Category Archives: Art

MIMI PLUMB – BLAZING LIGHT

À l’occasion de la parution de Blazing Light, la photographe américaine Mimi Plumb publie aux éditions Radius Books un livre qui agit comme une traversée visuelle de cinquante ans d’images et d’angoisses contemporaines, réunissant plusieurs de ses séries majeures autour d’un même horizon : celui d’un monde en tension permanente. Pensé comme le prolongement éditorial de sa première grande exposition muséale présentée au High Museum of Art, l’ouvrage rassemble des photographies réalisées depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, capturant les transformations du paysage américain et les fragilités de la vie moderne. Sur plus de deux cents pages, ce livre d’art offre une lecture chronologique de son travail, où le soleil brûlant de Californie devient presque un personnage, révélant autant la beauté du territoire que les fissures d’un rêve américain en mutation. Dès ses premières images prises dans la banlieue de San Francisco, l’artiste observe la croissance urbaine, l’instabilité politique et l’ombre du nucléaire qui marquent sa génération. Son regard se concentre sur les traces laissées par l’activité humaine dans les paysages et les corps, dans les villes, les terrains vagues ou les infrastructures industrielles. Le livre réunit notamment les séries The White Sky, Landfall, The Golden City et The Reservoir, chacune racontant une époque différente, de l’optimisme fragile de l’après-guerre à une vision plus sombre d’un monde confronté aux crises climatiques et économiques. Les photographies en noir et blanc, souvent baignées d’une lumière crue, créent une atmosphère de tension psychologique qui reflète les inquiétudes collectives de la société américaine. Blazing Light n’est pas seulement un livre de photographie : c’est aussi un récit silencieux sur l’évolution d’un regard artistique, nourri par l’histoire, la culture et les paysages de l’Ouest américain. Les images, à la fois documentaires et énigmatiques, invitent le lecteur à imaginer ce qui se cache derrière les scènes capturées, entre mélancolie et lucidité. En filigrane, l’artiste dessine une chronique du présent, où l’inquiétude devient un langage visuel. Ce nouveau volume s’inscrit dans une trajectoire déjà riche de plusieurs monographies remarquées et confirme la place de Mimi Plumb parmi les grandes voix de la photographie contemporaine. Accompagné de textes critiques, Blazing Light agit comme une synthèse de son œuvre et un miroir de notre époque troublée. À travers ces images, le livre rappelle que les paysages ne sont jamais neutres : ils portent la mémoire des crises et des rêves d’une société. Dans un moment où les questions écologiques et politiques dominent les débats, cette publication arrive comme une œuvre nécessaire, à la fois archive visuelle et méditation sur le futur. Et surtout, elle offre aux lecteurs une immersion dans un univers où la lumière éclatante révèle autant qu’elle inquiète, transformant chaque photographie en fragment d’histoire contemporaine. Le livre de 264 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Radius Books.

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FRED HERZOG – A COLOR LEGACY

Dans A Color Legacy publié par les éditions Hatje Cantz, le photographe Fred Herzog réapparaît comme l’une des figures discrètes mais essentielles de l’histoire de la photographie couleur. L’ouvrage rassemble une sélection de clichés issus de décennies de prises de vue, révélant l’ampleur d’un travail longtemps resté confidentiel. Au fil des pages, la ville devient un décor vivant, presque un personnage central, où vitrines, enseignes, voitures et passants composent un théâtre du quotidien. Herzog y capture l’énergie des rues nord-américaines dans les années 1950 et 1960, à une époque où la couleur est encore peu reconnue comme langage artistique sérieux. Ce choix esthétique donne pourtant à ses images une modernité frappante, faite de contrastes lumineux, de rouges intenses et de bleus saturés. Le livre propose ainsi une immersion dans une mémoire urbaine vibrante, où chaque photographie agit comme un fragment d’histoire sociale. On y observe la transformation des villes, la diversité des habitants et les signes d’une modernité naissante, entre publicité, architecture populaire et scènes ordinaires. Mais ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Herzog regarde le monde : avec patience, curiosité et une attention presque cinématographique aux détails. Ses images ne cherchent pas l’événement spectaculaire, elles s’attachent plutôt à la poésie discrète du quotidien. Cette approche donne au livre un rythme particulier, à la fois documentaire et contemplatif. Les photographies dialoguent entre elles et composent un portrait sensible d’une époque en mutation. L’ouvrage agit aussi comme une redécouverte, car nombre de ces images n’ont été pleinement reconnues qu’après coup, lorsque la photographie couleur a gagné sa place dans l’histoire de l’art. À travers cette compilation, le lecteur comprend comment un regard persistant peut transformer des scènes ordinaires en icônes visuelles. Le livre révèle également la cohérence d’un parcours artistique fondé sur la rue comme terrain d’observation privilégié. Chaque image semble raconter une histoire implicite, un instant suspendu entre mouvement et mémoire. En parcourant ces pages, on a l’impression de voyager dans un passé encore proche, où les villes respirent différemment et où la photographie saisit la vie sans la mettre en scène. Ainsi, l’ouvrage se lit autant comme une archive que comme un hommage à une vision photographique singulière. Il rappelle que la couleur peut être un langage documentaire puissant, capable de traduire l’atmosphère d’un lieu et d’une époque. En refermant le livre, on garde la sensation d’avoir parcouru des rues lointaines tout en redécouvrant la banalité lumineuse du monde. C’est finalement ce mélange de mémoire, de regard et de modernité qui fait la force de cet héritage visuel. Le livre de 144 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Hatje Cantz.

