Category Archives: Art

SHERON RUPP – TAKEN FROM MEMORY

Publié par les éditions allemandes Kehrer, Taken From Memory est le fruit d’un projet s’étalant sur plus de 25 ans de la photographe américaine Sheron Rupp (1943 à Mansfield, Ohio). À la recherche de liens avec son propre passé biographique, Rupp a pris ces photos dans une Amérique rurale afin de trouver un morceau de la vie de quelqu’un d’autre qui lui redonnerait un sentiment d’appartenance. La photographe explique: “Je me souviens de cet été en Arkansas comme d’un véritable poème. Cela a résonné avec ce que j’ai choisi de photographier des années plus tard et m’a fait me demander pourquoi je me sentais «chez moi» avec certains des gens dans mes photos.” Par leur caractère intime, ces photographies nous conduisent dans la réalité la plus nette du quotidien des ruraux Américains, et offrent un aperçu saisissant de la vie dans les zones rurales et les petites villes communément ignorées, entre les métropoles animées de la côte est et de la côte ouest. “Photographier ces lieux ruraux, pour la plupart inconnus, a donné un sens à ma propre vie; rien n’était perdu. Pour moi, ces clichés ont ajouté une affirmation ou, au mieux, une description, à la vie de ces personnes si cachées du reste du monde.” Sans prétention ni ironie, sans affirmation ni jugement, les impressions du passé de Sheron Rupp constituent également un commentaire poignant sur la société américaine actuelle. Ce très bel ouvrage de 108 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

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DR. PAUL WOLFF & TRITSCHLER – LIGHT AND SHADOW

Publié par les éditions Kehrer, Light and Shadow marque la redécouverte de deux des photographes allemands les plus célèbres des années 1930: Paul Wolff (1887-1951) et Alfred Tritschler (1905-1970). Les deux photographes sont aujourd’hui encore reconnus comme des pionniers de l’utilisation du Leica, précurseurs d’un style toujours plus vivant dans la photographie d’illustration et le reportage. En outre, leur œuvre, estimée à 700 000 clichés, reflète plusieurs chapitres de l’histoire allemande : du réveil culturel pendant les années de la République de Weimar, en passant par le Troisième Reich, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle d’importantes parties des archives Wolff furent également détruites. En termes d’esthétique formelle, Wolff & Tritschler ont fait preuve d’un équilibre entre le conventionnel et le mouvement artistique de la Nouvelle Objectivité, entre le style traditionnel germanique et le courant photographique de la Nouvelle Vision qui adopte des angles inédits (plongée, contre-plongée, vision latérale). Il n’existe pratiquement aucun sujet que Wolff & Tritschler n’aient pas réussi à couvrir. Leur œuvre photographique façonne notre conception de l’ancien ou du “Nouveau Francfort” tout autant qu’il suscite notre nostalgie des lieux lointains, comme en témoignent leurs clichés de voyages en voiture, en bateau ou à bord d’un Zeppelin. En résumé, ce ne sont pas les contradictions qui manquent dans le travail de Wolff & Tritschler depuis trois décennies. Mais c’est précisément ce qui fait de leur œuvre, qui oscille entre prestation de services et aspiration artistique, entre avant-garde et adaptation, un témoin essentiel de leur époque, en amont d’une véritable révolution photographique. Cet imposant ouvrage de 464 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

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THE GAZE OF THINGS – JAPANESE PHOTOGRAPHY IN THE CONTEXT OF PROVOKE – VALENCIA

Le Bombas Gens, centre d’Art de Valence accueille du 22 février 2019 au 2 février 2020 la grande rétrospective La Mirada de las Cosas (The Gaze of Things) – Japanese Photography in the Context of Provoke. On y découvre une sélection d’œuvres de la collection Per Amor a lÁrt, la plus importante collection privée de photographies japonaises de cette période hors du Japon. L’exposition présente plusieurs centaines d’images qui retracent l’histoire de la photographie japonaise à partir de 1950, en accordant une attention particulière aux artistes qui faisaient partie du groupe Vivo (1957 – 1961) et du collectif responsable de la publication mythique Provoke. Entre 1957 et 1972, une transformation radicale du langage photographique a lieu au Japon, avec un groupe de photographes qui commence à développer leur œuvre dans l’après-guerre. Un renouveau qui se déroule parallèlement aux grands changements économiques, culturels et psychosociaux de cette période. On peut ainsi y découvrir le travail d’éminents artistes tels que Shomei Tomatsu, Akira Sato, Yutaka Takanashi et Daido Moriyama, ainsi que Nabuyoshi Araki, Koji Enkoura, Tamiko Nishimura et Hiroshi Hamaya.

