Category Archives: Art

MARCIA RESNICK – RE-VISIONS

Artiste et photographe, figure de l’avant-garde de Downtown New York, Marcia Resnick (née en 1950 à Brooklyn) documente les communautés artistiques new-yorkaises depuis plus d’un demi-siècle. Les éditions suisses Edition Patrick Frey publient aujourd’hui la réédition de son livre iconique, Re-visions, sorti en 1978 et encensé à l’époque par Allen Ginsberg, Andy Warhol, William S. Burroughs et Lydia Lunch. L’ouvrage se compose d’une série de 48 photographies noir et blanc constituant un récit autobiographique qui met en scène l’adolescence féminine. En 1975, alors qu’elle conduisait sa voiture à Manhattan, Marcia Resnick s’est trouvée impliquée dans un accident de voiture et toute sa vie est passée devant elle. Quand elle s’est réveillée à l’hôpital, elle a commencé à penser à son passé. Elle a commencé à écrire des idées et à dessiner des images en considérant sa vie jusqu’à présent, en vue de la création d’un nouveau projet. En 1978 sort son livre autobiographique Re-visions, poignant et ironique, composé de photographies mises en scène. Ce livre est un ensemble de revisualisations de mémoires, souvent révisées pour augmenter l’ironie et l’humour de la condition humaine. Les mots et les images sont tout aussi importants: ils se nourrissent les uns des autres en travaillant de concert ou en discorde pour former le récit. Andy Warhol l’appelait «Bad», alors qu’Allen Ginsberg parlait lui de «Sharp… for a girl.» Aujourd’hui, 41 ans plus tard, Lydia Lunch, amie de longue date, rend hommage à la deuxième édition de Re-visions: “qui murmure dans des tons mystérieux prédisant la perversion délicieuse d’une adolescence naissante.” Resnick explique: “En réalisant Re-visions, j’ai beaucoup appris sur les femmes, et sur moi-même. J’ai découvert des femmes indépendantes, créatives, qui évoluaient dans un monde « d’homme ». Chaque femme que j’ai photographiée m’a appris quelque chose. Chacune des artistes féminines, écrivaines, musiciennes, danseuses ou pionnières sexuelles que j’ai photographiées avait un talent et une vision à part.” Ce très beau livre introspectif de 104 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Edition Patrick Frey, ainsi que sur Amazon.com.

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RICHARD LEAROYD @ FUNDACION MAPFRE MADRID – OPENING

La Fundación MAPFRE de Madrid accueille depuis mercredi dernier la grande rétrospective de l’un des grands photographes contemporains, le britannique Richard Learoyd. Certaines spécificités convergent dans son œuvre qui la rendent particulièrement originale. Les photos sont le résultat d’une grande chambre noire qu’il a lui-même fabriquée. Une grande partie de son œuvre se compose d’hommes et de femmes absorbés dans leurs pensées. Il n’y a pas de contexte pour ces personnes, qui semblent suspendues dans un espace sans référence au temps ou au lieu. Learoyd porte également son attention sur le paysage et la nature morte selon les mêmes paramètres, toujours avec un regard singulier, fruit dans de nombreux cas du processus artisanal inhérent à chacune de ses œuvres. Sobriété et intensité vont de pair dans son travail. Cette exposition, organisée par la Fundación MAPFRE de Madrid, présente Richard Learoyd au sommet de sa carrière, à travers une sélection de 51 œuvres en couleur et en noir et blanc qui résument le meilleur de son travail sur une décennie. Jusqu’au 24 mai 2020, à la Sala Fundación MAPFRE Bárbara de Braganza à Madrid.

