Category Archives: Art

DAWOUD BEY – SEEING DEEPLY

Dawoud Bey est un photographe et vidéaste américain renommé pour ses portraits en couleur à grande échelle d’adolescents et d’autres sujets souvent marginalisés, qui apportent un certain degré de complexité à ces personnes parfois stéréotypées et à leurs communautés. Bey a créé un corpus photographique qui représente de façon magistrale l’expérience américaine contemporaine dans ses propres termes et dans toute sa diversité. Publié par les éditions University of Texas Press, Seeing Deeply offre une rétrospective de quarante ans de l’œuvre du célèbre photographe, de ses premières images de rue à Harlem à ses photographies plus récentes qui témoignent de la gentrification de Harlem. Une introduction de la chercheuse et conservatrice Sarah Lewis et des essais d’historiens de l’art, de chercheurs et d’éducateurs de renom, dont Hilton Als, Maurice Berger, Jacqueline Terrassa, David Travis, Leigh Raiford et Deborah Willis, examinent l’évolution de la carrière artistique de Dawoud Bey. On retrouve également dans le livre une chronologie illustrée documentant la diversité de la communauté artistique new-yorkaise dans les années 1970 et 1980, et qui place son travail dans le contexte de cette communauté. De ses premiers clichés 35mm de Harlem dans les années 1970, à Class Pictures, une série de portraits en couleur d’élèves du secondaire à travers les États-Unis, accompagnés de textes, réalisée sur une période de cinq ans, et plus récemment, The Birmingham Project et Harlem Redux, Bey a créé une vibrante représentation de ses sujets, brisant les stéréotypes souvent véhiculés par les grands médias. L’imposant ouvrage de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions University of Texas Press, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

HARVEY STEIN – MEXICO – BETWEEN LIFE AND DEATH

Au cours de quatorze voyages entre 1993 et 2010, Harvey Stein photographie le Mexique, principalement dans de petites villes et villages, et surtout lors de festivals (Jour des Morts, Pâques, Jour de l’Indépendance) qui mettent en évidence la relation unique du pays avec la mort, le mythe, le rituel et la religion. Publié par les éditions allemandes Kehrer, Mexico – Between Life and Death dévoile la relation intime de Stein avec le peuple et la culture du Mexique. Les images présentent des fragments de ce qu’est le Mexique, un pays aux contrastes et contradictions incroyables. Le Mexique, c’est la lumière perçante et l’ombre profonde, l’immobilité et la vivacité, la tradition omniprésente et le progrès rampant, les grandes croyances religieuses, mais la corruption comme mode de vie. C’est une terre de rituels et de légendes, de vie trépidante et de squelettes dansants, un pays voisin des États-Unis mais à la fois si lointain, avec plus de 50 % de sa population âgée de moins de 20 ans, mais où la vieillesse est vénérée. À travers ses photographies magistrales, Harvey Stein explore ces contradictions saisissantes. “Je pars en errance, explique le photographe américain, je photographie dans un pays souvent étrange. J’entends des mots inconnus, je vois des choses que je ne comprends pas, je regarde les actes de bonté et de violence, je sens de nouvelles odeurs et je goûte de nouveaux aliments, découvre des rues pavées inconnues. Je réagis et photographie intuitivement. Quand je suis au Mexique, je suis pris de vertige par de nouvelles expériences et libre d’aller n’importe où et de faire n’importe quoi. Le sentiment est infini. Mes limites sont ma seule contrainte.“ Ce très bel ouvrage de 176 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

VIVIANE SASSEN – HOT MIRROR

Viviane Sassen est l’une des photographes contemporaines les plus innovantes et cet ouvrage impressionnant, Hot Mirror, retrace dix années de travail, avec notamment de nouveaux collages et des photographies inédites. Publié par les éditions britanniques Prestel, ce volume rétrospectif de mi-carrière met l’accent sur la photographie artistique de Sassen, révélant un courant surréaliste dans son œuvre. La photographe néerlandaise, âgée de 46 ans, reconnaît le surréalisme comme l’une de ses premières influences artistiques, comme en témoignent les ombres étranges, les corps fragmentés et les paysages d’un autre monde qu’elle capture dans certains de ses clichés. Elle reconnaît que le mouvement a façonné son regard et sa philosophie personnelle. “Pour moi, le surréalisme est la capacité d’expérimenter ou de regarder les choses de manière impartiale, libre de jugement et de convention – un peu comme de regarder à travers les yeux d’un enfant.” Outre les images de la célèbre série “Umbra”, ce volume puise dans la série “Flamboya”, dans laquelle elle revient au Kenya, “Parasomnia”, une exploration onirique du sommeil, la série “Roxane”, un portrait intime réalisé avec sa muse, Roxane Danset, “Of Lotus and Mud”, une étude sur la procréation et la fécondité, et “Pikin Slee”, un périple dans un village isolé du Surinam. Le livre propose un essai contextualisant et une interview éclairante avec l’artiste, menée par Eleanor Clayton. Au fil de l’ouvrage, Sassen apparaît comme une photographe poétique, obsédée par la lumière et les ombres, et comme une brillante technicienne, qui maîtrise à la fois les couleurs vives et les teintes douces. Sélectionnées par l’artiste elle-même au cours des dix dernières années, les images s’inspirent des pratiques surréalistes du collage et des juxtapositions inattendues pour nous offrir un aperçu de sa démarche artistique. Publié à l’occasion de la rétrospective de Viviane Sassen, Hot Mirror, au musée Hepworth Wakefield (du 22 juin au 7 octobre 2018), le livre de 160 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