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CHRISTOPHER ANDERSON – COP

Christopher Anderson, membre de la prestigieuse agence Magnum Photos, fait partie des photographes contemporains les plus influents. Son œuvre visuelle défie toute catégorisation puisqu’elle se situe entre les mondes du documentaire, de l’art, de la photographie commerciale et de la photographie de mode. Publié par les éditions britanniques Stanley / Barker, COP est le dernier ouvrage en date du photographe canadien, qui fait suite à Approximate Joy (voir ici), superbe série de portraits de la Chine contemporaine. Anderson commence à photographier les policiers de New-York en 2001, peu de temps après l’attaque du 11 septembre. Le paysage urbain commence déjà à changer à l’époque, avec des officiers plus lourdement armés, l’installation de barricades anti-émeute et une augmentation généralisée de la sécurité dans les rues de la ville. Même si celle-ci est en partie installée pour rassurer les New-yorkais, un premier sentiment d’instabilité s’installe. Anderson reprend la série après le mouvement Occupy Wall Street, la mort d’Eric Garner et l’élection de Trump, sous la forme d’une protestation plus large et inconsciente de l’autorité en place. Dans ce nouvel ouvrage, le photographe présente les images certes comme une critique du pouvoir en place mais aussi avec un nouveau regard, accompagné d’une quasi sentimentalité nostalgique pour un New-York qui n’existe plus. Il explique: «J’ai vu le portrait d’une classe ouvrière immigrée en Amérique. L’uniforme ne servait que de lien pour accrocher un échantillon de section transversale. Les photographies ressemblaient davantage à une lettre d’amour à New York ». Le livre de 88 pages, au design particulièrement original et soigné (signé The Entente), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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KATRIEN DE BLAUWER – WHY I HATE CARS

À l’occasion de sa récente exposition personnelle Love Me Tender à la galerie parisienne Les Filles du Calvaire au printemps dernier (voir ici), les éditions suédoises Libraryman publient le nouvel ouvrage de l’artiste belge Katrien De Blauwer (née en 1969), intitulé Why I Hate Cars. Après son précédent livre When I Was a Boy, De Blauwer continue d’explorer son médium, «la photographie sans appareil photo», dans cette monographie. Après des études en peinture et en mode, elle commence à s’engager dans une pratique artistique décalée en rassemblant des images d’anciens magazines et journaux – en guise d’auto-investigation thérapeutique, dont elle est devenue le fondement. En créant ses propres collages, l’artiste révèle un royaume intérieur en initiant des narrations anonymes et cinématiques. Dans ce travail particulier, elle a commencé à expérimenter avec de la peinture et des crayons de couleur, apportant une couche de couleurs supplémentaire aux histoires qu’elle raconte. Le coup de pinceau est alors aussi sec et précis que le coup de ciseaux. Derrière ce « cut » intransigeant, pareil à la technique du montage, il y a la volonté de reconstruire l’image, d’en faire naitre un récit, et de redonner à cette matière première toute son « glamour » passé. Ses collages se nourrissent de ces photographies oubliées qu’elle recycle taille et relie entre elles. Ils naissent ainsi d’une connexion inattendue entre plusieurs figures, entre les motifs et les couleurs. Le livre de 72 pages, édité à 1000 exemplaires, contient un extrait écrit par Katrien De Blauwer, tiré d’un de ses cahiers. Il est disponible dès maintenant sur la boutique en ligne des éditions Libraryman.

