Category Archives: Art

COLIN WESTERBECK & JOEL MEYEROWITZ – BYSTANDER

bystander

Après le succès de la première édition datant de 1994, les éditions Laurence King publient aujourd’hui une nouvelle version du livre de Colin Westerbeck et Joel Meyerowitz, Bystander : A History of Street Photography. Salué comme un ouvrage de référence dès sa sortie, l’ouvrage est encore à ce jour largement considéré par les photographes de rue comme la «bible» de la photographie de rue. Il retrace l’évolution de cette dernière depuis son apparition au milieu du XIXème siècle, son histoire à la fois sociale et culturelle. « …Il s’agit de tout espace public où le photographe puisse photographier des sujets qu’il ne connaît pas et qui, dans la mesure du possible, ignorent sa présence. En même temps, cette rue, qui devient elle-même sujet, sera traitée presque comme si elle avait sa propre personnalité, imposant son caractère (parfois dans un rapport de séduction) à tout photographe qui voudrait se l’approprier. Les photographes eux-mêmes ont des sensibilités bien différentes, difficile de passer outre l’individualité de chacun. » On y découvre un incroyable éventail de talents, des photographes méconnus de la fin du 19ème siècle aux maîtres reconnus du 20ème, tels qu’Eugène Atget, Alfred Stieglitz, Paul Strand, Henri Cartier-Bresson, Brassaï, André Kertesz, Robert Frank, Diane Arbus, Garry Winogrand et Helen Levitt pour n’en citer que quelques-uns. La nouvelle édition révisée de cet ouvrage culte intègre deux décennies supplémentaires. L’histoire de la photographie de rue est mise à jour avec une réévaluation de certains documents historiques, l’inclusion de photographes plus contemporains et une discussion sur l’essor continu de la photographie numérique. Le livre de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Laurence King, ainsi que sur Amazon.com.

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MIKE SLACK – THE TRANSVERSE PATH

the transverse path

Après le succès de ses différents ouvrages publiés par le passé (la trilogie OK OK OK / Scorpio / Pyramids, High Tide, Shrubs of Death ou encore Walking in Place 1: New Orleans), le photographe originaire d’Indianapolis Mike Slack revient aujourd’hui avec un nouveau livre intitulé The Transverse Path (or Nature’s Little Secret), publié par les éditions The Ice Plant. Nuages, appareils électroniques, brouillard, insectes, morceaux de verre, cellophane, rouille, herbes, ondes, particules… Avec une curiosité presque cosmique, Slack plonge dans un écosystème terrestre surchauffé, et parcoure une topographie lumineuse faite de détails monumentaux et de panoramas mondains. Avec leur ambiance transcendantale et une vague saveur de science-fiction, ses clichés présentent une jungle composée de substances organiques et synthétiques, baignée par le soleil. Ces dernières s’emmêlent, fleurissent et se désintègrent selon leurs propres termes, comme si elles étaient engagées dans une négociation sans âge, hors de notre portée. Où finit la nature et où commence son contraire? Et où se situent les gens dans cet équilibre? Réalisées principalement dans le sud-ouest américain de 2011 à 2017, ces compositions vivaces – comme une série de bulles de pensée à la recherche d’un récit – sont à la fois concises et directes, mais aussi animées par une ambivalence émotionnelle qui oscille entre terreur environnementale et rêverie calme et intime. Mike Slack explique que «chaque photographie est une sorte de destination, mais les images individuelles ne sont pas vraiment la finalité. C’est un processus ouvert, un espace de liberté.» Ce magnifique ouvrage de 100 pages, psychédélique et méditatif à la fois, est maintenant disponible dans une édition limitée à 900 exemplaires sur la boutique en ligne des éditions américaines The Ice Plant, ainsi que sur Amazon.com.

