JOSEPH RODRIGUEZ – TAXI

Le photographe américain Joseph Rodriguez est une légende en matière de photographie de rue, en particulier ses images saisissantes de communautés Latino aux États-Unis, au Mexique et à Porto Rico. Attiré par le style du documentaire social, il s’est tourné vers la photographie pour tenter de défier les stéréotypes et d’exposer le monde à des portraits véridiques de la lutte en Amérique. L’humain est au cœur de son travail, qui émerge souvent après de longues périodes passées à gagner la confiance de ses sujets. Les résultats sont des images brutes et granuleuses pleines de vie, révélant la résilience et la beauté des personnes qu’il représente. Publié par les éditions powerHouse Books, son nouvel ouvrage Taxi: Journey Through My Windows 1977–1987 présente des clichés que le photographe a réalisé alors qu’il était chauffeur de taxi dans le New York de la fin des années 70. À cette époque, la ville était composée d’un ensemble de villages avec sa scène du downtown, ses travailleurs du midtown et son élégance de l’uptown. C’était sans nulle doute la ville la plus ouverte au monde. Toute l’humanité de la ville se rencontrait dans ses rues, sur fond de salsa, de rock, de disco, de reggae et bientôt de hip-hop, sur lesquels tout le monde pouvait se déhancher. Mais New York était aussi un lieu de chaos et de désordre. Au bord de la faillite, avec une criminalité galopante, ce sont les drogués, les dealers, les proxénètes et les prostituées de la ville qui règnent sur les rues de Manhattan. Le caractère excentrique de la ville était un phare et une promesse pour de nombreux exclus, ceux qui ne rentraient dans aucun moule, et une communauté LGBTQ dynamique est devenue le point de convergence d’un monde souterrain de travailleurs du sexe qui aimaient faire la fête. Pour un chauffeur de taxi new-yorkais comme Joseph Rodriguez, les endroits les plus prisés étaient les clubs comme le Hellfire, Mineshaft, The Anvil, The Vault et Show World. Après avoir perdu son premier appareil photo lors d’une agression au couteau si typique dans le New York des années 70, Rodriguez s’est rapidement armé d’un nouvel appareil photo pour documenter ce qu’il voyait dans le cadre de son travail : des prostituées sortant de leur service, des travestis et des adeptes du sado-masochisme faisant l’amour sur la banquette arrière ou réussissant d’une manière ou d’une autre un improbable changement de costume pour sortir du taxi proprement vêtu, prêt à affronter la famille et les amis. Humaniste dans l’âme, ses photographies témoignent de la dignité de la classe ouvrière de la ville dans tous ses quartiers et de ceux qui luttent pour s’en sortir. Le livre de 132 pages, avec un essai de l’écrivain Richard Price, est disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse Books, ainsi que sur Amazon.com.