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JOACHIM BROHM & ALEC SOTH – TWO RIVERS

À l’occasion de l’exposition Two Rivers des photographes Joachim Brohm et Alec Soth au NRW-Forum Düsseldorf (du 29 mars au 7 juillet 2019), les éditions Koenig Books publient un très beau catalogue. Ce dernier se concentre sur la série Sleeping by the Missisippi (2000-2004) d’Alec Soth et la série Ruhr (1980-1983) de Joachim Brohm, qui présentent toutes deux des personnes en bordure de rivière. Brohm, qui a étudié à la Folkwang Hochschule, est un artiste visuel qui s’exprime à travers la photographie. Soth est quant à lui un photographe documentaire lyrique dans la tradition de Robert Frank, Stephen Shore et Joel Sternfeld. Une vision documentaire-artistique unit les deux photographes, et les distingue comme des documentaristes sensibles de leur environnement social. Une sélection d’œuvres issues d’autres séries est également présentée dans le catalogue, comme Ohio, Culatra et des extraits du nouveau projet de Brohm, Dessau Files, ainsi que Songbook et Niagara d’Alec Soth, et permettent d’avoir une vue plus large des œuvres des deux photographes. La série de portraits Flash Ohio de Brohm, publiée pour la première fois exactement 35 ans après sa création, occupe également une place particulière dans le livre. L’ouvrage de 176 pages, accompagné d’essais signés Ralph Goertz, Vince Leo et Wolfgang Ullrich est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Koenig Books, ainsi que sur Amazon.com.

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GIULIO DI STURCO – GANGA MA

Publié par les éditions britanniques Gost Books, Ganga Ma est le résultat d’un voyage photographique de dix ans le long du Gange par Giulio Di Sturco. Le photographe italien documente les effets de la pollution, de l’industrialisation et du changement climatique. Le projet suit le fleuve sur plus de 4000 km, de sa source dans l’Himalaya en Inde jusqu’à son delta dans la baie du Bengale au Bangladesh. Di Sturco explique: « Le personnage principal de mon histoire est une entité non humaine : une rivière. J’ai décidé de la traiter comme un être humain et de créer un flux qui documenterait la rivière comme si je documentais la vie d’une personne. J’ai pensé qu’il était significatif qu’en 2017, Mère Ganga ait été reconnue comme une entité vivante par la Haute Cour de l’Etat d’Uttarakhand. » Lorsque que le photographe commence à documenter le Gange en 2007, le fleuve est au bord d’une crise humanitaire et d’un désastre écologique, devenant ainsi une métaphore de l’approche conflictuelle de l’homme face à la nature, à la fois vénérée et profanée. L’utilisation du moyen format lui a permis de ralentir les choses, de se rapprocher de ses sujets et d’obtenir un haut niveau de détail et de précision des couleurs. Les clichés du livre combinent une réponse esthétique et picturale au teint et à l’atmosphère du Gange avec des éléments du détachement observationnel de la photographie documentaire. Les perspectives des vues panoramiques du livre montrent les structures construites par l’homme telles que les ponts ou l’architecture illégale d’extraction de sable, et font écho à la tradition de la peinture épique de paysage. Ces images sont combinées à des photographies prises sur les rives du fleuve, illustrant les effets de l’industrialisation à l’échelle humaine. Le livre de 136 pages comprend des textes de l’auteure et militante écologiste, le Dr Vandana Shiva, et du conservateur Eimear Martin. Il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gost Books, ainsi que sur Amazon.com.

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IAN WELDON – I AM NOT A WEDDING PHOTOGRAPHER

