Category Archives: Art

ANDERS PETERSEN – CAFE LEHMITZ REVISITED – MADRID

À l’occasion du festival PHotoEspaña 2017, l’espace CentroCentro Cibeles de Madrid accueille l’exposition personnelle du photographe Anders Petersen: Café Lehmitz Revisited. Le Café Lehmitz était un ancien troquet du port d’Hambourg, fréquenté par les travailleurs du quartier rouge avoisinant. Anders Petersen (ne en 1944 en Suède) le visita pour la première fois en 1962, tissant avec les habitués des liens qui marqueront son existence et sa pratique artistique. En 1968, il s’y rend à nouveau et noue des relations avec les habitués qu’il photographie au quotidien dans l’espace du Café Lehmitz. Conçu comme un huis-clos, Café Lehmitz est un chef-d’œuvre dans lequel l’auteur, immergé dans la vie du troquet et de ses gens ordinaires, s’évertue à maintenir cette « proche distance » (selon le titre d’un ouvrage de Petersen paru en 2002) nécessaire à l’exécution de son travail. Anders Petersen revisite ‘Café Lehmitz’ pour cette nouvelle exposition et présente une sélection inédite de photographies issues de ce travail majeur. Jusqu’au 17 septembre 2017.

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MASAHISA FUKASE – RAVENS

Reconnu internationalement comme l’un des livres de photographie les plus importants de l’histoire du medium, Ravens, du photographe japonais Masahisa Fukase (1934-2012), est réédité cette année par Mack. Publié pour la première fois au Japon en 1986 puis réédité deux fois dans des tirages très limités, cette nouvelle version reste fidèle à l’exemplaire original. Ce fac-similé bilingue de la première édition contient également un nouveau texte par le fondateur des Archives Masahisa Fukase, Tomo Kosuga. Son essai situe Ravens dans l’œuvre plus large et la vie de Fukase, et est illustré de nombreuses photographies et dessins récemment découverts. La série Karasu (Ravens) de Masahisa Fukase a été réalisée entre 1976 et 1982, à la suite du divorce entre l’artiste et sa femme Yoko Wanibe. Le récit visuel de la série tourne autour de la forme anthropomorphique du corbeau. Les paysages côtiers de Hokkaido servent de toile de fond à ses photographies profondément sombres et impressionnistes de nuées de sinistres corbeaux. Symbole de la solitude du photographe, cet oiseau de mauvais augure est également interprété comme une allégorie sinistre du Japon d’après-guerre. Ravens, par le biais de son imagerie envoûtante, continue d’inspirer les artistes et les écrivains d’aujourd’hui. Cet ouvrage mythique de 148 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Mack.

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LEICA PRESENTS EYES WIDE OPEN @ FUNDACION TELEFONICA – MADRID

La Fundación Telefonica de Madrid accueille en ce moment la grande rétrospective photographique itinérante organisée par Leica: Eyes Wide Open: 100 Years of Leica Photography (Con Los Ojos Bien Abiertos). Pour célébrer le centenaire de la célèbre marque allemande, l’exposition retrace l’histoire des appareils Leica depuis 1914, mais souhaite surtout montrer que les photographies reflètent l’évolution de notre regard sur le monde au cours du XXe siècle. Elle rassemble environ 500 clichés de 150 photographes, ainsi que des journaux, magazines, livres, objets et films. On y retrouve en autres des photographies d’Alexander Rodchenko, Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, Robert Frank, William Klein, René Burri, Bruce Gilden, Jeff Mermelstein, Araki Nobuyoshi, Tom Wood, Mark Cohen, Fred Herzog, Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Bruce Davidson, Christer Strömholm, etc. Jusqu’au 10 septembre 2017.

