Category Archives: Art

EDDIE MARTINEZ – ANTS AT A PICKNIC

Eddie Martinez est reconnu internationalement pour ses toiles grand format très dynamiques où s’accumulent les couches de peinture à l’huile et de peinture émaillée, ponctuées d’éléments de collages. Les coups de peintures puissants et vigoureux contrastent avec les faibles lignes de bombe aérosol et la riche texture de la peinture pressée directement du tube sur la toile. Synthétisant les compositions au format classique comme la nature morte, le portrait et le paysage avec l’approche rapide du “flux de conscience” de la main d’un enfant, l’artiste de Brooklyn arrive à un style qui n’appartient qu’à lui. À l’occasion de sa première grande rétrospective en musée de son œuvre, le Davis Museum at Wellesley College (Massachusetts) publie un très beau catalogue contenant des clichés de l’exposition (jusqu’au 17 décembre 2017). On y découvre ainsi en détails l’installation qui comprend une série de sept nouvelles grandes toiles mandala, accompagnée d’une série de sculptures en bronze et de dessins grands formats. Des essais de Lisa Fischman, Ruth Gordon Shapiro et Jim Lewis interrogent sur la signification et la profondeur de l’œuvre de l’artiste new-yorkais. Le livre de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne du Davis Museum.

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HARRY GRUYAERT – EAST / WEST

Membre de l’agence Magnum depuis 1982, Harry Gruyaert décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation. Héritier de la tradition américaine incarnée par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, très influencé par le cinéma, Harry Gruyaert a su créer une palette chromatique extrêmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une manière de découper la lumière et ses ombres dans le cadre. Le photographe belge explique: «La couleur est plus physique que le noir et blanc, plus intellectuel et abstrait. Devant une photo en noir et blanc, on a davantage envie de comprendre ce qui se passe entre les personnages. Avec la couleur on doit être immédiatement affecté par les différents tons qui expriment une situation.» Les Éditions Textuel publie aujourd’hui deux magnifiques livres reliés sous demi-coffret: East / West. Le premier est consacré à Moscou, et le second à Las Vegas et Los Angeles. Alors que le monde était encore divisé en deux blocs étanches, Harry Gruyaert, toujours en quête de lumière et de sensualité, a capté les couleurs de chacun de ces deux univers. Clinquantes et vibrantes à Los Angeles et Las Vegas en 1981, sourdes et étranges à Moscou en 1989, juste avant l’éclatement de l’URSS. Loin de vouloir documenter le réel, Gruyaert livre pourtant ici une étonnante archive?: celle des couleurs de l’Histoire. L’excellente préface de David Campany permet de remettre ces photos dans leur contexte historique, à une époque où la photographie couleur était encore largement ignorée. Pour l’essayiste britannique, «très peu de photographes ont manifesté la capacité d’Harry Gruyaert à produire des images en couleurs remarquables avec n’importe quelle lumière et n’importe quelles couleurs, dans le monde entier.» East / West est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.fr.

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EDWARD GRAZDA – MEAN STREETS

À la fin des années 70, lorsqu’une sévère austérité est imposée par les banques new-yorkaises pour faire face à la banqueroute du gouvernement, les industries traditionnelles quittent New York, laissant les ouvriers dans les rues et une nouvelle génération d’artistes s’installer dans les bâtiments industriels. C’est dans ce contexte qu’Edward Grazda commence sa carrière de photographe. Ses photographies noir et blanc, publiées pour la première fois dans l’ouvrage Mean Streets, publié par les éditions powerHouse, sont le témoin du New York des années 1980. Le photographe américain ne détourne pas son regard de l’humanité qui est en face de lui, qu’elle soit bonne, mauvaise, belle ou laide, et son œil perspicace nous offre de merveilleux commentaires visuels politiques et sociaux, ouverts à l’interprétation et au débat. Sans concession, il photographie les voitures des résidents, leurs styles, les vitrines des échoppes et les nombreuses scènes de rue de cette ville où il vécut durant plus de quarante ans. La nuit venue, une statue luminescente de la Sainte Vierge sur le toit d’un immeuble semble symboliser l’amour des dieux qui veillent sur la ville. À la fois austère et merveilleux, le New York de cette époque apparait comme un lieu unique, où les habitants interagissaient entre eux. Avec son style directe, sans ambiguïté et sans retenue, Edward Grazda, armé de son appareil Leica, nous fait voyager dans ce quotidien d’un New York désormais lointain, mais dont le caractère a été marqué de façon indélébile par les cicatrices de ces années. Le livre de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse, ainsi que sur Amazon.com.

