Category Archives: Art

TXEMA SALVANS – THE WAITING GAME III

Txema Salvans est un photographe espagnol né en 1971 à Barcelone. Il a choisi la photographie car, selon lui, «c’est le moyen le plus intense d’observer et d’expérimenter la vie quotidienne». Son travail évolue peu à peu de la surprise et de l’ironie à une forme de maturité où l’interaction avec ses personnages devient essentielle, et lui qui se définit comme résolument optimiste aime ce rôle social que lui permet la photographie. Les éditions espagnoles Editorial RM publie aujourd’hui The Waiting Game III, la suite du projet avec lequel Salvans a remporté le concours Fotolibro RM 2012. Si le premier volume de cette fantastique trilogie sur l’attente était consacré au prostituées et le second aux pêcheurs (voir ici), ce troisème ouvrage présente des photographies de chiens gardant des propriétés en l’absence de leurs maîtres, offrant une méditation sur l’ennui et la soumission. Image ancrée dans notre paysage visuel mais rarement représentée en photographie, le chien garde une propriété en l’absence de ses maîtres, généralement enchaîné et passant ses journées derrière une clôture ou un mur, gardant un complexe industriel, une ferme, une casse automobile ou une villa de luxe. Des chiens qui ont l’impression que les journées sont interminables. Ennuyés, maltraités, émotionnellement abandonnés et pourtant toujours obéissants, prêts à remplir leur mission en échange d’un peu de nourriture et d’eau, leur point culminant de soumission apporte un ennui absolu et réduit à néant toute forme d’espérance. Ce sont des chiens qui naissent et meurent au même endroit, traités comme une simple ressource instrumentale : un paradigme clair de la relation dystopique entre l’homme et son environnement. Ce très beau livre de 96 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM.

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MARTIN WONG – MALICIOUS MISCHIEF

Peintre autodidacte, Martin Wong (1946 — 1999) apprend les usages de l’art figuratif en portrayant le bouillonnant quartier new-yorkais du Lower East Side, où il s’installe en 1978. Il peint le quotidien de son quartier, à l’époque composé d’immeubles en briques délabrés et graffés où vivent différentes communautés ethniques, notamment hispaniques. Mêlant réalisme social, érotisme, interculturalité et décoration, ses toiles au style unique en sont des riches témoignages. Représenter le fourmillement du Lower East Side permet à Martin Wong d’aborder des sujets variés au sein de ses œuvres. L’artiste se passionne notamment pour les systèmes de communication minoritaires tels que la langue des signes, les symboles astrologiques, les graffitis, les tatouages ou encore les dispositifs de reconnaissance sexuels. Son intérêt pour ces codes identitaires annonce l’attachement de la scène artistique pour ses questions dans les années 1990. À l’occasion de sa toute première grande rétrospective européenne, les éditions allemandes Buchhandlung Walther König sortent un superbe catalogue de l’exposition Malicious Mischief. Le titre de l’exposition et du livre est tiré de la série d’œuvres homonymes des années 90 qui abordent de manière générique le concept de hors-la-loi, qui a tant séduit Wong et qui a constitué un véritable fétiche tout au long de sa carrière, des jeunes délinquants du Lower East Side de Manhattan à ses amis graffeurs, qui devaient travailler de nuit pour éviter les ennuis avec la police. Cette publication offre de nouvelles perspectives sur la pratique de Wong à travers des textes de Marci Kwon, Sofie Krogh Christensen, David J. Getsy, Mark Dean Johnson, Krist Gruijthuijsen et Agustin Perez Rubio. Le livre de 352 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Buchhandlung Walther König.

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MARTIN PARR – A YEAR IN THE LIFE OF CHEW STOKE VILLAGE

Martin Parr poursuit son grand projet de documenter les traditions et coutumes de la Grande-Bretagne. Le quotidien et l’absurde se côtoient toujours étroitement dans son œuvre. Exacerbations, facéties et clichés ne rebutent jamais Parr: son regard direct, porté par un humour pince-sans-rire, fait de lui l’un des chroniqueurs les plus lucides de notre époque. Publié par les éditions britanniques RRB, A Year in the Life of Chew Stoke Village est l’aboutissement d’un projet d’un an, en 1992, au cours duquel Martin Parr s’est immergé dans les activités d’un village rural du Somerset situé dans la banlieue de Bristol. À une époque où les prix des maisons avaient fortement chuté dans tout le pays et où les jeunes avaient financièrement du mal à rester dans le village, l’afflux de nouveaux arrivants avait provoqué quelques tensions au sein de la communauté. Les fêtes et activités estivales, les nuits passées à boire au pub local, ont permis à Martin Parr de participer à la vie du village et d’établir des liens avec ses habitants. Souvent décrit comme un “chroniqueur de la vie”, Le photographe est réputé pour sa vision singulière de la société nous permettant de voir d’une manière totalement nouvelle des choses apparemment familières. Son travail à Chew Stoke en est un bon exemple : l’humanité qui se dégage de ces photographies permet de s’immerger dans la vie locale à travers le prisme de son esthétique si reconnaissable. Le livre de 104 pages comprend plus de 40 images inédites du projet et est accompagné d’un nouvel essai de Diane Smyth qui replace l’œuvre dans le contexte actuel, à la fois comme travail documentaire et comme élément de la longue et variée carrière de Parr. L’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB.

