FUTURA 2000 INTERVIEW

Pour diverses raisons, la France signifie beaucoup pour toi. Qu’est ce qui te rattache tant à notre pays?

Pour commencer, ma femme est française. Je viens à Paris depuis ma première exposition en 1981 et je suis toujours très excité à chaque fois que j’ai l’occasion de revenir. J’étais là il y a à peine 5 semaines pour l’exposition d’Agnès B. (voir ici) et je suis déjà de retour.

Agnès B. a joué un rôle fondamental dans ton retour sur le devant de la scène artistique dans les années 90, lorsqu’elle acheta plusieurs de tes toiles, te permettant notamment d’acquérir un nouveau studio à New York. Est-ce que tu peux nous raconter comment ça s’est passé et quelle est ta relation avec elle aujourd’hui?

Agnès a toujours soutenu le street art, tout ce mouvement créatif et j’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer à la fin des années 80. Effectivement, elle m’a énormément aidé en investissant dans mes œuvres, ce qui m’a permis de continuer de peindre. À cette période de ma vie, je n’étais pas entièrement focalisé sur l’art et c’est elle qui m’a aidé à continuer dans cette voie. Elle m’a aidé avec le studio et m’a rendu la vie plus facile à Paris. Je l’ai vu à son exposition il y a quelques semaines et notre relation est incroyable. C’est une personne tellement magnifique et je suis très reconnaissant de son soutien. Si Agnès n’était pas là, beaucoup de choses qui se passent actuellement à Paris dans ce mouvement n’auraient pas lieu. Et cela vient de son cœur, c’est un amour vrai et c’est rare… c’est très rare.

Tu as présenté de nombreuses nouvelles œuvres l’année dernière lors de ton exposition Strategic Synchronicity à Los Angeles (voir ici) et ce fut un énorme succès. Cela t’a t-il surpris et prévois-tu d’autres expositions solo dans d’autres villes?

C’est vrai que j’ai été surpris ! On avait toutes ces œuvres réalisées spécialement pour cette exposition, une sorte de pop-up show, et la réaction du public fut incroyable. Avec le collectif Krunk qui travaillait sur le projet, nous avons également fait un petit quelque chose à Dubaï (voir ici), une sorte d’épisode deux de notre collaboration. Nous avons récemment eu quelques différents, qu’importe la raison, et c’est très cruel. J’ai aussi exposé en Allemagne (voir ici). C’était comme une sorte de version miniature du pop-up show, mais c’était des amis à moi de Berlin, ils avaient cet espace et c’était très facile. En décembre prochain, je vais faire quelque chose à Stockholm, dans la même veine qu’en Allemagne si ce n’est que tout sera entièrement nouveau. Berlin était davantage la continuation des travaux présentés à L.A. et Dubaï, avec quelques nouvelles œuvres. Maintenant, on va progresser, faire de nouvelles toiles, de nouveaux dessins. Ce sera similaire du fait que cela aura lieu dans un espace hors galerie. J’y présenterai aussi pour la première fois quelques unes de mes photographies, ce que j’avais envie de faire depuis un long moment. Je vais créer des boîtes rétro éclairées pour présenter les photos et les rendre un peu plus agressives. C’est passionnant! Mais pour en revenir à mes futures expositions, je n’ai rien de vraiment prévu à grande échelle, j’aime le concept du pop-up show. C’est assez intéressant car tu peux plus ou moins créer les œuvres pour l’exposition et c’est exactement ce que je veux faire. Je ne veux pas enchainer les expositions avec les mêmes toiles…

Tu as dis a plusieurs reprises que tu t’étais senti manipulé et exploité par le monde de la galerie dans les années 80. Comment la situation a t-elle évolué aujourd’hui?