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MICHAEL GALINSKY – THE DECLINE OF MALL CIVILIZATION

Le projet du livre The Decline of Mall Civilization de Michael Galinsky, publié en novembre 2019 par les éditions Rumur, est né un peu par hasard, en 2010, lorsque l’auteur a emprunté le scanner d’un ami pour numériser certains de ses négatifs qu’il n’avait encore jamais développés. Il est alors tombé sur de vieilles photos qui avaient capturé la vie au cœur de centres commerciaux, une culture de la consommation aujourd’hui mise à mal par Internet et l’e-commerce. Dès leur mise en ligne, ces photos ont rencontré un franc succès. Galinsky a donc réalisé son premier livre Malls Across America, qui a été très apprécié du public. Au début de 2019, le projet The Decline of Mall Civilization a débuté avec la publication du livre sur le portail international de financement participatif Kickstarter, dépassant toutes les prévisions en matière de collecte de fonds. Entre Détroit, Chicago et le Dakota du Sud, il a visité, photographié et raconté quinze centres commerciaux. Dans ce livre, on peut retracer l’épopée de la mall culture qui a dominé l’Amérique de Ronald Reagan dans les années 80 et 90. Avec l’essor d’Internet, les magasins et les centres commerciaux sont très souvent devenus des villes fantômes. Voir ces images aujourd’hui ne représente pas seulement un souvenir des objets du passé, mais un avertissement raconté sous forme d’images surprenantes et honnêtes d’un passé à jamais disparu. Lorsque l’ouvrage a été publié sur la plate-forme de crowdfunding, de nombreuses personnes ont perçu des similitudes entre les décors de la troisième saison de la série à succès Stranger Things et les photos prises par Michael Galinsky. Cette singularité a contribué au grand succès du livre et de la collecte de crowdfunding réalisée sur Kickstarter. The Decline of Mall Civilization est actuellement épuisé sur la boutique en ligne des éditions Rumur, mais il est encore disponible dans quelques librairies spécialisées.

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HENRI CARTIER-BRESSON – CHINA 1948-1949, 1958

À travers les abondantes archives de la Fondation HCB, ce livre publié par les éditions Thames & Hudson retrace et analyse un des moments clés de la carrière d’Henri Cartier-Bresson, le séjour en Chine, de décembre 1948 à septembre 1949. Suite à une commande de Life Magazine, et peu après la création de l’agence coopérative Magnum, le photographe réalise ce voyage au moment de la transition entre le régime nationaliste de Chiang Kaï-shek et le régime communiste de Mao Zedong. Plus que des photographies dites « de reportage », les images qui en résultent, dont beaucoup sont restées parmi ses plus célèbres, témoignent d’événements marquants, de circonstances sociales et de modes de vie qui vont disparaître, et surtout retiennent l’attention par leurs qualités empathiques et poétiques. Marqué par le pays et sa culture, comme par les mutations politiques de l’époque, Cartier-Bresson retournera en Chine en 1958 et constatera les effets du changement de régime. Élargissant le propos du livre, ce second séjour vient ici compléter le premier, à la fois en résonance et en contraste. L’ouvrage – dont la sélection photographique a été réalisée en étroite collaboration avec la Fondation HCB par les auteurs, Michel Frizot et Ying-lung Su – analyse et organise un corpus photographique, documentaire et historique inédit, d’une ampleur exceptionnelle, grâce auquel on accède à la pratique, aux intentions et aux audaces d’une figure majeure de la photographie. Au moment et dans les circonstances qui vont faire de lui une référence et une célébrité du photoreportage. Publié à l’occasion de l’exposition Henri Cartier-Bresson, Chine 1948-1949 | 1958 à la Fondation HCB, Paris, du 15 octobre 2019 au 9 février 2020, ce magnifique catalogue de 288 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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LARRY NIEHUES – NOTHING HAS CHANGED

Publié par les éditions belges Lannoo, Nothing Has Changed est un vibrant portrait de l’Amérique d’aujourd’hui vu à travers l’objectif du photographe français installé à Los Angeles, Larry Niehues. Au cours d’un périple de six ans, Niehues a visité tous les États de l’Union, documentant la vie quotidienne des gens ordinaires comme l’a fait Robert Frank. Ses photos, prises aujourd’hui mais avec l’imperfection nostalgique du film 35 mm d’autrefois, semblent nous transporter dans le temps. Elles transmettent l’essence et la nostalgie du mythique “American way of life” (motels, restaurants, stations d’essence…) d’une manière brute, puissante et authentique. Par sa vision de l’Amérique telle qu’elle est, Larry Niehues fait revivre la grandeur de l’Amérique telle qu’elle était. Dans une récente interview, le photographe explique: “La vieille Amérique me fascine car en tant qu’Européen, tout est nouveau pour moi ici, je n’ai pas grandi dans ce contexte. À chaque fois que je prends la route, le souvenir d’une musique où d’un film apparaît. (…) J’adore capturer le “everyday life” de mr/mme tout le monde aux USA. Mon côté intemporel et nostalgique est toujours attiré par les vieilles choses. Cette vieille Amérique existe toujours mais jusqu’à quand..? C’est pour cela que je garde un côté reporter (rires), je me dois de capturer le moment présent.” Ce très bel ouvrage de 240 pages, avec un avant-propos de Dan Auerbach (chanteur et guitariste du groupe The Black Keys), est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Lannoo, ainsi que sur Amazon.com.