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DOUG AITKEN – WORKS 1992-2022

L’artiste américain Doug Aitken (1968 – Redondo Beach) est connu à la fois pour ses photographies et ses installations vidéos. Sa maîtrise technique mêlée à une attitude poétique génère des oeuvres imposantes et sensuelles où la narration se perd dans les limbes et explore les notions de présence, de distance et de mémoire. Le temps et l’espace s’étendent et se contractent pour les éléments et les personnages qui habitent les mondes très sophistiqués et conceptuels créés par Aitken, interrogeant notre propre perception lorsque nous y sommes confrontés. Publiée par les éditions Mack, cette nouvelle monographie intitulée Works 1992-2022 explore la carrière de l’artiste multimédia, en parcourant sa trajectoire depuis ses premières œuvres majeures de la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui. L’œuvre d’Aitken comprend des installations cinématographiques à grande échelle, comme Sleepwalkers (2007), des sculptures in situ, notamment ses Underwater Pavilions (2016) installés au large de l’île Catalina, en Californie, et des happenings itinérants, comme Station to Station (2013), dans le cadre duquel un train contenant un studio itinérant a traversé les États-Unis de l’Atlantique au Pacifique, en organisant des performances uniques à chaque escale. Entremêlant images et textes dans une composition énergique de rythme et de mouvement, ce volume de référence reflète la manière dont Doug Aitken a abordé et exploré le monde contemporain dans son œuvre conceptuelle à travers de multiples supports. L’imposant ouvrage de 608 pages comprend une préface de Joseph Akel et un nouvel essai approfondi sur l’œuvre d’Aitken signé Daniel Birnbaum, ainsi que des essais d’archives et des entretiens avec l’artiste par des auteurs tels que Marc Spiegler, Terry Riley, Hans Ulrich Obrist, Joseph Grima, April Lamm, Susan Solomon et Jörg Heiser. Le livre est dès maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Mack.

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KRASS CLEMENT – BELFAST

Krass Clement (né en 1946) est l’un des photographes danois les plus remarquables de sa génération. Toutes ses photographies abordent les questions existentielles de la condition humaine. Elles nous parlent des sentiments de perte, d’angoisse et de solitude. De cette part de vécu que nous essayons tous de maintenir à distance. Si son univers photographique nous touche si profondément, cela tient non seulement à son grand talent visuel, mais également à son aptitude à rendre ces thèmes proches et abordables. Les éditions britanniques RRB publient aujourd’hui son nouvel ouvrage: Belfast. En 1991, Krass Clement s’est rendu en Irlande à l’invitation du Tyrone Guthrie Centre, un voyage qui a donné lieu à la publication la plus connue de Clement, Drum. Cette œuvre, photographiée en une seule soirée avec seulement trois bobines et demie de film, caractérise le travail de Clement depuis lors. Le photographe travaille rapidement, se déplaçant à travers les espaces en tant que visiteur et observateur, travaillant aussi discrètement que possible. Le processus de Clément est resté le même pendant son séjour à Belfast, il s’est déplacé dans la ville en tournant son objectif vers les visages et les paysages qu’il y a trouvés ; les enfants allant à l’école, les façades des magasins et les fenêtres des maisons, les moments d’espace ouvert entre les bâtiments. Pourtant, à Belfast, l’ambiance est différente, non pas à dessein ou par un changement d’approche, mais en raison de la nature du sujet. En 1991, la ville a connu des décennies de conflit, le cessez-le-feu de 1994 n’étant pas encore intervenu avant quelques années, ce qui, ajouté au déclin de l’industrie de la construction navale et à la politique économique de la fin du XXe siècle, a laissé de grandes zones de Belfast dans un besoin urgent de régénération. Des soldats britanniques attendent devant des maisons, des enfants jouent dans des rues délabrées, Clement les traverse et se documente sans porter de jugement ; il n’est pas un journaliste à la recherche d’un angle ou un photographe de conflit cherchant à exposer la vérité sur le terrain. Dans Belfast, Clement revisite son travail plus de 30 ans après, rassemblant 114 images inédites et les plaçant soigneusement en séquence, proposées sans légende ni commentaire. L’œuvre de Clement invite le spectateur à prendre sa place, à repérer le personnage solitaire qui traverse la scène, et offre un certain recul pour la lecture des photographies. Dans Belfast, Clement revisite son travail plus de 30 ans après, rassemblant 114 images inédites et les plaçant soigneusement en séquence, proposées sans légende ni commentaire. L’œuvre de Clement invite le spectateur à prendre sa place, à repérer le personnage solitaire qui traverse la scène, et offre un certain recul pour la lecture des photographies. Le livre de 144 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB.

