Category Archives: Art

TOM WOOD – WOMEN’S MARKET

tom wood

Martin Parr n’hésite pas à qualifier Tom Wood de « génie méconnu de la photographie britannique ». Irlandais de naissance, Wood a longtemps vécu à Liverpool où il a « photographié la vie ». C’est un photographe des gens: étrangers, amis, famille; ces gens de tous âges dont il capture l’image individuellement, par paire ou en petits groupes, en les faisant poser ou non. Avec Parr et Chris Killip, il a contribué au développement de la photographie sociale en Angleterre dans le sillage de la révolte punk et des années Thatcher. Les éditions britanniques Stanley / Barker publient aujourd’hui Women’s Market, le nouvel ouvrage du photographe. De 1978 à 1999, Wood passe tous ses samedi matins au marché de Great Homer Street, suffisamment éloigné du centre de Liverpool, dans le nord de l’Angleterre, pour avoir sa propre identité, unique et plus détendue. Accompagné de son Leica et de films périmés, Wood y réalise des photos pleines de vie des chalands rencontrés sur le marché, à la recherche de la bonne affaire, entre amis ou en famille. « J’ai découvert le marché de Great Homer Street en 1975, grâce à une amie dont la famille habitait à Dingle (Liverpool), explique Tom Wood. À cette époque, je fis l’acquisition de deux costumes trois pièces Worsted à vestes croisées, et un costume rayé à trois épingles boutonnées avec revers, pour un total de quatre livres. Je me suis dit : « Quel marché formidable! » C’était un grand marché, s’étendant des deux côtés de la rue, mais quand j’ai commencé à y photographier, la partie des vêtements d’occasion avait pratiquement disparu. Pourtant, le marché était toujours bondé par les mêmes mères et filles qui, depuis des générations, fréquentaient « Greatie » ». Qu’ils soient en noir et blanc ou en couleur, les clichés de Tom Wood, authentiques et plein de spontanéité, transforment de simples moments de vie en moments de poésie où transparaît la beauté de la nature humaine. Le livre de 104 pages, au design particulièrement original et soigné (signé Tamara Shopsin and The Entente), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker. Tom Wood sera présent au Jeu de Paume (1 Place de la Concorde, 75008 Paris) le samedi 10 novembre 2018, pour une séance de dédicaces organisée par Stanley / Barker.

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MAGNUM PHOTOS SQUARE PRINT SALE 2018 – CROSSINGS

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Crossings, la nouvelle Square Print Sale présentée par Magnum Photos et la Fondation Aperture se tient du lundi 29 octobre 15h au vendredi 2 novembre minuit. Cette dernière explore les perspectives sur la transition et la transformation dans la photographie. Crossings englobe les passages physiques d’un côté à l’autre (une route, une rivière, une frontière, un océan) et les passages personnels qui se manifestent par la croissance, la révolte, la mutation, la réalisation de soi et les voyages de l’esprit. Les tirages, 15,2×15,2cm, de qualité muséale, signés ou tamponnés par l’estate, sont en vente pour 5 jours seulement, à $100 sur le site shop.magnumphotos.com.

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TXEMA SALVANS – THE WAITING GAME II

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Txema Salvans, est un photographe espagnol né en 1971 à Barcelone. Il a choisi la photographie «car, selon lui, c’est le moyen le plus intense d’observer et d’expérimenter la vie quotidienne». Son travail évolue peu à peu de la surprise et de l’ironie à une forme de maturité où l’interaction avec ses personnages devient essentielle, et lui qui se définit comme résolument optimiste aime ce rôle social que lui permet la photographie. Les éditions Editorial RM publie aujourd’hui The Waiting Game II, la suite du projet avec lequel Txema Salvans a remporté le concours Fotolibro RM 2012. Ce livre comprend également 41 images prises entre 2010 et 2017 dans lesquelles sont présentées, une fois de plus, une série de paysages désolés, semi-industriels mais néanmoins habités, le long de la côte méditerranéenne espagnole. Si dans le premier ouvrage les personnages qui apparaissent dans les images sont toujours des prostituées, les protagonistes de The Waiting Game II sont des pêcheurs de marais, de réservoirs ou de ports. Des gens, en somme, dotés d’une résilience infinie qui ne cherchent qu’à échapper à leur vie quotidienne. Les scènes des deux livres, toutes les attentes, partagent le même espace géographique. Lumière, distance et instantanéité unissent les deux projets, et si le premier livre était apparemment un travail sur la prostitution, ce second volume ajoute de la complexité et offre une réflexion personnelle sur la notion universelle d’attente. Ce très beau livre de 96 pages, avec des essais de Gabi Martinez et David Campany, est maintenant disponible sur la boutique en ligne d’Editorial RM, ainsi que sur Amazon.com.

