Category Archives: Art

JASON FULFORD – PICTURE SUMMER ON KODAK FILM

Photographe, designer, éditeur (J&L Books), Jason Fulford adopte avec talent le livre de photographie comme principal mode d’expression, dans lequel ses photos construisent plusieurs niveaux d’expression à travers leur séquence et leur agencement. L’artiste américain présente aujourd’hui Picture Summer on Kodak Film, publié par les éditions britanniques Mack. Les photographies qui composent ce nouvel ouvrage ont toutes été prises sur une pellicule Kodak et présentent des motifs récurrents : le temps, les bandes de test, la lumière réfractée et la couleur arc-en-ciel, la déformation par les ombres. Les personnages et les lieux sont répétés dans des compositions kaléidoscopiques tout au long de cette séquence vivante. Bien qu’elles aient été prises un peu partout dans le monde (notamment au Canada, en Italie, au Japon, en Lituanie, au Mexique, au Népal, en Thaïlande, aux États-Unis et au Vietnam), ces photographies se rassemblent pour créer un langage visuel unique : un lieu lumineux, intemporel et fictif. Outre le flux d’images, le rythme est également donné par un poème écrit par deux sœurs de Toronto, ponctué de phrases coïncidentes imprimées sur un papier noir plus fin, et qui ne sont pas sans rappeler le haïku moderne. Fulford explique: “Lorsque je compose un livre, je veux un mélange riche d’éléments qui se dynamisent mutuellement. Je ne veux pas que tout soit parfaitement planifié, comme “c’est ce que ça veut dire”, “c’est ce que vous devriez comprendre. Quand vous le lisez, j’aime qu’il soit ouvert, sans contrainte. Et en général, je préfère quand le texte et l’image se jouent l’un de l’autre. Ainsi, l’un rend l’autre plus agréable et vice versa. Ce n’est pas comme si l’un illustrait l’autre ou expliquait l’autre, mais ils fonctionnent en quelque sorte en parallèle. (…) Je veux que ce livre soit vraiment amusant pour quelqu’un en tant que lecteur, et je veux qu’il soit capable de danser à travers lui. Je pense beaucoup à la musique quand je réalise un livre, et je veux que le texte soit un élément de cette musique.” Picture Summer on Kodak Film présente un univers imprégné de beauté, d’humour et de sens inattendus. Ce très bel ouvrage de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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CHRIS KILLIP – THE STATION

En 2016, le fils de Chris Killip découvre une boîte de planches contact des clichés pris par son père à The Station, un centre de musique anarcho-punk de Gateshead (Angleterre) ouvert de 1981 à 1985. Ces images de la jeunesse crue prises dans le feu de la célébration étaient restées en sommeil depuis 30 ans; elles reviennent aujourd’hui à la vie dans le livre The Station, publié par les éditions allemandes Steidl. Ce lieu unique n’était pas seulement un espace de musique et de répétition, mais un véritable laboratoire pour l’expression des sous-cultures et de la culture punk de l’époque. Chris Killip explique: «En 1985, je photographiais des lieux de vie nocturne à Newcastle lorsque quelqu’un m’a parlé de la gare de Gateshead. J’ai été étonné par l’énergie et la convivialité de l’endroit. C’était totalement différent; géré pour et par les gens qui la fréquentais. J’ai arrêté d’aller dans d’autres lieux pour y photographier le samedi soir. Personne ne m’a jamais demandé d’où je venais ni même qui j’étais. Un homme de trente-neuf ans aux cheveux blancs courts qui portait toujours un costume, car la veste avait des poches cousues à l’intérieur pour contenir mes films 4×5 ”. Avec un gros appareil photo à plaque autour de mon cou et un gros flash Norman, avec sa batterie surdimensionnée autour de ma taille, je devais ressembler à quelque chose d’un film B des années 1950, ou à une imitation plutôt bizarre de Weegee. Cette époque était marquée par de nombreuses grèves, et le chômage était en pleine explosion, notamment chez les jeunes. La plupart des punks de The Station n’avaient pas de travail, et cet endroit, géré comme un collectif très inclusif, était extrêmement important pour eux et leur estime de soi. Ce superbe ouvrage de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Steidl ainsi que sur Amazon.com.