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WARHOL WOMEN

Au cours de sa carrière artistique, Andy Warhol a dépeint un étonnant panel de femmes, allant des héritières et des stars d’Hollywood, aux drag queens et aux habitants de la scène artistique underground de New York. À l’occasion de la grande rétrospective Warhol Women à la galerie new-yorkaise Lévy Gorvy (du 25 avril au 16 juin 2019), un très beau catalogue de l’exposition a été publié par les éditions Lévy Gorvy. Entièrement consacré aux portraits de femmes réalisés par Andy Warhol du début des années 1960 jusqu’aux années 1980, Warhol Women considère les sujets féminins de l’artiste comme un moyen d’examiner sa compréhension prémonitoire des mythes et des idéaux inhérents aux constructions du genre, de l’esthétique et du pouvoir. Entièrement illustré, le catalogue comprend une interview de Brett Gorvy avec Corice Arman, dans laquelle elle revient sur son expérience en tant que modèle pour deux portraits de Warhol, de la poésie de la superstar de Warhol John Giorno, ainsi qu’une sélection complète des images et polaroïds que Warhol a utilisés pour créer chaque portrait. Dans une série d’essais commissionnés pour l’occasion, Blake Gopnik parle des femmes essentielles au développement de Warhol en tant qu’artiste, Lynne Tillman examine sa relation compliquée avec sa mère dévouée, et Alison M. Gingeras écrit sur les femmes qui ont tenu des rôles divers et vitaux tout au long de la carrière de Warhol, d’Ethel Scull et Edie Sedgwick, à Brigid Berlin, Pat Hackett, et plus encore. À travers des œuvres séditieuses et provocantes, vulnérables et pudiques, Warhol Women jette un nouvel éclairage à la fois sur l’œuvre de l’artiste et sur notre époque actuelle, où les questions de féminisme et de la construction de l’identité à travers les images sont particulièrement pressantes. Le livre de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Lévy Gorvy, ainsi que sur Amazon.com.

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HIROYOSHI YAMAZAKI – CROSSROAD

Ayant étudié l’art de la photographie sous la direction, entre autres, de Daido Moriyama dans les années 1980, Hiroyoshi Yamazaki a passé les années 1990 à photographier les rues de Tokyo. C’est équipé d’un appareil reflex moyen format Bronica 645 doté d’un adaptateur de film 35 mm et d’un flash que Yamazaki arpente, de 1990 à 1996, les artères de la capitale japonaise. S’occupant de son père alité à la maison, le photographe consacre ainsi son temps libre à immortaliser la vie des rues de Tokyo en images qui racontent chacune de petites histoires et qui sont aujourd’hui réunies dans le livre Crossroad, publié par les éditions japonaises Sokyu-Sha. Ensemble, ces clichés forment une plus grande histoire de la vie et des tendances dans les années qui suivirent l’éclatement de la bulle japonaise. Bien entendu, ces photographies ont toujours une grande valeur historique, mais les images de Yamazaki transcendent le statut de simples documents: il y a une légèreté dans ses cadrages et une distance à la fois étrange et fascinante dans ces scènes de rue, que l’on ne trouve pas dans d’autres photographies du même style (de n’importe quelle époque). Dans la postface de l’ouvrage, Hiroyoshi Yamazaki explique: “Ce n’est pas à cause d’une conscience ou d’une sensibilité particulière que j’ai choisi de prendre des clichés de Tokyo. Il s’agit plutôt d’une promenade sur l’autoroute classique de la photographie instantanée. Plus que la quête de la prise de vue, je pense aujourd’hui que la véritable essence de la photographie se trouve dans ce qui pénètre et ressort des photos”. Publié dans une édition limitée à seulement 500 exemplaires, le livre de 122 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Sokyu-Sha.

