KATRIEN DE BLAUWER – LOVE ME TENDER – PARIS

La galerie Les filles du calvaire accueille depuis le 18 mai l’exposition Love me Tender de Katrien de Blauwer. La pratique artistique de Katrien de Blauwer, qui vit et travaille à Anvers (Belgique) est affaire de collage. Le processus est spontané, libre comme le geste qui défigure l’image. Nouveauté dans son travail, les œuvres sont parfois peintes. Le coup de pinceau est alors aussi sec et précis que le coup de ciseaux. Derrière ce « cut » intransigeant, pareil à la technique du montage, il y a la volonté de reconstruire l’image, d’en faire naitre un récit, et de redonner à cette matière première toute son « glamour » passé. C’est à partir d’une sélection d’images collectées dans de vieux magazines qu’elle compose ces collages, ils se nourrissent de ces photographies oubliées qu’elle recycle taille et relie entre elles. Ils naissent ainsi d’une connexion inattendue entre plusieurs figures, entre les motifs et les couleurs. Pour la galerie, l’artiste a développé deux nouvelles séries, deux histoires où elle se révèle avec délicatesse. Comme support à ses collages peints, de Blauwer s’inspire de ses souvenirs d’enfance. Dans «Love me tender», qui titre à la fois la série et l’exposition, la figure masculine est centrale par sa constante absence. Ne reste que ses attributs : ses voitures, ses routes empruntées et l’élégance des femmes rencontrées ; le tout vu à travers les fantasmes d’une jeune fille. Les « Dirty Scenes », quant à elles, si elles restent pudiques dévoilent un peu plus la féminité. Pour la première fois depuis sa découverte par le public parisien, l’artiste expérimente d’autres formats, des formes différentes et des matières nouvelles. Là encore, oublions la question du genre, de sa reproductibilité, ou de son unicité, car la force de la proposition s’origine dans la réutilisation, non discriminante, des éléments qui composent l’œuvre. Elle est à la fois surface, collage, peinture, et photographie. Jusqu’au 15 juin 2019.