twist” (son surnom d’artiste graffiti). Qu’il s’agisse du consumérisme ou de la stratification sociale, McGee exprime ses préoccupations en prenant différentes personnalités telles que Ray Fong, Lydia Fong, P.Kin, Ray Virgil et Bernon Vernon. Son motif caractéristique, une caricature masculine aux yeux tombants, fait référence à l’empathie de l’artiste envers ceux qui considèrent la rue comme leur maison. McGee a créé un langage visuel unique, composé de motifs géométriques, de symboles récurrents et de l’utilisation de la “méthode des communautés”, tout en expérimentant divers médias non conventionnels, notamment des bouteilles en verre et autres objets trouvés. Ses peintures murales à grande échelle et ses archives méticuleuses de peintures et dessins questionnent la notion d’espace public confronté à l’espace privé ainsi que l’accessibilité de l’art. Ce nouveau livre présente un véritable collage visuel des œuvres récentes de l’artiste. On y retrouve des reproductions de dessins et de toiles aux fonds abstraits composés de motifs et de formes géométriques aux couleurs vives et criardes, inspirés des muralistes mexicains, ses fameux visages empruntés à l’univers du cartoon, ainsi que de nombreuses photographies prises par McGee et ses amis. Cet ouvrage met en lumière la vitalité de l’œuvre de Barry McGee qui continue de critiquer la publicité, le mode de vie américain et la société de consommation en général. Tout comme le récent livre Reproduction publié il y a quelques semaines par les éditions Aperture (voir ici), The Harsh Reality offre un aperçu unique de la démarche d’un artiste américain majeur et témoigne de l’immense quantité d’informations visuelles que McGee a absorbées pour constituer l’un des héritages artistiques les plus éclectiques et les plus novateurs de notre époque. Imprimé sur un tres beau papier brut Munken Lynx (540 gr) dans une édition limitée à 1000 exemplaires, le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne de la galerie V1 Gallery.

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DIANE ARBUS – DOCUMENTS

Les éditions David Zwirner Books publient Documents, le nouvel ouvrage sur la célèbre photographe américaine Diane Arbus. À travers un assemblage d’articles, de critiques et d’essais datant de 1967 à aujourd’hui, cette publication révolutionnaire retrace la réception du travail d’Arbus et offre un aperçu complet des conversations critiques, ainsi que des idées fausses, autour de cette artiste très influente. Connue surtout pour ses images pénétrantes qui explorent ce que signifie être humain, Diane Arbus est une figure centrale et singulière de la photographie américaine de l’après-guerre. Ses photographies en noir et blanc démolissent les conventions esthétiques et bouleversent toutes les certitudes. Encensée et critiquée pour ses clichés de personnages considérés comme “marginaux”, Arbus continue d’être le paratonnerre d’un large éventail d’opinions sur son sujet et son approche. Les critiques et les écrivains ont qualifié son travail de “sinistre” et “effroyable”, mais aussi de “révélateur”, “sincère” et “compatissant”. À travers un ensemble d’articles, de critiques et d’essais datant de 1967 à aujourd’hui, Diane Arbus : Documents retrace la réception du travail de cette photographe révolutionnaire. En éclairant cinquante ans d’évolution dans le domaine de la critique d’art, le livre fournit un nouveau modèle pour comprendre le travail de tout artiste remarquable. Organisé en onze sections qui mettent l’accent sur les expositions majeures et les événements importants découlant de l’œuvre d’Arbus, ainsi que sur ses méthodes et ses intentions, les soixante-neuf fac-similés d’articles et d’essais déjà publiés – une archive à tous égards – retracent le discours sur la photographe, en contextualisant son œuvre inimitable. Complété par une bibliographie annotée de plus de six cents entrées et un historique complet des expositions, Documents est une ressource importante pour les photographes, les chercheurs, les historiens de l’art et les critiques d’art, ainsi que pour les étudiants en critique d’art et les lecteurs intéressés. Le livre de 496 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions David Zwirner Books.

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DAVE HEATH – ONE BRIEF MOMENT

