Les éditions japonaises AKAAKA Art Publishing Inc. viennent de sortir une nouvelle édition de Homo Ludens et Yoko, deux ouvrages cultes du photographe Masahisa Fukase. Homo Ludens, le tout premier ouvrage du photographe japonais est ainsi enfin ressuscité après un demi-siècle depuis sa premiere parution. Cette anthologie de photographies, prises sur plus de dix ans et éditées par Shoji Yamagishi, rédacteur en chef de Camera Mainichi, est une série qui marque l’origine du travail de Fukase et qui est remplie d’images et d’essence qui façonneront les créations ultérieures de l’artiste. Elle est structurée en six sections, chacune capturant de manière vivante l’interaction entre la photographie et la vie. To (Abattoir) présente des images de Yoko Wanibe, que Fukase a accompagnée à un abattoir, juxtaposant le démembrement du bétail avec Yoko posant dans une cape noire. Kotobuki (Félicitations) dépeint sans détour sa vie avec Yoko peu après leur mariage, à la manière d’un roman intimiste. Gi (Frolic) dépeint la scène underground de Shinjuku où Fukase s’est rendu après avoir quitté la maison qu’il partageait avec Yoko, ainsi que le mode de vie des jeunes gens qui vivent en groupe. Mei (Memento), l’une de ses premières œuvres, revient sur la grossesse de son ancienne compagne, Yukiyo Kawakami, avec laquelle il a vécu pendant huit ans. Quant à Haha (Mère) et Fu (Musique), elles capturent des scènes de Yoko et de sa mère. À travers ces sections, Homo Ludens illustre l’interaction mutuelle de tous les êtres vivants et les phénomènes contradictoires mais interconnectés de la vie et de la mort, de la rencontre et de la séparation. L’objectif de Fukase est tourné vers lui-même et ses proches. Les images explorent l’essence de la vie comme une forme de jeu, avec une honnêteté brute et inébranlable. Ce premier livre de photos est un témoignage puissant de la vision de Fukase. (…)