À l’occasion de l’exposition I Am Not A Wedding Photographer de Ian Weldon à la Martin Parr Foundation de Bristol (du 26 juin au 10 août 2019), les éditions RRB Photoboooks publient un catalogue présentant une sélection des meilleurs clichés de mariage du photographe britannique. Weldon débute sa carrière photographique dans les mariages, ce qu’il considère à l’époque comme le bas de l’échelle des métiers de la photographie. Il était loin de se douter que, plus tard, il tournerait son objectif sur la cérémonie du mariage d’une manière complètement nouvelle et sincère. Rompre avec les conventions et se concentrer sur le concept même du mariage est devenu le défi du photographe. Les cérémonies sont ainsi devenu son propre projet artistique. « Voilà un photographe qui documente les mariages tels qu’ils sont : c’est-à-dire des réunions de famille plutôt comiques, où l’alcool coule à flots et les gens se lâchent » explique Martin Parr. Son travail souligne l’absurdité et le chaos des journées de mariage. « De manière générale, la vie est absurde et très chaotique. Les mariages amplifient cet aspect puisqu’ils forcent tout un groupe à passer du temps ensemble, imposent à tous de s’amuser et de faire bonne impression. En fait, c’est l’effervescence que j’aime bien. Ça donne de belles images » commente le photographe. Le livre de 92 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Photobooks.

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LEE FRIEDLANDER – THE MIND AND THE HAND

Dans les années 1960 et 1970, Lee Friedlander (né en 1934) a développé son approche originale pour documenter le « paysage social » américain, à savoir des photographies en noir et blanc d’apparence complexe, de tout ce qui passait devant son objectif. Mais alors qu’il se faisait un nom dans le monde de la photographie documentaire, capturant l’aspect et la sensation de la vie américaine moderne, il photographiait aussi ses amis les plus proches, une pratique qu’il a poursuivi tout au long de sa longue carrière. Publié par les éditions américaines Eakins Press Foundation dans un très beau coffret comprenant six livres, The Mind and the Hand présente les portraits intimes de six de ses meilleurs amis pris au cours des cinq dernières décennies. Les sujets, présentés chacun dans leur propre volume, font partie des photographes les plus influents de l’une des périodes les plus fertiles du média en Amérique : Richard Benson, William Christenberry, William Eggleston, Walker Evans, John Szarkowski et Garry Winogrand. Ce sont eux qui, des décennies durant, étaient cachés derrière l’appareil photo, mais aujourd’hui, ces clichés intimes en noir et blanc de Friedlander, dont la majorité n’ont encore jamais été dévoilés au public, nous révèlent ces géants de la photographie comme on ne les a jamais vu auparavant : tenant leur bébé, à la plage, à table, jouant du piano, fumant des cigarettes ou prenant un verre de vin ou deux. Chaque volume commence par une citation pertinente de son sujet. Le coffret, contenant un total de 240 pages, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Eakins Press Foundation, ainsi que sur Amazon.com.

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BALKRISHNA DOSHI – ARCHITECTURE FOR THE PEOPLE

À l’occasion de la première rétrospective internationale de l’architecte indien Balkrishna Doshi (né en 1927) au Vitra Design Museum de Bâle, un superbe catalogue intitulé Architecture for the People a été publié. Balkrishna Doshi, lauréat du prestigieux prix d’architecture Pritzker 2018, est l’un des architectes les plus influents de l’Inde, réputé pour ses conceptions harmonieuses qui allient le langage formel du modernisme classique aux traditions de construction indiennes et aux savoir-faire artisanaux locaux. Toujours conçue en tenant compte des conditions sociales, environnementales et économiques d’une commission ou d’un site donné, l’architecture de Doshi honore le passé tout en s’adaptant à l’évolution rapide des conditions et des besoins de l’Inde moderne. L’architecte a conçu plus de 100 bâtiments – établissements d’enseignement et culturels, bâtiments publics, résidences privées et projets de logement pour les personnes à faible revenu – et a enseigné à de nombreux étudiants au cours de ses 60 ans de carrière, une carrière qui se distingue par son sens des responsabilités et son dévouement envers le pays et les collectivités qu’il a servi. Balkrishna Doshi : Architecture for the People présente la première étude complète de l’œuvre de cet architecte révolutionnaire depuis plus de 20 ans. Avec une vue d’ensemble complète de tous les projets de Doshi, il donne un aperçu de l’inspiration derrière son travail et le contexte de ses projets à travers des essais écrits par des experts exceptionnels dans le domaine, tels Kenneth Frampton, Kazi Ashraf et Juhani Pallasmaa. Le livre richement illustré est complété par un entretien avec l’architecte, une biographie illustrée et de nouvelles photographies qui documentent l’actualité impressionnante des bâtiments du maître indien. Ce très bel ouvrage de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Vitra Design Museum, ainsi que sur Amazon.com.

