Category Archives: Art

CAPE LIGHT – PHOTOGRAPHS BY JOEL MEYEROWITZ

joel meyerowitz

Né en 1938 dans le Bronx, Joel Meyerowitz est l’archétype du new-yorkais cultivé qui a embrassé son époque avec curiosité et empathie. Par son travail en couleur, il a révolutionné l’histoire de la photographie. A l’instar de William Eggleston ou de Stephen Shore, il a influencé de jeunes générations de photographes et particulièrement l’école allemande de Düsseldorf. Au milieu des années 1960, un long voyage en Europe marque un tournant dans la carrière de Joel Meyerowitz et lui permet d’affirmer son style. Mais ce n’est qu’au début des années 1970, qu’il se consacre exclusivement à la couleur. Son premier livre, Cape Light, dans lequel il explore les variations chromatiques au contact de la lumière, est considéré comme un ouvrage classique de la photographie. Cape Code est un lieu de vacances familiales offrant un vaste paysage marin, plat et rempli de dunes, percé par la lumière du soleil et offrant des vues d’une beauté inimaginable. Cette péninsule au Sud-Est de Boston (Massachusetts, États-Unis) est fréquentée durant les années 50 et 60 par la haute-bourgeoisie bostonienne et new-yorkaise. Publié pour la première fois en 1978, l’ouvrage, bénéficiant d’une grande qualité d’impression, est devenu un classique. Portraitiste du détail, Meyerowitz capte des scènes banales transformées par la lumière combinant ciel, mer et terre du Cap et la vision subtile et lumineuse du photographe. Il crée ainsi un sentiment d’altérité que peu de livres savent donner. Depuis les années 1970, Joël Meyerowitz photographie exclusivement en couleurs. Contrarié par le grain du négatif de 35 mm, il utilise souvent une caméra grand format « Deardorf » 8 X 10. Il a contribué au changement de l’attitude du monde de la photographie vis-à-vis du recours à la couleur et à son acceptation devenue presque universelle en tant que forme artistique. Cette nouvelle édition de Cape Light, publiée par Aperture est accompagnée d’une préface du photographe (avril 2015), d’une conversation entre Bruce K. MacDonald et Joel Meyerowitz ainsi que d’une chronologie de sa carrière artistique. Le livre est maintenant disponible sur le site des éditions Aperture ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

MARY ELLEN MARK – TINY STREETWISE REVISITED

mary ellen mark

La photographe Mary Ellen Mark est décédée à New York le 25 mai 2015 à l’âge de 75 ans. Connue pour ses reportages aux États-Unis et ses portraits humanistes publiés dans LIFE, Harpers, le New York Times ouVanity Fair, elle fût également membre de l’agence Magnum dès la fin des années 70. Elle est reconnue dans le monde entier pour ses photographies de tournage aussi bien que pour ses séries documentaires ; elle a réussi à marier ces deux pratiques sans compromettre sa signature visuelle. En tant que photographe de plateau, elle a à son actif plus d’une cinquantaine de films, dont Tootsie, Vol au-dessus d’un nid de coucouApocalypse Now et le Satyricon de Fellini. Une de ses œuvres la plus remarquée reste Streetwise. Ce projet, dirigé par son mari le réalisateur Martin Bell, est consacré aux enfants des rues de Seattle. Il donnera lieu à un film documentaire, sorti en 1984, et à une série de clichés, dévoilés en 1988 dans un livre éponyme poignant sur un groupe de jeunes désœuvrés qui font leur vie dans les rues de Seattle comme proxénètes, prostituées, mendiants ou petits dealers. Streetwise a révélé plusieurs enfants inoubliables, dont la jeune Tiny qui rêvait d’une ferme de chevaux, de diamants, de fourrures et d’un enfant. Profondément humaniste, la photographe américaine a toujours tourné son appareil vers les exclus et les marginaux avec beaucoup de compassion et une grande proximité. Tiny Streetwise Revisited reprend la célèbre série sur la vie de Tiny Blackwell, prostituée avec qui elle fit connaissance alors qu’elle n’avait que treize ans. Cette édition revisitée de l’ouvrage est une version considérablement étoffée en comparaison avec la monographie originelle, présentant l’œuvre emblématique de la première édition accompagnée de nouveaux portraits intimes et actuels consacrés à Tiny, dont la plupart sont inédits. Chaque image est accompagnée d’une légende et parfois du commentaire d’un des protagonistes. Publié par Aperture le 27 octobre 2015, l’ouvrage de 176 pages est maintenant disponible sur le site de l’éditeur ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

PARIS PHOTO 2015

Voici quelques clichés de la 19ème édition du salon Paris Photo, qui se tenait la semaine dernière et fût contraint de fermer ses portes durant le weekend, suite à la tragédie du vendredi 13 novembre. Plus de 140 galeries, provenant de 33 pays, étaient à l’honneur sous la nef du Grand Palais où elles présentaient œuvres historiques et travaux contemporains. Se sont joints à elles 27 éditeurs internationaux offrant un panorama complet du médium photographique.

