Category Archives: Art

ALI TAPTIK – NOTHING SUPRISING

Istanbul exerce depuis longtemps une force d’attraction surprenante sur les photographes, réalisateurs, écrivains et musiciens des quatre coins du monde. Nothing Surpising est le nouveau livre du jeune photographe turc Ali Taptik qui nous invite à découvrir son Istambul et à remiser nos préjugés. C’est l’aboutissement d’un long projet qui a commencé après la crise financière de 2008. Cette publication met l’accent sur les situations de crise et de résistance dans les milieux urbains, associant images de rue, d’intérieurs, portraits d’amis et d’inconnus, elle évoque une conscience citoyenne, des repaires intimes, et des désirs. Le photographe essaye autant que possible de garder la politique à distance de son travail et de sa vision du monde. Néanmoins, Taptik se considère comme une personne engagée, mais il ne souhaite pas que son travail soit considéré comme du photojournalisme. Il se rêvait écrivain mais a finalement choisi dès 2001 de raconter des histoires à travers la photographie, puisant son inspiration en parcourant les rues de sa ville. Véritable narrateur photographe de l’évolution et des changements d’Istanbul, Ali Taptik présente ici une vision très personnelle de son sujet avec des scènes qui ne manquent pas d’interroger, parfois de déranger. Ses images laissent entrevoir l’univers du photographe, des fragments de vie, dévoilant les dessous de la ville en complet changement culturel et social, loin des clichés et des idées reçues. Ali Taptik livre un travail abouti et une vision de sa ville natale en crise tout en profondeur. Ne se voulant pas un critique d’Istanbul, il se dit vivre en interaction intime avec elle. Publié à seulement 1000 exemplaires, l’ouvrage de 136 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de la maison d’édition française Marraine Ginette.

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MAGNUM LEGACY: BRUCE DAVIDSON

Bruce Davidson

Pour le second volume de sa nouvelle série Magnum Legacy sur la vie et l’œuvre des plus grands photographes de l’agence, la Fondation Magnum présente la biographie illustrée de Bruce Davidson. Ce nouveau livre retrace le parcours artistique du photographe américain à travers le prisme de ses vastes archives. Publié en partenariat avec Prestel, le recueil de 192 pages aborde le processus créatif de Davidson, reconnu comme l’un des plus grands artistes américains, iconoclaste et humaniste, membre de l’agence Magnum Photos depuis 1958. La grande passion de Bruce Davidson pour la photographie commence à l’âge de dix ans. Fils d’une mère divorcée et acharnée de travail, il est un enfant solitaire qui déteste l’école et qui a beaucoup de mal à se conformer au monde qui l’entoure. Très rapidement, son appareil de photo le libère des contraintes liées à son jeune âge et lui permet de commencer l’œuvre de toute une vie. Vicki Goldberg explore le large éventail de sa vision et de sa technique, et dévoile comment le travail de Bruce Davidson a joué un rôle crucial dans la photographie du 20e siècle. Cet ouvrage présente des images magnifiquement reproduites, issues de ses séries les plus emblématiques telles que Brooklyn Gang, East 100th Street, Subway (voir ici) et Time of Change: Civil Rights Photographs, ainsi que des documents d’archives inédits issus de la collection privée de Davidson. Ses photographies révèlent sa curiosité et son empathie pour les sujets qu’il choisit d’aborder. Qu’il documente les cirques, les gangs, East Harlem, les cafétérias juives, les mineurs gallois ou Central Park, l’approche narrative de Davidson est toujours omniprésente dans son travail. Ses photos racontent des histoires et il prend grand soin de toujours s’effacer pour laisser parler ses images. Le résultat est un portrait complet et élégamment présenté de la vie et de l’œuvre d’un véritable artiste américain. Le livre vient de sortir et est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Prestel ainsi que sur Amazon.com.

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CHERYL DUNN – FESTIVALS ARE GOOD