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ALEC SOTH – NIAGARA

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Les photographies d’Alec Soth puisent leur racine dans la tradition de Walker Evans, Robert Frank et Stephen Shore. Sa représentation du quotidien fait apparaître la complexité d’une société américaine construite sur des idéaux d’indépendance, de liberté, de spiritualité, et d’individualisme. Après le succès de sa première monographie Sleeping by the Mississippi (voir notre article ici), acclamée par la critique, le photographe américain s’est tourné vers un autre plan d’eau emblématique, Niagara Falls. Comme pour ses photographies du Mississippi, celles sur le Niagara évoquent moins les merveilles de la nature que la complexité des désirs humains. «Je suis allé à Niagara pour les mêmes raisons que les jeunes mariés et les suicidaires, explique Soth. Le tonnerre implacable des Chutes suscite de grandes passions.» Ces photographies, prises pendant une période de deux ans du côté américain et canadien des chutes, à l’aide d’un appareil photo grand format 8×10, sont minutieusement composées et richement détaillées. Alec Soth s’attaque tout autant à un monument du paysage américain qu’à la destination emblématique de la lune de miel pour des générations d’amoureux. Aux paysages grandioses des chutes, il associe des portraits de couples et des vues de parkings de motels. On y voit des couples enlacés, à moitié nus, des alliances de prêteurs sur gages, des parkings, coins de rues et autres lieux déserts, que rendent encore plus poignants les lettres d’amour, maladroitement écrites par certains de ces couples, qui parsèment l’ouvrage. «J’ai trouvé, en travaillant sur la série Niagara qu’elle parlait en fait d’un nouvel amour et d’une nouvelle romance. Cette chute d’eau puissante et destructrice, un lieu qui attire les suicidaires, pourquoi l’utilisons-nous comme métaphore pour les amours nouvelles ? Il y a aussi un rapport avec le film Niagara avec Marilyn Monroe. Elle joue une nouvelle mariée et essaie de tuer son époux qui lui est infidèle. Ces thèmes sont présents dans ma série, donc il y a un rapport avec le risque et le danger. Je crois que l’amour neuf est dangereux et décevant.» La passion et la désillusion sont omniprésents dans le Niagara de Soth, qui offre un portrait saisissant de l’amour moderne et de ses conséquences. Publié pour la première fois en 2008, cette nouvelle édition réalisée par les éditions britanniques Mack est maintenant disponible sur leur boutique en ligne, ainsi que sur Amazon.com.

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KEN TOSA – ANIMALS: ALTERNATE TAKE

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En 2015 sortait Animals, « livre-pulsion » du photographe français Ken Tosa, obsessionnel et sous certains aspects violent, mais un projet construit sur plusieurs années, qui montre de la manière la plus crue la vie de prostituées dont la rue est le seul lieu de travail… et c’est là une autre forme de violence. La maison d’édition bordelaise Lieutenant Willsdorf publie aujourd’hui Animals: Alternate Take, une version entièrement revisitée de son premier ouvrage. Le livre de 168 pages est une chasse, une traque obsessionnelle et perverse de corps faite par un artiste borderline et inclassable… voire infréquentable. Il photographie les prostituées et les femmes à l’aide d’une caméra cachée sensible aux infrarouges qu’il a bricolée lui même à la façon d’un Miroslav Tichý. L’artiste n’est pas un pervers (pas plus qu’un autre) même s’il a, en apparence, tout du Peeping Tom de Michael Powell. Il ne fait qu’interroger à travers le prisme artistique la sexualité animale – et le voyeurisme, la chasse dans les bars ou les boîtes de nuit et les rondes des clients à la recherche d’une prostituée en sont ses expressions les plus évidentes. Il n’apporte pas de réponses. Il montre, interroge, exploite et essaye d’en tirer quelque chose. Une ambiance, une atmosphère de cinéma, un polar. Une sorte de gonzo photographique à la sauce Mondo Cane. Seulement au-delà de ce concept et à bien y regarder, son travail ne se limite pas à ça, car il interroge peut être plus encore la photographie même et la déontologie de l’acte… le statut de l’image et le droit à l’image. Avec le développement des technologies, les caméras miniatures omniprésentes dans les téléphones, les lunettes et même les montres, les GoPros, les caméras de surveillance partout, l’avalanche d’images sur le net… ce statut est bouleversé et les notions de privé et de consentement sont complètement dépassées. On peut vivre une infinité de vies, se confronter à tous les points de vues, tous les instincts. C’est désormais possible et ça ne fait que commencer. Animals: Alternate Take est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Lieutenant Willsdorf.

