Category Archives: Art

ARBUS FRIEDLANDER WINOGRAND – NEW DOCUMENTS, 1967

new documents

“Lors de la dernière décennie, une nouvelle génération de photographes a dirigé l’approche documentaire vers des fins plus personnelles. Leur but n’a pas été de réformer la vie mais plutôt de la connaître. Leur travail trahit une sympathie – quasiment une affection – envers les imperfections et les fragilités de la société”. Voici comment John Szarkowski, alors conservateur du département de photographie du MoMA, décrit le travail de Diane Arbus, Lee Friedlander et Garry Winogrand à l’occasion de l’exposition New Documents en 1967. Chacun des trois photographes y aborde la réalité de façon frontale, sans chercher à la transfigurer. Dépassant le débat entre art et document, Szarkowski fait entrer définitivement le style documentaire au musée. À l’époque, la réception est tiède. Et pourtant, leur travail se révélera décisif pour plusieurs générations de photographes. Jusqu’à présent, il n’existait aucun catalogue de cette exposition culte. Publié par le MoMA a l’occasion du 50ème anniversaire de l’exposition, New Documents, 1967 présente des reproductions en pleine page des 94 photographies de l’exposition, ainsi que le texte original du panneau d’introduction à l’exposition rédigé par Szarkowski, le communiqué de presse, les vues d’installation et de nombreux documents d’archives. Les essais de la conservatrice Sarah Hermanson Meister et du critique Max Kozloff, qui a d’abord passé en revue l’exposition pour l’hebdomadaire américain The Nation en 1967, permettent de situer de manière critique l’exposition et son accueil et examinent son influence durable sur le domaine de la photographie. L’ouvrage de 168 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne du MoMA, ainsi que sur Amazon.com.

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MIKE KELLEY – MEMORY WARE – A SURVEY

mike kelley

À l’occasion de l’exposition Framed and Frame à la galerie londonienne Hauser & Wirth il y a quelques mois, un catalogue inédit présentant toutes les œuvres de la série Memory Ware de Mike Kelley (1954-2012) a été publié. Cette série s’inspire de traditions d’art populaire dans les communautés noires du sud des États-Unis et de l’époque victorienne au Royaume-Uni, et se compose de pièces conçues à partir d’un bric à brac de bibelots récoltés dans les puces de toute l’Amérique. L’artiste plasticien américain s’est servi de bijoux, de montres, de coquillages, de perles et de boutons de peu de valeur pour fabriquer ses célèbres œuvres Memory Ware. En Amérique du Nord, un memory ware est une pièce de vaisselle sur lequel sont collés toute une bimbeloterie ou des tessons de céramique en souvenir d’une personne disparue. L’artiste californien est préoccupé par ces questions liées à la mémoire individuelle. Fasciné par ces objets dont personne ne semble vouloir, il explique en 2000: « Je n’aime pas du tout Internet, qui n’existe que dans un espace virtuel. Alors que les objets vous attirent dans le monde physique, ils vous font prendre conscience de votre dimension matérielle. Leur sensualité vous fait dépendre d’eux. Ils sont addictifs. » Par le recours à des matériaux nobles comme à des objets de récupération et grâce à un langage plastique qui lui est propre, Mike Kelley réussit avec humour à briser la hiérarchie qui sépare la culture populaire de la culture de “l’élite“ afin de mettre à bas le mythe d’une “haute“ culture réservée à quelques personnes capable de l’apprécier. Un essai de Ralph Rugoff, directeur de la Hayward Gallery de Londres, examine la place de la mémoire personnelle et collective dans l’œuvre de l’artiste, ainsi que la lecture de la série Memory Ware dans sa totalité, tant du point de vue visuel que du point de vue de l’histoire de l’art. L’essai original de Kelley sur le projet est réimprimé dans son intégralité et offre un aperçu sans ambiguïté de sa réflexion et de sa méthodologie. L’ouvrage de 252 pages offre ainsi la possibilité d’apprécier la série de l’artiste dans son ensemble. Il est maintenant disponible sur le site de la galerie Hauser & Wirth et sur Amazon.com.

