Category Archives: Art

THE GAZE OF THINGS – JAPANESE PHOTOGRAPHY IN THE CONTEXT OF PROVOKE

À l’occasion de la grande rétrospective La Mirada de las Cosas (The Gaze of Things) -Japanese Photography in the Context of Provoke présentée au Bombas Gens, centre d’Art de Valence, Espagne (du 22 février 2019 au 2 février 2020), qui présente une sélection d’œuvres de la collection Per Amor a lÁrt, la plus importante collection privée de photographies japonaises de cette période hors du Japon, les éditions La Fábrica publient un magnifique catalogue de l’exposition. L’ouvrage compte 200 images qui retracent l’art japonais à partir de 1950, en accordant une attention particulière à la photographie et aux artistes qui faisaient partie du groupe Vivo (1957 – 1961) et du collectif responsable de la publication mythique Provoke. Entre 1957 et 1972, une transformation radicale du langage photographique a lieu au Japon, avec un groupe de photographes qui commence à développer leur œuvre dans l’après-guerre. Un renouveau qui se déroule parallèlement aux grands changements économiques, culturels et psychosociaux de cette période. La revue Provoke ne publia que trois numéros, mais elle changea à jamais la photographie japonaise. La manière expérimentale dont les images ont été montrées, conséquence d’une époque marquée par des événements politiques importants, est devenue un phénomène et une tendance adoptée par de nombreux autres photographes japonais. Ce livre présente le travail d’éminents artistes tels que Shomei Tomatsu, Akira Sato, Yutaka Takanashi et Daido Moriyama, ainsi que Nabuyoshi Araki, Koji Enkoura, Tamiko Nishimura et Hiroshi Hamaya. Il comprend également des essais de la commissaire Nuria Enguita et d’experts tels que Miryam Sas et Akihito Yasumi. Le livre de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions espagnoles La Fábrica, ainsi que sur Amazon.com.

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HENRY WESSEL – A DARK THREAD – PARIS

La Maison Européenne de la Photographie (Paris) accueille depuis la semaine dernière A Dark Thread, la première grande exposition en France du photographe américain Henry Wessel, dont la carrière s’écrit sur près de cinquante ans. Wessel aimait passer en revue ses archives de planches-contacts et mettre en perspective des photographies prises à des décennies d’écart. Pour ce grand amateur de films noirs, ces rapprochements formels constituaient les débuts possibles d’un scenario d’intrigues. L’exposition met en lumière trois séries. À l’instar d’un story-board, Incidents suit l’ordre précis constitué par Henry Wessel, selon un procédé de correspondances visuelles qui lui était cher. Sunset Park rassemble des prises de vue nocturnes, invitant à une plongée dans l’ambiance mystérieuse des nuits californiennes. Enfin, toujours en suivant un jeu de rapprochements visuels, Henry Wessel avait commencé, avant son décès en septembre 2018, à reconstituer avec les équipes de la MEP la troisième série de l’exposition : A Dark Thread, présentée sous cette forme pour la première fois. Son univers unique et mystérieux se retrouve dans l’ensemble des ses images, comme un « fil noir » les liant les unes aux autres. L’exposition est également l’occasion de redonner sa place à l’un des artistes de la grande exposition de 1975 New Topographics: Photographs of a Man-Altered Landscape. Jusqu’au 25 août 2019.

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KATRIEN DE BLAUWER – LOVE ME TENDER – PARIS

La galerie Les filles du calvaire accueille depuis le 18 mai l’exposition Love me Tender de Katrien de Blauwer. La pratique artistique de Katrien de Blauwer, qui vit et travaille à Anvers (Belgique) est affaire de collage. Le processus est spontané, libre comme le geste qui défigure l’image. Nouveauté dans son travail, les œuvres sont parfois peintes. Le coup de pinceau est alors aussi sec et précis que le coup de ciseaux. Derrière ce « cut » intransigeant, pareil à la technique du montage, il y a la volonté de reconstruire l’image, d’en faire naitre un récit, et de redonner à cette matière première toute son « glamour » passé. C’est à partir d’une sélection d’images collectées dans de vieux magazines qu’elle compose ces collages, ils se nourrissent de ces photographies oubliées qu’elle recycle taille et relie entre elles. Ils naissent ainsi d’une connexion inattendue entre plusieurs figures, entre les motifs et les couleurs. Pour la galerie, l’artiste a développé deux nouvelles séries, deux histoires où elle se révèle avec délicatesse. Comme support à ses collages peints, de Blauwer s’inspire de ses souvenirs d’enfance. Dans «Love me tender», qui titre à la fois la série et l’exposition, la figure masculine est centrale par sa constante absence. Ne reste que ses attributs : ses voitures, ses routes empruntées et l’élégance des femmes rencontrées ; le tout vu à travers les fantasmes d’une jeune fille. Les « Dirty Scenes », quant à elles, si elles restent pudiques dévoilent un peu plus la féminité. Pour la première fois depuis sa découverte par le public parisien, l’artiste expérimente d’autres formats, des formes différentes et des matières nouvelles. Là encore, oublions la question du genre, de sa reproductibilité, ou de son unicité, car la force de la proposition s’origine dans la réutilisation, non discriminante, des éléments qui composent l’œuvre. Elle est à la fois surface, collage, peinture, et photographie. Jusqu’au 15 juin 2019.