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KRASS CLEMENT – DUBLIN

krass clement

Krass Clement (né en 1946) est l’un des photographes danois les plus remarquables de sa génération. Toutes ses photographies abordent les questions existentielles de la condition humaine. Elles nous parlent des sentiments de perte, d’angoisse et de solitude. De cette part de vécu que nous essayons tous de maintenir à distance. Si son univers photographique nous touche si profondément, cela tient non seulement à son grand talent visuel, mais également à son aptitude à rendre ces thèmes proches et abordables. Fondée sur le réalisme de la photographie documentaire, la démarche artistique de Krass Clement consiste à travailler les images comme des métaphores. Il compare volontiers sa photographie à la poésie, où quelques mots suffisent à générer chez le lecteur des souvenirs ou un univers entier. Publié par les les éditions RRB Publishing à l’occasion de son exposition à la Gallery of Photography de Dublin, du 15 novembre 2017 au 22 janvier 2018, Dublin présente une série de clichés réalisés dans la capitale de la république d’Irlande en 1991, et dévoilées ici pour la première fois. Le livre poursuit le projet de Clement d’explorer le lieu comme un reflet de la psyché intérieure, et présente une vision de Dublin en lutte avec elle-même. Le théâtre animé de la vie dans la rue contraste avec les paysages de rues vides et mélancoliques. Les photographies sont à la fois lyriques et ambitieuses, et jettent un regard sur une société en voie de mutation. Avec la mélancolie de ses tirages monochromes, Dublin est un livre unique qui séduira tous les passionnés de photographie. L’ouvrage de 136 pages, édité à 1000 exemplaires seulement (dont 100 vendus avec un tirage signé), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Publishing, ainsi que sur Amazon.co.uk.

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ELLIOTT ERWITT – CUBA

En 1964, Elliott Erwitt a été pendant une semaine l’hôte de Fidel Castro à Cuba (voir les photos de l’exposition ici). Le magazine américain Newsweek l’avait chargé de photographier le « líder maximo » en compagnie de Che Guevara, figure de proue de la révolution cubaine. Plus de 50 ans plus tard, à la faveur de la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis, le photographe est retourné à Cuba pour y réaliser un reportage photographique sur les villes et les paysages, mais avant tout sur les habitants de ce pays fascinant. Réunies pour la première fois dans un livre, ces captivantes photos en noir et blanc brossent un tableau très intimiste de la vie sur cette île enchanteresse des Antilles. Portraits sur le vif de Castro, photographies de La Havane, véritable joyau architectural, ou scènes de la vie à la campagne font de Cuba une plongée dans le cœur et l’âme du pays. Avec des anecdotes personnelles d’Elliott Erwitt, comme la situation dans laquelle Che Guevara lui a carrément proposé une caisse de cigares, et une préface vibrante du critique littéraire Henry Louis Gates, Jr., ce beau livre à vous couper le souffle est bien davantage qu’un simple portrait d’un pays et de ses habitants, c’est un témoignage historique sur une nation en mutation, qui s’ouvre au reste du monde. Publié par les éditions allemandes teNeues, ce très bel ouvrage de 224 pages offre une occasion unique de découvrir les séries de photographies prises à Cuba à plus d’un demi-siècle d’intervalle par un grand maître de la photographie. Cuba est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions teNeues, ainsi que sur Amazon.com.

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EDDIE MARTINEZ – ANTS AT A PICKNIC

eddie martinez

Eddie Martinez est reconnu internationalement pour ses toiles grand format très dynamiques où s’accumulent les couches de peinture à l’huile et de peinture émaillée, ponctuées d’éléments de collages. Les coups de peintures puissants et vigoureux contrastent avec les faibles lignes de bombe aérosol et la riche texture de la peinture pressée directement du tube sur la toile. Synthétisant les compositions au format classique comme la nature morte, le portrait et le paysage avec l’approche rapide du “flux de conscience” de la main d’un enfant, l’artiste de Brooklyn arrive à un style qui n’appartient qu’à lui. À l’occasion de sa première grande rétrospective en musée de son œuvre, le Davis Museum at Wellesley College (Massachusetts) publie un très beau catalogue contenant des clichés de l’exposition (jusqu’au 17 décembre 2017). On y découvre ainsi en détails l’installation qui comprend une série de sept nouvelles grandes toiles mandala, accompagnée d’une série de sculptures en bronze et de dessins grands formats. Des essais de Lisa Fischman, Ruth Gordon Shapiro et Jim Lewis interrogent sur la signification et la profondeur de l’œuvre de l’artiste new-yorkais. Le livre de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne du Davis Museum.