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MAGNUM – LES LIVRES DE PHOTOGRAPHIES – LE CATALOGUE RAISONNÉ

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Les éditions Phaidon viennent de publier Magnum, les livres de photographies: Le catalogue raisonné, la première bibliographie illustrée de plus de 1000 livres de photographies, emblématiques de l’histoire de la célèbre agence, qui fête son 70e anniversaire cette année. Cet ouvrage retrace ainsi l’histoire de l’agence sous l’angle du livre de photographies, outil essentiel aux photographes pour faire connaître leur travail. L’introduction de Fred Ritchin et les textes de Carole Naggar analysent l’évolution du livre de photographies et le rôle majeur joué par Magnum dans l’histoire de la photographie documentaire. L’ouvrage de 272 pages rend hommage au travail des fondateurs de Magnum, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger, et de ses membres comme Eve Arnold, Philip Jones Griffiths, Joseph Koudelka, Steve McCurry ou Martin Parr. La première partie du livre s’intitule Les livres de photographies en détail 1938-2016 et présente une centaine d’ouvrages incontournables, bénéficiant chacun d’une présentation détaillée. La deuxième partie, Les archives: créer les livres de photographies, dévoile quant à elle des archives inédites, des photos sur les coulisses, sur la fabrication de leurs livres et des documents jamais publiés: croquis, maquettes, lettres, etc. Enfin, le dernier chapitre présente près de 1000 ouvrages publiés par les photographes, impressionnante bibliographie exhaustive de l’agence. Particulièrement réussi, ce très bel ouvrage permet de cerner l’importance et la popularisation du livre de photographie, qui permet aux artistes d’offrir une expression individuelle et un récit plus subjectif qu’à travers les médias traditionnels. Magnum, les livres de photographies: Le catalogue raisonné est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Phaidon, ainsi que sur Amazon.fr.

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MAX EICKE – DOMINAS

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Max Eicke est un jeune photographe d’origine allemande de 26 ans. Il vit et travaille aujourd’hui entre Londres et Berlin. Pour son nouveau projet intitulé Dominas, Eicke a réalisé des portraits de dominatrices professionnelles dans les communautés BDSM allemandes. Approchant ce monde caché d’une manière plus documentaire, plus humaine et loin des idées reçues, l’artiste a opté pour ce mode de prise de vue afin d’explorer la fonction du média en tant qu’instrument de puissance. Composée de trois parties homogènes, cette œuvre photographique rassemble des portraits en grand format de 24 femmes exerçant une activité professionnelle dans l’industrie du sadomasochisme. Gagnant leur confiance durant trois années, Max Eicke s’est entretenu avec les personnes qu’il a photographié afin d’en savoir davantage sur leurs parcours, leurs motivations, leurs attentes… Le photographe juxtapose ainsi ses photographies avec des extraits de conversations et des images trouvées sur Internet, questionnant de cette façon les mécanismes de perception à l’ère du numérique, et étudie la façon dont notre société traite les images stéréotypées. Ouvert à toute sorte d’interprétations, Dominas peut être lu comme un collage multidimensionnel, comme une étude visuelle sur l’esthétique sadomasochiste, et enfin comme une réflexion sur la triangulation entre les structures de pouvoir, la critique sociale et le questionnement des valeurs existantes et des hiérarchies. Publié par Kehrer Verlag, le livre de 96 pages est un objet particulièrement original et réussi avec sa couverture souple en PVC. L’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes, ainsi que sur Amazon.com.