GERHARD RICHTER – ABSTRACTION

Les œuvres abstraites de Gerhard Richter font l’objet de ce nouvel ouvrage, Abstraction, publié par les éditions britanniques Prestel, et qui rassemble quatre-vingts œuvres provenant de collections du monde entier. Cette publication, qui accompagne l’exposition Abstraction au Musée Barberini de Potsdam (du 30 juin au 21 octobre 2018), est la première à se pencher uniquement sur les approches et méthodes abstraites contenues dans l’œuvre de l’artiste peintre allemand. Au début des années 1960, Richter commence à remettre en question la peinture, une démarche qu’il poursuit encore actuellement. Dans les années 1970, il répond au rejet de la peinture en créant une série d’œuvres monochromes grises. De plus, il considère alors la couleur grise comme un moyen d’aborder des thèmes politiques sans les représenter d’une manière idéaliste. Dans sa série Inpainting qu’il réalise durant les années 1970, Richter fait de ses coups de pinceau et de l’application de la peinture, le sujet principal de son œuvre. Dans d’autres séries, il photographie de petits détails de sa palette et les  transfère sur de grandes toiles, d’une manière photoréaliste. Dans ses nuanciers, il soumet la peinture à un traitement subjectif en laissant la disposition des différentes couleurs au hasard. Depuis 1976, Richter a créé une série d’œuvres abstraites en appliquant la peinture au pinceau, au grattoir et au couteau à palette, en alternant entre prises de décisions conscientes et processus de travail aléatoires. “Quand je peins un tableau abstrait, explique Gerhard Richter, je ne sais ni avant, ni pendant, à quoi il ressemblera, où je vais et ce dont j’ai besoin pour y parvenir. De ce fait, peindre est une démarche presque aveugle et désespérée qui ressemble à celle d’un être désemparé livré à un univers inintelligible, à la situation de celui qui possède tous les outils, matériaux et capacités nécessaires, désire ardemment construire une chose sensée et utile qui ne saurait être ni une maison, ni une chaise ou autre objet définissable et se mettrait subitement à travailler dans le vague espoir qu’en mettant toutes ses compétences en œuvre, il finira par obtenir un résultat juste et sensé”. Le livre de 240 pages, avec de nombreuses contributions (Hubertus Butin, Dietmar Elger, Valerie Hortolani, Matthias Kruger, Ortrud Westheider, Armin Zweite), est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

THE TRAIN – JUNE 8, 1968

A l’occasion de l’exposition The Train, dernier voyage de Robert F. Kennedy aux Rencontres d’Arles (Atelier des Forges) de juillet à septembre 2018, les Éditions Textuel présentent le catalogue de l’exposition : The Train June 8, 1968. Le 8 juin 1968, trois jours après l’assassinat de Robert F. Kennedy, un convoi funéraire transporte sa dépouille de New York à Washington, DC. Paul Fusco (membre de l’agence Magnum) est dans le train et réalise près d’un millier de diapositives du peuple endeuillé massé aux abords des voies. Certaines de ces images sont devenues des icônes. Les reportages de Paul Fusco ont été publiés dans des magazines comme Time, Life ou encore Newsweek. À partir de 2014, l’artiste hollandais Rein Jelle Terpstra a recherché et collecté des centaines de photographies prises par ceux qui se trouvaient sur le trajet du convoi. Cela nous permet de découvrir le contrechamp (The People’s View). Dans sa démarche artistique, Terpstra a toujours utilisé la photographie pour explorer la relation entre perception et mémoire. En 2009, le français Philippe Parreno a filmé une reconstitution du parcours du train donnant à voir, selon ses propres mots, « le point de vue du mort ». L’artiste contemporain aime utiliser une large variété de médiums (le film, l’installation et la performance) afin de questionner les frontières existantes entre fiction et documentaire. Entremêlant regards artistiques et vernaculaires, historiques et contemporains, The Train propose trois points de vue uniques sur ce moment clé de l’histoire des États-Unis. Ce très bel ouvrage de 144 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.fr.