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JEFFREY SILVERTHORNE – MORGUE

Depuis plus de quarante ans, l’œuvre de Jeffrey Silverthorne, artiste majeur de la scène photographique contemporaine, explore les questions du sexe et de la mort, comme celles de la transgression, de la transcendance et de la métamorphose, tout en expérimentant le champ des possibles du médium photographique. À la fin des années 1960, l’attirance des photographes américains pour des sujets extrêmes et transgressifs, résulte du contexte politique et social de l’époque, où règne un climat de guerre, de revendications et de remise en question. Dès 1972 et jusqu’en 1991, le photographe américain se rend à la morgue de l’Etat de Rhode Island, après avoir reçu l’accord de l’attorney général, responsable de l’institut médico-légal. «Aujourd’hui, il serait probablement impossible de mener ce travail, constate le photographe, les lois et les droits privés ont changé. Les États-Unis sont devenus un autre pays, plus organisés autour de la peur que de l’espoir.» Une sélection de clichés issus de cette série culte, qui concentre cette esthétique où quotidien et universel se rejoignent, est aujourd’hui publiée par les éditions britanniques Stanley / Barker. Corps d’enfants béants. Jeune femme décédée dans son sommeil, bras droit replié, torse recousu à gros points. Homme nu, poing serré, épiderme marbré. Homme vêtu d’un blouson en jean, bouche ouverte, cri muet. Et celui-ci, victime d’un arrêt cardiaque, enseveli sous un drap sombre remonté jusqu’au cou, comme pour le protéger du froid. Incisions en forme d’Y. Coutures barbares. Chairs allongées sur des planches de bois. Aucun repos pour les yeux, encore moins pour le cœur, rien n’est beau à voir à la morgue, refuge éphémère des morts en attente, vers l’au-delà du miroir. Traitant les corps comme des sculptures funéraires, indiquant les causes de la mort, l’artiste transforme des victimes de faits divers en gisants modernes. Silverthorne explique: «Quand vous avez un appareil photo, ça vous autorise à aller voir des choses qui vous intriguent. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont des lieux de discorde. Certaines choses sont à la fois attractives et repoussantes. Au final, vous ne pouvez faire que de bonnes images si vous allez en profondeur. Si vous ne photographiez que pour une qualité esthétique, alors vous passez à côté du principal.» Provocateur, en perpétuel questionnement sur le corps, sur le rapport aux autres, sur la relation subtile entre la vie et la mort, Jeffrey Silverthorne parvient à faire jaillir de multiples émotions en une seule photo. Publié à 750 exemplaires, le livre de 40 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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PARIS PHOTO 2017

Voici quelques clichés de la 21ème édition du salon Paris Photo, qui se tenait la semaine dernière, et qui a connu un nouveau record d’affluence et de ventes. Plus de 190 exposants, provenant de 30 pays, étaient à l’honneur sous la nef du Grand Palais où elles présentaient œuvres historiques et travaux contemporains. Se sont joints à elles une trentaine d’éditeurs internationaux offrant un panorama complet du médium photographique.