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REN HANG – FOR MY MOTHER

Le thème de la sexualité est récurrent dans le travail de Ren Hang (1987 – 2017) : corps nus emboîtés, femmes seules fumant sur un toit de la ville ou nues dans un arbres, scènes de baisers, d’étreintes, toujours empreints d’une grande poésie. On peut lire dans son travail, qui a déjà fait plusieurs fois l’objet de censure, le malaise profond de la jeunesse chinoise, mais aussi les liens qui les unissent et la confiance mutuelle qu’ils se portent. Bien que Ren Hang ait déclaré que son travail n’était pas intentionnellement politique, son travail confronte la répression de la sexualité et des identités queer dans la culture chinoise traditionnelle. Tout au long de sa carrière, Ren a utilisé une caméra analogique, photographiant ses amis plutôt que des modèles. «Je n’essaye pas de faire passer un message, je ne donne pas le nom de mes œuvres, je ne les date pas. Je ne veux pas leur inculquer de vocabulaire. Je n’aime pas expliquer mes photos ni le travail dans son ensemble.» À l’occasion de l’exposition Love, Ren Hang au C/O Berlin du 7 décembre 2019 au 29 février 2020, les éditions Hopper and Fuchs publient la nouvelle monographie du photographe, For My Mother. L’ouvrage rassemble 51 photographies sélectionnées par l’artiste en hommage à sa mère. Bien que soigneusement mises en scène, ces images sont imprégnées d’un élément de fugacité et d’évanescence qui est souvent le résultat de la rapidité de travail de l’artiste. Les photographies de Ren Hang sont une ode rare aux êtres humains, à leur corps, leur sexualité, leur beauté et leur vulnérabilité. Le livre de 64 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne du distributeur belge Stockmans Art Books.

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MAGNUM SQUARE PRINT SALE 2020 – TURNING POINTS

La nouvelle Magnum Square Print Sale ‘Turning Points’, en partenariat avec The Everyday Projects, se déroule du lundi 6 avril au dimanche 12 avril 2020. Chaque photographe participant offre sa propre interprétation du thème. La vente comprend plus de 120 tirages réalisés par certains des plus grands photographes de notre époque. Les tirages, 15,2×15,2cm, de qualité muséale, signés ou tamponnés par l’estate, sont en vente pour 7 jours seulement, à $100 sur le site shop.magnumphotos.com. Une partie des recettes de la vente sera reversée à l’action d’urgence COVID-19 de Médecins Sans Frontières. 

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MARIA LAX – SOME KIND OF HEAVENLY FIRE

Les éditions londonienne Setanta Books publient Some Kind of Heavenly Fire, la première monographie de la photographe finlandaise Maria Lax, qui réalise une série de photos où elle capture les lumières des paysages de son pays natal. Munie de son appareil photo, elle sillonne les rues de la Finlande pour capturer en image les éclairages des néons électriques, les phares de voitures ou les lumières des stations-service. Maria Lax arrive à faire ressortir des scènes les plus banales des lumières envoutantes et mystiques qui nous immergent dans un univers de science-fiction. Inspirée par la vague d’observations d’OVNI qui s’est déroulée en 1960 à Pudasjarvi, la photographe a décidé de monter un projet qui s’inspire des lumières mystérieuses projetées par ces objets venus d’ailleurs. Lax explique: “Je viens d’une petite ville du nord de la Finlande, entourée d’une vaste région sauvage peu peuplée. La plupart des gens passent par la ville en allant ailleurs sans jamais savoir qu’il s’agissait d’un haut lieu de l’observation d’OVNI dans les années 60. N’étant pas moi-même au courant de cette histoire, ce n’est qu’en lisant le livre de mon grand-père que j’ai appris les incroyables histoires d’événements surnaturels, de bravoure et de lutte contre les difficultés dans ce qui est en grande partie une terre stérile. Déjà atteint de démence, il ne pouvait répondre à aucune des questions que je me posais, alors je suis parti seule à la recherche de réponses. Je me suis tourné vers les personnes qui avaient vu les lumières mystérieuses, vers les archives des journaux et les albums photos d’époque de ma famille. Les observations d’OVNI ont coïncidé avec une grande période d’agitation en Finlande du Nord. Les gens affluaient de la campagne vers les villes à la recherche d’un emploi, laissant ainsi des maisons abandonnées éparpillées dans ce magnifique mais rude paysage. Il n’est pas étonnant que les observations d’OVNI aient incarné la peur de l’avenir, de l’inconnu et du changement inexorable des modes de vie et des moyens de subsistance qui se produisaient autour d’eux. Certains ont réagi aux lumières mystérieuses avec crainte, d’autres les ont prises comme un signe qu’ils n’étaient pas seuls”. Maria Lax combine ainsi sa propre photographie avec des archives familiales et des coupures de journaux pour transmettre l’essence des histoires déroutantes qui lui ont été transmises tout au long de sa jeunesse. En utilisant ces éléments, le livre tisse un récit délicat et ambigu, sur une petite ville avec un grand secret. Édité à 750 exemplaires et décliné en deux couvertures distinctes, le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Setanta Books.