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YAYOI KUSAMA

Publié en octobre 2025 par les éditions Hatje Cantz, Yayoi Kusama est un ouvrage de référence qui accompagne la grande rétrospective européenne consacrée à l’artiste japonaise et qui s’impose d’emblée comme une synthèse majeure de plus de soixante-dix ans de création. Conçu en étroite collaboration avec Yayoi Kusama et son studio, ce livre propose une traversée dense et immersive de son univers artistique, depuis les premières œuvres réalisées au Japon à la fin des années 1940 jusqu’aux installations monumentales et iconiques qui ont marqué le public international au XXIe siècle. Richement illustré, l’ouvrage rassemble peintures, dessins, sculptures, environnements immersifs, performances, happenings, projets de mode et écrits, révélant la cohérence profonde d’une œuvre traversée par des thèmes obsessionnels tels que la répétition, l’infini, l’auto-effacement et la dissolution du corps dans l’espace. Les essais critiques, rédigés par des historiens de l’art, philosophes et chercheurs internationaux, offrent des lectures croisées qui replacent Kusama au cœur des grands récits de l’art contemporain, tout en soulignant la singularité radicale de sa démarche, nourrie par l’expérience intime, la maladie mentale et une vision cosmique du monde. Le livre met également en lumière des œuvres rarement montrées en Europe ainsi que des productions récentes, témoignant de la vitalité créatrice intacte de l’artiste. Par sa conception graphique soignée et son iconographie abondante, cette publication dépasse le simple catalogue d’exposition pour devenir une véritable monographie, à la fois accessible et exigeante, qui permet de comprendre l’impact esthétique, culturel et émotionnel de Yayoi Kusama sur plusieurs générations d’artistes et de spectateurs. Destiné aussi bien aux spécialistes qu’au grand public, cet ouvrage s’affirme comme une porte d’entrée essentielle dans l’œuvre d’une figure incontournable de l’art contemporain mondial. Le livre de 268 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Hatje Cantz.

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JOCKUM NORDSTRÖM – DRAWINGS 1992–2025

Jockum Nordström est un artiste suédois né en 1963, vivant et travaillant à Stockholm. Il est reconnu pour une pratique hybride mêlant dessin, collage, peinture et installation. Son œuvre se caractérise par une narration fragmentée, un imaginaire intime et une forte influence de la musique, de la culture populaire et de l’histoire de l’art moderne. Le dessin occupe une place centrale dans son travail, comme un espace de recherche libre et permanent. Publiée par les éditions belges Hannibal Books, Drawings 1992–2025 est une publication rétrospective qui rassemble plus de trente ans de dessins de l’artiste. Le livre couvre la période allant du début des années 1990 jusqu’à aujourd’hui et permet de suivre l’évolution d’une pratique du dessin centrale dans son œuvre, à la fois autonome et liée à ses collages, peintures et installations. Le dessin apparaît chez Nordström comme un espace de liberté totale, où se croisent narration, expérimentation formelle et références culturelles. Ses images mettent en scène des personnages fragmentés, des intérieurs domestiques, des paysages urbains ou imaginaires, souvent chargés d’une tension étrange entre familiarité et étrangeté. Les corps sont parfois disloqués, les perspectives instables, les scènes volontairement ambiguës. L’ouvrage montre comment l’artiste emprunte autant à l’histoire de l’art moderne qu’à la musique, à la bande dessinée, au folklore nordique ou à la culture populaire. Le collage, même lorsqu’il n’est pas matériellement présent, influence fortement la composition des dessins, notamment dans les ruptures d’échelle, les juxtapositions inattendues et le traitement narratif discontinu. À travers cette sélection chronologique, le livre met en lumière une œuvre marquée par un humour discret, une mélancolie persistante et une attention constante aux gestes du quotidien. Drawings 1992–2025 s’impose ainsi comme une référence essentielle pour comprendre la cohérence et la singularité du travail de Jockum Nordström, et la place du dessin comme langage principal dans sa démarche artistique contemporaine. Le livre de 252 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hannibal Books.