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CHARLES FREGER – CIMARRON

Publié par les éditions espagnoles Editorial RM, Cimarron est le troisième volet d’une série photographique entamée en 2013 par Charles Fréger consacrée aux mascarades. Après Wilder Mann (depuis 2010), dédié au continent européen, et Yokainoshima (2013-2015), localisé sur l’archipel nippon, Cimarron (2014-2018) s’ancre dans les territoires des Amériques. Dans un espace géographique s’étendant du sud des États-Unis au Brésil et comprenant quatorze pays, Charles Fréger dresse cette fois un inventaire, non exhaustif, des mascarades pratiquées principalement par les descendants d’esclaves africains, célébrant la mémoire de leurs pairs et leurs cultures singulières. « Cimarron » : le terme revêtu par la série désigne initialement dans le monde colonial hispanique l’esclave fugitif ; puis il donne naissance au terme « marron », évoquant après 1848, date de l’abolition de l’esclavage, la figure héroïque de l’homme résistant à l’oppression. Derrière la multitude de traditions masquées présentées, se meuvent les fantômes d’hommes et de femmes aspirant à la liberté. Au travers de ce corpus se déploient des mascarades dans lesquelles, entre masques, maquillages, costumes, parures et accessoires, s’entremêlent les cultures africaines, indigènes et coloniales, prises dans le vertige d’un mouvement syncrétique pluriséculaire. La mascarade est plus que jamais ici territoire de mise en regard d’une communauté par une autre, espace où l’on rejoue, où l’on réinvente le rapport à l’oppresseur soit pour le mimer, soit pour l’inverser, toujours pour le subvertir. Ce très bel ouvrage de 320 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM, ainsi que sur Amazon.fr.

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EAMONN DOYLE – MADE IN DUBLIN (DUBLIN TRILOGY)

Eamonn Doyle a étudié la peinture et la photographie à Dublin à la fin des années 1980. Il a ensuite travaillé pendant vingt ans dans l’industrie musicale indépendante avant de revenir à la photographie en 2009. Publié par les éditions britanniques Thames & Hudson, Made In Dublin (Dublin Trilogy) réunit les trois extraordinaires séries de photographies de Doyle: i, ON et End. Photographiée à un jet de pierre de sa porte d’entrée, cette trilogie de Dublin offre un portrait multiforme d’une ville subissant et survivant des changements rapides. Dans i, de mystérieuses silhouettes sont absorbées par le paysage intérieur de leur point d’ancrage, figées dans une chorégraphie silencieuse. Les géants en noir et blanc de ON se convulsionnent dans leur propre image en accrochant la dure lumière dublinoise. End. accorde autant d’importance à la ville qu’à ses habitants, leurs énergies se façonnant réciproquement. Les trajectoires répétées de la vie quotidienne sont compressées dans les mêmes rues. L’autonomie de Dublin s’émousse au contact de sa population, tandis que les rues deviennent une sorte d’État mental et sculptural à l’échelle de la cité. Dublin, sa lumière et ses habitants semblent esquisser un ballet et intervertissent leurs rôles dans une succession de saynètes. Le photographe irlandais explique: « Ces photographies ne donnent à voir que des fragments de récits possibles mais à mes yeux, toute vie possède sa part de gravité et de théâtralité même si, au bout du compte, son sens nous échappe. » Les vignettes textuelles de Kevin Barry, auteur primé, enrichissent le voyage visuel. Imaginant ce qui pourrait se passer juste hors du cadre, Kevin Barry donne la voix aux Dubliners autrement silencieux capturés par la caméra de Doyle. Avec des photographies nouvelles et inédites, le design de Niall Sweeney complète ce qui ne peut être décrit que comme une expérience sonore et cinématographique exaltante sous forme de livre. L’ouvrage de 272 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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