Category Archives: Art

MORTEN ANDERSEN – COUNTRY.ROCK

Morten Andersen est l’une des figures emblématiques de la photographie en Norvège. À travers la publication de 21 ouvrages de photographie et de nombreuses expositions, il nous fait découvrir sa vision parfois sombre de l’humanité. Le photographe de 52 ans témoigne de son environnement et s’exprime en créant ses propres histoires d’existence quotidienne, de mondes étranges, de nature silencieuse et de personnages inhabituels. Son œuvre occupe un espace unique entre l’objectif et le subjectif, l’illusoire et le réel. En tournant son objectif vers de vrais lieux et de vraies personnes, il soulève aussi des questions culturelles, historiques et politiques. Publié par les éditions norvégiennes Teknisk Industri, Country.Rock est l’aboutissement de plusieurs voyages dans le nord de la Norvège, sur une période de 3-4 ans. Andersen explore la nature difficile et la vaste campagne préservée qui contraste avec les petites communautés éloignées de la région. L’artiste adopte une approche non conventionnelle de la photographie documentaire, situant les images de ce nouvel ouvrage dans le contexte d’un récit post-apocalyptique inspiré de la science-fiction. Dans l’avenir imaginé d’Andersen, un événement catastrophique a rendu les centres urbains inhabitables. Les survivants, pour la plupart des jeunes, ont migré vers le nord, créant de nouvelles communautés et développant de nouvelles façons de vivre. Le Nord est conçu comme un refuge contre les échecs politiques et sociaux du passé; une page blanche pour construire un avenir radicale, post-capitaliste. Le terrain froid et enneigé semble être épargné par l’activité humaine. Des figures uniques se mêlent à la vaste distance brumeuse dans des compositions qui rappellent la peinture romantique du XIXe siècle. Les prises de vues originales et sublimes de la nature contrastent avec la spontanéité et l’énergie du Festival de Karlsøy à Troms. L’île elle-même est considérée comme un refuge pour les radicaux, les artistes et les hippies depuis les années 1970. Dans ces images, les gens se rassemblent et font la fête sous le soleil de minuit. Pour Morten Andersen, le festival est la métaphore d’un modèle possible pour une société future. Country.Rock est un livre sur l’évasion des échecs politiques et sociaux de notre temps, mais aussi sur les mythes, les rêves et la nature. Le paysage peut être sombre et difficile, mais il y a de l’espoir pour l’avenir dans la beauté et la liberté. Le livre de 208 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Teknisk Industri.

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NICK JASKEY – SIGNS OF LIFE

nick jaskey

Nick Jaskey est né à Royal Oak, au Michigan en 1982. Il vit et travaille à Detroit depuis 2001. Jeune adolescent, il passe son temps à skater et a explorer sa ville. Il découvre alors naturellement des univers aussi variés que le graffiti, l’art et la photographie. Le graffiti l’a amené à prendre conscience des particularités de la couleur et de la composition qui passent inaperçues dans nos vies quotidiennes. Suite au succès de son compte Instagram (@nickvision), Nick Jaskey publie aujourd’hui un livre, Signs of Life, composé d’une sélection de photos réalisées durant ces 15 dernières années, toutes prises dans la ville de Detroit et sa proche banlieue. Dans ce dernier, l’artiste capture quelques-unes des pièces les moins analysées du paysage post-industriel souvent photographié de Motor City. Alors que de nombreux projets photographiques concernant Detroit se concentrent uniquement sur les bâtiments délabrés, les maisons abandonnées et les voitures en panne, Jaskey pointe son objectif sur la beauté de la communauté humaine qui a décidé de rester, sans pour autant photographier les habitants. Il regarde plutôt les messages écrits sur les murs, les fresques murales réalisées sans budget, les vieux pneus superposés, les ordures empilées d’une certaine manière, et qui semble exprimer, intentionnellement ou non, un message. Il documente les signes littéraux et figuratifs de la vie à Detroit, une ville qui conserve sa force et sa résilience face aux changements économiques dévastateurs. Et pourtant, Jaskey ne cherche nullement à insuffler un nouveau souffle à la ville à travers son œuvre. Il se concentre sur une humanité réelle, incommensurable, non monétisable, telle qu’elle se trouve dans les parties de la ville qui ont existé et continueront d’exister, en dehors de l’œil national ou international. L’artiste californien Barry McGee (voir sa dernière exposition ici), ami de longue date de Jaskey, réalise la préface du livre et commente: « Les images recueillies ici explorent le fait que nous, en tant qu’êtres humains, sommes un produit de notre environnement, et que notre environnement est aussi un produit de nous … une civilisation qui a mal tourné. » Signs of Life, auto-publié par l’artiste dans une édition limitée de 535 exemplaires, est maintenant disponible en exclusivité sur la boutique en ligne de Nick Jaskey.