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TXEMA SALVANS – SUNDAY MORNING

Txema Salvans, photographe espagnol reconnu pour son regard distancié et méthodique sur les comportements humains dans les espaces ordinaires, propose avec Sunday Morning une plongée singulière dans les rituels dominicaux contemporains à travers un projet photographique mené sur près de dix ans. Publié en en décembre 2025 par les éditions espagnoles Editorial RM, le livre rassemble des images prises chaque dimanche à midi depuis le toit de sa camionnette, à environ trois mètres et demi de hauteur, face au parking d’un hypermarché Carrefour à El Prat de Llobregat, en périphérie de Barcelone. Lorsque le centre commercial est fermé, cet immense espace d’asphalte devient un lieu de rassemblement inattendu : familles prenant le soleil, couples discutant près de leur voiture, individus profitant d’un moment de calme. Salvans transforme ce non-lieu urbain en véritable scène humaine, où la banalité du décor contraste avec la richesse des attitudes et des micro-récits qui s’y déploient. Les images, organisées comme un long flux continu, composent une sorte de journal visuel du dimanche, révélant une quête collective de pause, de lenteur et de simplicité dans un monde saturé de contraintes. Sans ironie ni jugement, le photographe observe comment l’automobile, le parking et la périphérie urbaine deviennent des extensions de l’espace intime et des refuges temporaires. Sunday Morning s’impose ainsi comme une réflexion sensible sur notre rapport au temps libre, aux rituels ordinaires et à la capacité de trouver de la poésie dans les lieux les plus improbables, invitant le lecteur à reconnaître dans ces scènes anonymes le miroir discret de ses propres dimanches. Le livre de 128 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM.

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THE WORLD OF EIKOH HOSOE – SPHERICAL DUALISM OF PHOTOGRAPHY

Publié par les éditions japonaises Seigensha, The World of Eikoh Hosoe: Spherical Dualism of Photography propose une analyse élargie et structurée de l’œuvre d’Eikoh Hosoe, figure centrale de la photographie japonaise d’après-guerre, en abordant aussi bien ses séries majeures que les fondements théoriques de sa démarche. Conçu comme une rétrospective conceptuelle, l’ouvrage couvre plusieurs décennies de création et s’organise autour de la notion de « dualisme sphérique », selon laquelle le monde est régi par des oppositions complémentaires — corps et esprit, ordre et chaos, érotisme et mort — qui coexistent au sein de l’image photographique. Hosoe y défend une photographie affranchie du réalisme documentaire, pensée comme un espace de projection mentale et symbolique. Les corps, souvent mis en tension ou fragmentés, deviennent des formes expressives plutôt que des sujets identifiables, comme dans la série Barakei (Ordeal by Roses), issue de sa collaboration avec Yukio Mishima, où la mise en scène du corps révèle des conflits intérieurs et idéologiques. Le livre accorde également une place importante à la série Gaudí, réalisée à Barcelone, dans laquelle Hosoe transpose sa vision du dualisme à l’architecture organique de l’architecte catalan : les formes courbes, les textures minérales et les jeux d’ombre et de lumière y sont photographiés comme des corps vivants, prolongeant sa réflexion sur la fusion entre nature, matière et spiritualité. Le noir et blanc contrasté, l’attention portée à la structure formelle et l’influence du théâtre et de la danse expérimentale japonaise confèrent à l’ensemble une forte cohérence visuelle. Par sa mise en page immersive et son approche analytique, l’ouvrage s’impose comme une synthèse essentielle de la pensée esthétique de Hosoe, affirmant la photographie comme un médium conceptuel capable d’articuler expérience sensorielle et questionnement existentiel. Le livre de 160 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Seigensha.