D’un point de vue économique, c’est toujours le même concept : 50/50. Le problème, c’est qu’à cette époque, je pensais : “Je suis manipulé!”. Qu’importe, je n’étais pas entièrement d’accord avec ça, bon… Aujourd’hui, je suis davantage dans une position où, par exemple, si quelqu’un va produire une exposition pour moi, on peut discuter de l’aspect financier, ce n’est pas d’avance gravé dans la pierre. Ils diront probablement : “Pour votre participation, vous obtiendrez 40%”. Si je parviens à changer cette dynamique, car maintenant je fais une exposition d’art, mais je ne suis pas dans le monde de l’Art, alors ça signifie que je peux quelque peu changer certaines règles du jeu. Le lieu est désormais moins important que les œuvres elles-mêmes. Ce n’est pas une formule pour l’avenir, je n’ai pas décidé d’éliminer la Galerie, pas du tout. C’est juste une question de timing et de ce qui se passait à ce moment là. C’était mon sentiment il y a 25 ans. Aujourd’hui, si j’avais une véritable galerie qui souhaitait me représenter d’une manière quelconque, j’étudierai cette possibilité, mais on verra… le futur est… étrange.

Tu as commencé à écrire ton nom et à faire du graffiti car tu avais un réel désir de communiquer. Quelles sont tes motivations 40 ans plus tard?

Je veux toujours communiquer, vraiment! C’est juste qu’aujourd’hui, cela ne se produit plus de la même façon. Aujourd’hui ça se passe en ligne. Ce que j’essaie de faire avec mon Flickr, mon propre site, qui d’ailleurs n’a rien de spécial, c’est de partager mon expérience personnelle, qui d’après moi est tout aussi intéressante que mon œuvre, peut-être même plus intéressante en fait. Il est plus facile de communiquer aujourd’hui que ça l’a été par le passé avec un marqueur et une bombe ; ça n’est plus uniquement limité à l’écriture sur les murs. Chacun communique à sa façon. Certains à travers leurs sens de la mode, quelques-uns écrivent, d’autres prennent des photos. J’essaye de créer un support créatif. Pour le moment, je suis profondément dans une période de photographie.

Tu as été témoin d’une impressionnante évolution du graffiti depuis tes débuts dans les années 70. Que penses-tu de la scène actuelle?

Il y a peu de choses qui se produisent dans la rue en ce moment. L’une d’entre elles est cette sorte de scène push it, avec de nouvelles personnes qui arrivent dans la rue où ils créent leurs œuvres. C’est ce que j’appellerais le véritable street art, avec quelqu’un comme BLU par exemple, une sorte de style muraliste. Et puis, il y a aussi C215, c’est devenu une communauté centralisée avec de nombreux autres personnages. Ça devient comme dans Back in the Days au commencement avec les taggers. Il y a donc deux mondes maintenant. Dans le passé, on avait le Très Bon et le Très Mauvais. Je m’intéresse moins au street art qu’auparavant. Mais dans celui que je peux observer, l’énergie de toute la ville est transformée par ces artistes. Il y a plus de street art aujourd’hui que jamais! Même quand il n’y avait que des graffeurs, ces artistes n’avaient pas en tête “Hey, peut-être que je peux créer quelque chose de nouveau en utilisant l’espace publique!”. Donc oui, je soutiens les magnifiques muralistes et les vandales qui utilisent le scratching par exemple.

Tu as dis par le passé que ton inspiration provenait de ton humeur… A quel point le climat international actuel influence t-il ton humeur et cela se reflète t-il dans ton œuvre?

À mon avis, rien ne se reflète dans mon travail. Ce sont juste des expériences personnelles. Dans le graphisme et dans une certaine imagerie, on peut effectivement faire une association avec quelque chose de politique ou quelque chose qui se passe à un moment donné. Je ne suis pas vraiment ce genre de personne. Je suis beaucoup plus positif que par le passé. Vers le milieu de la décennie, j’étais très déprimé en pensant au monde. J’étais déprimé au début de la décennie à propos d’autres choses, de mauvaises choses. Mais quoi qu’il en soit, je suis optimiste. Je continue de penser que le moment du changement est venu et nous avons Obama, alors je suis très heureux.