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LE CORBUSIER – THE COMPLETE BUILDINGS

le corbusier

En 2010, le photographe Cemal Emden s’est mis à documenter tous les bâtiments conçus par Charles-Édouard Jeanneret-Gris, plus connu sous le pseudonyme de « Le Corbusier ». Voyageant à travers trois continents, Emden a photographié les 52 bâtiments qui sont encore existants. Chaque bâtiment est présenté dans ce livre et est capturé à partir d’angles multiples, avec des images révélant leurs détails extérieurs et intérieurs. Cette visite de chacun des bâtiments de Le Corbusier à travers le monde représente l’archive photographique la plus complète du travail de l’architecte. Ces photographies sont accompagnées par des textes rédigés par des architectes et des experts de premier plan, dont les commentaires sont aussi fascinants et variés que les bâtiments eux-mêmes. De l’ancienne Villa Vallet, construite en 1905 en Suisse – sa première réalisation entant que jeune architecte alors qu’il n’a que 18 ans, à son Unité d’Habitation révolutionnaire de Marseille, achevée en 1947, cet ambitieux projet présente l’intégralité et la diversité de la production architecturale de Le Corbusier. Visuellement saisissant et extrêmement complet, il plaira aux nombreux fans de l’architecte, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent aux fondations de l’architecture contemporaine. Publié par les éditions britanniques Prestel, ce très bel ouvrage de 320 pages est maintenant disponible sur Amazon.com.

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ANTOINE D’AGATA – AKA ANA

antoine d'agata

Aka Ana, après le film éponyme sorti en 2008, raconte la relation du photographe français Antoine d’Agata avec le Japon, au travers de rencontres avec des prostituées. Membre de l’agence Magnum depuis 2004, le photographe marseillais étudie d’abord la photographie à l’International Center of Photography de New York en 1990, où il suit les cours de Larry Clark et de Nan Goldin. En décalage avec la notion de témoignage, le travail d’Antoine d’Agata développe une posture exigeante et subversive, dont le rapport au sexe et à différentes drogues ont pu déranger certains. Mais ces plongées dans la nuit humaine ne doivent pas nous tromper, et masquer son incroyable attention aux événements de l’histoire, ainsi que sa très grande humanité. Le livre, publié par les éditions japonaises Akaaka Art Publishing sous la direction d’Hikari Machiguchi, emprunte la forme du journal intime. Il présente les clichés réalisés pendant les quatre mois qu’Antoine d’Agata a passé au Japon, de septembre à fin décembre 2006. Parcourant l’ordure du monde dans les plus bas des bas fonds, ici dans les bordels, chambres de passe miteuses, les lieux d’orgie et autres boites de strip-tease, le photographe se raconte lui-même en essayant de saisir l’autre, l’interlocutrice, le corps qu’il étreint de son sexe ou de sa caméra. Antoine d’Agata déclare : « Mon projet photographique est une prise de conscience autobiographique. Je documente ce que je vis pendant que je le vis, dans l’impossibilité d´exister hors de la photographie qui s’est greffée sur mes peurs et mes désirs, et s’en nourrit comme d’une chair vivante. » L’ouvrage de 272 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Akaaka Art Publishing.