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STEPHEN SHORE – TRANSPARENCIES

A la façon d’Eugène Atget ou de Walker Evans, les vues de Stephen Shore (né en 1947) présentent l’ordinaire, les coins de rue, les parkings, des maisons sans charme, une vitrine presque vide, des stations service, des chambres d’hôtel. Le photographe a collecté ainsi des images de tous les coins du pays : Floride, Californie, Texas, Montana, Ohio, Arizona… et même Canada. Le travail vise l’émotion, principalement au travers de la couleur et de la construction. Lors de la préparation de Uncommon Places, Shore a également emporté avec lui un appareil photo 35mm Leica. Contrepoids bienvenu à l’appareil photo grand format lourd et fastidieux qu’il utilisait habituellement, le Leica a permis à Shore de photographier d’une manière instinctive et directe – qualités qui lui ont plu de prime abord dans l’univers photographique dès l’adolescence. Shore a abordé la photographie grand format de la même manière, en cherchant à reproduire la sensation immédiate de ses images 35mm. En découvrant ces photographies des années plus tard, Shore a été frappé par l’étrangeté qui s’en dégageait : la différence entre les rapports de forme était proche de ce qui sépare deux touches musicales. Ces photographies Leica décrivent une Amérique à la fois familière et typique, révélant un monde au-delà du cadre. Publié par les éditions britanniques Mack, Transparencies regroupe ces diapositives inédites de Kodachrome, qui présentent une vision originale de ce moment charnière de l’histoire photographique et sont le reflet de l’approche novatrice de Shore en matière de sujet et de couleur. Ce magnifique ouvrage de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack.

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NOBUYOSHI ARAKI – THE ARAKI EFFECT

Nobuyoshi Araki, né à Tokyo en 1940, a publié au cours de sa carrière plus de cinq cents livres de photographies, ce qui fait de cet artiste le plus prolifique des photographes. Sa notoriété mondiale a souvent reposé sur l’érotisme de son art, et notamment sur les séries sulfureuses consacrées à l’art du kinbaku (bondage japonais né de l’art martial traditionnel du ligotage, le hojojutsu). Avec les photographes américains Nan Goldin et Larry Clark et le photographe ukrainien Boris Mikhailov, Araki est considéré comme l’un des pionniers de la photographie intime et subjective. Son œuvre suscite de vives émotions et polarise les spectateurs – tout comme ce fut le cas au Japon lorsqu’elle est apparue pour la première fois. L’approche artistique d’Araki a toujours défié les normes sociales japonaises avec ses représentations intimes, graphiques et parfois provocatrices de la sexualité et de la société dysfonctionnelle de son pays. Publié par les éditions italiennes Skira, The Araki Effect offre un vaste aperçu de sa carrière: de sa première série de 1963-65, Satchin and His Brother Mabo, à Subway of Love, une grande collection d’images prises dans le métro de Tokyo entre 1963 et 1972, année où il a également réalisé Autumn in Tokyo, qui retrace l’automne qu’il a passé à errer dans la ville au crépuscule. Suivent Sentimental Night in Kyoto, moins connu que le célèbre Sentimental Journey, deux hommages à sa femme, Yoko ; Balcon of Love, Death Reality, Tokyo Diary de 2017, et l’une de ses dernières séries, Araki’s Paradise de 2019. Ce très beau livre de 200 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Skira, ainsi que sur Amazon.com.