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RAYMOND PETTIBON – A PEN OF ALL WORK

raymond pettibon

À l’occasion de la grande rétrospective de l’artiste new-yorkais Raymond Pettibon au New Museum de New York (voir ici) et au Bonnefantenmuseum de Maastricht (Pays-Bas), les éditions Phaidon publient un superbe ouvrage de 408 pages intitulé A Pen of All Work. Éditée par Massimiliano Gioni et Gary Carrion-Murayari, cette monographie est de loin la plus riche et la plus complète à ce jour sur cet artiste provocateur. On y retrouve notamment des contributions de personnalités artistiques et culturelles, une interview récente avec Raymond Pettibon et plus de six cent cinquante images dont plus de deux cents œuvres jamais publiées à ce jour: dessins à l’encre, peintures, fresques murales, bandes dessinées, croquis, etc. Philosophiquement profond, profondément littéraire et mordant dans sa satire, l’artiste est avant tout le dessinateur de sa génération, et l’un des artistes contemporains les plus importants d’Amérique. En abordant des sujets importants et futiles avec autant de goût et d’aisance, Pettibon sonde les profondeurs de la sexualité américaine, la politique, les sous-cultures, les mœurs et l’histoire intellectuelle à travers des thèmes allant de Shakespeare à Gumby, des surfeurs à la Bible, du baseball au romantisme allemand. Passant en revue l’ensemble de sa carrière artistique, de ses dessins d’enfance à ses travaux plus récents, ce livre explore comment Pettibon a joué un rôle essentiel dans la redéfinition de l’art contemporain et offre un aperçu de l’esprit de l’un des artistes américains les plus influents et visionnaires de notre époque. A Pen of All Work est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Phaidon, ainsi que sur Amazon.com.

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ED VAN DER ELSKEN – CAMERA IN LOVE

ed van der alsken

À l’occasion de la grande rétrospective consacrée au photographe néerlandais Ed van der Elsken au Stedelijk Museum d’Amsterdam (du 4 février au 21 mai 2017), les éditions britanniques Prestel publient un magnifique catalogue de l’exposition: Camera in Love. Reconnu internationalement pour sa photographie de rue, Ed van der Elsken est une figure unique de la photographie et du cinéma documentaire néerlandais du XXe siècle. Il a parcouru les grandes villes, de Paris à Tokyo en passant par Hong Kong pour capturer la beauté des scènes de la vie quotidienne. Résolument optimiste, l’artiste s’est illustré pour sa joie et son goût pour l’excentrique, immortalisant l’insouciance de la jeunesse post-guerre ou le réconfort d’un simple sourire. En rupture avec la photographie documentaire de son époque, Ed van der Elsken fait corps avec son sujet et son indéniable implication personnelle affleure dans chacune de ses images. La modernité de ses images et leur caractère quasi cinématographique s’accordent avec le modèle de vie anticonformiste des jeunes gens dont il partage le quotidien. Il est avant tout un photographe de rue. À Paris, Amsterdam ou Tokyo, le photographe est à l’affût de celles et ceux qu’il appelle « les siens » : des hommes et des femmes, vieux ou jeunes, figures de la bohème à qui il reconnait une certaine authenticité et qu’il considère comme porteurs d’une forme de dignité équivalente, à ses yeux, à la beauté. Il a le talent d’entrer en contact avec les gens et de les convaincre de faire face à son appareil. Ed van der Elsken sait être photographe de l’intime en s’attachant au langage des corps. Il se préoccupe de l’humanité qui parcourt la rue. L’ouvrage présente plus de 200 clichés qui retracent son parcours depuis la fin des années 1950, ses voyages dans le monde entier, la rue, les milieux underground. Son style expressionniste très personnel a ouvert la voie à des photographes comme Larry Clark, Nan Goldin, Wolfgang Tillmans. Le livre de 288 pages, avec des essais de David Campany, Hripsimé Visser et Nan Goldin, est maintenant disponible sur Amazon.com.