Il y a peu, tu as dis que les collaborations allaient passer au second plan et ce pour un certain temps. Est-ce que c’est quelque chose que tu souhaites vraiment mettre de côté quand on sait à quel point une collaboration avec Futura peut être un succès?

Je sais! Ce que je voulais dire par là, c’est que je ne vais pas travailler avec chaque putain de marque… À New York, tous les gens que je connais… (Glltn : “Veulent travailler avec toi?”)… Oui, exactement! Je pense que j’ai traversé une année où j’ai pensé “Ça suffit!”. Et ce n’est pas comme si j’étais marié à Nike, mais bon, j’ai une certaine relation avec eux et il se passera toujours quelque chose entre nous, que ce soit avec le projet de Lance Armstrong dont je fais partie et peut être que de nouveaux produits verront le jour, de nouvelles chaussures… Si tout ce passe comme prévu, j’assisterai au prochain Tour de France et ferai à nouveau partie de l’événement. Donc oui, j’ai été saturé de choses diverses, et je suppose que tout le monde pense “Oh, faisons quelque chose avec Futura, ça sera un succès!”. De toute façon, ces choses sont d’habitude toujours très limitées, c’est un peu trop facile. Mais en fin de compte, je ne profite aucunement de tout ça. Je mets plutôt quelqu’un sur le devant de la scène. Donc OK, on arrête, stop.

Tu entretiens une relation très forte avec le cyclisme. Tu as été coursier à New York, tu suis le Tour de France depuis les années 80. Tu as même participé, l’année dernière, au projet Look Ma No Brakes organisé par Colnago, avec ton ami de toujours, Stash. As-tu toujours autant de passion pour le vélo aujourd’hui?

Oui, j’adore mon vélo! J’ai aussi un vélo de route, même si je ne m’en sers pas fréquemment, mais oui, j’adore le fixed! Le fonctionnement est la chose la plus simple qui existe, j’aime cette facilité. Il suffit de dire : “Allez on y va, c’est parti!”. Mais j’avais l’habitude d’être tellement agressif, j’étais si hardcore (glltn : “Le syndrome de Superman?”) Oui, “Oh mon dieu, dégage de mon chemin!”. Et maintenant, je suis beaucoup plus tranquilo. Tout le monde trace et moi je reste derrière, je n’essaye plus de gagner maintenant…

Qu’en est-il du Pointman, l’un de tes personnages les plus emblématiques? Tu as récemment laissé entendre que le moment était venu de le laisser se reposer un peu. Mais pourtant, il continue d’apparaître ci et là?

C’est vrai! C’est amusant car en Allemagne les gens disaient “Oh mon dieu, un Pointman!”. Non, non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas un seul Pointman ici! C’est amusant comme les gens gravitent autour de lui et c’est devenu le symbole de mon œuvre. Il est génial mais si je voulais dessiner d’autres choses, je pourrais probablement le faire. Mon attention ne se porte plus sur lui à présent. En réalité, je n’ai jamais été vraiment, vraiment amoureux de ce personnage! Les gens disent toujours “Pointman, Pointman!”. Mais maintenant j’essaye de me séparer de cette chose. C’est comme la drogue : on ne peux pas arrêter immédiatement, ca prend du temps. Mais oui, je veux arrêter cette drogue, sincèrement.

Ta longévité est à l’origine d’une partie de ton succès. Dans le passé, tu as dit qu’avec le temps, les artistes ont tendance à se renfermer dans leur œuvre et qu’ils peuvent même en devenir les victimes. As-tu la sensation que c’est quelque chose qui pourrait t’arriver?

Hmmm, je ne pense pas car je comprends ce concept. Mes éléments, mes icônes, mes personnages, toutes ces choses… les associer à quelque chose d’existant… J’ai l’impression que je peux encore créer de l’art sans pour autant utiliser toutes ces choses qui me représentent. Le seul problème c’est que les gens diront : “Où est ton Pointman? Où sont tes atomes?”. Donc c’est difficile de faire accepter un nouveau style aux gens, mais je pense que je trouverai toujours quelque chose de nouveau… J’espère…

Ta marque de vêtements Futura Laboratories connait un énorme succès au Japon et la notoriété du label est maintenant internationale. Quel rôle joues-tu dans la marque? Est-ce que tu produis tous les designs?