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KATE BELLM – AMOR

Les éditions allemandes Hatje Cantz publient aujourd’hui Amor, le nouvel ouvrage de la photographe d’origine londonienne Kate Bellm. Au cours des dernières années, Bellm a photographié pour des magazines comme GQ, Vogue, Wonderland, Playboy, Interview et 032c, ainsi que pour des marques comme Gucci, Adidas et Audi. Ce très bel ouvrage est l’aboutissement d’une dizaine d’années de voyages en compagnie d’amis et d’amants, se baignant, s’embrassant ou encore faisant du skate. La photographie épurée et atmosphérique de Bellm séduit et attire le spectateur dans un paradis psychédélique issu d’un autre monde – avec des paysages colorés décalés, des cactus fous, des vues brumeuses et chaudes, des palmiers vacillants et des formes rocheuses colossales. Ses magnifiques nus construisent des récits enivrants qui dégagent une alchimie à la fois romantique et bohème. S’inspirant de l’œuvre d’Helmut Newton, Bellm dépeint la féminité avec fascination, alliant élégance, sexualité et autonomisation des femmes. Parmi ses amis et ses amants, l’artiste trouve ses modèles et ses muses, ce qui lui permet de travailler avec spontanéité et aisance, et lui confère le charme de la liberté de la jeunesse. À propos de ses modèles, la photographe déclare: “Nous avons un lien profond ainsi qu’un niveau de confiance mutuelle qui permet d’obtenir des clichés plus risqués ou plus aventureux. Sans le courage de mes modèles, la plupart de mes prises de vue n’auraient pas lieu. Surtout lorsque les filles courent nues sur une montagne ou plongent au fond de l’océan pour mes photos.” Sa maîtrise innovante de pellicules non traitées, en utilisant des techniques organiques telles que les filtres de lentilles, les fuites de lumière ou même les gouttelettes d’eau de mer, offre un résultat unique en son genre. Chaque image entraîne ainsi le lecteur dans un nouveau voyage ou une nouvelle aventure ensoleillée. Le livre de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.

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MARCIA RESNICK – RE-VISIONS

Artiste et photographe, figure de l’avant-garde de Downtown New York, Marcia Resnick (née en 1950 à Brooklyn) documente les communautés artistiques new-yorkaises depuis plus d’un demi-siècle. Les éditions suisses Edition Patrick Frey publient aujourd’hui la réédition de son livre iconique, Re-visions, sorti en 1978 et encensé à l’époque par Allen Ginsberg, Andy Warhol, William S. Burroughs et Lydia Lunch. L’ouvrage se compose d’une série de 48 photographies noir et blanc constituant un récit autobiographique qui met en scène l’adolescence féminine. En 1975, alors qu’elle conduisait sa voiture à Manhattan, Marcia Resnick s’est trouvée impliquée dans un accident de voiture et toute sa vie est passée devant elle. Quand elle s’est réveillée à l’hôpital, elle a commencé à penser à son passé. Elle a commencé à écrire des idées et à dessiner des images en considérant sa vie jusqu’à présent, en vue de la création d’un nouveau projet. En 1978 sort son livre autobiographique Re-visions, poignant et ironique, composé de photographies mises en scène. Ce livre est un ensemble de revisualisations de mémoires, souvent révisées pour augmenter l’ironie et l’humour de la condition humaine. Les mots et les images sont tout aussi importants: ils se nourrissent les uns des autres en travaillant de concert ou en discorde pour former le récit. Andy Warhol l’appelait «Bad», alors qu’Allen Ginsberg parlait lui de «Sharp… for a girl.» Aujourd’hui, 41 ans plus tard, Lydia Lunch, amie de longue date, rend hommage à la deuxième édition de Re-visions: “qui murmure dans des tons mystérieux prédisant la perversion délicieuse d’une adolescence naissante.” Resnick explique: “En réalisant Re-visions, j’ai beaucoup appris sur les femmes, et sur moi-même. J’ai découvert des femmes indépendantes, créatives, qui évoluaient dans un monde « d’homme ». Chaque femme que j’ai photographiée m’a appris quelque chose. Chacune des artistes féminines, écrivaines, musiciennes, danseuses ou pionnières sexuelles que j’ai photographiées avait un talent et une vision à part.” Ce très beau livre introspectif de 104 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Edition Patrick Frey, ainsi que sur Amazon.com.