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DAWOUD BEY – SEEING DEEPLY

Dawoud Bey

Dawoud Bey est un photographe et vidéaste américain renommé pour ses portraits en couleur à grande échelle d’adolescents et d’autres sujets souvent marginalisés, qui apportent un certain degré de complexité à ces personnes parfois stéréotypées et à leurs communautés. Bey a créé un corpus photographique qui représente de façon magistrale l’expérience américaine contemporaine dans ses propres termes et dans toute sa diversité. Publié par les éditions University of Texas Press, Seeing Deeply offre une rétrospective de quarante ans de l’œuvre du célèbre photographe, de ses premières images de rue à Harlem à ses photographies plus récentes qui témoignent de la gentrification de Harlem. Une introduction de la chercheuse et conservatrice Sarah Lewis et des essais d’historiens de l’art, de chercheurs et d’éducateurs de renom, dont Hilton Als, Maurice Berger, Jacqueline Terrassa, David Travis, Leigh Raiford et Deborah Willis, examinent l’évolution de la carrière artistique de Dawoud Bey. On retrouve également dans le livre une chronologie illustrée documentant la diversité de la communauté artistique new-yorkaise dans les années 1970 et 1980, et qui place son travail dans le contexte de cette communauté. De ses premiers clichés 35mm de Harlem dans les années 1970, à Class Pictures, une série de portraits en couleur d’élèves du secondaire à travers les États-Unis, accompagnés de textes, réalisée sur une période de cinq ans, et plus récemment, The Birmingham Project et Harlem Redux, Bey a créé une vibrante représentation de ses sujets, brisant les stéréotypes souvent véhiculés par les grands médias. L’imposant ouvrage de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions University of Texas Press, ainsi que sur Amazon.com.

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HARVEY STEIN – MEXICO – BETWEEN LIFE AND DEATH

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Au cours de quatorze voyages entre 1993 et 2010, Harvey Stein photographie le Mexique, principalement dans de petites villes et villages, et surtout lors de festivals (Jour des Morts, Pâques, Jour de l’Indépendance) qui mettent en évidence la relation unique du pays avec la mort, le mythe, le rituel et la religion. Publié par les éditions allemandes Kehrer, Mexico – Between Life and Death dévoile la relation intime de Stein avec le peuple et la culture du Mexique. Les images présentent des fragments de ce qu’est le Mexique, un pays aux contrastes et contradictions incroyables. Le Mexique, c’est la lumière perçante et l’ombre profonde, l’immobilité et la vivacité, la tradition omniprésente et le progrès rampant, les grandes croyances religieuses, mais la corruption comme mode de vie. C’est une terre de rituels et de légendes, de vie trépidante et de squelettes dansants, un pays voisin des États-Unis mais à la fois si lointain, avec plus de 50 % de sa population âgée de moins de 20 ans, mais où la vieillesse est vénérée. À travers ses photographies magistrales, Harvey Stein explore ces contradictions saisissantes. “Je pars en errance, explique le photographe américain, je photographie dans un pays souvent étrange. J’entends des mots inconnus, je vois des choses que je ne comprends pas, je regarde les actes de bonté et de violence, je sens de nouvelles odeurs et je goûte de nouveaux aliments, découvre des rues pavées inconnues. Je réagis et photographie intuitivement. Quand je suis au Mexique, je suis pris de vertige par de nouvelles expériences et libre d’aller n’importe où et de faire n’importe quoi. Le sentiment est infini. Mes limites sont ma seule contrainte.“ Ce très bel ouvrage de 176 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