Je soumets tous les contenus Futura, peu importe de quoi il s’agisse, mes œuvres, beaucoup de concepts graphiques, etc. On a aussi des designers, des artistes qui travaillent pour la marque. C’est moi qui approuve tout. Mais pour des choses plus spécifiques, du style “faisons cette ceinture, faisons ce sac, etc”, non, j’autorise la marque a prendre ces décisions en fonction de la popularité d’un article, s’il est spécial, etc. Mais l’une des choses que j’adore avec FL – et j’adore les mecs là-bas, ils travaillent très dur pour la marque – ce sont nos collaborations. On en a fait avec Clarks, avec Descente, on a eu un programme avec North Face dans le passé… On a vraiment fait des collaborations très cool! Quelques-unes étaient exclusives au Japon… Je développe la marque depuis le Japon, mais je n’essaye pas d’en faire un véritable label international car cela deviendrait trop gros pour que je puisse le contrôler. Et pour l’instant ça fonctionne bien… Nous sommes une petite entreprise, on se trouve à Fukuoka, nous ne sommes pas à Tokyo. Donc, concernant le développement de la marque, eh bien ces 4 dernières années, non 5, ça se passe très bien, petit à petit, c’est très graduel.

Tu es un gros utilisateur de Flickr où tu partages des photos quotidiennement. Ce nouveau support t’a t-il permis de resserrer les liens avec tes fans?

C’est étrange et amusant à la fois car c’est l’unique endroit… Je ne suis pas sur les réseaux sociaux comme Facebook, Myspace ou Twitter. Je ne peux pas m’occuper de tout ça. Mais durant ces 10 dernières années, j’ai mis des photos sur le web, que ce soit sur Recon, 5th Dimension, il y a en quelque sorte un mystère autour de ma présence en ligne : “Oh, Futura est là !”, “Oh, il met des photos ici!”. J’ai toujours aimé cette idée. Et donc, Flickr est le plus étonnant dans le sens où… Je répondrai toujours aux commentaires, donc je suis un peu surpris que la plus part des gens ne fassent qu’observer, c’est davantage une sorte de voyeurisme qu’une réelle participation. Mais honnêtement, je souhaite qu’ils participent car pour le moment, c’est le seul endroit où l’on peut me parler, je suis vraiment joignable là-bas. Si une personne dit vraiment quelque chose sur l’une de mes photos, je lui répondrai. Si tu dis quelque chose d’intéressant, alors on pourrait même commencer une discussion. Ce n’est pas comme si j’avais des gens qui faisaient tout ça pour moi, c’est MOI! C’est moi qui suis assis là, uniquement moi. J’upload des photos tous les jours! Venez me parler. Flickr est intéressant car, quand j’ai commencé, j’essayais de faire partie de certains groupes. Je comprends comment le programme fonctionne, l’application, mais je veux le modifier, je ne veux pas que ça reste comme c’est actuellement. Je veux le refaire, ma propre version. Et quand tu rentres dans ces groupes, tu reçois des commentaires débiles. Dites quelque chose! Ne dites pas juste “Superbe image!” Il y a toujours des clichés comme “Superbe photo!”, “La lumière est fantastique!” blablabla… Non mec, raconte moi une histoire! Déclenche quelque-chose… Donc je veux le faire évoluer dans ce sens, que ça soit l’endroit secret où tu puisses me connaître, ou croire que tu me connaisses… tu peux presque prétendre me connaître en partageant tout ça avec moi. Mais je pense que c’est intimidant et je le comprends. Mon fils me dit “Papa, tu leur en donnes beaucoup trop, ils n’arrivent pas à suivre!”. C’est probablement vrai, mais on verra. J’aime le support. J’essaye de faire en sorte que mon fils conçoive quelque chose qui ressemble à Flickr, mais qui ne soit ni Flickr, ni Flickriver. On veut faire un Black Flickr! On connaît un jeune, un programmeur de talent, il peut le faire! Donc on bosse sur ça. On veut faire notre propre version! Peut-être même que ça pourrait devenir notre propre réseau social; on veut créer notre propre réseau social ! Nous verrons bien, c’est en développement pour le moment, mais ça serait amusant, oui!