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RICHARD LEAROYD @ FUNDACION MAPFRE MADRID – OPENING

La Fundación MAPFRE de Madrid accueille depuis mercredi dernier la grande rétrospective de l’un des grands photographes contemporains, le britannique Richard Learoyd. Certaines spécificités convergent dans son œuvre qui la rendent particulièrement originale. Les photos sont le résultat d’une grande chambre noire qu’il a lui-même fabriquée. Une grande partie de son œuvre se compose d’hommes et de femmes absorbés dans leurs pensées. Il n’y a pas de contexte pour ces personnes, qui semblent suspendues dans un espace sans référence au temps ou au lieu. Learoyd porte également son attention sur le paysage et la nature morte selon les mêmes paramètres, toujours avec un regard singulier, fruit dans de nombreux cas du processus artisanal inhérent à chacune de ses œuvres. Sobriété et intensité vont de pair dans son travail. Cette exposition, organisée par la Fundación MAPFRE de Madrid, présente Richard Learoyd au sommet de sa carrière, à travers une sélection de 51 œuvres en couleur et en noir et blanc qui résument le meilleur de son travail sur une décennie. Jusqu’au 24 mai 2020, à la Sala Fundación MAPFRE Bárbara de Braganza à Madrid.

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MICHAEL GALINSKY – THE DECLINE OF MALL CIVILIZATION

Le projet du livre The Decline of Mall Civilization de Michael Galinsky, publié en novembre 2019 par les éditions Rumur, est né un peu par hasard, en 2010, lorsque l’auteur a emprunté le scanner d’un ami pour numériser certains de ses négatifs qu’il n’avait encore jamais développés. Il est alors tombé sur de vieilles photos qui avaient capturé la vie au cœur de centres commerciaux, une culture de la consommation aujourd’hui mise à mal par Internet et l’e-commerce. Dès leur mise en ligne, ces photos ont rencontré un franc succès. Galinsky a donc réalisé son premier livre Malls Across America, qui a été très apprécié du public. Au début de 2019, le projet The Decline of Mall Civilization a débuté avec la publication du livre sur le portail international de financement participatif Kickstarter, dépassant toutes les prévisions en matière de collecte de fonds. Entre Détroit, Chicago et le Dakota du Sud, il a visité, photographié et raconté quinze centres commerciaux. Dans ce livre, on peut retracer l’épopée de la mall culture qui a dominé l’Amérique de Ronald Reagan dans les années 80 et 90. Avec l’essor d’Internet, les magasins et les centres commerciaux sont très souvent devenus des villes fantômes. Voir ces images aujourd’hui ne représente pas seulement un souvenir des objets du passé, mais un avertissement raconté sous forme d’images surprenantes et honnêtes d’un passé à jamais disparu. Lorsque l’ouvrage a été publié sur la plate-forme de crowdfunding, de nombreuses personnes ont perçu des similitudes entre les décors de la troisième saison de la série à succès Stranger Things et les photos prises par Michael Galinsky. Cette singularité a contribué au grand succès du livre et de la collecte de crowdfunding réalisée sur Kickstarter. The Decline of Mall Civilization est actuellement épuisé sur la boutique en ligne des éditions Rumur, mais il est encore disponible dans quelques librairies spécialisées.

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HENRI CARTIER-BRESSON – CHINA 1948-1949, 1958

À travers les abondantes archives de la Fondation HCB, ce livre publié par les éditions Thames & Hudson retrace et analyse un des moments clés de la carrière d’Henri Cartier-Bresson, le séjour en Chine, de décembre 1948 à septembre 1949. Suite à une commande de Life Magazine, et peu après la création de l’agence coopérative Magnum, le photographe réalise ce voyage au moment de la transition entre le régime nationaliste de Chiang Kaï-shek et le régime communiste de Mao Zedong. Plus que des photographies dites « de reportage », les images qui en résultent, dont beaucoup sont restées parmi ses plus célèbres, témoignent d’événements marquants, de circonstances sociales et de modes de vie qui vont disparaître, et surtout retiennent l’attention par leurs qualités empathiques et poétiques. Marqué par le pays et sa culture, comme par les mutations politiques de l’époque, Cartier-Bresson retournera en Chine en 1958 et constatera les effets du changement de régime. Élargissant le propos du livre, ce second séjour vient ici compléter le premier, à la fois en résonance et en contraste. L’ouvrage – dont la sélection photographique a été réalisée en étroite collaboration avec la Fondation HCB par les auteurs, Michel Frizot et Ying-lung Su – analyse et organise un corpus photographique, documentaire et historique inédit, d’une ampleur exceptionnelle, grâce auquel on accède à la pratique, aux intentions et aux audaces d’une figure majeure de la photographie. Au moment et dans les circonstances qui vont faire de lui une référence et une célébrité du photoreportage. Publié à l’occasion de l’exposition Henri Cartier-Bresson, Chine 1948-1949 | 1958 à la Fondation HCB, Paris, du 15 octobre 2019 au 9 février 2020, ce magnifique catalogue de 288 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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