Dave Heath (1931-2016) occupe une place singulière dans l’histoire de la photographie américaine. Influencé par Eugene W. Smith et par les maîtres de l’école de Chicago dont Aaron Siskind et Harry Callahan, il ne peut être pourtant considéré ni comme un photographe documentaire ni comme un photographe expérimental. Il s’initie à la photographie dès la fin des années 1940, inspiré notamment par les essais photographiques publiés dans le magazine Life. Sa photographie est avant tout une manière d’attester de sa présence au monde en reconnaissant en l’autre un alter ego absorbé dans ses tourments intérieurs. Il sera l’un des premiers, dès les années 1950, à exprimer aussi radicalement le sentiment d’aliénation et d’isolement inhérent à la société moderne. Dès le début des années 1960, travaillant dans les rues des villes du nord-est de l’Amérique, Heath se sert de ses habitants pour capturer des moments individuels dans des compositions à la structure resserrée, chargées de l’importance de leur individualité et de la gravité de leur situation. « Mes photos ne sont pas sur la ville mais nées de la ville. La ville moderne comme scène, les passants comme acteurs qui ne jouent pas une pièce mais sont eux-mêmes cette pièce. […] Baudelaire parle du flâneur dont le but est de donner une âme à cette foule ». Ce nouveau livre intitulé One Brief Moment, publié par les éditions britanniques Stanley/Barker reproduit avec une remarquable précision les tirages originaux de Heath, dont beaucoup n’existent qu’à l’état de copie unique. Au-delà de l’enregistrement d’une scène ou d’un événement — presque toutes ses photographies sont dénuées d’indices de lieux, de dates ou d’actions — Dave Heath cherche à traduire avant tout une expérience du monde, quelque chose de vécu, d’éprouvé : la tension, dans l’espace public, entre la proximité contrainte des corps et l’isolement des individus, comme perdus en eux-mêmes. Alors il isole des figures dans la foule et emplit son cadre de leurs présences « absentes au monde ». Ce très bel ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley/Barker.

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BARRY MCGEE – REPRODUCTION

Les éditions Aperture publient Reproduction, l’une des toutes premières monographies rassemblant les photographies de l’artiste multimédia de renommée internationale Barry McGee. Bien qu’il soit surtout connu pour la sensibilité graphique inventive de ses peintures, dessins et installations, l’utilisation de la photographie par McGee est une composante essentielle de sa vision artistique. Capturées à toute heure et dans le monde entier avec n’importe quel appareil photo à portée de main, les images de McGee sont à la fois immédiates, désinvoltes, intimes et anarchiques. Son œuvre photographique fait un usage audacieux de formes géométriques, de groupes de dessins et de peintures encadrés, de personnages atypiques et d’objets trouvés tels que des bouteilles vides, des planches de surf et des véhicules accidentés. Qu’elles soient intégrées à ses compositions multi-éléments emblématiques ou imprimées dans les innombrables fanzines et livres d’artiste qui accompagnent souvent ses expositions, les photographies sont omniprésentes dans la pratique de McGee. Au fil des 224 pages et des textes de ses amis photographes Ari Marcopoulos et Sandy Kim, ainsi que d’un essai de l’écrivain et commissaire d’exposition Sandra S. Phillips, le livre explore la spontanéité et l’énergie qui se dégagent des moments banals de la vie. Comme le note Sandra S. Phillips, “les photographies témoignent d’une énergie conspiratrice et d’actes audacieux : tagger un camion, grimper les uns sur les autres pour marquer un mur, travailler sur une peinture murale dans un espace isolé. Il y a une délicatesse dans ces échanges, et une bravoure qui est passionnante et importante pour McGee.” Reproduction offre un aperçu unique de la démarche d’un artiste américain majeur et témoigne de l’immense quantité d’informations visuelles que McGee a absorbées pour constituer l’un des héritages artistiques les plus éclectiques et les plus novateurs de notre époque. L’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Aperture ainsi que dans les meilleures librairies indépendantes.

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WILLIAM EGGLESTON – THE OUTLANDS, SELECTED WORKS

Les éditions David Zwirner Books publient The Outlands, Selected Works, le nouvel ouvrage du pionnier de la photographie couleur, William Eggleston, composé d’une sélection de près de cent images inédites des années 1960 et 1970. Cette série établit les thèmes visuels novateurs et le lexique que l’artiste continuera à développer au cours des décennies suivantes. L’œuvre propose un voyage dans le Sud américain mythique et en pleine évolution, vu à travers l’objectif du photographe : des couleurs vives et un profond sentiment de nostalgie résonnent dans l’œuvre saisissante d’Eggleston. Ses clichés de panneaux de signalisation, de voitures et de scènes de bord de route créent une iconographie des paysages américains qui a inspiré toute une génération de photographes. Avec sa minutieuse sélection d’images intemporelles – un break en bois, portes ouvertes, garé dans un vaste paysage rural, la grand-mère de l’artiste dans l’intérieur sombre de la maison familiale de Sumner, dans le Mississippi -, The Outlands est emblématique de la pratique dynamique et expérimentale d’Eggleston. L’ampleur de son œuvre redynamise ses paysages emblématiques et offre une nouvelle perspective du Sud américain en pleine mutation. Accompagnant les quatre-vingt-dix superbes images Kodachrome, un texte littéraire et fictif de l’auteur Rachel Kushner, acclamée par la critique, imagine une histoire d’auto-stoppeurs traversant le Sud profond. Une nouvelle étude de Robert Slifkin recadre la signification historique de l’œuvre d’Eggleston, en proposant des similitudes avec les travaux de Marcel Duchamp, Dan Graham, Jasper Johns et Robert Smithson. Un avant-propos de William Eggleston III offre un aperçu significatif du processus de sélection et d’enchaînement de cette série d’images. Cet imposant livre (il mesure 37.5 cm) de 224 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions David Zwirner Books.

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