Category Archives: Art

LESS AND MORE – THE DESIGN ETHOS OF DIETER RAMS (REPRINT)

Less and More – The Design Ethos of Dieter Rams est la réimpression de la monographie exhaustive de l’un des plus grands designers du XXe siècle, Dieter Rams, auteur de mobilier et d’objets d’électroménager qui ont révolutionné notre quotidien. Pendant 40 ans, de 1955 à 1995, Dieter Rams a conçu ou supervisé la conception de plus de 500 produits pour le fabricant allemand d’électronique Braun, ainsi que du mobilier pour Vitsoe. Radios, calculatrices, rasoirs électriques ou mobiliers ne sont là que quelques-uns des produits créés par Dieter Rams, chacun d’eux occupant une place particulière dans l’histoire du design industriel et font de lui l’un des designers les plus influents de la fin du 20e siècle. Fidèle au principe « moins, mais mieux», son langage visuel à la fois clair et élégant a défini non seulement la conception de produits pour de nombreuses générations, mais aussi notre compréhension fondamentale de ce qu’est le design et ce qu’il peut et doit faire. La philosophie de Dieter Rams peut se résumer en dix règles du design qu’il créa il y a plus de trente ans. Parfois surnommés « les dix commandements », ces derniers sont aujourd’hui tout aussi pertinents: tout bon design est innovateur, fournit une utilité à chaque produit, est esthétique, rend un produit compréhensible, est discret, est honnête, a une valeur à long terme, conçoit chaque détail avec une précision exhaustive, est respectueux de l’environnement, est minimaliste. Publié par Gestalten, cet ouvrage de plus de 800 pages est l’occasion d’en savoir plus sur l’œuvre de Dieter Rams à travers des images de plus d’une centaine de ses objets, quelques-uns de ses croquis, maquettes, prototypes, etc.  En plus de cette riche présentation visuelle, le livre contient quelques essais d’experts internationaux du design qui expliquent comment certains objets ont été conçus, décrivent la qualité intemporelle de son œuvre, et la placent dans un contexte contemporain. Sorti en septembre dernier, le livre est maintenant disponible chez Gestalten et sur Amazon.com.

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BRAND-NEW & TERRIFIC – ALEX KATZ IN THE 1950S

Brand-New and Terrific : Alex Katz in the 1950s est le nouveau catalogue de l’exposition présentée au Colby Museum of Art, à Waterville, aux États-Unis, du 11 juillet au 18 octobre 2015. Cet ouvrage de 208 pages, publié par les éditions Prestel, est consacré au travail du peintre figuratif américain Alex Katz dans les années 50, et présente plus de 65 œuvres : peintures, collages et découpages. Sa carrière artistique débute dans les années cinquante, véritable décennie expérimentale pour l’artiste, en tant que peintre figuratif, à un moment où règne l’abstraction. Il réalise notamment des œuvres figuratives en petit format, peintes à coups de pinceau déliés. Ces œuvres étaient en partie le fruit de son intérêt précoce pour le jazz et l’improvisation, mais anticipaient aussi l’un des thèmes essentiels de son œuvre : le portrait. Les premières toiles de Katz, qui datent de l’époque où l’Expressionnisme Abstrait était encore dominant, préfiguraient un intérêt renouvelé pour le réalisme dans la représentation, avant même l’apparition du Pop Art. Katz, qu’on associait habituellement au Pop parce qu’il utilisait des éléments du cinéma, de la publicité et de la mode, rejetait cette connexion : « Le Pop Art travaille avec des signes mais mon œuvre a à voir avec les symboles. Le Pop Art est cynique et ironique. Mon œuvre non. Ça fait une grande différence. Le Pop Art est moderne. Mon œuvre est traditionnelle ». Défiant ainsi la critique qui rejette l’image dans l’art, et en particulier la figuration, Katz refuse toutefois l’abandon total que vise l’Expressionnisme abstrait. Mais il apprécie l’énergie et la logique formelle de ce mouvement et met en jeu une technique rapide et physique inspirée de l’Action painting de Jackson Pollock, dont les compositions all over furent pour lui une révélation. Katz déclare que son but est de capturer dans son travail « toutes les choses rapides qui surviennent ». Le livre contient des essais de Diana Tuite, Katy Siegel, Richard Shiff et Eva Díaz, ainsi qu’une chronologie du début de la carrière artistique d’Alex Katz. Disponible dès maintenant sur le site de Prestel et chez Amazon.com.