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MAGNUM SQUARE PRINT SALE 2019 – OBSESSIONS

La Magnum Square Print Sale ‘Obsessions’ se déroule du lundi 10 juin à 9h EST au vendredi 14 juin 2019 à minuit EST. les photographes et les estates de Magnum puisent dans leurs archives pour choisir une seule image qui reflète les enjeux, les pratiques de travail et les signatures visuelles qui ont fait la réputation des membres du collectif au cours de leur carrière. Les tirages, 15,2×15,2cm, de qualité muséale, signés ou tamponnés par l’estate, sont en vente pour 5 jours seulement, à $100 sur le site shop.magnumphotos.com.

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WALTER KNOLL – THE FURNITURE BRAND OF MODERNITY

Après savoir fondé sa propre entreprise dans les années 1920, Walter Knoll fait sensation dans le monde du design d’intérieur avant-gardiste avec une exposition historique au domaine Weissenhofà Stuttgart, sous la direction de Mies van der Rohe, en 1927. Son fils, Hans Knoll se rend quant à lui aux États-Unis dans les années 1930 et fonde sa propre entreprise, Knoll Inc., réécrivant l’histoire du design. En 1993, Markus Benz, le fils de Rolf Benz, rejoint les rangs de Knoll, poursuivant ainsi sa coopération fructueuse avec des architectes et des designers de renommée internationale. Avec une lignée iconographique de pièces classiques et d’avant-garde, Walter Knoll est aujourd’hui largement considéré comme la principale marque de mobilier moderniste. Publié par les éditions allemandes teNeues, Walter Knoll – The Furniture Brand of Modernity révèle l’histoire complète de cette entreprise de design remarquable avec des illustrations riches et des textes passionnants de l’auteur à succès Bernd Polster. L’ouvrage est une biographie vivante de ce fabricant de meubles de premier plan, basée sur ses figures formatrices telles que Wilhelm, Hans et Walter Knoll et, plus récemment, Markus Benz. Le livre retrace l’histoire d’un siècle et demi de cette formidable dynastie du meuble, retraçant l’évolution de ses conceptions par rapport aux principaux développements culturels et historiques. Cette histoire d’entreprise fascinante montre à quel point la région de Stuttgart, l’une des régions économiques les plus puissantes du monde, était également une source de design et de culture modernes. Le livre de 352 pages, avec ses 200 illustrations couleur et 200 illustrations noir et blanc, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions teNeues, ainsi que sur Amazon.com.

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BERENICE ABBOTT – PORTRAITS OF MODERNITY – MADRID – OPENING

La Fundación MAPFRE de Madrid accueille depuis le weekend dernier la légendaire photographe nord-américaine Berenice Abbott (1898-1991). Cette grande rétrospective intitulée Portraits of Modernity, dirigée par le commissaire d’exposition Estrella de Diego, propose un survol exhaustif de la carrière de cette photographe américaine, dont le corpus est l’un des plus captivants de la photographie nord-américaine de la première moitié du XXe siècle, servant de pont entre les milieux culturels avant-gardistes de Paris et New York dans les années 1920 et 1930. L’exposition compte 185 photographies qui montrent des portraits des grands artistes et intellectuels des années 20 jusqu’à ses photographies scientifiques, en passant par des clichés des rues de New York. Une petite sélection d’œuvres d’Eugène Atget, avec 11 de ses photographies développées par Abbott elle-même en 1956, est également présentée. Jusqu’au 25 août 2019.