La cinéaste/photographe new-yorkaise Cheryl Dunn est reconnue pour son travail de documentariste dans les domaines de la mode, la musique, la street-culture, etc. Elle intervient notamment dans le documentaire de 2008 Beautiful Losers et réalise Bicycle Gangs of New York (2005) et plus récemment Everybody Street (2013) où elle suit certains des plus grands photographes de rues à New York. Son nouveau projet prend la forme d’un livre de 128 pages intitulé Festivals Are Good. La photographe a écumé les festivals pendant plus d’une vingtaine d’années à travers le monde. Le résultat, parfois poétique, drôle ou chaotique illustre la liberté, l’énergie et la folie que l’on retrouve dans ses grands rassemblements musicaux et lorsque des fans se trouvent face à leur idole. De San Francisco à Manchester, les photos présentées ici ont été shootées lors de concert d’Omar Souleyman, Nick Cave, Wu-Tang Clan, Cat Power, Patti Smith ou encore Thom Yorke. Grâce à ces images saisissantes Cheryl Dunn réussit à capturer l’expérience du festival vécue par tous les spectateurs: de la fan dont c’est le tout premier concert, aux vétérans et autres habitués de longue date de festivals. Festivals Are Good révèle la transcendance collective qui peut émerger quand les amateurs de musique partagent des moments communs et puissants. Publié par les éditions italiennes Damiani, l’ouvrage est maintenant disponible sur leur boutique en ligne ainsi que sur Amazon.com.

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CRUDE METAPHORS BOOK SET

crude metaphors

Crude Metaphors est une section de la revue britannique dédiée à la photographie contemporaine HOTSHOE Magazine. Elle combine le travail de photographes et des textes d’écrivains de renom qui sont invités à créer une histoire courte en réponse aux images présentées. Pour célébrer le 10ème anniversaire de Crude Metaphors, HOTSHOE publie un magnifique coffret renfermant cinq livres de cinq photographes parmi les plus renommés du moment: Roger Ballen, Todd Hido, Edgar Martins, Mayumi Hosokura et Esther Teichmann. La liste des écrivains participant au projet est tout aussi prestigieuse, avec Liz Lochhead (National Poet of Scotland), Adam Ganz, Cyrus Shahrad (Hiatus Music), le scénariste de science-fiction britannique et coauteur du film de Danny Boyle Trance Joe Ahearne et enfin Amanda Schiff. Avec des histoires allant d’une chasseuse de primes à un monde où règne l’intelligence artificielle en passant par le suicide d’un père, les lecteurs embarquent pour cinq voyages irrésistibles à travers les mots et les images de dix créateurs de talent. Publié en édition limitée à 1000 exemplaires, le coffret est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques HOTSHOE.

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MIRON ZOWNIR – NYC RIP

Miron Zownir NYC RIP

C’est en 1980 que le photographe allemand Miron Zownir émigra aux États-Unis. Il s’installa d’abord à New-York où il résida 9 ans. Ces années furent les plus prolifiques de sa carrière artistique. Les scènes underground de Berlin-Ouest et de Londres de la fin des années 70 permirent à Zownir de réaliser ses premiers clichés, mais son aventure new-yorkaise allait véritablement lancer sa carrière de photographe. Ses photos noir et blanc donnent un aperçu clairvoyant des groupes sous-culturels du centre ville de New York qui, dans leur contexte local d’origine, ont depuis disparu dans le boom des années 90. Son objectif capture l’entrain des fêtes homosexuelles – peu de temps avant l’arrivée du sida -, la contestation futile des artistes avant-gardistes, le désespoir dans le quartier de Bowery, et le monde lugubre des prostituées et des drogués. Ce théâtre extraordinaire se jouait dans les rues autour de lui, et Zownir était déterminé à en capturer chaque moment. Tout au long de sa carrière, et plus particulièrement durant les années où il travaillait à New York, le photographe s’est intéressé à ceux dont le statut marginalisé avait été provoqué par le malheur ou les conséquences de la dépendance aux drogues, plutôt que par choix. Grâce à son œuvre, Zownir a cherché à inscrire ces existences oubliées ou ignorées dans la conscience du public – aussi inconfortable que cela puisse se révéler. NYC RIP est un mémoire visuel de ces années palpitantes, sans foi ni loi, où Zownir dévoile le côté sombre mais aussi fascinant et effrayant de la ville. Publié en édition limitée à 1000 exemplaires par Pogo Books, le livre de 216 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de l’éditeur allemand.

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BRUCE GILDEN INTERVIEW

Guillotine s’est récemment entretenu avec le photographe new-yorkais Bruce Gilden. Membre de la prestigieuse agence Magnum depuis 1998 (il en fut le vice-président pendant deux ans), il est à la fois controversé et considéré comme le plus agressif des photographes de rue de sa génération. Bruce Gilden nous parle de son enfance à Brooklyn, de sa famille et de ses choix qui l’ont progressivement amené vers la photographie de rue. Il revient sur la polémique de son projet Face (Dewi Lewis – 2015), son inspiration, sa vision de la photographie contemporaine et ses futurs projets.