Continue reading

ARI MARCOPOULOS – FUMES

ari marcopoulos

Les éditions américaines Karma viennent de publier un nouvel ouvrage du photographe néerlandais Ari Marcopoulos: Fumes. Ce dernier jette un profond regard sur le processus de création à l’intérieur du studio de Long Island (NY) de l’artiste/cinéaste contemporain américain Matthew Barney, créateur du cycle de cinq films Cremaster. Réalisé sur une période de quatre ans, Fumes présente l’activité créatrice au sein du studio de Barney de 2011 à 2014. Ari Marcopoulos documente le travail quotidien à l’intérieur de cet espace de travail: de la création d’une chambre mortuaire égyptienne pour son exposition à la galerie Barbara Gladstone sur le thème des mythes de l’Égypte Antique, aux inondations dues à l’ouragan Irène durant l’été 2011, sans oublier tout le travail de préparation de l’artiste en 2014 pour son film River of Fundament. « Je ne pouvais plus m’arrêter de prendre des photos des personnes travaillant sur les différents projets dans le studio, tout ceci ressemblait presque de plus en plus à un véritable spectacle. » Les 420 pages du livre se composent de clichés pleine page en noir et blanc et en couleur. On y découvre des employés de Barney qui transportent, moulent et fusionnent des matériaux toxiques. Certains ensembles de photos sont également présentés à la façon d’un collage où l’on aperçoit plusieurs angles d’une même scène dans un laps de temps très court. Marcopoulos capte la figure humaine au travail, en mouvement, la poursuite de la vie dans ses moments les plus ordinaires afin de créer quelque chose d’extraordinaire. Fumes est un document unique sur le processus de création de l’artiste de San Francisco, physiquement engagé dans la construction de son œuvre. Le livre est maintenant disponible en ligne chez Karma ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

MAGNUM PHOTOS SQUARE PRINT SALES – UP CLOSE & PERSONAL

magnum

Du 9 au 13 novembre, l’agence Magnum Photos propose une nouvelle Magnum Square Print Sale, intitulée Up Close & Personal, autour du thème de l’intimité. Une invitation à réfléchir sur ce que représente l’acte de photographier: que l’on documente de très près des histoires humaines, ou que l’objectif se tourne vers l’intimité domestique ou celle des corps, quel est le rôle de l’intimité dans la photographie et ses vérités? Qu’est ce que l’intimité? Est-ce un état émotif, intellectuel ou physique? Comment est-ce que l’intimité fait partie du travail du photographe? Où commencent et finissent le privé et le public? Autant de questions que se sont posées les photographes de l’agence Magnum, dont la somme des points de vue a donné naissance à une collection inédite de photographies. Ces images sont disponibles en ligne au prix unitaire de 100$ par tirage dédicacé (format 15,2cm x 15,2cm) et pour seulement 5 jours.

LESS AND MORE – THE DESIGN ETHOS OF DIETER RAMS (REPRINT)

Less and More – The Design Ethos of Dieter Rams est la réimpression de la monographie exhaustive de l’un des plus grands designers du XXe siècle, Dieter Rams, auteur de mobilier et d’objets d’électroménager qui ont révolutionné notre quotidien. Pendant 40 ans, de 1955 à 1995, Dieter Rams a conçu ou supervisé la conception de plus de 500 produits pour le fabricant allemand d’électronique Braun, ainsi que du mobilier pour Vitsoe. Radios, calculatrices, rasoirs électriques ou mobiliers ne sont là que quelques-uns des produits créés par Dieter Rams, chacun d’eux occupant une place particulière dans l’histoire du design industriel et font de lui l’un des designers les plus influents de la fin du 20e siècle. Fidèle au principe « moins, mais mieux», son langage visuel à la fois clair et élégant a défini non seulement la conception de produits pour de nombreuses générations, mais aussi notre compréhension fondamentale de ce qu’est le design et ce qu’il peut et doit faire. La philosophie de Dieter Rams peut se résumer en dix règles du design qu’il créa il y a plus de trente ans. Parfois surnommés « les dix commandements », ces derniers sont aujourd’hui tout aussi pertinents: tout bon design est innovateur, fournit une utilité à chaque produit, est esthétique, rend un produit compréhensible, est discret, est honnête, a une valeur à long terme, conçoit chaque détail avec une précision exhaustive, est respectueux de l’environnement, est minimaliste. Publié par Gestalten, cet ouvrage de plus de 800 pages est l’occasion d’en savoir plus sur l’œuvre de Dieter Rams à travers des images de plus d’une centaine de ses objets, quelques-uns de ses croquis, maquettes, prototypes, etc.  En plus de cette riche présentation visuelle, le livre contient quelques essais d’experts internationaux du design qui expliquent comment certains objets ont été conçus, décrivent la qualité intemporelle de son œuvre, et la placent dans un contexte contemporain. Sorti en septembre dernier, le livre est maintenant disponible chez Gestalten et sur Amazon.com.