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VIVIANE SASSEN – HOT MIRROR

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Viviane Sassen est l’une des photographes contemporaines les plus innovantes et cet ouvrage impressionnant, Hot Mirror, retrace dix années de travail, avec notamment de nouveaux collages et des photographies inédites. Publié par les éditions britanniques Prestel, ce volume rétrospectif de mi-carrière met l’accent sur la photographie artistique de Sassen, révélant un courant surréaliste dans son œuvre. La photographe néerlandaise, âgée de 46 ans, reconnaît le surréalisme comme l’une de ses premières influences artistiques, comme en témoignent les ombres étranges, les corps fragmentés et les paysages d’un autre monde qu’elle capture dans certains de ses clichés. Elle reconnaît que le mouvement a façonné son regard et sa philosophie personnelle. “Pour moi, le surréalisme est la capacité d’expérimenter ou de regarder les choses de manière impartiale, libre de jugement et de convention – un peu comme de regarder à travers les yeux d’un enfant.” Outre les images de la célèbre série « Umbra », ce volume puise dans la série « Flamboya », dans laquelle elle revient au Kenya, « Parasomnia », une exploration onirique du sommeil, la série « Roxane », un portrait intime réalisé avec sa muse, Roxane Danset, « Of Lotus and Mud », une étude sur la procréation et la fécondité, et « Pikin Slee », un périple dans un village isolé du Surinam. Le livre propose un essai contextualisant et une interview éclairante avec l’artiste, menée par Eleanor Clayton. Au fil de l’ouvrage, Sassen apparaît comme une photographe poétique, obsédée par la lumière et les ombres, et comme une brillante technicienne, qui maîtrise à la fois les couleurs vives et les teintes douces. Sélectionnées par l’artiste elle-même au cours des dix dernières années, les images s’inspirent des pratiques surréalistes du collage et des juxtapositions inattendues pour nous offrir un aperçu de sa démarche artistique. Publié à l’occasion de la rétrospective de Viviane Sassen, Hot Mirror, au musée Hepworth Wakefield (du 22 juin au 7 octobre 2018), le livre de 160 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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GERHARD RICHTER – ABSTRACTION

gerhard richter

Les œuvres abstraites de Gerhard Richter font l’objet de ce nouvel ouvrage, Abstraction, publié par les éditions britanniques Prestel, et qui rassemble quatre-vingts œuvres provenant de collections du monde entier. Cette publication, qui accompagne l’exposition Abstraction au Musée Barberini de Potsdam (du 30 juin au 21 octobre 2018), est la première à se pencher uniquement sur les approches et méthodes abstraites contenues dans l’œuvre de l’artiste peintre allemand. Au début des années 1960, Richter commence à remettre en question la peinture, une démarche qu’il poursuit encore actuellement. Dans les années 1970, il répond au rejet de la peinture en créant une série d’œuvres monochromes grises. De plus, il considère alors la couleur grise comme un moyen d’aborder des thèmes politiques sans les représenter d’une manière idéaliste. Dans sa série Inpainting qu’il réalise durant les années 1970, Richter fait de ses coups de pinceau et de l’application de la peinture, le sujet principal de son œuvre. Dans d’autres séries, il photographie de petits détails de sa palette et les  transfère sur de grandes toiles, d’une manière photoréaliste. Dans ses nuanciers, il soumet la peinture à un traitement subjectif en laissant la disposition des différentes couleurs au hasard. Depuis 1976, Richter a créé une série d’œuvres abstraites en appliquant la peinture au pinceau, au grattoir et au couteau à palette, en alternant entre prises de décisions conscientes et processus de travail aléatoires. “Quand je peins un tableau abstrait, explique Gerhard Richter, je ne sais ni avant, ni pendant, à quoi il ressemblera, où je vais et ce dont j’ai besoin pour y parvenir. De ce fait, peindre est une démarche presque aveugle et désespérée qui ressemble à celle d’un être désemparé livré à un univers inintelligible, à la situation de celui qui possède tous les outils, matériaux et capacités nécessaires, désire ardemment construire une chose sensée et utile qui ne saurait être ni une maison, ni une chaise ou autre objet définissable et se mettrait subitement à travailler dans le vague espoir qu’en mettant toutes ses compétences en œuvre, il finira par obtenir un résultat juste et sensé”. Le livre de 240 pages, avec de nombreuses contributions (Hubertus Butin, Dietmar Elger, Valerie Hortolani, Matthias Kruger, Ortrud Westheider, Armin Zweite), est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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THE TRAIN – JUNE 8, 1968

A l’occasion de l’exposition The Train, dernier voyage de Robert F. Kennedy aux Rencontres d’Arles (Atelier des Forges) de juillet à septembre 2018, les Éditions Textuel présentent le catalogue de l’exposition : The Train June 8, 1968. Le 8 juin 1968, trois jours après l’assassinat de Robert F. Kennedy, un convoi funéraire transporte sa dépouille de New York à Washington, DC. Paul Fusco (membre de l’agence Magnum) est dans le train et réalise près d’un millier de diapositives du peuple endeuillé massé aux abords des voies. Certaines de ces images sont devenues des icônes. Les reportages de Paul Fusco ont été publiés dans des magazines comme Time, Life ou encore Newsweek. À partir de 2014, l’artiste hollandais Rein Jelle Terpstra a recherché et collecté des centaines de photographies prises par ceux qui se trouvaient sur le trajet du convoi. Cela nous permet de découvrir le contrechamp (The People’s View). Dans sa démarche artistique, Terpstra a toujours utilisé la photographie pour explorer la relation entre perception et mémoire. En 2009, le français Philippe Parreno a filmé une reconstitution du parcours du train donnant à voir, selon ses propres mots, « le point de vue du mort ». L’artiste contemporain aime utiliser une large variété de médiums (le film, l’installation et la performance) afin de questionner les frontières existantes entre fiction et documentaire. Entremêlant regards artistiques et vernaculaires, historiques et contemporains, The Train propose trois points de vue uniques sur ce moment clé de l’histoire des États-Unis. Ce très bel ouvrage de 144 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.fr.