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KAZUO SHIRAGA MONOGRAPH

Kazuo Shiraga

L’artiste japonais Kazuo Shiraga (1924 – 2008) étudie la calligraphie aux Beaux-Arts de Kyoto avant de devenir l’un des principaux artistes du mouvement Gutaï (mouvement d’avant-garde japonais créé en 1955 par Yoshihara), stimulé par l’atmosphère de forte volonté expérimentale qui y règne. Shiraga développe une philosophie reposant entièrement sur « l’art de l’acte » et sur la recherche perpétuelle d’une abstraction pure où le matériau pictural, devenu le reflet vivant de la personnalité de l’artiste, s’anime petit à petit. L’artiste peint avec ses pieds, debout, pendu à une corde, simple instrument au service d’une volonté supérieure quasi métaphysique. L’acte de peindre devient alors combat, c’est un face à face absolu avec la toile qui prend vie sous l’influence d’une étrange chorégraphie où le peintre, à la fois maître de ballet et maître d’arme, rentre physiquement dans le tableau et fait fusionner le corps et l’âme, l’esprit et la matière. La Toile comme champ d’action (de bataille) de l’artiste. La toile devenue tatami est battue à mort par le corps de Shiraga, gigantesque pinceau humain ; elle disparaît pour donner naissance à une œuvre totale, à la fois possédée et possédante, matérielle et immatérielle. « L’art doit partir du zéro absolu et se développer selon sa propre créativité. » Ces œuvres sont vivantes, sinueuses, et même vertigineuses tant elles tourbillonnent, marquées par de profond sillons qui semblent autant de trajets et d’aller-retour vers un lieu spirituel que Shiraga explore sans relâche. En peignant avec ses pieds, il privilégie l’imperfection et le contact direct et brutalement charnel avec la toile. Loin d’être le fruit du hasard, chaque tableau résulte d’un intense travail de réflexion et de méditation, à l’origine d’une conception inédite de la peinture qui influencera de manière flagrante l’art occidental et notamment l’Arte Povera, le Body art, le Land art, le Happening, etc. Publié par la galerie belge Axel Vervoordt, ce nouvel ouvrage présente l’œuvre de l’artiste en examinant les influences de l’action painting occidentale et les rituels antiques bouddhistes du Japon. De nombreuses peintures et photographies sont publiées pour la première fois, notamment un fac-similé d’un magnifique carnet de notes et de photos de l’artiste, qui offre un aperçu de son processus créatif et de ses performances publiques. La monographie comprend également des essais originaux de spécialistes du mouvement Gutaï tels que Koichi Kawasaki, John Rajchman, Ming Tiampo, et Reiko Tomii, qui partagent leurs réflexions sur l’œuvre de Kazuo Shiraga. Le livre de 296 pages est maintenant disponible à la galerie Axel Vervoordt, ainsi que sur Amazon.com.

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TAIYO ONORATO / NICO KREBS – CONTINENTAL DRIFT

taiyo onorato

Tous deux nés en 1979, Taiyo Onorato et Nico Krebs se sont rencontrés dans le cadre de leur formation en photographie à l’Université de Zurich. En avril 2013, les deux photographes sont partis de Suisse avec leur Toyota Land Cruiser de 1987, direction l’est et leur ultime destination, la capitale de Mongolie, Oulan-Bator. Parcourant les paysages d’Eurasie et d’Asie centrale, Nico Krebs et Taiyo Onorato ont photographié de nombreux territoires inconnus, pris en tension entre des traditions millénaires, l’héritage soviétique et la dissémination anarchique du modèle capitaliste. Une confusion identitaire que les deux artistes parviennent à rendre palpable à travers leurs photographies. Leur périple automobile s’inscrit également dans une réflexion sur le statut de la représentation photographique dans un contexte culturel saturé d’images, et vise plus particulièrement à documenter un territoire géopolitique sans image, mystique. La série se concentre sur les limites géographiques entre l’Europe et l’Asie – le duo a notamment parcouru l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, la Russie et la Mongolie –, avec un intérêt particulier pour les anciennes républiques soviétiques, relativement peu connues en Occident. Elle interroge l’existence visuelle de ces entités politiques qui tentent de s’établir dans un monde globalisé, mais aborde également la question de la fonction de l’artiste qui raconte ou interroge son appréhension du réel. Continental Drift est le deuxième ouvrage publié par Taiyo Onorato et Nico Krebs aux éditions Patrick Frey, après The Great Unreal, compte-rendu d’un voyage au cœur des États-Unis. L’ouvrage de 214 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Patrick Frey, ainsi que sur Amazon.com.