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TEN PRINCIPLES FOR GOOD DESIGN: DIETER RAMS

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Ten Principles for Good Design: Dieter Rams est le nom de la nouvelle monographie de l’un des plus grands designers du XXe siècle, Dieter Rams, auteur de mobilier et d’objets d’électroménager qui ont révolutionné notre quotidien. Pendant 40 ans, de 1955 à 1995, Dieter Rams a conçu ou supervisé la conception de plus de 500 produits pour le fabricant allemand d’électronique Braun, ainsi que du mobilier pour Vitsoe. Radios, calculatrices, rasoirs électriques ou mobiliers ne sont là que quelques-uns des produits créés par Dieter Rams, chacun d’eux occupant une place particulière dans l’histoire du design industriel et font de lui l’un des designers les plus influents de la fin du 20e siècle. Fidèle au principe “moins, mais mieux», son langage visuel à la fois clair et élégant a défini non seulement la conception de produits pour de nombreuses générations, mais aussi notre compréhension fondamentale de ce qu’est le design et ce qu’il peut et doit faire. La philosophie de Dieter Rams peut se résumer en dix règles du design qu’il créa il y a plus de trente ans. Parfois surnommés “les dix commandements”, ces derniers sont aujourd’hui tout aussi pertinents: tout bon design est innovateur, fournit une utilité à chaque produit, est esthétique, rend un produit compréhensible, est discret, est honnête, a une valeur à long terme, conçoit chaque détail avec une précision exhaustive, est respectueux de l’environnement, est minimaliste. Publié par les éditions britanniques Prestel, cet ouvrage de 416 pages est l’occasion d’en savoir plus sur l’œuvre de Dieter Rams à travers des images de plus d’une centaine de ses objets issus de la fantastique collection de Jorrit Maan, quelques-uns de ses croquis, maquettes, prototypes, photos d’équipes, etc. En plus de cette riche présentation visuelle, le livre contient quelques essais d’experts internationaux du design (Cees W. De Jong, Klaus Klemp, Erik Mattie) qui expliquent comment certains objets ont été conçus, décrivent la qualité intemporelle de son œuvre, et la placent dans un contexte contemporain. Ce très beau livre, qui ravira tous les amateurs de design, est maintenant disponible sur Amazon.com.

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BARRY MCGEE – SOLO EXHIBITION @ CHEIM & READ – NEW YORK

barry mcgee

La galerie new-yorkaise Cheim & Read présente depuis jeudi dernier la nouvelle exposition personnelle de Barry McGee. Pour sa deuxième exposition au sein de la galerie, l’artiste californien dévoile une sélection de ses nouvelles pièces, toutes conçues dans son studio de San Francisco: toiles, céramiques, planches de surf, tables de zines, cluster paintings, bouteilles, ainsi que quelques très belles installations. Jusqu’au 17 février, à la galerie Cheim & Read (547 West 25th Street – New York. NY 10001).

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CARRIE BORETZ – STREET

carrie boretz

Les photographies de STREET – New York City – 70s 80s 90s, le nouvel ouvrage de Carrie Boretz publié par les éditions powerHouse Books, ont été prises par la photographe à New York, du milieu des années 1970 aux années 1990. À cette époque la ville américaine était bien plus dangereuse qu’aujourd’hui, mais ce n’est pas cet aspect sombre de New York que Boretz a choisi de montrer à travers ses clichés. Au lieu de cela, elle s’est plutôt intéressée aux moments délicats et familiers de la vie quotidienne, dans les différents quartiers où elle vivait, avant que la plupart des graffitis ne soient nettoyés et que la ville s’assainisse et devienne ce qu’elle est aujourd’hui. Peu de personnes qui habitent ou visitent New York savent que la ville était bien différente il y a quelques dizaines d’années. Beaucoup de ces images montrent la réalité des rues d’alors, où les travailleurs, les sans-abris, les riches et les touristes partageaient l’espace public, illustrant comment l’une des plus grandes villes du monde était également remplie de contradictions. Mais il y a aussi un élément intemporel à ces images: les enfants jouent encore dans les parcs, dans les rues et les cours d’école, les banlieusards font toujours face aux éléments en attendant leur bus, les manifestations et les défilés sont très fréquents… Le spectre des émotions humaines est toujours visible, partout, pour celui qui sait regarder. Pour Boretz, rien n’était écrit, tout se jouait juste devant elle. La photographe new-yorkaise n’a pas de philosophie concrète sur la prise de vue autre que de faire confiance à son instinct: elle observe, prend son cliché puis s’en va, toujours à la recherche de moments qui feront battre son cœur plus vite. C’était le rush continuel de savoir qu’à tout moment elle pouvait rencontrer quelque chose de réel et de beau. Ce très bel ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse Books, ainsi que sur Amazon.com.

