MONA KUHN – SHE DISAPPEARED INTO COMPLETE SILENCE

Encensée pour ses représentations contemporaines et intimes du nu, Mona Kuhn prend une nouvelle direction dans l’abstraction dans sa nouvelle série She Disappeared into Complete Silence, publiée par les éditions allemandes Steidl. Photographiés dans une demeure moderne et isolée conçue par l’architecte Robert Stone, dans le Joshua Tree National Park en Californie, les lignes architecturales, les reflets de lumière et un unique personnage sont soigneusement équilibrés sur fond de désert californien. En élargissant son champ d’intérêt vers l’abstrait, la photographe brésilienne projette son regard vers le désert, avec sa flore et sa lumière intense produisant toutes sortes de réflexions et de transparences. L’unique silhouette présente dans l’ouvrage, l’amie et collaboratrice de longue date de Mona Kuhn, Jacintha, émerge comme un mirage surréaliste, fragmenté et indistinct, parfois submergé d’ombres ou surexposé. La façade de verre et de miroirs de l’édifice sert de plans optiques, une extension de la caméra et de l’objectif de l’artiste. La lumière est divisée en couleurs réfractantes, la végétation du désert pousse latéralement, l’intérieur est à l’extérieur et l’extérieur à l’intérieur. Kuhn provoque un certain effet de désorientation en introduisant des feuilles métalliques comme surface supplémentaire, produisant parfois des résultats purement abstraits. Dans notre interview réalisée en novembre dernier (voir ici), la photographe explique: “Jacintha et moi avons exploré les reflets, les ombres, les illusions et créé des images qui repoussent les limites de la représentation. Je ne voulais plus photographier quelqu’un nu. Je voulais désormais m’échapper du corps et photographier tangentiellement, à travers les nombreuses couches de verre et les angles de reflets, la présence humaine entrant et sortant de l’évidence, parfois trop exposée, parfois cachée dans les ombres, comme un mirage du désert, une figure solitaire qui aurait pu être la toute première ou la dernière à s’y trouver.” Avec sa postface signée Salvador Nadales (conservateur au Musée Reina Sofia de Madrid), ce magnifique ouvrage de 104 pages – que la photographe considère comme son livre le plus expérimental – est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Steidl ainsi que sur Amazon.com.