Continue reading

MARIO CARNICELLI – AMERICAN VOYAGE

En 1966, Mario Carnicelli remporte la première place dans un concours photographique national italien sponsorisé par le magazine Popular Photography , Mamiya et Pentax. Le prix est une bourse pour photographier l’Amérique. Carnicelli aborde alors le pays comme un étranger, mais réussi pourtant à capturer l’essence de l’expérience américaine, et ce dans cinq villes: Detroit, San Francisco, Buffalo, New York et Chicago. Redécouvert après 50 ans et publié pour la première fois dans un livre par les éditions Reel Art Press, American Voyage est un portrait captivant de l’Amérique des années 1960. Avec une centaine d’images en noir et blanc et en couleur, ces photographies révèlent les gens, la mode, les couleurs et les textures de la vie de rue américaine de l’époque, capturant l’atmosphère et le courant de ce pays en constante évolution. S’il est fasciné par la liberté offerte par l’Amérique, avec son mélange de cultures et de traditions, sa mode et sa singularité, il n’en est pas moins conscient de la solitude omniprésente et du déracinement des personnes séparées de leur famille et de leur clan. Inspirés par le cinéma New Wave français, américain et italien, les clichés de Carnicelli sont fascinants et offrent une vision du rêve américain à la fois optimiste et contemplatif. “Pour moi, explique Mario Carnicelli, l’Amérique était un pays en couleur plus qu’en noir et blanc. C’était intense, tout comme l’était alors la publicité. La couleur était la réalité, le noir et blanc une abstraction de tout ce que je ressentais dans ces rues.” Le livre de 160 pages, dont la sortie coïncide avec une rétrospective du photographe à la galerie David Hill de Londres, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Reel Art Press, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

TISH MURTHA – YOUTH UNEMPLOYMENT

Dans les années 70, la Grande-Bretagne est confrontée à une crise économique et sociale sans précédent dans ses villes et villages. La disparition des industries traditionnelles, entre autres facteurs, entraîne une hausse de la pauvreté, des logements insalubres et du chômage, mais la réponse du gouvernement, sous la houlette de Margaret Thatcher, ne fait qu’aggraver les problèmes, avec ses politiques régressives d’aide sociale et sa stratégie économique du laisser-faire. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle génération de photographes engagés émerge. Essentiellement formés à l’université, ils rejettent les voies traditionnelles de carrière en photographie, afin de documenter les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs communautés et de confronter les autorités avec leurs images sans concession. Tish Murtha était à l’avant-garde de ce «mouvement». Issue d’une famille de dix enfants d’un quartier défavorisé de la classe ouvrière de Newcastle, elle était, plus que beaucoup d’autres photographes, complètement à l’aise dans l’environnement où elle avait choisi de travailler. Ses années passées à étudier avec le reporter Magnum David Hurn, à la nouvelle School of Documentary Photography de Newport, lui ont donné la formation et l’expérience nécessaires pour documenter l’inégalité et l’injustice dont elle était elle-même victime dans sa ville natale. Publié par les éditions britanniques Bluecoat Press, Youth Unemployment est un ouvrage essentiel de l’histoire du documentaire britannique. Le livre de 168 pages est une plongée au cœur de la crise britannique. Il montre une jeunesse victime du désespoir du chômage, livrée à elle-même dans une zone tout aussi laissée à l’abandon, et dont les programmes gouvernementaux de création d’emplois mal conçus n’ont guère contribué à améliorer les choses. Les portraits de Murtha sont percutants mais ne manquent pas d’humour. Sa proximité avec ceux qu’elle a photographiés – dont beaucoup étaient des membres de sa famille, des amis ou encore des voisins – est perceptible dans cette remarquable série d’images noir et blanc. La décadence et les conditions de misère sont palpables dans ses clichés de la photographe, qui loin de dresser un portrait voyeur et dramatisant, pose un regard doux et franc sur ces rues délabrées. L’ouvrage est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Bluecoat Press.