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JEAN PROUVÉ – ARCHITECTE DES JOURS MEILLEURS

jean prouvé

À l’occasion de l’exposition JEAN PROUVÉ : Architecte des jours meilleurs la Fondation LUMA publie en collaboration avec Phaidon Press un ouvrage sur les architectures du designer et bâtisseur français Jean Prouvé. Ferronnier de formation, Jean Prouvé se considérait davantage comme ingénieur-constructeur que comme concepteur-architecte. Dans sa large production, qui s’étend du luminaire au mobilier, en passant par les stands d’exposition et les rayonnages, ses constructions modulaires occupent une place importante. Ce livre comprend deux essais inédits, l’un du professeur Mark Wigley, architecte, critique, théoricien et doyen émérite de la Graduate School of Architecture, Planning and Preservation de l’université Columbia ; l’autre de Philippe Trétiack, architecte, urbaniste, auteur et critique d’architecture français. On y trouve également une riche documentation historique et iconographique (images d’archives et d’autres plus contemporaines, dessins et notes manuscrites) sur l’œuvre de Jean Prouvé en général et notamment sur douze bâtiments préfabriqués créés entre 1939 et 1969, qui sont actuellement exposés à LUMA Arles, et ce jusqu’au printemps prochain. Ce très bel ouvrage de 240 pages nous fait découvrir le talent et l’ingéniosité d’une figure incontournable de l’architecture française du xxe siècle. JEAN PROUVÉ : Architecte des jours meilleurs est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Phaidon Press, ainsi que sur Amazon.fr.

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WALKER EVANS (EDITED BY CLEMENT CHEROUX)

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Walker Evans (1903-1975), récemment à l’honneur au Centre Pompidou, est l’un des photographes américains les plus importants du 20e siècle. Ses photographies de l’Amérique en crise dans les années 1930, ses projets publiés dans le magazine Fortune dans les années 1940 et 1950 et son « style documentaire » ont influencé des générations de photographes et d’artistes. Par son attention aux détails du quotidien, à la banalité urbaine et aux gens de peu, il a largement contribué à définir la visibilité de la culture américaine du 20e siècle. Certaines de ses photographies en sont devenues les icônes. Ce nouvel ouvrage rétrospectif, réalisé sous la direction de Clément Chéroux et publié par les éditions Prestel, retrace la carrière de Walker Evans à travers plus de 300 images, de ses premières photographies de la fin des années 1920 à ses Polaroïds des années 1970. Organisé thématiquement, le livre examine des thèmes tels que la relation du photographe avec l’impresario Lincoln Kirstein, son travail dans les cartes postales et les magazines, et son exploration de l’Amérique profonde, celle de la Grande Dépression, qu’il étudia tout au long de sa carrière. Présentant l’Amérique de son époque, s’immisçant brillamment dans le quotidien des farmersrednecks et New-Yorkers, l’œuvre du photographe est en soit une seule et unique grande image : celle de l’Amérique hétéroclite du XXème siècle. Dans un entretien réalisé en 1971 le photographe explique cet attrait en ces termes : « Vous ne voulez pas que votre œuvre vienne de l’art ; vous voulez qu’elle prenne origine dans la vie ? C’est dans la rue qu’elle se trouve. Je ne me sens plus à l’aise dans un musée. Je ne veux pas les visiter. Je ne veux pas qu’on m’apprenne quoi que ce soit. Je ne veux pas voir de l’art  » accompli « . Je m’intéresse à ce que l’on appelle le vernaculaire. Par exemple, l’architecture accomplie, je veux dire  » cultivée « , ne m’intéresse pas, j’aime davantage chercher le vernaculaire américain. » Réunissant les meilleurs tirages des plus grandes collections publiques et privées, l’ouvrage accorde également une large place aux objets (cartes postales, enseignes, ephemera graphiques, etc…) collectés par Evans pendant toute sa vie. À travers ses reproductions et ses essais de spécialistes internationaux, il offre une approche renouvelée de cette œuvre majeure de l’histoire de la photographie. Le livre de 320 pages est maintenant disponible sur Amazon.com.