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JACKSON POLLOCK – BLIND SPOTS

jackson pollock

L’institution britannique Tate vient de publier Blind Spots, le catalogue de l’exposition itinérante de Jackson Pollock, d’abord présentée à la Tate Liverpool du 30 juin au 18 octobre 2015, puis prochainement au Dallas Museum of Art, du 20 novembre 2015 au 20 mars 2016. Jackson Pollock est l’un des artistes américains les plus influents du XXe siècle. C’est aussi l’un des plus provocateurs. Il est l’un des pionniers de l’action painting, un processus qui l’a amené à verser de la peinture au goutte-à-goutte sur des toiles posées sur le plancher de son studio. L’ouvrage explore le versant noir de la peinture de l’artiste américain, à travers une très large sélection d’œuvres réalisée entre 1951 et 1953. Les toiles de sa période Black Pourings révèlent un changement de direction avec un retour à la figuration et l’ouverture de nouvelles perspectives dans la carrière de l’artiste. Jackson Pollock – Blind Spots explore ce corps immensément riche et relativement méconnu de l’œuvre de Pollock, mais qui eu son importance et devint en quelque sorte, sa signature. Ce livre offre au lecteur un voyage visuel à travers cette pratique originale de l’artiste, avec une sélection de toiles qui fournissent de nouvelles connaissances sur la contribution et l’influence de cet artiste majeur de l’après-guerre. « Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C’est seulement après une espèce de temps de prise de connaissance que je vois ce que j’ai voulu faire. Je n’ai pas peur d’effectuer des changements, de détruire l’image, etc., parce qu’un tableau a sa vie propre. J’essaie de la laisser émerger. C’est seulement quand je perds le contact avec le tableau que le résultat est chaotique. Autrement, il y a harmonie totale, échange facile, et le tableau est réussi. » Le livre est maintenant disponible online chez Tate.org.uk ainsi que sur Amazon.com.

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LARRY SULTAN – MONOGRAPH

LARRY SULTAN

La maison d’édition allemande Kerber Verlag vient de publier un très bel ouvrage sur l’œuvre du photographe conceptuel américain Larry Sultan. Né en 1946 à New York, ce dernier étudie les sciences politiques à l’université de Californie (1968) puis la photographie au San Francisco Art Institute (1973), où il enseignera ensuite la même discipline de 1978 à 1988, avant d’intégrer le California College of Arts. Il commence sa carrière en combinant des photographies d’archives – des documents d’entreprises ou d’institutions, des publicités, des quotidiens – de manière à laisser percevoir la multiplicité de lectures possibles de ses documents décontextualisés. À cette fin, en 1977, il publie avec un étudiant, Mike Mandel, le livre Evidence (preuve) qui présente 59 photographies sans légende et sans lien évident entre elles. Il montre ainsi que les photographies ne peuvent être utilisées comme une preuve et se situent alors dans le domaine de l’art. Cette démarche novatrice, qui sera reprise par la suite, dérange le milieu culturel. Sultan donne à voir la complexité de la vie domestique et la perte d’utopie de la classe moyenne américaine en présentant des clichés en couleurs de sa famille, qui combinent mise en scène et photographie documentaire (Pictures from Home, 1992). De 1988 à 2002, Larry Sultan réalise des séries de photographies de maisons bourgeoises à San Fernando Valley, Los Angeles, qui servent de décor à des films pornographiques. En marge des tournages, il oriente son objectif sur des détails – un morceau de tarte entamé, un tas de draps sales, des acteurs pendant une pause – saisis comme autant de traces d’un monde décalé, entre artifice et réalité. Cet ensemble donne lieu à la publication d’un ouvrage, The Valley (2004), et à plusieurs expositions au San Francisco Museum of Modern Art, au musée de l’Élysée, à Lausanne (2005). Accompagnant la première exposition personnelle du photographe dans un musée allemand, au Kunst Museum de Bonn, cette publication rétrospective de 128 pages inclut des clichés issus de ces séries ainsi que quelques photographies inédites et offre un large panorama de l’œuvre du photographe conceptuel américain, décédé en 2009. Disponible sur le site de Kerber ainsi que sur Amazon.com.