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NEW YORK CITY TRANSIT AUTHORITY: OBJECTS

Après le succès de NASA Graphics Standards Manual sorti en 2015, les éditions new-yorkaises Standards Manual présentent aujourd’hui une nouvelle expérience photographique: New York City Transit Authority: Objects. En 2011, le photographe new-yorkais Brian Kelley commence à documenter diverses collections de tickets usagés du métro new-yorkais, les fameux MetroCards, dans son studio de Brooklyn. Son frère lui suggère alors de rendre cette série de clichés plus intéressante en trouvant d’autres types de cartes, plus anciennes et plus rares. Ayant épuisé sa recherche de MetroCards abandonnés dans la plupart des 472 stations de métro de la ville, Kelley se tourne alors vers eBay pour de nouvelles trouvailles. Il y découvre des jetons datant de 1860, un billet de 1885 quand il ne coûtait alors que trois cents pour traverse le pont de Brooklyn, ainsi que des patchs, des boites d’allumettes, des calendriers, des pins et des pancartes. Au fur et à mesure de ses découvertes, l’artiste publie ses photos sur son compte Tumblr et Instagram. Six ans plus tard, de nombreux employés du MTA suivent et défendent son projet, le contactant parfois avec des informations et des conseils sur certains objets rares. À mesure que sa collection s’agrandit, Kelley réalise qu’il n’existe pas d’archive numérique comparable documentant l’évolution du réseaux de métro, d’autobus et de trains régionaux de la ville. Il décide alors de tout recenser méthodologiquement et de regrouper l’ensemble dans un ouvrage. 400 photos d’objets reliés aux communications visuelles, au design et à la stratégie de marque du MTA sont désormais immortalisés dans ce superbe livre de 356 pages qui raconte le passé de New York. C’est une vision intime de l’histoire de la ville qui fusionne le design et l’infrastructure, au cours des 150 dernières années. New York City Transit Authority: Objects est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Standards Manual, ainsi que sur Amazon.com.

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DAIDO MORIYAMA – RECORD

Né au Japon en 1938, Daido Moriyama est l’un des plus importants photographes contemporains. Membre de l’avant-garde artistique japonaise d’après-guerre, il a commencé son œuvre au milieu des années 1960. Auteur de plus de 180 livres mêlant photographies, textes théoriques et techniques d’impression diverses mais aussi performances et dispositifs d’installations, il a exploité toutes les formes du medium photographique et a contribué à redéfinir la pratique de la photographie de rue. Membre du mouvement Provoke qu’il rejoint en 1968 pour la deuxième édition de la revue éponyme, Daido Moriyama produit une œuvre riche, dense et protéiforme. Ses photographies –souvent décrites comme brutes, floues et troubles (l’esthétique du “are, bure, boke”), ont donné naissance à une nouvelle pratique de la photographie de rue où l’artiste, qui rôde sur la route, est en prise avec l’espace public. Le travail de Daido Moriyama embrasse aussi la technique de la sérigraphie, qu’il utilise dès les années 70, tant pour produire des livres que des œuvres à exposer. Les Éditions Textuel publient cet automne le fac-similé des trente numéros de la revue Record, créée en 1972 par le photographe. Photo-journal, magazine, fanzine, cette brochure de seize pages tient lieu de journal intime et de journal de terrain. Moriyama y rassemble quatre années durant ses images préférées parmi toutes celles qu’il prend au quotidien. On trouve, dans l’ensemble des photographies présentées, des panneaux publicitaires défraîchis, des vitrines miroitantes, des tuyaux aux formes insolites, ou encore des profils de Tokyoïtes saisis sur le vif. Comme prises à la hâte, ces photographies témoignent de l’esthétique de l’instantané chère à l’artiste, qui utilise un appareil photo compact qu’il brandit au fil de ses balades, tel un véritable chasseur d’images. Plutôt que de préparer et de cadrer avec soin ses clichés, il déclenche spontanément sans regarder dans son viseur, se servant de son corps et de ses humeurs pour capter la réalité qui l’entoure. Indifférent aux techniques académiques de composition et de tirage, Daido Moriyama livre des photographies d’une grande force expressive. Après trente ans d’interruption, il réactive Record en 2006 pour y publier, avec la même férocité graphique ses photographies prises au Japon, dans les rues de Paris, Los Angeles, Florence, Londres, Marrakech ou Marseille… Avec leur cohorte d’animaux errants, de ciels zébrés de câbles électriques, d’enseignes et de signalétique omniprésente, ces trente numéros de Record composent une odyssée furieuse et pulsatile. Ce magnifique ouvrage de 424 pages, sous coffret, est maintenant disponible dans les meilleures librairies ainsi que sur Amazon.fr.