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JEAN-MICHEL BASQUIAT – OF SYMBOLS AND SIGNS

L’œuvre symbolique, complexe et souvent empreinte d’émotion de Jean-Michel Basquiat a eu un impact considérable sur la scène artistique de New York dans les années 1980. Et bien que sa trop brève carrière se soit terminée par sa mort à l’âge de 27 ans, Basquiat a laissé derrière lui un énorme héritage, non seulement par le nombre d’œuvres qu’il a produites, mais aussi par les messages qu’il a encodés autour de questions politiques, sociales, raciales et culturelles. Publié par les éditions britanniques Prestel, Of Symbols and Signs est un ouvrage passionnant démontrant comment Basquiat a utilisé un réseau complexe de signes et de symboles pour défier le système même qui a fait de lui la coqueluche du monde de l’art. Il retrace son inspiration à partir des dessins animés, des dessins d’enfants et de la publicité, ainsi que de son propre héritage haïtien et portoricain ; il aborde l’influence des histoires culturelles afro-américaines, africaines et aztèques ; et il révèle comment Basquiat a intégré dans son œuvre des thèmes classiques et des icônes contemporaines: athlètes, musiciens, etc. Ce qui apparaît clairement, c’est que, même jeune, Basquiat avait une profonde compréhension du rôle de l’artiste dans l’histoire de l’art et de sa position en tant que jeune artiste noir dans un monde où le racisme, la répression et l’injustice sociale faisaient partie du quotidien. Ce livre aide les lecteurs à décoder le language visuel unique de Basquiat, un ensemble d’œuvres enivrantes débordant de commentaires sociaux tour à tour incisifs, furieux, comiques, branchés et déchirants, qui restent puissants et significatifs aujourd’hui. Il contribue également à éclairer ses messages sur les questions politiques et sociales qui semblent aussi urgentes aujourd’hui qu’il y a un demi-siècle. Le livre de 216 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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TOM SANDBERG – PHOTOGRAPHS

Le photographe norvégien Tom Sandberg (1953 – 2014) a, tout au long de sa carrière artistique, poursuivi une oeuvre photographique intemporelle et méditative, exclusivement en noir et blanc. Ses photographies sont rares, car l’homme prennait son temps pour photographier un paysage dans la brume, les courbes d’un corps féminin , les nuages , ou des avions en vol. En regardant ses photographies, un parfum de mystère persiste. Tom Sandberg a ainsi passé des décennies à représenter le monde selon une vision exigeante, en exerçant son regard sur les formes du quotidien – abstractions sombres d’asphalte et de mer, contours sévères d’une automobile, tunnels aux courbes inquiétantes, silhouettes anonymes projetant une ombre – pour sonder la nature de la vision photographique. Ses images sont subtiles mais transformatrices, des études de l’immobilité qui interrogent. Perfectionniste dans la chambre noire, Sandberg était extrêmement sensible au riche spectre du noir et blanc, et ses tirages faits à la main, parfois imprimés sur de l’aluminium et de la toile, projettent une puissante présence physique. Bien que Sandberg soit estimé dans sa Norvège natale et dans toute la Scandinavie et l’Europe, son œuvre est moins connue aux États-Unis et dans d’autres parties du monde. Photographs, cette nouvelle monographie publiée par les éditions Aperture et réalisée en étroite collaboration avec la Tom Sandberg Foundation d’Oslo, est une célébration très attendue de ce remarquable artiste. L’ouvrage de 224 pages, avec des essais signés Pico Iyer et Bob Nickas est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Aperture.