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ANDY WARHOL – DARK STAR

Le musée de Mexico Museo Jumex accueille depuis le 2 juin 2017 une importante rétrospective d’Andy Warhol, intitulée Dark Star. Cette dernière offre un aperçu des changements conceptuels et techniques qui ont marqué la pratique artistique de l’artiste américain: de ses tableaux de produits de consommation, à sa série sérigraphique dépeignant stars de cinéma, célébrités et catastrophes diverses. Compte tenu du contexte historique dans lequel Warhol a conçu ces œuvres, la sélection du musée met l’accent sur les espérances utopiques ainsi que sur le côté obscur des médias et de la culture de consommation d’après-guerre. À cette occasion, les éditions britanniques Prestel publient un très beau catalogue. Des boîtes de soupe aux accidents de voiture, le livre se penche sur les premiers travaux d’Andy Warhol à travers une collection illustrée d’essais d’une grande variété d’écrivains, de chercheurs et d’artistes. Stuart Morgan explore la personnalité publique et privée de Warhol; Barbara Kruger examine les réactions contradictoires à son travail; Richard Prince présente une comparaison pleine d’humour entre lui-même et son célèbre prédécesseur. D’autres essais apportent leurs propres pensées et réactions sur Andy Warhol, l’homme et l’artiste. Entièrement illustré avec de nombreuses photographies d’œuvres célèbres et moins connues de l’artiste, Dark Star met en évidence les luttes personnelles de Warhol pour donner un sens au monde qu’il habitait. L’ouvrage de 208 pages est maintenant disponible sur Amazon.com.

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MICHAEL WOLF – LA VIE DANS LES VILLES @ LES RENCONTRES D’ARLES

Pour la première fois, en étroite collaboration avec le musée de la Photographie de La Haye, les Rencontres d’Arles présentent une vue d’ensemble du travail de création de Michael Wolf. Toute l’œuvre de Wolf est hantée par la vie dans les villes telle qu’il a pu l’observer dans des grandes métropoles comme Tokyo, Hong Kong ou Chicago. L’artiste fait varier les points de vue afin de mettre au jour la complexité de la vie urbaine moderne. La pièce maîtresse de l’exposition est l’installation The Real Toy Story (2004), qui met en scène plus de 20 000 jouets en plastique « Made in China » trouvés dans des brocantes ou des magasins d’occasion aux États-Unis. Au milieu de cet étalage vertigineux de jouets produits en masse pour les enfants, Michael Wolf montre des portraits bienveillants d’ouvriers chinois travaillant sur les chaînes d’assemblage et produisant des jouets destinés à satisfaire une demande mondiale hystérique en biens de consommation bon marché. (Wim Van Sinderen) – Pics by Bruce Silverstein Gallery & Hannes Wanderer.

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HOUSE INDUSTRIES – THE PROCESS IS THE INSPIRATION

La fonderie House Industries – établie en 1993 par Andy Cruz et Rich Roat – invente son métier en permanence, ce qui va bien au-delà de la virtuosité formelle dont témoignent les typographies issues du lettrage manuel. Elle est insolite par le choix des univers plastiques abordés et par une politique d’auto-production qui l’autonomise de la commande. Le studio de design de la côte est américaine mêle habilement des éléments culturels, musicaux et graphiques tout en s’adressant à un large public, et a eu un impact considérable sur le monde du design. Leur liste de clients est des plus prestigieuses: Jimmy Kimmel, Hermès, The New Yorker, John Mayer, Muji, the Estate of Charles and Ray Eames, et Heath Ceramics. Dans ce nouvel ouvrage intitulé The Process is the Inspiration, House Industries répond a la question brûlante: « Où trouvez-vous l’inspiration? ». Le livre contient un recueil de conseils utiles, d’histoires et d’études de cas qui expliquent comment transformer une curiosité obsessionnelle en un travail fructueux et gratifiant. Présenté dans le style intègre, authentique et souvent irrévérencieux du studio, l’ouvrage aborde des sujets allant de la typographie et la mode, à l’art de la céramique et la technologie spatiale. Doté d’une couverture texturée et estampée, d’une encre et d’un vernis métalliques, de quatre sortes de papiers différents et de centaines de nouvelles photographies de croquis, de matériaux de référence, de travaux finis et d’objets archivés, ce récit visuel et anecdotique ravira tous les amateurs de design. Publié par les éditions Watson-Guptill (Penguin Random House), ce magnifique livre de 400 pages – avec sa préface signée J.J. Abrams – est maintenant disponible sur la boutique en ligne de l’éditeur, ainsi que sur Amazon.com.