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HARRY GRUYAERT – EAST / WEST

harry gruyaert

Membre de l’agence Magnum depuis 1982, Harry Gruyaert décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation. Héritier de la tradition américaine incarnée par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, très influencé par le cinéma, Harry Gruyaert a su créer une palette chromatique extrêmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une manière de découper la lumière et ses ombres dans le cadre. Le photographe belge explique: «La couleur est plus physique que le noir et blanc, plus intellectuel et abstrait. Devant une photo en noir et blanc, on a davantage envie de comprendre ce qui se passe entre les personnages. Avec la couleur on doit être immédiatement affecté par les différents tons qui expriment une situation.» Les Éditions Textuel publie aujourd’hui deux magnifiques livres reliés sous demi-coffret: East / West. Le premier est consacré à Moscou, et le second à Las Vegas et Los Angeles. Alors que le monde était encore divisé en deux blocs étanches, Harry Gruyaert, toujours en quête de lumière et de sensualité, a capté les couleurs de chacun de ces deux univers. Clinquantes et vibrantes à Los Angeles et Las Vegas en 1981, sourdes et étranges à Moscou en 1989, juste avant l’éclatement de l’URSS. Loin de vouloir documenter le réel, Gruyaert livre pourtant ici une étonnante archive?: celle des couleurs de l’Histoire. L’excellente préface de David Campany permet de remettre ces photos dans leur contexte historique, à une époque où la photographie couleur était encore largement ignorée. Pour l’essayiste britannique, «très peu de photographes ont manifesté la capacité d’Harry Gruyaert à produire des images en couleurs remarquables avec n’importe quelle lumière et n’importe quelles couleurs, dans le monde entier.» East / West est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.fr.

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EDWARD GRAZDA – MEAN STREETS

edward grazda

À la fin des années 70, lorsqu’une sévère austérité est imposée par les banques new-yorkaises pour faire face à la banqueroute du gouvernement, les industries traditionnelles quittent New York, laissant les ouvriers dans les rues et une nouvelle génération d’artistes s’installer dans les bâtiments industriels. C’est dans ce contexte qu’Edward Grazda commence sa carrière de photographe. Ses photographies noir et blanc, publiées pour la première fois dans l’ouvrage Mean Streets, publié par les éditions powerHouse, sont le témoin du New York des années 1980. Le photographe américain ne détourne pas son regard de l’humanité qui est en face de lui, qu’elle soit bonne, mauvaise, belle ou laide, et son œil perspicace nous offre de merveilleux commentaires visuels politiques et sociaux, ouverts à l’interprétation et au débat. Sans concession, il photographie les voitures des résidents, leurs styles, les vitrines des échoppes et les nombreuses scènes de rue de cette ville où il vécut durant plus de quarante ans. La nuit venue, une statue luminescente de la Sainte Vierge sur le toit d’un immeuble semble symboliser l’amour des dieux qui veillent sur la ville. À la fois austère et merveilleux, le New York de cette époque apparait comme un lieu unique, où les habitants interagissaient entre eux. Avec son style directe, sans ambiguïté et sans retenue, Edward Grazda, armé de son appareil Leica, nous fait voyager dans ce quotidien d’un New York désormais lointain, mais dont le caractère a été marqué de façon indélébile par les cicatrices de ces années. Le livre de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse, ainsi que sur Amazon.com.

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JEFFREY SILVERTHORNE – MORGUE