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ALBARRAN CABRERA – REMEMBERING THE FUTURE

Depuis plusieurs années, le duo d’artistes de Barcelone Angel Albarrán et Anna Cabrera sont les imprimeurs privilégiés des musées et des photographes de renommée mondiale comme Masao Yamamoto. Récemment, ils ont développé leur propre activité artistique, en expérimentant entre techniques d’impression modernes et traditionnelles, et en exposant dans le monde entier. En plus de maîtriser les techniques artisanales telles que les tirages platine et les cyanotypes, ils ont développé une technologie d’impression unique : imprimer des photographies avec des pigments sur du papier japonais fin, qui est ensuite placé sur une feuille d’or, imprégnant les images d’une qualité hors du commun. Publié par les éditions espagnoles Editorial RM, Remembering the Future témoigne de l’extraordinaire beauté des techniques de photographie et d’impression magistrales du duo. Ce magnifique ouvrage présente à travers des clichés poétiques leurs séjours au Japon. Le voyage dans ce pays a largement influencé le contenu esthétique de leur œuvre mais aussi leurs techniques de tirage. En utilisant une large gamme de procédés et de matériaux, réalisant leurs épreuves à la main, ils créent ainsi des épreuves uniques, à l’apparence sensuelle. « Nous sommes faits de nos souvenirs », expliquent-ils à propos de leur travail. « Ils définissent ce que nous sommes et qui nous sommes, et nous aident à comprendre notre réalité. Lorsque nous nous souvenons, nous ne nous rappelons pas seulement d’une représentation parfaite du passé. Nous reconstruisons nos souvenirs à partir d’un ensemble d’éléments qui se sont produits, et qui se retrouvent mêlés à notre perception et notre imaginaire. Par conséquent, chaque fois que nous nous souvenons d’un événement, nous le transformons. Nous construisons un squelette composé des faits les plus importants et nous remplissons les espaces vides avec notre imagination. Penser au futur est une activité caractéristique de l’être humain. Nous visualisons le futur en imaginant ce qui se passera et comment nous réagirons. Lorsque nous pensons à l’avenir, nous faisons le même travail mental que lorsque nous pensons au passé. Simplement, nous nous souvenons d’un futur qui n’a pas encore eu lieu. Se souvenir du passé et se souvenir du futur sont donc deux activités profondément liées, et qui ne s’arrêtent jamais. » Ce très beau livre de 64 pages, dont l’édition est tirée à seulement 2000 exemplaires, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM, ainsi que sur Amazon.com.

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PIOTR UKLANSKI – PORNALIKES

Piotr Uklanski (né en 1968 à Varsovie) a émergé sur la scène artistique new-yorkaise au milieu des années 90 grâce à une œuvre emblématique, The Dance Floor, qui intègre simultanément le legs du minimalisme et le flou de l’art et du divertissement qui caractérise l’époque actuelle. Tantôt à New York, tantôt à Varsovie ou à Paris, Uklanski a fabriqué un corpus de travaux éclectiques qui exploite plusieurs types de supports (sculpture, photographie, collage, performance et vidéo) tout en intégrant confusément des références culturelles. Les éditions suisses Edition Patrick Frey publient aujourd’hui son nouvel ouvrage, Pornalikes, qui présente une série de portraits d’acteurs et actrices pornographiques ressemblant à ou imitant des célébrités et des personnages publics. De 2002 à 2018, l’artiste polonais a constitué une archive photographique à partir de versions numériques et papier de magazines de charme comme Hustler et Loaded, ainsi que d’images issues de mèmes publiés sur internet. À une époque où la dichotomie entre le signifiant et le signifié s’est depuis longtemps effondrée, Uklanski, dans une combinaison risquée de critique et d’exploitation médiatique, subvertit les attentes originales des topos traditionnels du portrait dans l’histoire de l’art. Dans cette forme extrême et extrêmement absurde de portrait, Pornalikes s’attache à remettre en question la morale conventionnelle et les limites du soi-disant bon goût. L’ouvrage nous projette au hasard dans une galerie des glaces postmoderne composée d’images trash, sur fond de culture de la célébrité, instrumentalisation néolibérale et marchandisation du corps humain. L’artiste explore ici les tensions pop-culturelles entre l’identité sexuelle et l’exploitation, l’homme et la femme, la fiction et la réalité, la biographie réelle et l’histoire reprise par les médias. Plongeant dans ces dichotomies, Pornalikes reprend là où la série culte The Nazis et Real Nazis (voir ici) s’est arrêtée. Le livre de 400 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Edition Patrick Frey, ainsi que sur Amazon.com.