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ELLIOTT ERWITT – NEW YORK/PARIS BOX SET

Les éditions teNeues viennent de publier un superbe coffret réunissant deux livres reliés du photographe franco-américain Elliott Erwitt: New York et Paris. Né à Paris en 1928, fils d’émigrés russes, Elliott Erwitt a grandi en Italie et en France. Sa famille émigre aux États-Unis en 1939, s’installant d’abord à New York puis à Los Angeles. Robert Capa sera l’un des premiers à le remarquer et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum en 1953, ce qui lui permit de concrétiser ses premiers projets photographiques à travers le monde. Les prises de vues d’Erwitt sont parfois graveleuses, parfois élégantes, mais toujours fidèles à la vie. Son hommage chromatique à Big Apple incorpore toutes les nuances de cette métropole pleine de vie. Capturant la véritable diversité qui rend New York unique, cette sélection de clichés couvre la riche carrière photographique d’Elliott Erwitt. On y découvre également des œuvres inédites datant des années 50 et 60. L’ouvrage est un impressionnant hommage à une grande ville et une réflexion sur le génie d’un grand photographe. Avec un œil vif, Erwitt voit également au-delà des clichés touristiques parisiens. Que ce soit le plus impressionnant des monuments ou le charme de la vie quotidienne, la magie de la ville est immortalisée par le photographe. Alternant des détails intimes avec de grands panoramas, Erwitt capture la vraie saveur de la Métropole. Connu pour son humour caustique et le regard acéré qu’il porte sur ses contemporains, c’est avec une précision attentive qu’il met à nu l’inlassable nature de ces deux magnifiques villes. Associant science artistique et talent en véritable artiste, Erwitt capture les formes, les matières ainsi que les atmosphères. Cumulant un total de 320 pages, ce nouveau coffret est un magnifique complément aux séries du photographe américain déjà publiées par teNeues. Disponible dès maintenant sur teNeues.com et Amazon.com.

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PAUL GRAHAM – THE WHITENESS OF THE WHALE

The Whiteness of the Whale est un nouvel ouvrage du photographe britannique Paul Graham, qui rassemble trois de ses grands projets sur le thème des États-Unis. Ces trois séries photographiques exceptionnelles offrent une réflexion originale sur le tissu social de l’Amérique contemporaine, mais tentent également de se rapprocher de l’expérience d’être et de voir le monde aujourd’hui. American Night (2003) explore la fracture sociale en Amérique, le grand fossé entre riches et pauvres, qui est ici rendue par la dichotomie de la lumière (sa présence et son absence) et des ténèbres. Les images oscillent entre des photographies pratiquement invisibles dans la lumière vive, et des images en couleurs profondément saturées de maisons resplendissantes sous le ciel bleu de la Californie. a shimmer of possibility (2007) se veut quant à lui une épopée américaine du dérisoire et de l’inattendu. D’abord publié sous la forme d’une douzaine de visions photographiques de la vie quotidienne, ce projet se compose de séquences saccadées, formant une sorte de haiku filmique. Ces dernières révèlent le flux de la vie quotidienne en Amérique: on y partage des moments avec des personnes attendant le bus, en train de tondre la gazon, ou de fumer une cigarette. a shimmer of possibility a été lauréat du Prix du Livre Paris Photo en 2011, pour le livre le plus marquant de ces quinze dernières années. Troisième et dernier projet présenté dans le livre, The Present (2011) est quant à lui entièrement réalisé dans les rues de New York et dévoile des séries de deux images d’une même scène, séparées par une simple fraction de seconde. Ici, le présent se révèle être un alignement éphémère et provisoire, entrevu dans le cadre du flux continu de la vie: avant/après, apparaissant/disparaissant, etc. Publié par Mack Books, ce luxueux catalogue de 240 pages, présenté dans une boite en carton rouge et imprimé sur papier blanc naturel, coïncide avec la première exposition personnelle du photographe au Pier 24 de San Francisco. Il comprend des textes originaux de David Chandler et Stanley Wolukau-Wanambwa. Le livre est maintenant disponible en ligne chez Mack Books ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