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MOUNTAIN STYLE – BRITISH OUTDOOR CLOTHING 1953-2000

À la croisée de l’aventure, du design et de la culture populaire, Mountain Style – British Outdoor Clothing 1953-2000 (publié par les éditions britanniques Isola Press) s’impose comme un ouvrage de référence. Plus qu’un livre de mode, c’est une plongée fascinante dans l’histoire d’un vestiaire né dans le froid, la pluie et les sommets, devenu au fil des décennies un symbole de style bien au-delà des montagnes. Tout commence en 1953, avec la première ascension britannique de l’Everest. Un moment fondateur qui marque le début d’une nouvelle ère pour l’équipement outdoor. À l’époque, les vêtements sont fonctionnels, robustes, parfois bricolés. La laine, le coton et les surplus militaires dominent. Puis viennent l’innovation, les matières techniques et l’essor de marques aujourd’hui cultes comme Karrimor, Berghaus, Rab ou Mountain Equipment. À travers des centaines d’archives visuelles – publicités, catalogues, photos inédites – Mountain Style raconte comment ces pièces conçues pour survivre aux éléments ont quitté les sentiers escarpés pour envahir les villes. Dans les années 80 et 90, les parkas, vestes Gore-Tex et sacs à dos techniques deviennent des marqueurs identitaires, adoptés par les supporters de football, la scène rave ou le streetwear naissant. Le livre explore aussi les figures clés de cette révolution textile : designers, alpinistes, ingénieurs, passionnés, tous animés par la même obsession de performance et de liberté. Le résultat est un récit riche, documenté et profondément humain. À la fois beau livre et essai culturel, Mountain Style séduira les amateurs d’outdoor, les passionnés de mode, les nostalgiques du vintage et tous ceux qui voient dans un vêtement bien plus qu’un simple objet : une histoire, un usage, un style de vie. Le livre de 320 pages, indispensable pour comprendre comment l’outdoor britannique a façonné notre manière de nous habiller… et de regarder le monde, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Isola Press.

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WILLIAM EGGLESTON – THE LAST DYES

The Last Dyes de William Eggleston est un ouvrage charnière qui fonctionne à la fois comme célébration et comme point final d’une aventure artistique et technique. Publié par les éditions américaines David Zwirner Books, le livre réunit les dernières photographies tirées selon le procédé du dye-transfer, une méthode aujourd’hui disparue qui permettait une richesse chromatique exceptionnelle et que Eggleston a portée à un niveau inédit dans l’histoire de la photographie. Figure majeure et pionnier de la photographie couleur, l’artiste y poursuit son exploration de l’ordinaire : routes secondaires, intérieurs anonymes, paysages du Sud des États-Unis, détails insignifiants en apparence, tous transformés par un sens aigu de la composition et par des couleurs denses, vibrantes, presque sensuelles. Ces images ne racontent pas d’histoires explicites ; elles fonctionnent comme des fragments, des poèmes visuels, où la couleur devient le véritable sujet. Le livre est accompagné d’un essai de Jeffrey Kastner, qui apporte un éclairage essentiel sur l’importance de cette série. Kastner replace The Last Dyes dans l’ensemble de l’œuvre d’Eggleston, soulignant comment la fin du dye-transfer ne constitue pas une nostalgie, mais plutôt l’aboutissement logique d’une recherche sur la perception, la matière et le regard. Son texte met en évidence la manière dont Eggleston a redéfini la photographie couleur, en l’éloignant du simple réalisme pour en faire un espace d’expérimentation esthétique et émotionnelle. Ainsi, The Last Dyes s’impose comme un livre à la fois contemplatif et réflexif, un objet précieux qui témoigne de la fin d’un procédé historique tout en affirmant la permanence d’un regard qui continue d’influencer profondément la photographie contemporaine. Le livre de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions David Zwirner Books.