jeffrey silverthorne

Depuis plus de quarante ans, l’œuvre de Jeffrey Silverthorne, artiste majeur de la scène photographique contemporaine, explore les questions du sexe et de la mort, comme celles de la transgression, de la transcendance et de la métamorphose, tout en expérimentant le champ des possibles du médium photographique. À la fin des années 1960, l’attirance des photographes américains pour des sujets extrêmes et transgressifs, résulte du contexte politique et social de l’époque, où règne un climat de guerre, de revendications et de remise en question. Dès 1972 et jusqu’en 1991, le photographe américain se rend à la morgue de l’Etat de Rhode Island, après avoir reçu l’accord de l’attorney général, responsable de l’institut médico-légal. «Aujourd’hui, il serait probablement impossible de mener ce travail, constate le photographe, les lois et les droits privés ont changé. Les États-Unis sont devenus un autre pays, plus organisés autour de la peur que de l’espoir.» Une sélection de clichés issus de cette série culte, qui concentre cette esthétique où quotidien et universel se rejoignent, est aujourd’hui publiée par les éditions britanniques Stanley / Barker. Corps d’enfants béants. Jeune femme décédée dans son sommeil, bras droit replié, torse recousu à gros points. Homme nu, poing serré, épiderme marbré. Homme vêtu d’un blouson en jean, bouche ouverte, cri muet. Et celui-ci, victime d’un arrêt cardiaque, enseveli sous un drap sombre remonté jusqu’au cou, comme pour le protéger du froid. Incisions en forme d’Y. Coutures barbares. Chairs allongées sur des planches de bois. Aucun repos pour les yeux, encore moins pour le cœur, rien n’est beau à voir à la morgue, refuge éphémère des morts en attente, vers l’au-delà du miroir. Traitant les corps comme des sculptures funéraires, indiquant les causes de la mort, l’artiste transforme des victimes de faits divers en gisants modernes. Silverthorne explique: «Quand vous avez un appareil photo, ça vous autorise à aller voir des choses qui vous intriguent. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont des lieux de discorde. Certaines choses sont à la fois attractives et repoussantes. Au final, vous ne pouvez faire que de bonnes images si vous allez en profondeur. Si vous ne photographiez que pour une qualité esthétique, alors vous passez à côté du principal.» Provocateur, en perpétuel questionnement sur le corps, sur le rapport aux autres, sur la relation subtile entre la vie et la mort, Jeffrey Silverthorne parvient à faire jaillir de multiples émotions en une seule photo. Publié à 750 exemplaires, le livre de 40 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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PARIS PHOTO 2017

paris photo

Voici quelques clichés de la 21ème édition du salon Paris Photo, qui se tenait la semaine dernière, et qui a connu un nouveau record d’affluence et de ventes. Plus de 190 exposants, provenant de 30 pays, étaient à l’honneur sous la nef du Grand Palais où elles présentaient œuvres historiques et travaux contemporains. Se sont joints à elles une trentaine d’éditeurs internationaux offrant un panorama complet du médium photographique.

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NEW YORK CITY TRANSIT AUTHORITY: OBJECTS

NEW YORK CITY TRANSIT AUTHORITY OBJECTS

Après le succès de NASA Graphics Standards Manual sorti en 2015, les éditions new-yorkaises Standards Manual présentent aujourd’hui une nouvelle expérience photographique: New York City Transit Authority: Objects. En 2011, le photographe new-yorkais Brian Kelley commence à documenter diverses collections de tickets usagés du métro new-yorkais, les fameux MetroCards, dans son studio de Brooklyn. Son frère lui suggère alors de rendre cette série de clichés plus intéressante en trouvant d’autres types de cartes, plus anciennes et plus rares. Ayant épuisé sa recherche de MetroCards abandonnés dans la plupart des 472 stations de métro de la ville, Kelley se tourne alors vers eBay pour de nouvelles trouvailles. Il y découvre des jetons datant de 1860, un billet de 1885 quand il ne coûtait alors que trois cents pour traverse le pont de Brooklyn, ainsi que des patchs, des boites d’allumettes, des calendriers, des pins et des pancartes. Au fur et à mesure de ses découvertes, l’artiste publie ses photos sur son compte Tumblr et Instagram. Six ans plus tard, de nombreux employés du MTA suivent et défendent son projet, le contactant parfois avec des informations et des conseils sur certains objets rares. À mesure que sa collection s’agrandit, Kelley réalise qu’il n’existe pas d’archive numérique comparable documentant l’évolution du réseaux de métro, d’autobus et de trains régionaux de la ville. Il décide alors de tout recenser méthodologiquement et de regrouper l’ensemble dans un ouvrage. 400 photos d’objets reliés aux communications visuelles, au design et à la stratégie de marque du MTA sont désormais immortalisés dans ce superbe livre de 356 pages qui raconte le passé de New York. C’est une vision intime de l’histoire de la ville qui fusionne le design et l’infrastructure, au cours des 150 dernières années. New York City Transit Authority: Objects est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Standards Manual, ainsi que sur Amazon.com.