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SAM HARRIS – THE MIDDLE OF SOMEWHERE

sam harris

Le photographe britannique Sam Harris a récemment publié chez Ceiba Foto un nouvel ouvrage intitulé The Middle of Somewhere. Ce dernier fait suite à son premier livre Postcards from Home (2008-2011) et s’articule autour de la vie de ses deux filles, Uma et Yali, après s’être installé dans le sud-ouest de l’Australie. Ce nouveau chapitre du journal intime de la famille du photographe s’intéresse cette fois à l’incroyable sensation de liberté qu’éprouvent ses filles dans ce nouvel environnement particulièrement reculé. Les arbres et les ombres, les visages ensoleillés et les saisons qui passent sont portés à la vie par la photographie évocatrice de Sam Harris. Cette nouvelle œuvre s’étend sur une période de douze ans dans l’intimité de la famille du photographe à la recherche d’une existence plus simple, à la recherche du bonheur. Le livre de 162 pages présente 92 photos et contient des reproductions de notes et de post-its qui sont collées à l’intérieur de l’ouvrage. Deux carnets de voyage sont également insérés à l’intérieur du livre, avec des notes et des photos de leur séjour en Inde et de leur arrivée en Australie. Exprimant simultanément quelque chose sur la signification de l’amour, le fait de grandir, la fraternité, la famille, le paysage et le rythme de la nature, le travail de Sam Harris est à la fois intime et profondément porteur de réflexion. Particulièrement réussi, The Middle of Somewhere est une collection d’images poignantes, inoubliables et stimulantes qui séduira les passionnés de photographie contemporaine et les amateurs de poésie. Il a notamment été finaliste pour le prix du Livre d’auteur aux dernières Rencontres d’Arles. Édité à 600 exemplaires numérotés, le livre est disponible sur la boutique en ligne des éditions Ceiba Foto.

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DFW – PDFW GROUP SHOW – LOS ANGELES – OPENING

DFW

La galerie Slow Culture de Los Angeles accueille depuis le weekend dernier la nouvelle exposition du collectif DFW. Cette dernière s’intitule PDFW et se compose d’œuvres récentes de Barry McGee (Lily Quan), Ara Peterson, Rose Luardo, Isaac Lin, Ivete Lucas, Patrick Bresnan, Jessica Ciocci, Jacob Ciocci, Dan Murphy, Ben Jones, Ken Kagami, Emilia Brintnall, Jesse Geller et Andrew Jeffrey Wright. Jusqu’au 3 avril 2016.

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BRUCE GILDEN – HEY MISTER, THROW ME SOME BEADS!

Le photographe new-yorkais Bruce Gilden, membre de l’agence Magnum depuis 1998, a récemment sorti un nouvel ouvrage intitulé Hey Mister, Throw Me Some Beads!. Publié par les éditions allemandes Kehrer Verlag, l’ouvrage revient sur l’un des tous premiers projets photographiques de Bruce Gilden dans les années 70, à l’occasion de la célèbre fête du Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans. Lorsque Gilden arrive à la Nouvelle-Orléans, il se retrouve dans une sorte de rêve païen où chacun peut être ce que bon lui semble. Il devient alors un habitué du carnaval, et se rend sept fois dans le chaos de Bourbon Street entre 1974 et 1982. L’énergie, la mentalité, les mœurs sociales et culturelles de Mardi Gras sont toutes nouvelles pour le jeune photographe, mais il réussit à capturer les foules du carnaval avec la même intensité brute et poignante qui caractérise ses meilleurs clichés de rue de New York. On découvre de jeunes militaires américains en permission bien décidés à profiter de la fête, des hommes et des femmes désinhibés aux déguisements plus excentriques les uns que les autres, ainsi que quelques enfants et personnes âgées qui observent les célébrations en retrait. Le style si particulier de photographe de rue de Bruce Gilden est déjà présent et il profite de cet incroyable théâtre de rue, unique au monde, pour réaliser de magnifiques clichés à la fois drôles, émouvants, sur fond d’inégalités économiques et de problèmes raciaux. Le livre de 110 pages est maintenant disponible sur Amazon.fr et Amazon.com.

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RAYMOND PETTIBON – HOMO AMERICANUS – HAMBURG – OPENING

homo americanus

La Falckenberg Collection (Deichtorhallen) d’Hambourg présente depuis hier une impressionnante rétrospective de l’artiste américain Raymond Pettibon: Homo Americanus. Sont présentés sur les quatre étages de la galerie plus de 700 dessins, des centaines de flyers, couvertures d’albums, fanzines, ainsi que des films, livres, peintures et fresques murales. L’exposition, organisée par le Dr Ulrich Loock, présente Raymond Pettibon comme un mythologue s’appropriant et subvertissant les récits distinctifs de la culture américaine, de Woodstock aux présidences et la guerre contre le terrorisme. Jamais auparavant une telle vaste sélection de travaux de Pettibon n’avait été présentée comme c’est le cas dans Homo Americanus. Pour la première fois, l’exposition tente de restructurer le travail apparemment sans fin de l’artiste selon différents principes. Dans ce contexte, l’ordre est parfois chronologique et se concentre souvent sur des motifs récurrents tels que Gumby, Vavoom, les surfeurs, le baseball, les trains, la Bible, le cœur et le phallus. Jusqu’au 11 septembre 2016.