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THE UNSEEN SAUL LEITER

Né en 1923 à Pittsburgh, Saul Leiter est considéré comme l’un des pionniers de la photographie couleur, qu’il pratique dès les années 50, dans les rues de New York. Il ne connait cependant le succès qu’au début des années 2000, avec le regain d’intérêt pour les clichés en couleur des années 70. Plus tôt, à partir de 1958, il travaille comme photographe de mode pour le magazine Harper’s Bazaar, où il restera plus de 20 ans. Maître incontesté de la photographie couleur, ses photographies de rue sont l’objet de sa renommée. Souvent prises en se promenant dans son quartier, elles ne semblent jamais datées. À mille lieux de la jungle urbaine qui lui servait de sujet, Saul Leiter a saisi un monde flottant, embué, tendant volontiers vers l’expressionnisme abstrait de ses peintures. Très en avance sur son temps, Saul Leiter investit la diapositive dès 1948 comme un médium artistique à part entière, via des projections qu’il organise. Ce nouvel ouvrage, The Unseen Saul Leiter, publié par les Éditions Textuel, rassemble 76 images inédites, sélectionnées parmi les archives du photographe. Le choix s’est porté sur les œuvres relevant de la street photography, soulignant son extrême singularité, à l’opposé des codes du reportage documentaire. Saul Leiter a réalisé la plupart de ces images entre 1948 et 1966, arpentant les rues de Downtown Manhattan à New York, saisissant la magie et le mystère des décors ordinaires. Près de soixante ans plus tard, sa délicatesse, entre abstraction et figuration, le place parmi les plus grands. Profondément avant-gardiste, la reconnaissance tardive de Saul Leiter explose aujourd’hui. Ce magnifique ouvrage relié de 160 pages, au design particulièrement maîtirisé, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des Éditions Textuel.

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ERNST HAAS – THE AMERICAN WEST

Longtemps considéré par ses pairs comme trop commercial, le travail du photographe autrichien Ernst Haas est souvent réduit à ses photographies en noir et blanc et à ses nombreux travaux publicitaires (il est notamment célèbre pour avoir photographié les premières campagnes Marlboro Man). Il présida pourtant l’agence Magnum en 1959 et en 1962, juste avant de prendre sa retraite, Steichen lui consacra la première exposition de photographie couleur au MoMA, quatorze ans avant la célèbre exposition Eggleston. Les éditions Prestel publient aujourd’hui The American West, le nouvel ouvrage d’Ernst Haas. Adoptant très tôt le film Kodachrome, il a transformé le genre avec ses images saturées de couleurs, le support parfait pour capturer les paysages géographiques et culturels de l’Amérique. Qu’il s’agisse de tempêtes dans le désert, de stations-service de la Route 66, de néons de Las Vegas, de prairies ondulantes, de fermes délabrées, de défilés de petites villes ou de trottoirs urbains, les images parfaitement composées de Haas contiennent un langage pictural distinct, empreint de poésie, de motifs et de lumière. En même temps, ses images communiquent le point de vue d’un journaliste, qu’il s’agisse de la pauvreté rurale, du confort des banlieues ou du mythe de l’Ouest américain. Ce livre remarquable offre une vision de l’Amérique à la fois poignante et familière et cette collection d’images couleur saisissantes de l’Ouest américain est à la fois un portrait national émouvant et une célébration de la photographie couleur analogique par un génie incontesté de la forme. Le livre de 208 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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HARRY GRUYAERT – BETWEEN WORLDS

Membre de l’agence Magnum depuis 1982, Harry Gruyaert décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation. Héritier de la tradition américaine incarnée par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, Harry Gruyaert a su créer une palette chromatique extrêmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une manière de découper la lumière et ses ombres dans le cadre. Le photographe arpente, depuis plus de quarante ans, le monde en quête de la lumière décisive. Son rapport très intuitif et physique aux lieux immerge le spectateur dans un univers qui emprunte à la fois au monde du cinéma et à celui de la peinture. ” Une bonne photo est une photo qui dit beaucoup de choses sur le lieu et le moment où elle a été faite “, précise le photographe. L’espace donc – sa complexité, la perception que nous en avons, sa plasticité – est à l’égal de la couleur une composante majeure des images de Gruyaert, comme si la dualité entre couleur et spatialité – sujet majeur des beaux-arts des siècles précédents – se dissolvait pour au final créer une oeuvre où seul importe le plaisir de l’immersion. Basculer dans l’image, dissoudre les frontières entre espaces extérieurs et intérieurs, monde clos ou au contraire ouvert sur l’ailleurs : Between Worlds , son nouvel ouvrage publigé par l’Atelier EXB offre une immersion sensorielle. Peu importe les lieux (boutiques, gares, cafés, métros, chambres d’hôtel, centres commerciaux…), les pays (Europe, Moyen-Orient, Asie, États-Unis, Afrique…), l’époque (des années 1970 à aujourd’hui), le photographe déploie ici l’essence même de son écriture visuelle : une alchimie lumineuse dans un temps suspendu. Où sommes-nous ? Peu importe, seul règne le délice de se perdre. Un texte de David Campany examine la démarche et le positionnement singulier du photographe qui se situe « dans l’espace du seuil (où) nous sommes en équilibre, ni dedans ni dehors, présents mais dans aucun des deux endroits ». Le livre de 144 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Atelier EXB.