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STEPHEN SHORE – ELEMENTS

A la façon d’Eugène Atget ou de Walker Evans, les vues de Stephen Shore (né en 1947) présentent l’ordinaire, les coins de rue, les parkings, des maisons sans charme, une vitrine presque vide, des stations service, des chambres d’hôtel. Le photographe a collecté ainsi des images de tous les coins du pays : Floride, Californie, Texas, Montana, Ohio, Arizona… et même Canada. Le travail vise l’émotion, principalement au travers de la couleur et de la construction. Publié par les éditions américaines Eakins Press Foundation, Elements s’inspire de la célèbre première publication de la fondation, Message from the Interior (1966) de Walker Evans, qui rassemble des images de toute la carrière d’Evans. Comme pour ce livre, les clichés de Stephen Shore ont été soigneusement sélectionnés pour représenter la poésie de son approche du monde à travers les photographies. Les 24 images (16 en couleur et 8 en noir et blanc), issues de ses toutes dernières œuvres réalisées avec un appareil 8×10″, vont de la vallée de l’Hudson à New York au Yucatan, en passant par l’Italie, le Texas, Israël et l’Écosse. Comme le suggère le titre du livre, ce sont les résonances élémentaires de la terre, de l’humanité et du temps qui relient ces photographies. Ce magnifique ouvrage de 60 pages, accompagné de textes de Mahmud Shabistari et William Shakespeare, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Eakins Press Foundation, ainsi que sur Amazon.com.

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DAIDO MORIYAMA – A DIARY (HASSELBLAD AWARD 2019)

A Diary est le nom du nouveau catalogue de Daido Moriyama publié par les éditions Koenig Books, à l’occasion du Prix Hasselblad 2019 et de l’exposition qui l’accompagne, au Centre Hasselblad de Göteborg, du 14 octobre 2019 au 9 février 2020. Membre de l’avant-garde artistique japonaise d’après-guerre, Moriyama commence son œuvre au milieu des années 1960. Auteur de plus de 200 livres mêlant photographies, textes théoriques et techniques d’impression diverses mais aussi performances et dispositifs d’installations, il exploite toutes les formes du medium photographique et contribue à redéfinir la pratique de la photographie de rue. Membre du mouvement Provoke qu’il rejoint en 1968 pour la deuxième édition de la revue éponyme, Daido Moriyama produit une œuvre riche, dense et protéiforme. Ses photographies –souvent décrites comme brutes, floues et troubles (l’esthétique du “are, bure, boke”), ont donné naissance à une nouvelle pratique de la photographie de rue où l’artiste, qui rôde sur la route, est en prise avec l’espace public. Le travail de Daido Moriyama embrasse aussi la technique de la sérigraphie, qu’il utilise dès les années 70, tant pour produire des livres que des œuvres à exposer. Avec son rythme d’images intense, l’ouvrage rend hommage au photographe japonais (né en 1938), lauréat du prix Hasselblad 2019, et à son approche très influente, radicale et authentique de la photographie. Le livre évoque les expéditions photographiques quotidiennes et continues de Daido Moriyama qui donnent vie à une œuvre chargée de fragments, de répétitions, de hasard et de chaos. Afin d’illustrer l’impact à long terme et à grande échelle de sa photographie, cette publication présente non seulement un aperçu et une analyse de son travail par Sandra Phillips, mais elle comprend également des notes personnelles plus courtes de personnes ayant rencontré et travaillé avec lui au fil des années: Simon Baker, Mark Holborn, Hervé Chandès, Nick Rhodes et Ishiuchi Miyako. Le livre de 250 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Koenig Books, ainsi que sur Amazon.com.

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MICHAEL KAGAN – I WAS THERE WHEN IT HAPPENED

À l’occasion de la rétrospective de Michael Kagan au Virginia Museum of Contemporary Art (du 21 septembre 2019 au 16 février 2020), le musée américain publie le catalogue I Was There When It Happened, tiré du titre de l’exposition. L’ouvrage rassemble des peintures clés de ces dix dernières années, ainsi que de nouvelles œuvres, et retrace l’intérêt que l’artiste a toujours porté à la technologie, à l’espace et à l’innovation. Kagan a grandi à Virginia Beach, en Virginie. Vivant et travaillant aujourd’hui à Brooklyn, son œuvre évoque la convergence des contrastes. Il peint avec des coups de pinceau épais et puissants qui semblent chaotiques mais qui sont calculés pour former des images cohérentes et réalistes lorsqu’ils sont vus de loin. Une fois appliqué, l’artiste ne modifie pas son coup de pinceau. Cet engagement envers l’application initiale est emblématique de la gravité des choix et des erreurs dans ses récits d’exploration spatiale. Utilisant des photographies de la NASA et des pilotes de Formule 1 comme source d’inspiration principale, les œuvres de Kagan ont une qualité cinématographique. Elles célèbrent la tension entre l’humanité et la technologie, les limites et les triomphes de l’homme, et la conscience qu’une erreur dans cette quête de la victoire pourrait entraîner le sacrifice ultime. Kagan explique : “J’ai grandi en regardant des images de la lune à travers un télescope avec mon père. Je suis allé au camp spatial quand j’étais enfant, donc je pense que cette idée a toujours été là pour faire ces peintures et ces images iconiques sur l’espace”. I Was There When It Happened contient un avant-propos de Pharrell Williams, collaborateur et compatriote de Virginia Beach, un essai de Matthew Israel et une interview de Bill Powers. Le livre de 144 pages est maintenant disponible sur Amazon.com.