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GUY BOURDIN – UNTOUCHED

Photographe légendaire, au style reconnaissable par ses clichés troublants et mystérieux, Guy Bourdin a révolutionné l’approche de la photographie de mode, et l’image de la mode dans la publicité. Sa collaboration pour le Vogue français qui débute en 1955, avec ses séries de mode féminines, provocantes et énigmatiques, ont influencé non seulement la mode, mais de nombreux artistes contemporains. Intriguant et visionnaire, son travail est aujourd’hui considéré comme précurseur : son utilisation de la de la couleur, ses récits suggestifs et son esthétique surréaliste forment un langage visuel unique en son genre. L’ouvrage Untouched, paru chez Steidl, revient sur les débuts méconnus de ce grand photographe français. Bien que ce soit ses clichés couleur qui l’aient rendu célèbre, Bourdin débuta sa carrière artistique avec le noir et blanc, dans les années 50. Untouched passe en revue cette œuvre largement méconnue du grand public et offre un aperçu du premier stade de développement de son regard photographique. L’approche élaborée de ces images révèle sa motivation artistique, plusieurs années avant qu’il ne commence à travailler en mission pour les plus célèbres magazines de mode de l’époque. À la fois dans le concept et la composition, ces photographies montrent sa fascination pour les mises en page graphiques saisissantes et les portraits cinématographiques narratifs. Photographiant les personnes qu’il rencontre dans les rues de Paris, Bourdin forme son regard pour transcender la réalité du médium, développant une perspective unique à travers des manipulations non conventionnelles du plan de l’image. Ces tirages, redécouverts à sa mort en 1991, témoignent avec justesse de la curiosité et de la sensibilité sans faille du photographe envers ses contemporains, et préfigurent un style qui détonnera dans l’univers de la mode et de la publicité. Untouched est le premier volume d’une série de huit livres à venir qui explorent les œuvres complètes du photographe. Le livre de 256 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Steidl, ainsi que sur Amazon.com.

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EWEN SPENCER – YOUNG LOVE

Dans les années 2000, le célèbre magazine britannique The Face commandait au photographe Ewen Spencer la réalisation d’un reportage photographique sur les clubs et discothèques pour adolescents à travers le Royaume-Uni. Des Cornouailles au Lancashire, Spencer n’a alors cessé de photographier les jeunes anglais en train de boire, de danser et de tomber amoureux. En l’espace d’une quinzaine d’années, le photographe s’est créé l’une des plus intéressantes archives sur la culture des jeunes. À l’occasion de l’exposition d’Ewen Spencer à galerie KK Outlet de Londres, les éditions Stanley / Barker publient Young Love, une sélection des plus beaux clichés issus de ce projet culte. Le photographe explique: “Aujourd’hui, nous restons plus jeunes plus longtemps et grandissons aussi plus tôt. Les histoires traitant de la jeunesse connaissent un grand succès auprès du public, car nous avons tous été à leur place à un moment de notre vie. L’adolescence est un véritable concentré de condition humaine: toutes les réussites et les échecs se déroulent dans un drame désordonné.” Sans complexe, avec tendresse, talent et beaucoup d’humour, Spencer offre sa vision de l’époque à travers ces beuveries juvéniles, cette recherche incessante de l’amour et ces grands moments de solitude. Publié à 1000 exemplaires, le livre de 60 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Stanley / Barker.