Continue reading

JASON LEE – A PLAIN VIEW

L’acteur/photographe (ancien skateur professionnel) Jason Lee vient de publier son nouvel ouvrage: A Plain View. Il s’agit du nouveau volet d’une exploration photographique en cours de l’Amérique rurale, qui a démarré il y a plus d’une décennie sur les routes secondaires de Californie, avec des films Polaroid grand format. Publié par Film Photographic en collaboration avec RF Book Co., le livre se compose de photographies couleur réalisées dans tout le Texas pendant 25 jours entre janvier et avril 2017, en utilisant des films Kodak 4×5 périmés et un appareil Graflex Speed Graphic. “L’un de mes plus grands plaisirs est de conduire et d’explorer la campagne, les banlieues, les petites villes, avec mon appareil photo à portée de main. J’ai fait pas mal de choses au fil des ans, poursuit Jason Lee, principalement des films en noir et blanc 35mm, principalement au Nouveau-Mexique, en Arizona et en Californie, alors je voulais cette fois-ci explorer le Texas, où je vis, en couleur et en grand format. J’avais un certain regard en tête, ainsi qu’un désir de voir ce paysage, ces scènes américaines, d’une manière différente, et les films couleur grand format périmés m’ont permis d’accomplir cette vision.” Bâtiments abandonnés, station services désertes, parkings isolés, devantures de magasins et panneaux publicitaires défraichis… rien n’échappe à l’œil acéré de Jason Lee. Le photographe fait preuve d’une grande maîtrise de la narration et d’une capacité unique à capturer la beauté naturelle et brute, principalement en jouant avec la lumière naturelle, mais également à la lueur des néons. Cette première édition du livre (180 pages) est éditée à 2000 exemplaires, dont 1400 sont signés par le photographe. Il est disponible dès maintenant sur la boutique en ligne des éditions Film Photographic, ainsi que sur le site jasonleefilm.com.

Continue reading

ALL ABOUT SAUL LEITER

Publié à l’occasion d’une grande exposition rétrospective, In Search of Beauty à la Fundación Foto Colectania de Barcelone (jusqu’au 21 octobre 2018), All About Saul Leiter est un volume sincère et magnifiquement conçu, qui offre un regard en profondeur sur l’œuvre de cet artiste visuel américain. Né en 1923 et mort en 2013, Saul Leiter vécut plus de 60 ans dans le Lower East Side à New York. Maître incontesté de la photographie couleur – Harry Gruyaert lui voue un culte fervent – ses photographies de rue sont l’objet de sa renommée. Souvent prises en se promenant dans son quartier, elles ne semblent jamais datées. À mille lieux de la jungle urbaine qui lui servait de sujet, Saul Leiter a saisi un monde flottant, embué, tendant volontiers vers l’expressionnisme abstrait de ses peintures. Celui que Pauline Vermare surnomme dans son texte « le nabi des photographes » portait un regard de peintre sur les moments furtifs et intimes du quotidien. Avec une conscience aigüe du caractère transitoire de la beauté, il a conçu une poésie de l’éphémère qui confine au sublime. Sa passion pour l’impressionnisme et le post-impressionnisme français a probablement joué un rôle dans son amour et son admiration pour l’art japonais, conduisant à la grâce poétique caractéristique et à la délicatesse de ses images. Entre sa philosophie et son lyrisme, et sa maîtrise des couleurs et des compositions, Saul Leiter fascine. Publié pour la première fois en version bilingue anglais/espagnole par les éditions Editorial RM en collaboration avec Seigensha, All About Saul Leiter contient plus de 200 œuvres inédites et célèbres du photographe américains ; ses photographies (accompagnées de citations de l’artiste lui-même), ses peintures, sa correspondance et quelques objets personnels. Il couvre ainsi la carrière commencée dans les années 1940 de l’un des plus grands noms de l’histoire de ce médium. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne d’Editorial RM, ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

