ROBIN FRIEND – BASTARD COUNTRYSIDE

Pour son tout premier ouvrage intitulé Bastard Countryside, publié par les éditions Loose Joints, le photographe anglais Robin Friend documente les stigmates laissés par l’homme sur la campagne anglaise. Pour ce projet, Friend a rassemblé une sélection de clichés issus de quinze années d’exploration du paysage britannique, en s’appuyant sur ce que Victor Hugo appelait dans Les Misérables “cette campagne un peu bâtarde, assez laide, mais bizarre et composée de deux natures, qui entoure certaines grandes villes (…)”. Les images en couleurs grand format du photographe scrutent ces zones marginales du pays, souvent surréalistes, en mettant en évidence les antagonismes entre le sublime pastoral et la réalité du présent, souvent abandonné et pollué. Reprenant une tradition paysagère classique, les photographies méticuleuses 5 x 4 de Robin Friend sont intensifiées par des exagérations de couleurs et de compositions qui reflètent cette friction entre l’idéal et la réalité britannique actuelle. Il recherche en particulier des moments au cours desquels la narration attendue du paysage est brutalement interrompue: souvent à cause de fuites, de pollution, de destruction ou de confinement de la nature. Carcasses de voitures abandonnées dans une grotte, épave de navire échouée au pied d’une falaise, serre désertée… Le photographe traque l’empreinte de l’homme sur la campagne de sa terre natale et nous montre une nature souillée, à rebours des clichés. Dans l’essai qui accompagne l’ouvrage, l’écrivain Robert Macfarlane décrit Bastard Countryside comme “une vision par excellence de notre nature moderne synthétique, produite par assemblage et enchevêtrement plutôt que pureté et distinction”. Le livre de 104 pages est maintenant disponible sur le site loosejoints.biz.