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MIKE KELLEY – TIMELESS PAINTING

Au cours de ses quatre décennies de carrière, Mike Kelley (1954-2012) a produit une œuvre particulièrement hétéroclite dans toute une gamme de médias, mêlant ce qu’on appelle la haute culture et la basse culture, critiquant les conventions esthétiques dominantes et combinant les notions traditionnelles du sacré et du profane. À l’occasion de sa récente exposition Timeless Painting, organisée par la galerie new-yorkaise Hauser & Wirth en collaboration avec la Fondation Mike Kelley pour les arts, les éditions Hauser & Wirth Publishers publient un catalogue qui présente les peintures de différentes séries créées sur une période de 15 ans, entre 1994 et 2009, mettant en lumière l’ampleur de l’engagement de l’artiste dans le domaine de la peinture. Organisée par la conservatrice Jenelle Porter, l’exposition tire son titre et son point de départ conceptuel de la série qui a donné naissance à de nombreuses œuvres exposées, et dont “l’approche compositionnelle”, a déclaré Kelley, “doit être lue en dehors de l’influence du développement esthétique historique”. On retrouve dans l’ouvrage des œuvres telles que The Thirteen Seasons (Heavy on the Winter), une série de peintures de forme ovale sur bois ; Timeless Painting, qui a marqué le retour de l’artiste à la peinture en couleur, et qu’il a décrit comme “des décollages maniéristes de la théorie compositionnelle de Hans Hofmann du “pousser et tirer”” ; la série Horizontal Tracking Shots, ainsi que des œuvres réalisées dans le cadre de ses ambitieuses et vastes Extracurricular Activity Projective Reconstructions, une série liée à l’œuvre Educational Complex. L’installation multimédia Profondeurs Vertes de Kelley, son ode aux peintures influentes de la collection du Detroit Institute of Arts qui l’ont captivé dans sa jeunesse, est également présentée. La publication comprend des textes de divers artistes visuels contemporains qui réagissent à l’œuvre de Kelley : Edgar Arceneaux, Carroll Dunham, Daniel Guzmán, Richard Hawkins, Jay Heikes, Jamian Juliano-Villani, Mary Reid Kelley, Christina Quarles et enfin Laurie Simmons. Le livre de 200 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hauser & Wirth Publishers, ainsi que sur Amazon.com.

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BASQUIAT BY HIMSELF

Célèbre dès l’âge de 20 ans pour ses dessins et ses peintures corrosives à contre-courant, Jean-Michel Basquiat (1960–1988) a bouleversé la scène artistique new-yorkaise au début des années quatre-vingt. Il doit sa réputation internationale à des œuvres percutantes et d’une forte expressivité qui abordent des thèmes comme le racisme, la politique ou l’hypocrisie sociale. Bien que sa carrière ait été brutalement interrompue par sa mort prématurée à l’âge de 27 ans, son travail continue à exercer une énorme influence. Publié par les éditions allemandes Hirmer Verlag, Basquiat By Himself est le premier livre à examiner la position centrale que les autoportraits de Basquiat occupent dans son œuvre et jette un nouvel éclairage sur les œuvres de cet artiste intrigant. Les autoportraits de Jean-Michel Basquiat sont considérés comme faisant partie des plus importantes de ses créations radicales. En plus d’une cinquantaine de portraits spécifiques de lui-même, l’ouvrage présente également ses séries de portraits d’hommes afro-américains comme des reproductions cachées de l’artiste. Notamment parce que Basquiat, qui était lui-même touché par le racisme quotidien, s’identifiait à ses héros, ses saints et ses martyrs tels qu’il les représentait. Ainsi, ses thèmes majeurs, de l’identité, la discrimination et les préjugés au capitalisme, au marché et à l’oppression, se retrouvent dans ces œuvres clés. Avec des essais signés D. Buchhart, B. Bischofsberger, N. Cullinan, M. Halsband, A.K. Hofbauer, L. Jaffe et L. Rideal, ce très bel ouvrage de 184 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hirmer Verlag, ainsi que sur Amazon.com.

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