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JUNGJIN LEE – DESERT

jungjin lee

Née en 1961 en Corée, Jungjin Lee est installée à New York et a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire à base d’images panoramiques monochromes aux compositions parfaites et qui dégagent une ambiance de sérénité. Au début des années 1990, la photographe coréenne effectue plusieurs voyages à travers l’immensité de l’Amérique. Elle y a capture des images archaïques et primitives des déserts, des rochers, des broussailles et des cactus. Ses séries d’images fragmentaires et poétiques ont été décrites par le grand Robert Frank comme des «paysages sans la bête humaine». S’appuyant sur son héritage sud-coréen, l’artiste développe un langage pictural unique en son genre: OceanOn RoadPagodasThings et Wind sont autant de séries dans lesquelles son intérêt fondamental pour la nature et la culture s’exprime dans un espace de résonance poétique. Dans son œuvre, Jungjin Lee utilise sa compréhension profonde de la matérialité, la texture et l’artisanat. Elle utilise notamment un papier de riz traditionnel coréen sur lequel elle applique à la brosse en chambre noire une émulsion photo-sensible (Liquid Light). Les imprécisions qui en résultent dans le processus de développement et les imperfections dans la production vont à l’encontre de la supposée prétention à la vérité de la photographie. La présence physique des photos grand format de Jungjin Lee est immédiatement captivante. Photographier le paysage est pour elle une exploration de son propre esprit – les états introspectifs de l’artiste, dont le regard photographique est insistant et transformateur. «Mes images doivent être vues comme des métaphores : ni représentation du monde réel, ni expression de sa beauté visuelle, elles sont une forme de méditation». Elle utilise la photographie pour poursuivre une recherche intérieure quasi mystique, une méditation sur notre place dans le monde, sur notre rapport à la nature et aux objets. Qu’elle pose son regard sur le lointain ou le proche, Jungjin Lee transcende la vision ordinaire et extrait du monde des “immémoriaux”. Ses photographies nous font entrevoir ce que pouvait être l’art à ses débuts : une médiation chamanique qui reliait l’homme à ce qui l’entourait. «Ce que je cherche dans mes photos, ce sont les éléments de vie. La solitude de l’humain. La vie change en surface, comme un océan. L’eau est en mouvement perpétuel à la surface, mais dans les profondeurs, au cœur, rien ne bouge». Ce nouvel ensemble d’œuvres, publié aujourd’hui par les éditions américaines Radius Books dans un superbe coffret intitulé Desert, a été conçu en l’espace de cinq ans, au début des années 90. La photographe y capture le vaste sud-ouest américain et le transforme avec sa fameuse lumière liquide et des émulsions diluées photo-sensibles, pour créer des images aussi incontrôlables et naturelles que le paysage qu’elle dépeint. Desert comprend quatre séries d’œuvres (chacune reliée dans un livre séparé et présentée dans un superbe coffret unique) qui contiennent toutes des images monochromatiques de terres arides. La stratigraphie gravée dans les parois rocheuses, les pierres massives, les précipices cavernicoles et la faune anthropomorphique présentent un vaste recueil des nombreux visages et textures du désert. Chaque image met l’accent sur les qualités formelles du paysage, évitant la présence humaine, et évoque la photographie de la fin du XIXe siècle, tout en incarnant la vision moderne de Lee. Certaines images provoquent un sens de l’infini dans leur immensité, tandis que d’autres se limitent à des traits et détails particuliers des paysages. Ce sublime coffret est maintenant disponible en pré-commande sur la boutique en ligne des éditions Radius Books, ainsi que sur Amazon.com.