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CHRISTOPHER WOOL – BAD RABBIT

Christopher Wool (né en 1955 à Chicago) est un peintre dont les œuvres, depuis le début des années 1980, explorent et repoussent les limites de la peinture. Comme Robert Gober, Cady Noland ou Richard Prince avec lesquels Wool a d’ailleurs travaillé, l’artiste a participé à inventer de nouvelles formes à une discipline prétendument épuisée. Wool mélange les références à la musique, au cinéma et à l’art, créant des œuvres qui témoignent d’une expérience contemporaine. Bad Rabbit est le cinquième ouvrage de Christopher Wool publié par les éditions allemandes Holzwarth Publications, et celui-ci s’appuie à nouveau sur certains aspects des volumes précédents. La série a débuté par deux séries de photographies de routes et d’arrière-cours en désordre autour de Marfa et de la Chinati Foundation de Donald Judd au Texas (voir ici). Pour le troisième livre, l’artiste a superposé deux réalités différentes dans chaque image ; dans le quatrième, le regard photographique original n’a servi que de couche de base pour de nouveaux mondes d’images créés par le traitement et la reproduction. Aujourd’hui, dans Bad Rabbit, Wool ramène son attention sur des fragments de la réalité originale, transformant le microcosme en macrocosme en prenant des morceaux de clôture et de fil de fer et en explorant leurs qualités sculpturales dans des photographies en noir et blanc. Dans sa pratique de la sculpture, l’artiste agrandit certaines de ces maquettes potentielles et les coule en bronze et en acier ; dans les photos rassemblées ici, l’objet trouvé devient un sujet d’observation, sa forme sculpturale étant créée dans son cadrage et dans le traitement ultérieur des images : Wool positionne chaque modèle au centre de la photo, sur une ligne d’horizon où le sol rencontre le mur. D’une image à l’autre, le fil change et bouge, les brins s’élèvent et se referment sur eux-mêmes, s’épaississent en enchevêtrements chaotiques et se ramifient librement dans l’espace vide. La séquence de motifs variés et récurrents, de mises en scène différentes mais similaires, crée sa propre narration, nous obligeant à regarder à nouveau et à détecter des images différentes, tandis que les reproductions soigneusement agrandies ramènent la ligne sculpturale en roue libre du fil à la platitude graphique des peintures de l’artiste. À la fois énigmatique et poétique, le livre de 192 pages conçus dans une édition de 1200 exemplaires, signée et datée par Christopher Wool est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Holzwarth Publications.

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JOHN PETER ASKEW – WE II – PHOTOGRAPHS FROM RUSSIA 1996-2017

De 1996 à 2017, le photographe anglais John Peter Askew (né en 1960) a photographié la ville russe de Perm, la plus orientale d’Europe, dans le cadre d’un projet explorant l’état de l’Europe moderne. Publié en 2019, WE présente un portrait étendu d’une seule famille russe de cette ville, les Chulakovs, photographiée à travers les générations. Après trois ans de gestation, les éditions allemandes Kerber Verlag publient WE II, un volume complémentaire à WE que la conservatrice indépendante et écrivaine Charlotte Cotton a décrit comme “Un livre merveilleux… une histoire photographique magnifique, proche, incroyablement touchante et vaste…”. Si WE II est un portrait épique à travers les générations d’une seule et même famille du point le plus à l’est de l’Europe, ces photographies transcendent leurs circonstances particulières. Askew s’intéresse à notre “meilleur moi”, nous demandant d’imaginer la possibilité d’un monde meilleur, plus ludique, et nous montrant qui nous pourrions devenir. Ce travail, qui s’étend sur plus d’un quart de siècle, est une chronique opportune et idiosyncratique, qui embrasse l’amitié, la communalité et la gentillesse. Le photographe explique; “Mon incapacité à parler russe m’a donné une certaine liberté. Elle m’a obligé à trouver un moyen de penser au monde sans me fier aux mots. Cela m’a ouvert un espace que j’ai comblé en observant.” À travers son nouvel ouvrage, Askew nous fait dévouvrir une fois de plus la magie du quotidien. Le livre de 352 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kerber Verlag.

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