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MARIO CARNICELLI – AMERICAN VOYAGE

mario carnicelli

En 1966, Mario Carnicelli remporte la première place dans un concours photographique national italien sponsorisé par le magazine Popular Photography , Mamiya et Pentax. Le prix est une bourse pour photographier l’Amérique. Carnicelli aborde alors le pays comme un étranger, mais réussi pourtant à capturer l’essence de l’expérience américaine, et ce dans cinq villes: Detroit, San Francisco, Buffalo, New York et Chicago. Redécouvert après 50 ans et publié pour la première fois dans un livre par les éditions Reel Art Press, American Voyage est un portrait captivant de l’Amérique des années 1960. Avec une centaine d’images en noir et blanc et en couleur, ces photographies révèlent les gens, la mode, les couleurs et les textures de la vie de rue américaine de l’époque, capturant l’atmosphère et le courant de ce pays en constante évolution. S’il est fasciné par la liberté offerte par l’Amérique, avec son mélange de cultures et de traditions, sa mode et sa singularité, il n’en est pas moins conscient de la solitude omniprésente et du déracinement des personnes séparées de leur famille et de leur clan. Inspirés par le cinéma New Wave français, américain et italien, les clichés de Carnicelli sont fascinants et offrent une vision du rêve américain à la fois optimiste et contemplatif. “Pour moi, explique Mario Carnicelli, l’Amérique était un pays en couleur plus qu’en noir et blanc. C’était intense, tout comme l’était alors la publicité. La couleur était la réalité, le noir et blanc une abstraction de tout ce que je ressentais dans ces rues.” Le livre de 160 pages, dont la sortie coïncide avec une rétrospective du photographe à la galerie David Hill de Londres, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Reel Art Press, ainsi que sur Amazon.com.

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TISH MURTHA – YOUTH UNEMPLOYMENT

Dans les années 70, la Grande-Bretagne est confrontée à une crise économique et sociale sans précédent dans ses villes et villages. La disparition des industries traditionnelles, entre autres facteurs, entraîne une hausse de la pauvreté, des logements insalubres et du chômage, mais la réponse du gouvernement, sous la houlette de Margaret Thatcher, ne fait qu’aggraver les problèmes, avec ses politiques régressives d’aide sociale et sa stratégie économique du laisser-faire. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle génération de photographes engagés émerge. Essentiellement formés à l’université, ils rejettent les voies traditionnelles de carrière en photographie, afin de documenter les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs communautés et de confronter les autorités avec leurs images sans concession. Tish Murtha était à l’avant-garde de ce «mouvement». Issue d’une famille de dix enfants d’un quartier défavorisé de la classe ouvrière de Newcastle, elle était, plus que beaucoup d’autres photographes, complètement à l’aise dans l’environnement où elle avait choisi de travailler. Ses années passées à étudier avec le reporter Magnum David Hurn, à la nouvelle School of Documentary Photography de Newport, lui ont donné la formation et l’expérience nécessaires pour documenter l’inégalité et l’injustice dont elle était elle-même victime dans sa ville natale. Publié par les éditions britanniques Bluecoat Press, Youth Unemployment est un ouvrage essentiel de l’histoire du documentaire britannique. Le livre de 168 pages est une plongée au cœur de la crise britannique. Il montre une jeunesse victime du désespoir du chômage, livrée à elle-même dans une zone tout aussi laissée à l’abandon, et dont les programmes gouvernementaux de création d’emplois mal conçus n’ont guère contribué à améliorer les choses. Les portraits de Murtha sont percutants mais ne manquent pas d’humour. Sa proximité avec ceux qu’elle a photographiés – dont beaucoup étaient des membres de sa famille, des amis ou encore des voisins – est perceptible dans cette remarquable série d’images noir et blanc. La décadence et les conditions de misère sont palpables dans ses clichés de la photographe, qui loin de dresser un portrait voyeur et dramatisant, pose un regard doux et franc sur ces rues délabrées. L’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Bluecoat Press.

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