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MIRON ZOWNIR – BERLIN NOIR

À l’occasion de la grande exposition que lui a récemment consacré la galerie Hardhitta à Cologne, les éditions Pogo Books publient un nouvel ouvrage de Miron Zownir, intitulé Berlin Noir. Avec ses clichés de paysages urbains et ses nombreux portraits, le photographe allemand y documente la mélancolie urbaine intemporelle et la vie sauvage de Berlin dans toutes ses facettes. Cette publication est également une rétrospective des photographies de Zownir, créées entre 1978 et 2016. Dans la fin des années 70, Berlin était plus que jamais le haut lieu des non-conformistes et des artistes en tout genre. Une oasis urbaine de l’inapproprié qui promettait un développent sans restriction. Les clichés de Miron Zownir réalisés à Berlin-Ouest documentent de façon drastique la douloureuse rébellion des punks, le manque de perspective sociales des décrocheurs, des toxicomanes, des travailleurs occasionnels et des sans-abris. Ses œuvres récentes, cependant, montrent également des épicuriens dans les clubs de la ville, le culte du corps de la célèbre Love Parade ou les événements sexuels commerciaux de la ville qui, à leur tour, témoignent d’une liberté apparemment sans aucune limite. Mais ici aussi, l’abstraction sombre du noir et blanc brise la surface et révèle l’évasion précipitée dans le plaisir et la douleur, la solitude dans la masse, un présage déprimant du lendemain. Une chose semble être immuable: Berlin est toujours la ville la plus convoitée par les freaks et les rejetés de la société du monde entier, et Miron Zownir a su leur prêter toute son attention. Ses portraits ne restent pas silencieux. Ils sont implacablement expressifs et remplis d’émotion, et créent un champ de force dans lequel les individus deviennent visibles avec leurs passions, dans des situations quotidiennes, des circonstances exceptionnelles et parfois plus noires que tout. Le livre de 232 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Pogo Books.

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PETER FRASER – TWO BLUE BUCKETS

Initialement publié en 1988, le premier livre de Peter Fraser, Two Blue Buckets, a récemment été réédité par Peperoni Books, nous donnant l’occasion non seulement d’apprécier les débuts de la carrière artistique du photographe gallois, mais aussi de réévaluer ce livre précurseur et unique en son genre. Après s’être rendu chez le photographe américain William Eggleston à Memphis pendant deux mois, Fraser décide de se consacrer aux tirages en couleur et à la photographie du quotidien, de l’ordinaire. Libéré du sentiment de devoir donner une signification à ses images, convaincu par l’idée qu’il n’existe pas d’ordre hiérarchique entre les grandes et les petites choses et inspiré par l’idée que notre inconscient peut appréhender beaucoup plus que notre conscience de tous les jours, il se sent capable de tout photographier – et c’est exactement ce qu’il décida de faire. Un tas de pierres, une fleur coupée dans une bouteille, une valise rouge dans un porte-bagages, des vaches dans un pré, une boîte à biscuits, une ampoule, ou seulement deux seaux bleus… Cette approche artistique va à l’encontre de ses amis photographes britanniques tels que Martin Parr, Paul Graham et Peter Mitchell qui, malgré leur utilisation de la couleur, ont tous une approche plus documentaire de la société. Décrit comme une version Director’s Cut, cette nouvelle édition de Two Blue Buckets contient trois des quatre séries originales (12-Day Journey (1984), The Valleys Project (1985) et Everyday Icons (1986)), et inclut 19 images inédites. Les essais originaux de Rupert Martin et Maureen O. Paley sont remplacés dans cette nouvelle version du livre par une introduction par Gerry Badger et une interview du photographe menée par David Campany. L’ouvrage de 88 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies spécialisées.