SHOMEI TOMATSU – MAPFRE RETROSPECTIVE CATALOGUE

La Fondation MAPFRE présente actuellement l’exposition Shomei Tomatsu, montrant pour la première fois à Barcelone l’œuvre unique de ce grand photographe japonais, dont le travail couvre les événements clés de l’histoire du Japon après la Seconde Guerre mondiale. Shomei Tomatsu (1930- 2012) est né “à l’ombre de la guerre”, dans un contexte de dévastation et de la pauvreté. Le Japon était alors un pays vaincu et occupé par les troupes américaines. Un pays où l’écho de l’explosion des bombes atomiques sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki retentissait encore dans la mémoire. Shomei Tomatsu avait 20 ans lorsqu’il a commencé à photographier. La technique ne lui était pas étrangère, car ses deux frères utilisaient déjà l’appareil photo et s’étaient même improvisé une chambre noir dans un placard. Il devient rapidement une figure incontournable de la photographie japonaise d’après-guerre et de la photographie contemporaine mondiale, notamment grâce au succès de ses deux séries “Scars” et “Nagasaki”. Son travail est celui d’un observateur attentif de la vie quotidienne ainsi que du passé et du présent de son pays. Ce catalogue de la grande rétrospective retrace ainsi son travail des années 1950 aux années 2000, à travers les principales thématiques récurrentes de son œuvre : les conséquences de la guerre, les protestations sociales, les corps abîmés ou marginaux, l’occupation américaine, Okinawa, la culture japonaise traditionnelle… Le livre présente ainsi près de 180 clichés du photographe, en couleur et noir et blanc. Tomatsu dit que l’utilisation du noir et blanc était associée à la présence des États-Unis au Japon, tandis que la couleur était une affirmation de la vie retrouvée à Okinawa, qu’il a visité pour la première fois en 1969 et où il a vécu au cours de ses dernières années. Shomei Tomatsu livre des images à la fois crues et lyriques qui restent parmi les plus belles de l’histoire de la photographie. Avec des textes de Juan Vicente Aliaga, Ryuichi Kaneko et Hiromi Kojima, le livre constitue une exploration approfondie de l’univers visuel de Tomatsu. Ce très bel ouvrage est maintenant disponible en librairie ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

TAKAHIRO MIZUSHIMA – LONG HUG TOWN

Le photographe Takahiro Mizushima est né à Tokyo en 1988. Il est diplômé de l’école Tokyo Visual Arts. Passionné par la photographie de rue, il réalise sa première exposition personnelle, Tokyo Lonely Heart Land en 2009. Il participe également en 2014 à une exposition d’œuvres publiques parrainée par la galerie Guardian Garden (Ginza, Chuo-ku, Tokyo), d’où il ressort finaliste. À partir de 2016, en tant que membre de la galerie indépendante Totem Pole Photo Gallery, il entreprend ses travaux axés sur les expositions de photos. En 2017, son œuvre Long Hug Town est vivement saluée par la critique: il remporte notamment le Grand Prix du Young Art Taipei Photo Eye Awards. Ce projet se compose de 134 clichés issus de sa collection personnelle, qu’il installe sur toute la surface d’un grand mur. Mizushima y explore le quotidien des habitants de la mégalopole dans ce qu’il a de plus ordinaire et de plus étrange à la fois. Illustrant le flux constant de la vie urbaine tokyoïte, il dresse un portrait à la fois mystérieux, intense et drôle de Tokyo et de sa population. Publié pour la première fois en 2016 sous la forme d’un zine, Long Hug Town est aujourd’hui proposé sous la forme d’un très beau livre de 176 pages, publié dans une édition limitée à 1000 exemplaires, par les éditions STAIRS PRESS. L’ouvrage est maintenant disponible sur leur boutique en ligne.

 

Continue reading

SEBASTIÁN BRUNO – DUELOS Y QUEBRANTOS

Le jeune photographe d’origine argentine/espagnole Sebastián Bruno publie aux éditions Ediciones Anómalas son premier ouvrage, fruit d’un projet s’étalant sur près de cinq ans. Le livre s’intitule Duelos y Quebrantos, comme le plat typique de La Mancha, le même que Miguel de Cervantes mentionne au début de Don Quichotte, composé de bacon, chorizo, cervelle d’agneau et d’œufs, et qui marquait l’accueil au christianisme des récents convertis. En considérant la complexité qui règne dans les relations humaines et les nombreux facteurs qui convergent pour générer une vision de l’univers social et moral de cette région espagnole, Sebastián Bruno explore les valeurs et les traditions qui reflètent les vertus et les vices que l’on retrouve dans la réalité monotone du peuple de ce territoire. Le photographe explique: “De 2013 à 2017 j’ai parcouru les 2500 km de la route de Don Quichotte et d’autres lieux de Castilla La Mancha. Je suis passé par les cinq provinces de la région : Albacete, Ciudad Real, Cuenca, Guadalajara et Tolède. Dans une tentative de créer un parallélisme intemporel entre cette société décrite par Cervantes et la société contemporaine et ainsi être capable de voir et d’assimiler ces lieux, je me suis mis dans la peau de Don Quichotte. Le résultat est une interprétation d’une terre souvent méconnue et ignorée, un voyage personnel qui plonge dans la vie des habitants de Castilla La Mancha”. Duelos y Quebrantos offre un portrait brut, honnête et cinglant d’une société vieillissante, conditionnée à la fois par sa géographie et par la persistance de valeurs et de traditions qui ont traversé les époques. Ce très beau livre de 84 pages, en lice pour le prix du Livre d’Auteur aux Rencontres d’Arles 2018, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Ediciones Anómalas ainsi que dans les meilleures librairies.

Continue reading