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GRACIELA ITURBIDE

Paru en 2025 aux éditions Editorial RM en collaboration avec la Fundación Mapfre, le livre Graciela Iturbide s’impose comme l’une des publications les plus importantes jamais consacrées à la photographe mexicaine. Cette monographie d’envergure retrace plus de cinquante ans de création et offre une plongée approfondie dans une œuvre devenue essentielle à l’histoire de la photographie contemporaine. Rassemblant plus de deux cents photographies en noir et blanc, l’ouvrage mêle images emblématiques et travaux plus rarement montrés. Il révèle la cohérence d’un regard qui, au fil des décennies, a su conjuguer observation du réel et puissance symbolique. Le livre suit une progression chronologique, permettant de comprendre l’évolution esthétique et conceptuelle d’Iturbide, sans jamais enfermer son travail dans une lecture purement documentaire. Les thèmes centraux de son œuvre — l’identité, les traditions, les rituels, la mort, le sacré et la place des femmes — traversent les pages avec une intensité intacte. Des séries majeures réalisées au Mexique, notamment à Juchitán ou dans le désert de Sonora, côtoient des images prises dans d’autres régions du monde, révélant une attention constante portée aux communautés et aux cultures marginalisées. La force du travail de Graciela Iturbide réside dans sa capacité à transformer des scènes ordinaires en images chargées de mystère et de poésie. Ses photographies ne cherchent pas à expliquer, mais à suggérer, laissant au spectateur un espace d’interprétation sensible. Chaque image témoigne d’un profond respect pour les personnes photographiées et d’un lien intime construit dans la durée. Des essais critiques et une chronologie détaillée viennent enrichir l’ensemble, apportant un éclairage précieux sur le contexte culturel, artistique et personnel de la photographe. Sans jamais prendre le pas sur les images, ces textes accompagnent la lecture et soulignent l’importance de son œuvre dans l’histoire visuelle contemporaine. Plus qu’un simple livre de photographie, cette publication apparaît comme une véritable traversée de l’univers de Graciela Iturbide. Elle confirme la place singulière de l’artiste : celle d’une photographe dont le regard, à la fois rigoureux et profondément humain, continue de résonner avec une force rare aujourd’hui. L’ouvrage de 292 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM.

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SAKIKO NOMURA – TENDER IS THE NIGHT

Avec Tender is the Night (piublié par les édtions Prestel en collaboration avec la Fondation MAPFRE), Sakiko Nomura prolonge une recherche photographique centrée sur la nuit comme espace esthétique et conceptuel. Le titre, emprunté à F. Scott Fitzgerald, ne fonctionne pas comme une référence narrative mais comme une clé affective, orientant la lecture vers la fragilité, l’ambivalence du désir et la suspension du temps. L’ouvrage s’inscrit dans la continuité du travail de Nomura sur le corps masculin, abordé non comme sujet érotique explicite, mais comme surface sensible et instable. Les corps sont fragmentés, souvent privés de visage, réduits à des zones de peau, des gestes inachevés. Cette stratégie visuelle empêche toute identification directe et déplace l’attention vers l’expérience perceptive du regardeur. La nuit joue ici un rôle structurant. Elle n’est pas un simple cadre mais un dispositif qui conditionne la visibilité. L’obscurité permet une économie du dévoilement, dans laquelle la photographie oscille entre apparition et effacement. Le choix du noir et blanc, associé à un grain argentique dense, renforce cette tension. La matière photographique devient presque tactile, soulignant la physicalité du médium autant que celle des corps représentés. L’intervention critique de Simon Baker joue un rôle déterminant dans la lecture de l’ouvrage. Historien de la photographie et ancien conservateur, Baker inscrit le travail de Nomura dans une réflexion plus large sur le regard, le désir et la temporalité photographique. Son texte n’impose pas une interprétation fermée, mais propose un cadre analytique qui éclaire la cohérence formelle et conceptuelle du livre. En soulignant l’importance du rythme, de la répétition et du silence, Baker met en évidence la manière dont Tender is the Night se construit comme une expérience temporelle plutôt qu’un récit linéaire. Son approche critique dialogue avec les images sans les surdéterminer, renforçant la position active du spectateur. L’absence de texte explicatif dans le livre participe de cette logique. Elle refuse toute interprétation autoritaire et place le spectateur dans une position active, confronté à une suite d’images ouvertes, non hiérarchisées. Tender is the Night se construit ainsi comme une expérience temporelle plutôt qu’un récit. La répétition des motifs, la lenteur du rythme et la retenue expressive instaurent une forme de contemplation critique. Par cette approche, Sakiko Nomura, protégée de Nobuyoshi Araki, interroge les modalités contemporaines du regard, du désir et de la représentation du corps. L’ouvrage s’impose comme un objet photographique rigoureux, où la sensualité devient un enjeu formel et théorique. Le livre de 232 pages est maintenant disponible en librairie ainsi que sur Amazon.com.