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ALBERT ELM – WHAT SORT OF LIFE IS THIS

albert elm

À quoi ressemble le monde? Quels sentiments stimulent-ils? Pourquoi le photographions-nous avec une telle urgence? Depuis 2009, le photographe danois Albert Elm va là où sa curiosité pour les activités humaines le mène, avec une énergie sans fin et un intrépide désir de voyager, traversant les fuseaux horaires en avion, embarquant à bord du Transsibérien, voyageant seul à Dubaï, en Chine, en Inde ou se promenant simplement dans son quartier de Copenhague. Publié par les éditions The Ice Plant, What Sort of Life Is This mélange les voyages proches et lointains d’Albert Elm en une panoplie déconcertante de fragments narratifs et de compositions surréalistes qui semblent à la fois totales et personnelles, fracturées et pourtant étrangement entières. Faisant référence à plusieurs styles et genres photographiques, son travail fait exploser la spontanéité de la couleur et la complexité du monde – tendre, violent, solitaire, joyeux, bizarre. Mettant au même niveau l’exotique et le banal, le livre traite chaque photographie comme si elle avait été faite dans le même endroit déroutant : le monde lui-même. Le photographe danois explique: «Je travaille à l’intuition et parce que j’éprouve le besoin urgent d’étudier ma vie quotidienne et son environnement. Mes photographies sont des descriptions de situations et de lieux particuliers, à un moment particulier. À quoi ils ressemblaient et plus important, ce que j’en ai ressenti.» Le livre de 128 pages a été sélectionné en novembre dernier dans la catégorie Premier Livre des Prix du Livre 2017 organisés par Paris Photo et Aperture. Ce très bel ouvrage est maintenant disponible, dans une édition limitée à 750 exemplaires, sur la boutique en ligne des éditions américaines The Ice Plant, ainsi que sur Amazon.com.

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PETER FUNCH – 42ND AND VANDERBILT

peter funch

De 2007 à 2016, le photographe danois Peter Funch (représenté par V1 Gallery) s’est posté au coin de la 42ème rue et de l’avenue Vanderbilt à New York, entre 8h30 et 9h30 en prenant des photos des passants qui se rendent, pour la plupart, sur leur lieu de travail. Parfois, les poses, attitudes et vêtements sont si semblables que sur les images présentées deux par deux, on pourrait jouer au jeu des sept différences. Elles semblent prises à cinq minutes d’écart, alors que des mois, parfois des années, les séparent. Cet impressionnant travail d’édition du photographe, à la fois intuitive et scientifique, dévoile des schémas humains et des maniérismes qui passeraient normalement inaperçus à la première lecture, et qui deviennent des méditations sur le temps, la mortalité, l’espace public et privé, l’économie et notre moi intérieur. Un méticuleux travail que l’écrivain Douglas Copland, qui a signé la préface de 42nd and Vanderbilt, l’ouvrage publié par les éditions californienne TBW Books, qualifie de «surveillance plus douce et plus gentille.» Se considérant à la fois documentariste, voyeur et flâneur, le photographe explique quant à lui: «Je ne vois pas cela comme un processus restreint, mais plutôt comme une manière très simplifiée de documenter un rituel. L’idée est qu’il est plus facile de comparer deux images plutôt que dix, et en même temps que peut-on lire sur deux images au lieu d’une seule? Le temps et la répétition deviennent évidents.» Le fait que nos propres tendances inconnues, ainsi que les rythmes et les habitants de notre écosystème environnant, puissent perdurer et se répéter sur le même parcours défini des milliers de fois, s’apparente presque à une performance artistique, et est une véritable révélation pour Peter Funch. Le livre de 160 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions TBW Books.

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