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JASON VAUGHN AND BRAD ZELLAR – DRIFTLESS

Les éditions TBW Books viennent de publier le nouvel ouvrage de Jason Vaughn, Driftless. Les images de ce projet ont été prises par le photographe américain Jason Vaughn au cours d’une période de sa vie qui l’a vu errer pendant un an dans une région du Wisconsin connue familièrement sous le nom de Driftless Area, du nom du terrain accidenté formé par un manque d’écoulement glaciaire continental (drift). Cette résidence temporaire de Vaughn dans cette petite ville appelée La Crosse semble décrire le paysage autant que ses habitants. Alors qu’il vivait dans un appartement loué au bord du Mississippi, dans l’attente de la naissance de son deuxième enfant, et au début d’un deuxième chapitre de sa vie à la suite d’un cancer, le photographe a tenté de créer une communauté malgré son statut de visiteur de passage. Au cours de cette période de transition, ses promenades quotidiennes n’ont pas seulement nourri sa pratique artistique, mais lui ont également permis d’avoir des moments de clarté et d’appartenance pour se fondre dans le décor. Poursuivant dans cet esprit d’expérience partagée mais éphémère, le montage final de l’œuvre a été confié à l’auteur et journaliste Brad Zellar, qui a prêté ses propres méandres verbaux aux images, intégrant une narration contrastée mais complémentaire au livre. Parmi ses mots, à la fois désinvoltes mais aussi fatigués du monde, on retrouve un sentiment de légèreté sophistiquée, exacerbant des sentiments d’espoir plutôt que de désespoir. Tout en créant les images de Driftless, Vaughn laisse entendre que vivre au bord de la rivière lui a permis de contempler l’expérience humaine d’une nouvelle façon et de méditer sur ” le processus par lequel les gens peuvent dériver dans un espace, se loger, devenir permanents, se libérer et se déplacer vers un nouvel endroit “. Le photographe explique: ” L’un des thèmes principaux est la façon dont les gens dérivent, s’emmêlent quelque part souvent par pure coïncidence, et parfois, mais pas toujours, s’échappent. Les débris et la glace qui flottaient sur la rivière en étaient une représentation visuelle très pertinente pour moi lorsque j’étais là-bas. Plusieurs des photos du projet montrent ces éléments flottants ou suggèrent l’activité et les changements constants qui se produisent sur la rivière. J’ai eu beaucoup de chance de vivre là-bas, car c’est une muse très inspirante “. En duo, Vaughn et Zellar s’aident mutuellement à tisser un récit jusqu’à ce que leurs voix semblent s’unir. Chaque moment fugace ajoute une couche de sens, transformant, au fil du temps, une conversation en une histoire partagée. Ce très bel ouvrage de 92 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions TBW Books.

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KAZUMA OBARA – EXPOSURE

Trente ans se sont écoulés depuis que le pire accident nucléaire au monde s’est produit à la centrale nucléaire de Tchernobyl, dans l’ancienne Union soviétique (actuellement, Ukraine). Le photojournaliste Kazuma Obara a exploré l’Ukraine de février 2015 à avril 2016. Son nouveau projet, Exposure, publié par les éditions Editorial RM, vise à représenter les personnes en Ukraine qui ont un lien avec l’explosion, dont la vie a été altérée par la libération soudaine de l’énergie atomique et les conflits politiques subséquents. Pour illustrer cela, le photographe japonais a remis en cause la représentation visuelle traditionnelle en créant trois types d’objets différents : deux livres photos et une réplique de journal. Le livre photo, Exposure, décrit les 30 premières années de la vie d’une fille, Mariia, née à Kiev à 100 km au sud de Tchernobyl, cinq mois après la catastrophe nucléaire. Son handicap, causé par une thyroïdite chronique, n’est pas visible aux yeux des autres. Toutes les photos ont été prises sur de vieux films négatifs couleur ukrainiens trouvés dans la ville abandonnée de Pripyat, située à 2 km du site. Les images ont été surexposées entre une et cinq minutes. C’est un processus expérimental qui lors du développement des photos a provoqué des halos et a effacé de nombreux détails sur les images. Le titre Exposure a trois significations : exposer un film photographique à la lumière et révéler un fait inconnu au public, mais aussi le fait d’être exposée aux radiations causées par l’accident nucléaire de Tchernobyl. Tout comme la vie de Mariia est restée dans l’obscurité, le film utilisé par Kazuma Obara pour ce projet a été conservé dans l’obscurité avec des matériaux radioactifs à Pripyat, pendant trente ans. Le second livre photo, Everlasting, capture quant à lui le trajet des travailleurs de la fameuse centrale entre leur ville natale et l’usine, comme une métaphore du cycle de répétition. Depuis l’accident, les travaux de décontamination ont été transmis de génération en génération. Compte tenu de la difficulté de traiter les déchets radioactifs, il semble que ce processus puisse durer pour toujours. En complément de ces deux livres de photo, Obara a fait la réplique d’un vieux journal qui a été trouvé dans Pripyat de l’époque et permet de sentir le passage du temps. Présenté dans un superbe coffret qui contient également une reproduction photo noir et blanc au format polaroid, Exposure est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions espagnoles Editorial RM, ainsi que sur Amazon.com.