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GEORGES JOUVE

Icône du design français, Georges Jouve retrouve la lumière à travers un ouvrage aussi élégant que rigoureux publié par les éditions françaises NORMA, pensé comme un véritable livre-objet et une immersion dans l’univers du maître. Céramiste, sculpteur, architecte de formes, Jouve échappe aux catégories, développant une œuvre radicale et sensuelle où la matière semble toujours en mouvement, entre noirs profonds, blancs crayeux et émaux vibrants. Le livre retrace une trajectoire libre, des années d’après-guerre à une abstraction souveraine, révélant une recherche constante d’équilibre entre rigueur moderniste et lyrisme méditerranéen. La direction artistique privilégie l’épure, avec de grandes photographies et des détails qui donnent à voir les traces de la main et la tension des surfaces, tandis que les textes contextualisent sans figer, éclairant une pensée exigeante et résolument contemporaine. Une place essentielle est accordée au travail de Karine Lacquement, dont le regard sensible et précis renouvelle la lecture de l’œuvre : ses images, à la fois analytiques et poétiques, captent la profondeur des émaux, la vibration des volumes et l’intimité des formes, donnant à voir Georges Jouve au plus près de la matière. Loin du simple catalogue, l’ouvrage se lit comme un récit visuel, un dialogue continu entre formes et idées, rappelant combien Georges Jouve fut un créateur total, à la croisée de l’art, du design et de l’architecture, dont l’influence internationale et la modernité demeurent intactes. À la fois référence pour les amateurs de céramique, outil pour les collectionneurs et source d’inspiration pour les designers, ce livre dense et sobre invite à la contemplation et s’impose comme un indispensable de toute bibliothèque dédiée au design. Le livre de 288 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions NORMA.

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KUSUKAZU URAGUCHI – SHIMA NO AMA

Kusukazu Uraguchi (1922-1988) est un photographe japonais connu pour son approche intime et spontanée de la photographie de rue. Son travail capte des scènes ordinaires du quotidien avec une attention particulière aux détails, aux gestes et à l’atmosphère urbaine. Il s’inscrit dans la tradition japonaise du snapshot, privilégiant l’instant et la sensibilité personnelle plutôt que la mise en scène. Publié pour la première fois au Japon en 1981, son ouvrage phare Shima no Ama est aujourd’hui republié pour la seconde fois par les éditions françaises Atelier EXB. Depuis plusieurs siècles, les ama – pêcheuses-plongeuses japonaises – nourrissent l’imaginaire nippon. Ces plongeuses en apnée collectent des ormeaux, coquillages et algues dont la vente leur assure l’autonomie financière au sein de leur foyer. Depuis le milieu des années 1950 et pendant plus de trente ans, Uraguchi  les a photographiées dans la région de Shima, le long de la côte Pacifique du Japon. Fruit d’un important travail de recherche parmi près de 40 000 négatifs – pour la quasi-totalité inédits –, cette archive remarquable de paysages, portraits et vues sous-marines raconte à la fois le quotidien et la place particulière de la communauté des ama au sein de la société japonaise. Les images de Uraguchi parlent d’héritage culturel autant que de modernité alors que ces communautés ont connu de profondes mutations suite à la vague d’urbanisation qui a parcouru le Japon après la guerre. Son langage photographique – la force plastique de ses noirs et blancs contrastés, son sens du décadrage, les gestes saisis dans leur spontanéité – célèbre la liberté des corps, la solidarité et l’esprit d’indépendance. Pour éclairer les multiples facettes de ce travail, le corpus visuel est accompagné d’un texte de Sonia Voss qui dévoile le monde mystérieux de cette communauté, ainsi que d’un texte de Chihiro Minato qui inscrit cette oeuvre dans l’histoire de la photographie. Un glossaire, inspiré des écrits de l’ethnologue japonaise Kiyoko Segawa et dédié au monde de la pêche et de ces plongeuses, révèle toute la richesse et la technicité de leur discipline. Shima no Ama est un témoignage sensible et respectueux sur un mode de vie insulaire aujourd’hui menacé de disparition. Par son regard humble et immersif, Uraguchi transforme le documentaire en une mémoire visuelle profondément humaine. Le livre de 168 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Atelier EXB.

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