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TARYN SIMON – CONTRABAND

Les éditions Hatje Cantz viennent de publier une nouvelle édition de Contraband, l’un des plus célèbres projets de la photographe américaine Taryn Simon. Ses prises de vues relatent les aspects contradictoires de l’identité américaine tout en exposant les mécanismes cachés de la société. Cette dernière œuvre poursuit sa série antérieure, An American Index of the Hidden and Unfamiliar (2007) qui explorait l’intersection secrète entre le privé et le public. Durant cinq jours en novembre 2009, Simon est restée sur place à l’aéroport International John F. Kennedy, où transitent plus de passagers internationaux que dans n’importe quel autre aéroport des États-Unis. Le rythme exhaustif auquel elle a effectué les prises de vues était équivalent à celui du flux de marchandises en vingt quatre heures, à travers les frontières et les fuseaux horaires. L’ouvrage de 496 pages comprend 1075 photographies d’articles détenus ou saisis aux passagers et de courriers express qui entrent aux États-Unis en provenance de l’étranger. Simon a travaillé intensivement, en utilisant une procédure photographique médico-légale pour documenter une grande variété d’articles interdits, notamment l’agent actif contenu dans le Botox, des vêtements et accessoires contrefaits (y compris des sacs à main de marque), de l’héroïne, des bijoux, du rhum jamaïcain à très forte teneur en alcool, des articles fabriqués à partir d’espèces menacées, des produits pharmaceutiques, des cigares cubains, des organes d’animaux, des DVD piratés, de la poudre d’or, des pistolets, des oignons, du GHB, des chèques de voyage et des stéroïdes illégaux. En cataloguant un volume important de documents en un temps réduit, des modèles se dégagent et révèlent un échantillon complet du commerce international, exposant les désirs et les besoins qui stimulent l’économie internationale ainsi que les économies locales qui les produisent. Simon a photographié chaque article sur un fond gris neutre, ce qui permet d’obtenir un enregistrement scientifique « objectif » dénué de tout contexte. Séparé des effets personnels du passager, chaque article perd ses connotations individuelles particulières et se transforme en une pièce d’un réseau mondial plus étendu. Contraband peut aussi induire le danger et suscite des questions sur ce qui est officiellement considéré comme étant une menace pour l’autorité et la sécurité dans la société américaine contemporaine. Le livre est accompagné d’un texte de Hans Ulrich Obrist, directeur de la galerie Serpentine à Londres et est maintenant disponible chez Hatje Cantz ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

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JEAN-MICHEL BASQUIAT – NOW’S THE TIME @ GUGGENHEIM BILBAO

Le Musée Guggenheim Bilbao présente depuis le 3 juillet 2015 Jean-Michel Basquiat : Now’s the Time, une exposition pionnière en Europe regroupant une centaine de peintures de grand format et de dessins en provenance de divers musées et collections particulières américaines et européennes. Organisé par l’Art Gallery of Ontario en collaboration avec le Musée Guggenheim Bilbao, cet accrochage, qui bénéficie du généreux mécénat d’Iberdrola, constitue la première analyse thématique de la production de Basquiat. Célèbre dès l’âge de 20 ans pour ses dessins et ses peintures corrosives à contre-courant, Jean-Michel Basquiat (1960–1988) a bouleversé la scène artistique new-yorkaise au début des années quatre-vingt. Il doit sa réputation internationale à des œuvres percutantes et d’une forte expressivité qui abordent des thèmes comme le racisme, la politique ou l’hypocrisie sociale. Bien que sa carrière ait été brutalement interrompue par sa mort prématurée à l’âge de 27 ans, son travail continue à exercer une énorme influence. L’exposition présente une centaine d’œuvres-clés structurées autour des grands thèmes qui ont nourri sa fulgurante carrière, brutalement interrompue par sa mort prématurée à l’âge de 27 ans: La rue comme atelier, Héros et saints, Revendication des histoires, Reflets, Dualités et double identité, Jouer à tricher: dessins et provocations, Basquiat et Warhol: le drôle de couple du monde de l’art et enfin Sampling et scratching – Musique, mots et collage. Jusqu’au 1er novembre 2015.

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RYAN MCGINLEY – WAY FAR

Après quelques incursions du côté de la photo de mode, Ryan McGinley revient à ses virées entre amis dans les grands espaces américains. Chaque été depuis ses débuts, le photographe a continué à partir en bus avec une trentaine d’amis à travers les États-Unis. Avec ses lumières particulières, la nudité très présente, la série Way Far témoigne de ces moments de communion avec la nature pour cette tribu contemporaine. Publié par Rizzoli, ce nouvel ouvrage du photographe prévu pour le 20 octobre est dès maintenant disponible en pré-commande sur Amazon.fr et Amazon.com.