Travailles-tu encore avec ton fils Timothy McGuire? Avez-vous des projets en commun?

Oui, bien sur, j’ai parlé de mes futurs projets avec Nike et il va m’aider avec des images. Il travaille avec moi de toute évidence, mais en même temps on aime pas que notre travail… on ne veut pas que les gens pensent : “Ah oui, ton père…”. C’est une mauvaise position pour lui… (Glltn : “Peu importe ce que pensent les gens?”) … Bien sur, bien sur, mais ca nous importe, et ça l’importe. C’est amusant parce que… Je suis sur que vous connaissez Tabatha? (Glltn : “Oui, ta fille.”) Vous pouvez rencontrer Timothy, parler pendant une heure, il ne parlera jamais de moi. Avec Tabatha, vous pouvez parler avec elle pendant une heure… en moins d’une minute elle vous dira “Tu sais qui est mon père, pas vrai?”, ce genre de choses. C’est assez étrange et c’est quelque chose dont on a beaucoup parlé en grandissant. Ça va être plus difficile pour le garçon. Des personnalités différentes… J’ai toujours dit à mon fils : “Tu ne vas pas recevoir un traitement de faveur, ils vont être durs avec toi…”. On doit donc être certain que ce qu’il fait est en quelque sorte déconnecté. Je ne veux pas que les gens pensent que c’est grâce à moi. Mais quoi qu’il en soit, il est allé au Japon, il y a habité 4 ans et est revenu en parlant japonais. J’aime Timothy, je pense qu’il a énormément de talent.

Comment as-tu rencontré Jakuan de 360 Toys Group et peux-tu nous décrire le processus de fabrication du Nosferatu?

Jakuan! J’adore Jakuan! Cela remonte à de nombreuses années, je le connais depuis un long moment, après tous les toys Pointman, les version Unkle, Nigo et tout ça. Je voulais avoir plus de contrôle sur la production d’un toy et Jak faisait de la sculpture et d’autres trucs. Il a fait quelque chose pour Warhol, il avait aussi une boutique de toys… Mais au final, je pense qu’on en a trop produit. Non, je sais ce qui n’a pas marché: il y a eu un énorme problème avec les délais de livraison. Vous savez comment ça fonctionne…. Vous vendez un certain nombre, vous recevez certains exemplaires en avance, vous donnez une date de livraison aux gens… et on a finalement eu un retard de plus de 3 mois par rapport à la date qu’on avait promis! Et tout ça était géré par Jakuan, donc la réalisation globale n’a pas vraiment fonctionné : le timing n’était pas bon, le rythme non plus, rien n’allait comme il faut. L’argent n’avait pas été bien géré non plus et au final ce ne fût pas un bon projet. Le toy était incroyable, je l’adore, mais toute la partie business du projet fût un désastre! Maintenant il est là-bas, je suis ici… Mais ça reste cool entre nous, on a juste manqué de chance.

Aimerais-tu réaliser une nouvelle version 3D de ton travail? Peut-être une sculpture?

Non, non…non! Le Nosferatu fût le Baiser de la Mort (intéressant jeu de mot). Ça m’a suffit. Je ne suis pas Kaws. Je ne suis pas quelqu’un qui veut fabriquer des toys. C’était vraiment cool au commencement. Les premiers toys étaient assez intéressants, mais maintenant je ne sais pas… Le mouvement s’est un peu fait dévorer… Je ne veux pas faire ça. Ce que j’aimerai faire par contre, c’est une sculpture! Je ne veux pas faire un toy, je veux faire une putain de sculpture énorme! J’aime l’idée de créer une image en trois dimensions, oui! Mais pas un projet commercial, plutôt une œuvre d’art.