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LARRY SULTAN – PICTURES FROM HOME

larry sultan

Considéré comme l’un des livres de photographie les plus importants des années 90 par Martin Parr et Gerry Badger dans leur ouvrage The Photobook: A History – Volume II, Pictures From Home est le plus abouti et le plus profond des projets du photographe new-yorkais Larry Sultan. Cette série, commencée en 1982 et achevée en 1991, est considérée comme un chef-d’œuvre de la photographie narrative: l’artiste nous transporte dans l’intimité de la maison de ses parents, alliant des photographies contemporaines avec des images tirées de films familiaux, les propres écrits de Larry Sultan et autres souvenirs, dans un mélange rempli d’émotions mêlant sentiments profonds et vision personnelle. Le photographe donne à voir la complexité de la vie domestique en présentant ces clichés en couleurs de sa famille, sous la forme d’un collage narratif qui combine mise en scène et photographie documentaire. Particulièrement intime, Pictures From Home dépeint ainsi le quotidien de ses parents dans leur maison de Woodland Hills et plus tard dans la communauté pour retraités de Palm Desert. Les images aux couleurs vives de Sultan dévoilent les efforts vains d’une famille pour sauver les apparences alors que le rêve américain s’écroule. Une chronique sans fard du vieillissement et de la perte d’utopie de la classe moyenne américaine qui a le goût amer d’un paradis illusoire. Publié pour la première fois en 1992, cette nouvelle version proposée par Mack Books reprend l’édition originale en l’agrémentant de nombreuses pages inédites, offrant ainsi une nouvelle perspective à cet ouvrage de référence. Manipulateur impénitent de la réalité, Larry Sultan est toujours resté fidèle à ses propres obsessions, avec acharnement et honnêteté. « Ce qui me pousse à continuer mon travail relève plus de l’amour que de la sociologie, écrivait-il quelques années avant sa mort. Je réalise qu’au-delà des rouleaux de films et des quelques bonnes images que j’ai pu faire, de mes exigences et de mes doutes, je photographie pour arrêter le temps. » Le livre de 196 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Mack Books ainsi que sur Amazon.com.

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FYODOR TELKOV – 36 VIEWS

Fyodor Telkov

Fyodor Telkov est un photographe russe né en 1986, qui vit et travaille à Iekaterinbourg. Il est membre de l’Union des Photographes de Russie et a été récompensé en 2011 par le prix du meilleur photographe russe de l’année. Telkov a consacré son travail photographique à documenter les changements qui sont arrivés ces dernières années en Russie et qui menacent la culture des peuples très enracinés dans un autre temps. Pour sa série 36 views, éditée par la maison d’édition espagnole Ediciones Anómalas, le photographe russe s’inspire des trente-six vues du Mont Fuji, les célèbres estampes du Japonais Hokusai, afin d’illustrer le désastre environnemental et économique que connaît aujourd’hui l’ancienne ville minière de Degtyarsk en Russie, auparavant très prospère grâce à l’exploitation des mines de cuivre. Les images des deux montagnes de roche morte, horizon quotidien et omniprésent des habitants, sont ainsi compilées dans cet ouvrage, mélangées à quelques dessins et de rares portraits. Cette comparaison visuelle entre la montagne sacrée japonaise et les deux montagnes de gravats situées dans chacune des extrémités de la petite ville est particulièrement originale et bien réalisée, et suscite une réflexion mélancolique et contemplative sur les dérives de l’industrialisation. Lauréat du premier prix Fotocanal Photobook Competition organisé l’année dernière par Ediciones Anómalas en partenariat avec la Communauté de Madrid, 36 views est une grande réussite éditoriale, avec une production des plus soignée. Le livre de 88 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Ediciones Anómalas.