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EDDIE MARTINEZ – DRAWINGS

Eddie Martinez est reconnu internationalement pour ses toiles grand format très dynamiques où s’accumulent les couches de peinture à l’huile et de peinture émaillée, ponctuées d’éléments de collages. Les coups de peintures puissants et vigoureux contrastent avec les faibles lignes de bombe aérosol et la riche texture de la peinture pressée directement du tube sur la toile. Synthétisant les compositions au format classique comme la nature morte, le portrait et le paysage avec l’approche rapide du “flux de conscience” de la main d’un enfant, l’artiste de Brooklyn arrive à un style qui n’appartient qu’à lui. Ce nouveau recueil, publié par les éditions belges Triangle Books et sobrement intitulé Drawings, présente près de 400 dessins réalisés par Eddie Martinez de 2005 à nos jours, la plupart issus des archives de l’artiste et jamais montrés jusqu’ici. On y découvre un vocabulaire personnel et une iconographie composée de personnages récurrents, de formes et de marques. Ses dessins, riches en expressions (abstraites et figuratives), rappellent le côté brut et plein de vie des travaux de Jean-Michel Basquiat, Arshile Gorky ou Philip Guston. Si l’œuvre de l’artiste américain peut paraître au premier abord difficile d’accès, ce dernier explique: “Je veux juste que les gens interprètent mon travail comme ils le veulent”. Ce très bel ouvrage de 448 pages, avec un tirage de 1000 exemplaires, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Triangle Books.

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MAGNUM PHOTOS SQUARE PRINT SALE 2017 – GREAT JOURNEYS

À l’occasion du 70ème anniversaire de Magnum et du 65ème anniversaire d’Aperture Foundation, les deux organisations collaborent pour présenter Great Journeys. Inspiré par les nombreux voyages en Afrique du co-fondateur de l’agence Magnum George Rodger, le projet explore et redéfinit le concept de voyage, à travers des photographies classiques et contemporaines, choisies par les photographes eux-mêmes et accompagnées de textes personnels. 76 images de photographes de l’agence Magnum et 40 images de photographes d’Aperture Foundation sont maintenant disponibles en ligne au prix unitaire de 100$ par tirage dédicacé (format 15,2cm x 15,2cm) et ce jusqu’au 3 novembre 2017.

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RINKO KAWAUCHI – HALO

Aussi dérangeantes que belles, les images de la photographe tokyoïte Rinko Kawauchi oscillent de l’enfantin à l’étrange. L’artiste revisite constamment les questions du quotidien, de la vie et de la mort. Ses photographies sont traversées de spiritualité et de poésie. Surexposée ou contrastée, naturelle ou technologique, la lumière y est essentielle. Pour sa nouvelle monographie, Halo, publiée par Aperture et les éditions Xavier Barral, Kawauchi nous emporte dans un voyage hypnotisant entremêlant rites multiséculaires humains et naturels des feux sacrés du sanctuaire d’Izumo au sud du Japon, au lancer de métal en fusion pendant la Fête des lanternes du Heibei en Chine et aux nuées d’oiseaux migrateurs en Angleterre. Comme dans Illuminance (2011), Rinko Kawauchi porte ce même regard sur la beauté des détails de l’existence dans une veine encore plus spirituelle alternant entre atmosphère sombre et explosions de lumière. La photographe explique: « Le jour de la Fête des lanternes du nouvel an chinois est l’occasion dans un certain village de la province du Heibei, en Chine, d’un festival du nom de Da Shuhua. Cette fête – que la tradition fait remonter à plus de trois cents ans – trouve son origine dans l’ancienne coutume des forgerons locaux de célébrer la nouvelle année en lançant du métal en fusion sur les murs de la ville, à la place de feux d’artifice qu’ils étaient trop pauvres pour acheter. Idée lumineuse née d’une aspiration à la beauté que l’on retrouve même chez des êtres plongés dans l’indigence. Les éclaboussures de feu sur les murs forment une pluie de lumière, et les hommes qui projettent continuellement des débris de fer sous la pluie ardente qui se déverse sur eux ressemblent à des guerriers luttant contre une force invisible. » Rinko Kawauchi achève ce parcours visuel par un poème et un court texte qui prolongent la réflexion sur ces images, métaphores de notre monde actuel, entre espoir et chaos. Le livre de 96 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Aperture, ainsi que sur Amazon.com.

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