MIMI PLUMB – LANDFALL

Les éditions TBW Books publient Landfall, une série de photographies en noir et blanc réalisée dans les années 1980 par la photographe américaine Mimi Plumb. Née à Berkeley et élevée dans la banlieue de Walnut Creek, Mimi Plumb a reçu sa maîtrise en beaux-arts du San Francisco Art Institute en 1986. Elle a enseigné la photographie aux niveaux national et régional, notamment à la School of Art Institute de Chicago, au San Francisco Art Institute, à l’Université de Stanford et à l’Université d’État de San Jose. Landfall offre une vision angoissante d’un monde qui semble être menacé et au bord de la guerre nucléaire. Les images dystopiques de Plumb offrent au spectateur un récit aussi inquiétant que séduisant, hypnotisant et humain, qui résume les angoisses d’un monde en déséquilibre, une terre miroir qui rappelle étrangement notre époque. L’ouvrage tisse sa trame de façon subtile à travers des paysages étrangement séduisants, des salles de jeux, des dioramas et de mystérieux vestiges d’incendies de maisons calcinées, ainsi que des portraits d’amis et d’étrangers dans des poses troublantes, magnifiquement composés et éclairés au flash, offrant une vue sur une époque de grande angoisse et de profond humanisme. Mimi Plumb écrit au sujet de son œuvre: “Des années plus tard, la lampe brûlée m’a rappelé quand j’avais 9 ans, pendant la crise des missiles de Cuba en 1963, ma mère m’a dit qu’il pourrait y avoir une guerre nucléaire. Pendant un certain temps, je me réveillais au milieu de la nuit pour regarder l’horloge du couloir et j’avais peur de ne pas dormir. A l’école, mes camarades de classe et moi, on s’entraînait à se mettre sous nos bureaux. (…) Il n’y avait aucun sentiment d’avenir… Je voulais faire un travail qui tienne compte de ce sentiment de désespoir que je ressentais.” L’approche à la fois déconcertante et délicate de la création d’images de Plumb révèle le malaise sous-jacent que l’artiste ressentait en elle-même, dans sa communauté et dans le monde en général. Acclamé par la critique, ce superbe ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions américaines TBW Books.

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MARK POWER – GOOD MORNING, AMERICA (VOLUME ONE)

Au cours de ces six dernières années, le photographe Mark Power – membre de la célèbre agence Magnum depuis 2007, a parcouru les États-Unis pour créer le récit visuel complexe d’un pays en pleine mutation. Publié par les excellentes éditions britanniques Gost Books, ce nouveau livre, Good Morning, America (Volume One), représente une exploration personnelle et pertinente du paysage naturel et culturel américain, et de la divergence entre la réalité et le mythe. L’ouvrage est le premier d’une série de cinq livres du photographe britannique qui seront produits au cours des cinq prochaines années, projet s’étalant sur près de dix ans, alors qu’il parcourt le vaste pays en se perdant dans les villes et les villages qu’il rencontre. Power explique: « J’ai toujours voulu explorer l’Amérique, une ambition nourrie par la pléthore d’émissions de télé qui ont traversé l’Atlantique dans les années 60. Jeune enfant impressionnable, j’ai dévoré Des Agents très spéciaux et Le fugitif, mais ce sont les westerns, évoquant un paysage complètement éloigné des banlieues anglaises bouillonnantes qui m’entouraient, que j’aimais le plus: BonanzaHigh ChaparralThe Virginian, Casey Jones… J’ai commencé – sans m’en rendre compte à l’époque – à chercher inconsciemment l’Amérique qui avait vécu dans mon imagination, celle qui avait vu le jour durant mon enfance, celle qui n’a probablement jamais existé du tout. » Publié dans une édition limitée à 1500 exemplaires, le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gost Books. Une édition spéciale limitée à 50 exemplaires signés par l’artiste et contenant un cliché numéroté et signé par le photographe est également disponible ici.

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