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JOSEF KOUDELKA – LA FABRIQUE D’EXILS

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« C’est en quittant la Tchécoslovaquie que j’ai découvert le monde. Ce que je voulais surtout c’était voyager pour pouvoir photographier. Je ne voulais pas avoir ce que les gens appellent un “chez soi”. Je ne voulais pas avoir à revenir quelque part. J’avais besoin de savoir que rien ne m’attendait nulle part, je devais être là où j’étais, et si je ne trouvais plus rien à photographier, il était temps de partir ailleurs. » Éternel vagabond, Josef Koudelka suivra ce précepte à la lettre et ne cessera de parcourir l’Europe et le monde au rythme des foires, carnavals et pèlerinages. Ces photographies décrivant l’errance et les rencontres du photographe au cours de ses voyages, seront rassemblées dans différentes éditions d’Exils (1988, 1997, 2014 – voir ici). À l’occasion de l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou de Paris (du 22 février au 22 mai 2017), les Éditions Xavier Barral publient La Fabrique d’Exils, qui n’est pas une nouvelle version des livres précédents, mais un ouvrage qui explore la genèse et la construction de ce périple photographique. Il propose une association des images de la série par Koudelka lui-même, enrichie de photographies inédites notamment plusieurs autoportraits. Un texte de Michel Frizot, issu de longues heures d’entretien avec le photographe, et accompagné de nombreux documents d’archives, précise les positionnements, les engagements et le mode de vie qui ont conduit à cette série iconique. Bien que ces photographies soient aujourd’hui célèbres, elles restent toujours aussi magnifiques au toucher, entre sensibilité, mystère et étrangeté, sans oublier d’évoquer les grands thèmes et évènements sociaux qui ont marqué le XXe siècle, dont celui, évidemment, de la migration à grande échelle. Avec la puissance qui caractérise son style, Josef Koudelka y transcende la représentation des êtres et des objets : corps en mouvements inaccoutumés, regards bouleversants, scènes incongrues ou iconiques, jeux de lumières et d’ombres, aménagements troublants des éléments dans son champ de vision. A chaque fois, c’est une étonnante poésie du monde, de son époque et de ses expériences troublantes. La Fabrique d’Exils propose une immersion dans les choix et les associations qui s’opèrent à toutes les étapes de la construction de cette série culte. Le livre de 160 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des Éditions Xavier Barral, ainsi que sur Amazon.fr.

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WOLFGANG TILLMANS – 2017

À l’occasion de sa première grande exposition personnelle qui lui est consacrée à la Tate Modern, à Londres, Wolfgang Tillmans publie un très beau catalogue sobrement intitulé 2017. Depuis le début des années 1990, le photographe allemand (né en 1968) s’est imposé comme l’un des artistes les plus passionnants et les plus novateurs de sa génération. Il est notamment le premier photographe a avoir remporté le prix Turner (en 2000), pour son œuvre qui se caractérise par une étude constante des limites du support photographique et un intérêt pour le processus même de la photographie. Publié par Tate Publishing, ce nouvel ouvrage de 304 pages analyse l’évolution artistique de Wolfgang Tillmans, à travers sa photographie, mais aussi ses projets vidéo, ses projections de diapositives numériques, ses publications et sa musique enregistrée. Les essais qui accompagnent le livre émettent une vision globale du travail du photographe, de la matérialité physique de son art à son utilisation de l’abstraction dans de nombreuses séries. Ses relations avec la politique et la société sont également mises en évidence, en mettant particulièrement l’accent sur les événements de ces quinze dernières années. Entièrement conçu par l’artiste, 2017 possède une identité visuelle forte. Les photographies et les images issues de vidéos sont magnifiquement reproduites en couleur, tout en respectant l’approche non hiérarchique de l’artiste aux médias. Tillmans explique: «Il s’agit de regarder le monde comme des formes, des motifs et des couleurs qui ont une signification, et il est inutile de nier le superficiel car ce dernier est toujours présent.» Stimulant la réflexion, dynamique et parfois prophétique, 2017 interroge sur l’évolution de la société et la modernité. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne du musée Tate Modern ainsi que sur Amazon.com.

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