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WEEGEE – EXTRA! WEEGEE

Le photographe américain Arthur Fellig, plus connu sous le pseudonyme de Weegee, commence sa carrière par les faits divers de New York durant les années 30 et 40, la période sombre de la Grande Dépression et de la Prohibition. Rapidement lui vient l’idée de faire des photos spectaculaires, parfois un peu trash, semblables à celles des paparazzis. En se greffant sur la radio de la police new-yorkaise, le photojournaliste futé arrivait toujours premier sur les lieux de crimes, de collisions ou d’incendies. Il réussit de cette façon à “mettre en scène” la scène du crime et réalise des clichés extraordinaires des badauds où l’on peut voir tous les sentiments humains: de l’épouvante à une espèce de sadisme, en passant par la joie et le voyeurisme. La profondeur des noirs de ses photos contraste avec la blancheur provoquée par le flash, et rappelle les ambiances des polars et des grands films de gangsters hollywoodiens. Le terrain privilégié de Wegee, c’est New York, et tout particulièrement sa vie nocturne, dans ses lieux emblématiques (cabaret, restaurant, refuge de nuit, Metropolitan Opera…), et au fil de ses incidents sordides ou tragiques (crimes, accidents, noyades, incendies…). L’art du photographe consiste, selon sa propre expression, à « montrer combien, dans une ville de dix millions d’habitants, les gens vivent en complète solitude ». Mais il réalise également une sublime chronique quotidienne de la vie new-yorkaise, et photographie la joie de vivre à l’américaine, notamment lors des célébrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Suivant les déshérités, se battant tout au long de sa vie contre l’apartheid, Weegee est un photographe humaniste au talent et au coup d’œil incroyable. Sa façon de mettre en scène ces moments du quotidien, de les rendre à la fois spectaculaires et grotesques est exceptionnelle: il tourne en dérision le sérieux et le tragique de la vie. Publié par Hirmer Publishers, ce nouvel ouvrage de 336 pages passe en revue l’ensemble de la carrière du photographe, avec de nombreux clichés redécouverts en 2012 et publiés ici pour la première fois. Extra! Weegee est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes ainsi que sur Amazon.com.

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PETER SAUL – RETROSPECTIVE @ SCHIRN KUNSTHALLE FRANKFURT

Le musée Schirn Kunsthalle de Francfort présente depuis quelques jours une grande rétrospective de l’œuvre de Peter Saul. L’artiste californien de 82 ans mélange avec humour Pop Art, Surréalisme, Expressionnisme Abstrait, culture funk de San Francisco et univers du cartoon. Il présente à cette occasion une vue d’ensemble détaillée et complète de son travail, à travers une série de toiles anciennes et plus récentes. Jusqu’au 3 septembre 2017.

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JIM JOCOY – ORDER OF APPEARANCE

Entre 1977 et 1980, le jeune photographe américain Jim Jocoy a créé un grand nombre d’images spontanées illustrant l’explosion du mouvement Punk à San Francisco. Ses photos ont été cachées depuis des décennies jusqu’à ce que Thurston Moore (Sonic Youth) dévoile son travail au public à travers la publication de We’re Desperate (PowerHouse Books, 2002), une célébration du mode de vie de l’époque. Quinze ans plus tard, Jocoy a sélectionné 44 photographies inédites choisies parmi sa série originale et finalement publiées dans le livre Order of Appearance par les éditions TBW Books. Dans cette œuvre, le photographe parvient à humaniser les jeunes dont il dresse le portrait au fur et à mesure de leur vie quotidienne, en partageant des moments tendre d’amour et de débauche qui s’inscrivent dans la fin des années 70 et dans début des années 80, alors que le Summer of Love touche lentement à sa fin et cède sa place au désenchantement de la scène Punk mondiale. À l’aube de l’épidémie du sida qui touchera quelques années plus tard la majorité des communautés underground du pays, les clichés bouleversants de Jim Jocoy dévoilent une certaine intimité et une esthétique brute qui n’est pas sans rappeler le travail de la photographe Nan Goldin et l’énergie des photos de Katsumi Watanabe et Karlheinz Weinberger. Pour Thurston Moore, « le photographe trouve la beauté dans le sauvage et la spontanéité. Sa photographie est toujours au service de la magie de l’iconoclaste déviant. » Limité à 1000 exemplaires, ce très bel ouvrage de 84 pages est maintenant disponible en exclusivité sur la boutique en ligne des éditions TBW Books.

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