Continue reading

BRAND-NEW & TERRIFIC – ALEX KATZ IN THE 1950S

Brand-New and Terrific : Alex Katz in the 1950s est le nouveau catalogue de l’exposition présentée au Colby Museum of Art, à Waterville, aux États-Unis, du 11 juillet au 18 octobre 2015. Cet ouvrage de 208 pages, publié par les éditions Prestel, est consacré au travail du peintre figuratif américain Alex Katz dans les années 50, et présente plus de 65 œuvres : peintures, collages et découpages. Sa carrière artistique débute dans les années cinquante, véritable décennie expérimentale pour l’artiste, en tant que peintre figuratif, à un moment où règne l’abstraction. Il réalise notamment des œuvres figuratives en petit format, peintes à coups de pinceau déliés. Ces œuvres étaient en partie le fruit de son intérêt précoce pour le jazz et l’improvisation, mais anticipaient aussi l’un des thèmes essentiels de son œuvre : le portrait. Les premières toiles de Katz, qui datent de l’époque où l’Expressionnisme Abstrait était encore dominant, préfiguraient un intérêt renouvelé pour le réalisme dans la représentation, avant même l’apparition du Pop Art. Katz, qu’on associait habituellement au Pop parce qu’il utilisait des éléments du cinéma, de la publicité et de la mode, rejetait cette connexion : « Le Pop Art travaille avec des signes mais mon œuvre a à voir avec les symboles. Le Pop Art est cynique et ironique. Mon œuvre non. Ça fait une grande différence. Le Pop Art est moderne. Mon œuvre est traditionnelle ». Défiant ainsi la critique qui rejette l’image dans l’art, et en particulier la figuration, Katz refuse toutefois l’abandon total que vise l’Expressionnisme abstrait. Mais il apprécie l’énergie et la logique formelle de ce mouvement et met en jeu une technique rapide et physique inspirée de l’Action painting de Jackson Pollock, dont les compositions all over furent pour lui une révélation. Katz déclare que son but est de capturer dans son travail « toutes les choses rapides qui surviennent ». Le livre contient des essais de Diana Tuite, Katy Siegel, Richard Shiff et Eva Díaz, ainsi qu’une chronologie du début de la carrière artistique d’Alex Katz. Disponible dès maintenant sur le site de Prestel et chez Amazon.com.

Continue reading

JACKSON POLLOCK – BLIND SPOTS

jackson pollock

L’institution britannique Tate vient de publier Blind Spots, le catalogue de l’exposition itinérante de Jackson Pollock, d’abord présentée à la Tate Liverpool du 30 juin au 18 octobre 2015, puis prochainement au Dallas Museum of Art, du 20 novembre 2015 au 20 mars 2016. Jackson Pollock est l’un des artistes américains les plus influents du XXe siècle. C’est aussi l’un des plus provocateurs. Il est l’un des pionniers de l’action painting, un processus qui l’a amené à verser de la peinture au goutte-à-goutte sur des toiles posées sur le plancher de son studio. L’ouvrage explore le versant noir de la peinture de l’artiste américain, à travers une très large sélection d’œuvres réalisée entre 1951 et 1953. Les toiles de sa période Black Pourings révèlent un changement de direction avec un retour à la figuration et l’ouverture de nouvelles perspectives dans la carrière de l’artiste. Jackson Pollock – Blind Spots explore ce corps immensément riche et relativement méconnu de l’œuvre de Pollock, mais qui eu son importance et devint en quelque sorte, sa signature. Ce livre offre au lecteur un voyage visuel à travers cette pratique originale de l’artiste, avec une sélection de toiles qui fournissent de nouvelles connaissances sur la contribution et l’influence de cet artiste majeur de l’après-guerre. « Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C’est seulement après une espèce de temps de prise de connaissance que je vois ce que j’ai voulu faire. Je n’ai pas peur d’effectuer des changements, de détruire l’image, etc., parce qu’un tableau a sa vie propre. J’essaie de la laisser émerger. C’est seulement quand je perds le contact avec le tableau que le résultat est chaotique. Autrement, il y a harmonie totale, échange facile, et le tableau est réussi. » Le livre est maintenant disponible online chez Tate.org.uk ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