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DAIDO MORIYAMA – RECORD

daido moriyama

Né au Japon en 1938, Daido Moriyama est l’un des plus importants photographes contemporains. Membre de l’avant-garde artistique japonaise d’après-guerre, il a commencé son œuvre au milieu des années 1960. Auteur de plus de 180 livres mêlant photographies, textes théoriques et techniques d’impression diverses mais aussi performances et dispositifs d’installations, il a exploité toutes les formes du medium photographique et a contribué à redéfinir la pratique de la photographie de rue. Membre du mouvement Provoke qu’il rejoint en 1968 pour la deuxième édition de la revue éponyme, Daido Moriyama produit une œuvre riche, dense et protéiforme. Ses photographies –souvent décrites comme brutes, floues et troubles (l’esthétique du “are, bure, boke”), ont donné naissance à une nouvelle pratique de la photographie de rue où l’artiste, qui rôde sur la route, est en prise avec l’espace public. Le travail de Daido Moriyama embrasse aussi la technique de la sérigraphie, qu’il utilise dès les années 70, tant pour produire des livres que des œuvres à exposer. Les Éditions Textuel publient cet automne le fac-similé des trente numéros de la revue Record, créée en 1972 par le photographe. Photo-journal, magazine, fanzine, cette brochure de seize pages tient lieu de journal intime et de journal de terrain. Moriyama y rassemble quatre années durant ses images préférées parmi toutes celles qu’il prend au quotidien. On trouve, dans l’ensemble des photographies présentées, des panneaux publicitaires défraîchis, des vitrines miroitantes, des tuyaux aux formes insolites, ou encore des profils de Tokyoïtes saisis sur le vif. Comme prises à la hâte, ces photographies témoignent de l’esthétique de l’instantané chère à l’artiste, qui utilise un appareil photo compact qu’il brandit au fil de ses balades, tel un véritable chasseur d’images. Plutôt que de préparer et de cadrer avec soin ses clichés, il déclenche spontanément sans regarder dans son viseur, se servant de son corps et de ses humeurs pour capter la réalité qui l’entoure. Indifférent aux techniques académiques de composition et de tirage, Daido Moriyama livre des photographies d’une grande force expressive. Après trente ans d’interruption, il réactive Record en 2006 pour y publier, avec la même férocité graphique ses photographies prises au Japon, dans les rues de Paris, Los Angeles, Florence, Londres, Marrakech ou Marseille… Avec leur cohorte d’animaux errants, de ciels zébrés de câbles électriques, d’enseignes et de signalétique omniprésente, ces trente numéros de Record composent une odyssée furieuse et pulsatile. Ce magnifique ouvrage de 424 pages, sous coffret, est maintenant disponible dans les meilleures librairies ainsi que sur Amazon.fr.

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GUY BOURDIN – UNTOUCHED

guy bourdin

Photographe légendaire, au style reconnaissable par ses clichés troublants et mystérieux, Guy Bourdin a révolutionné l’approche de la photographie de mode, et l’image de la mode dans la publicité. Sa collaboration pour le Vogue français qui débute en 1955, avec ses séries de mode féminines, provocantes et énigmatiques, ont influencé non seulement la mode, mais de nombreux artistes contemporains. Intriguant et visionnaire, son travail est aujourd’hui considéré comme précurseur : son utilisation de la de la couleur, ses récits suggestifs et son esthétique surréaliste forment un langage visuel unique en son genre. L’ouvrage Untouched, paru chez Steidl, revient sur les débuts méconnus de ce grand photographe français. Bien que ce soit ses clichés couleur qui l’aient rendu célèbre, Bourdin débuta sa carrière artistique avec le noir et blanc, dans les années 50. Untouched passe en revue cette œuvre largement méconnue du grand public et offre un aperçu du premier stade de développement de son regard photographique. L’approche élaborée de ces images révèle sa motivation artistique, plusieurs années avant qu’il ne commence à travailler en mission pour les plus célèbres magazines de mode de l’époque. À la fois dans le concept et la composition, ces photographies montrent sa fascination pour les mises en page graphiques saisissantes et les portraits cinématographiques narratifs. Photographiant les personnes qu’il rencontre dans les rues de Paris, Bourdin forme son regard pour transcender la réalité du médium, développant une perspective unique à travers des manipulations non conventionnelles du plan de l’image. Ces tirages, redécouverts à sa mort en 1991, témoignent avec justesse de la curiosité et de la sensibilité sans faille du photographe envers ses contemporains, et préfigurent un style qui détonnera dans l’univers de la mode et de la publicité. Untouched est le premier volume d’une série de huit livres à venir qui explorent les œuvres complètes du photographe. Le livre de 256 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Steidl, ainsi que sur Amazon.com.

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