L’une de tes collaborations rêvées était de travailler avec Apple, Sony ou BMW. Cela finira t-il par se faire?

Sony… On laisse tomber Sony! Ce n’est plus dans ma liste. Je suis très faché avec Sony. Apple hmmm oui… J’ai parlé de cette liste car j’ai investi tellement d’argent dans leurs produits ! J’en suis arrivé à un point où je ne veux plus qu’on me donne des produits gratuits, je vous donne déjà tellement d’argent, c’est dingue! Vous me devez bien un petit projet! Donnez-moi un projet! Sony, non, au-revoir, terminé. Apple, oui pourquoi pas. Et BMW, oui, qu’est ce qu’il se passe, bordel? Qu’est-ce que vous attendez?

Peux-tu nous en dire plus sur tes projets dans les mois à venir?

J’ai déjà mentionné ma future exposition en Suède, c’est mon prochain projet. On travaille actuellement sur un livre, mais pas un livre sur Futura. Un livre sur tous ces matchs de baseball auxquels je me suis rendu. L’an passé et cette année, j’ai réalisé cette incroyable mission et je viens juste de terminer, la semaine dernière! Je suis allé dans tous les stades aux Etats-Unis et j’ai maintenant une collection impressionnante de clichés. J’ai commencé à organiser le livre, j’y travaille en ce moment même. Avec un peu de chance je pourrai le terminer pour l’été prochain. C’est moi qui réalise le design du livre et Timothy gère la configuration de l’emplacement des photos. Je vais sortir ce livre sous le nom de Lenny McGuire, mon vrai nom, et non Futura car j’espère pouvoir trouver un public pour le contenu de ce bouquin. Une fois qu’il sera sorti, les gens se rendront compte que c’est moi, mais quoi qu’il en soit, il n’y aura pas la mention Futura sur le livre. C’est excitant car c’est un projet totalement différent de ce que je fais d’habitude et c’est quelque chose qui me passionne, j’adore les clubs de baseball. Même si j’ai réalisé ce projet durant les 15 derniers mois, l’idée de pouvoir faire ça est l’un de mes plus vieux rêves, depuis que je suis gamin. Je suis allé à tellement de matchs que c’est quelque chose de dingue pour moi. Maintenant que je regarde toute cette collection de photos, je me dis “Je l’ai fait!” J’en suis très fier. C’était un gros projet. Et si quelqu’un aime le baseball… alors BOUM, c’est vraiment parfait! Je vais essayer de faire en sorte que Nike puisse m’aider pour lier tout ça encore davantage au monde du baseball. Je veux trouver un moyen de présenter le livre aux fans. Mais je suis encore entrain de penser à quelques points: est-ce que je veux m’occuper de tout moi-même? Faire ma propre distribution? On va voir. C’est quelque chose qui m’intéresse. Je vais sans doute aller sur Le Tour de France l’année prochaine. Lance revient avec une nouvelle équipe : RadioShack, une énorme équipe américaine. C’est fini avec Astana. Contador a signé avec Garmin! Il est parti avec l’ennemi! Contador est vraiment excité… Donc ca devrait être drôle et avec un peu de chance, je ferai peut-être une visite avec Mr Parker! (Glltn : “Un tour en hélicoptère?”) … Peut-être, je ne sais pas… peut-être!

Qu’as-tu envie de faire lors de ton séjour à Paris?

La seule chose que je veux vraiment faire, demain matin, c’est aller à Notre Dame, car j’ai vraiment besoin de la photo de la Gargouille. C’est presque un besoin urgent. Je vais aussi faire quelques visites touristiques, je veux aller voir quelques boutiques, la Tour Eiffel pendant la nuit. J’irais demain soir pour voir son illumination. Il faut que je le photographie. Je suis un touriste, je fais des trucs de touristes.

Merci à Patrick Lerouge pour sa gentillesse et son aide précieuse.
© Guillotine – www.glltn.com – novembre 2009