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ANTOINE D’AGATA – DESORDRES

antoine d'agata

À l’occasion du 20ème anniversaire du Festival Voies Off d’Arles, les éditions Voies Off publient Désordres, le dernier livre d’Antoine d’Agata, qui met en lumière la part documentaire des 20 années de son parcours photographique. Membre de l’agence Magnum depuis 2004, le photographe marseillais étudie d’abord la photographie à l’International Center of Photography de New York en 1990, où il suit les cours de Larry Clark et de Nan Goldin. Au fil de ses voyages, Antoine d’Agata a inlassablement rendu compte de situations d’urgences. Ce travail documentaire, qui constitue la pierre angulaire de son œuvre, est d’une réelle ampleur, mais n’a jamais été montré dans sa globalité, rassemblé dans un livre manifeste, qui permettrait d’appréhender le sens de cet engagement. La forme de l’ouvrage, son caractère dense et monolithique répondent à l’urgence de prendre partie, et de participer à l’histoire du monde. En décalage avec la notion de témoignage, le travail d’Antoine d’Agata développe une posture exigeante et subversive, dont le rapport au sexe et à différentes drogues ont pu déranger certains. Mais ces plongées dans la nuit humaine ne doivent pas nous tromper, et masquer son incroyable attention aux événements de l’histoire, ainsi que sa très grande humanité. La véritable nouveauté de ce livre réside dans l’approche globale de la pratique documentaire de l’auteur, dans la présence d’une cinquantaine de textes, écrits entre 1995 en 2015, constituant un reflet de la pratique photographique, et la confronte à une constante réflexion. « Face à l’oppression qui génère l’abondance d’images stéréotypées, et leur démultiplication par les industries culturelles, face à cette pornographie généralisée, vivre devient le seul enjeu ; et la seule œuvre possible dont il peut être question est la perpétration d’actes insensés » Antoine d’Agata. Le photographe réalise un livre qui est à la hauteur de sa radicalité: il ne s’ agit pas d’ une démarche intellectuelle mais d’ un témoignage brut qui synthétise son expérience vers les ténèbres. L’ouvrage de 112 pages pour plus de 3000 images est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Voies Off.

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STEFAN RUIZ – MEXICAN CRIME PHOTOGRAPHS

Installé à Brooklyn, Stefan Ruiz a étudié la peinture et la sculpture à l’université de Californie, puis à l’académie des beaux arts de Venise. Il commence par enseigner l’art dans les années 1990 à la prison d’État de San Quentin, avant d’être directeur artistique du magazine Colors de 2003 à 2004. On peut découvrir son travail dans le New York Times, The New Yorker, L’Uomo Vogue ou Rolling Stone. Mais aussi dans des campagnes de publicité pour Caterpillar, Camper, Diesel ou Air France. C’est en 2010 que l’artiste découvre un incroyable lot de photographies sur la criminalité mexicaine dans un marché aux puces de la ville de Mexico, La Lagunilla. Durant plus de six mois, il va rencontrer le vendeur qui lui offre à chaque fois plus de photos, se créant ainsi une collection unique en son genre. Bien que Stefan Ruiz n’ait jamais découvert la source spécifique des photographies, il est probable que ces dernières proviennent des archives de la police de Mexico. Une sélection de plus d’une centaine de photos d’identité judiciaire (mug shots) est publiée pour la première fois dans ce nouvel ouvrage de 188 pages édité par GOST Books, intitulé Mexican Crime Photographs. On y retrouve également des clichés de vols à main armée et des portraits robots de criminels notoires de l’époque et de bijoux volés entre la fin des années 1950 et le début des années 1970. Certaines des images, dont beaucoup ont été endommagées par le temps, sont présentées dans leur série d’origine, et toutes sont annotées d’un texte manuscrit blanc. Elles offrent toutes de multiples perspectives sur le crime au Mexique, omniprésent au milieu du siècle passé. Le livre est actuellement disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques GOST Books, ainsi qu’en pré-commande sur Amazon.com.

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