LARRY SULTAN – MONOGRAPH

LARRY SULTAN

La maison d’édition allemande Kerber Verlag vient de publier un très bel ouvrage sur l’œuvre du photographe conceptuel américain Larry Sultan. Né en 1946 à New York, ce dernier étudie les sciences politiques à l’université de Californie (1968) puis la photographie au San Francisco Art Institute (1973), où il enseignera ensuite la même discipline de 1978 à 1988, avant d’intégrer le California College of Arts. Il commence sa carrière en combinant des photographies d’archives – des documents d’entreprises ou d’institutions, des publicités, des quotidiens – de manière à laisser percevoir la multiplicité de lectures possibles de ses documents décontextualisés. À cette fin, en 1977, il publie avec un étudiant, Mike Mandel, le livre Evidence (preuve) qui présente 59 photographies sans légende et sans lien évident entre elles. Il montre ainsi que les photographies ne peuvent être utilisées comme une preuve et se situent alors dans le domaine de l’art. Cette démarche novatrice, qui sera reprise par la suite, dérange le milieu culturel. Sultan donne à voir la complexité de la vie domestique et la perte d’utopie de la classe moyenne américaine en présentant des clichés en couleurs de sa famille, qui combinent mise en scène et photographie documentaire (Pictures from Home, 1992). De 1988 à 2002, Larry Sultan réalise des séries de photographies de maisons bourgeoises à San Fernando Valley, Los Angeles, qui servent de décor à des films pornographiques. En marge des tournages, il oriente son objectif sur des détails – un morceau de tarte entamé, un tas de draps sales, des acteurs pendant une pause – saisis comme autant de traces d’un monde décalé, entre artifice et réalité. Cet ensemble donne lieu à la publication d’un ouvrage, The Valley (2004), et à plusieurs expositions au San Francisco Museum of Modern Art, au musée de l’Élysée, à Lausanne (2005). Accompagnant la première exposition personnelle du photographe dans un musée allemand, au Kunst Museum de Bonn, cette publication rétrospective de 128 pages inclut des clichés issus de ces séries ainsi que quelques photographies inédites et offre un large panorama de l’œuvre du photographe conceptuel américain, décédé en 2009. Disponible sur le site de Kerber ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

ELLIOTT ERWITT – NEW YORK/PARIS BOX SET

Les éditions teNeues viennent de publier un superbe coffret réunissant deux livres reliés du photographe franco-américain Elliott Erwitt: New York et Paris. Né à Paris en 1928, fils d’émigrés russes, Elliott Erwitt a grandi en Italie et en France. Sa famille émigre aux États-Unis en 1939, s’installant d’abord à New York puis à Los Angeles. Robert Capa sera l’un des premiers à le remarquer et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum en 1953, ce qui lui permit de concrétiser ses premiers projets photographiques à travers le monde. Les prises de vues d’Erwitt sont parfois graveleuses, parfois élégantes, mais toujours fidèles à la vie. Son hommage chromatique à Big Apple incorpore toutes les nuances de cette métropole pleine de vie. Capturant la véritable diversité qui rend New York unique, cette sélection de clichés couvre la riche carrière photographique d’Elliott Erwitt. On y découvre également des œuvres inédites datant des années 50 et 60. L’ouvrage est un impressionnant hommage à une grande ville et une réflexion sur le génie d’un grand photographe. Avec un œil vif, Erwitt voit également au-delà des clichés touristiques parisiens. Que ce soit le plus impressionnant des monuments ou le charme de la vie quotidienne, la magie de la ville est immortalisée par le photographe. Alternant des détails intimes avec de grands panoramas, Erwitt capture la vraie saveur de la Métropole. Connu pour son humour caustique et le regard acéré qu’il porte sur ses contemporains, c’est avec une précision attentive qu’il met à nu l’inlassable nature de ces deux magnifiques villes. Associant science artistique et talent en véritable artiste, Erwitt capture les formes, les matières ainsi que les atmosphères. Cumulant un total de 320 pages, ce nouveau coffret est un magnifique complément aux séries du photographe américain déjà publiées par teNeues. Disponible dès maintenant sur teNeues.com et Amazon.com.

Continue reading