Category Archives: Art

A HISTORY OF PHOTOGRAPHY AT THE UNIVERSITY OF NOTRE DAME

Le Snite Museum de l’Université de Notre Dame du Lac, Indiana, est considéré comme l’un des meilleurs musées universitaires d’art en Amérique. Sa collection permanente de photographies des XIXe, XXe et XXIe siècles comprend plus de 10 000 pièces. Elle regroupe des œuvres remontant aux débuts de la photographie de William Henry Fox Talbot et de daguerréotypistes français, ainsi que des photographies d’artistes plus contemporains, comme Andy Warhol et Sally Mann. Publié par les éditions GILES, ce premier tome d’un catalogue en deux volumes présente une sélection exceptionnelle de 100 clichés de la collection, comprenant des œuvres d’Edward Steichen, l’une des figures les plus importantes de la photographie créative américaine du début des années 1900, et d’Alfred Stieglitz, Eugène Atget, Edward Weston et August Sander, des premières années du siècle dernier. Le milieu du siècle est quant à lui représenté par des noms célèbres tels que Jacques-Henri Lartigue, Henri Cartier-Bresson, Margaret Bourke-White, Robert Capa, Irving Penn, Diane Arbus, Ansel Adams, Alexander Rodchenko, Berenice Abbot et Hiroshi Sugimoto. La collection continue de s’enrichir jusqu’à nos jours avec des œuvres de Larry Clark, Sally Mann, Richard Misrach et Abelardo Morell. L’imposant ouvrage de 464 pages, avec deux essais signés Charles R. Loving et David Acton, permet au lecteur d’apprécier quelques uns des plus grands clichés du 20ème siècle. A History of Photography at the University of Notre Dame est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions GILES, ainsi que sur Amazon.com.

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ANDRES GONZALES – AMERICAN ORIGAMI

Publié par les éditions néerlandaises Fw:Books, American Origami est le résultat de six années de recherche photographique par le californien Andres Gonzalez. Le projet examine de près l’épidémie de fusillades de masse dans les écoles américaines, entremêlant interviews à la première personne, documents médico-légaux, documents de presse et photographies originales. On y retrouve également des lettres écrites après la tragédie du lycée de Columbine, le 20 avril à Littleton dans le Colorado ou encore des extraits du journal de Dylan Klebold, l’un des deux tueurs. Le livre emmène le lecteur à travers un voyage visuel de deuil partagé et d’expiation pour illuminer des moments de beauté et poser des questions morales ancrées dans des actes de guérison collective. Reliés de façon unique, les divers éléments se répètent et se replient les uns les autres, créant un monde parallèle de passé et de présent, et montrant le paysage réduit au silence avec les artefacts personnels créés par ceux qui ont perdu la vie dans ces évènements tragiques. “Les gens essaient simplement d’établir un lien avec ces tragédies qu’ils ne comprennent pas “, explique Gonzalez, “Je voulais m’engager dans ce deuil, l’étreindre et le préserver.” De Columbine à Sandy Hook en passant par Roseburg et Red Lake, American Origami compile les traces laissées, dans l’espace comme dans les corps, par ces fusillades de masse perpétrées dans les écoles et interroge le rapport des États-Unis à la violence. Le livre de 384 pages a été sélectionné en novembre dernier dans la catégorie Prix du Livre Photographique de l’Année des Prix du Livre 2019 organisés par Paris Photo et Aperture, et a récemment été sélectionné par le magazine Time comme l’un des meilleurs livres photographiques de l’année. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Fw:Books.

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YINGGUANG GUO – THE BLISS OF CONFORMITY

Yingguang Guo est la première lauréate en 2017 du prix Jimei x Arles-Madame Figaro Women Photographers Award, le premier prix dédié aux femmes photographes en Chine, lancé par le magazine Madame Figaro China et le festival de photographie Jimei x Arles. La jeune photographe se focalise sur des préoccupations sociales de la Chine contemporaine, en s’axant spécifiquement sur la condition des femmes à travers la pratique du mariage arrangé. Publié par les éditions La Maison de Z, The Bliss of Conformity, saisit le Jardin du Peuple à Shanghai, dans lequel des espaces entiers deviennent des lieux de marchandisation où les parents diffusent des annonces et se lancent à la recherche d’un conjoint pour leurs enfants. Yingguang Guo explique qu’en Chine, la question du mariage est un aspect central de la vie quotidienne. C’est lors de ses études au London College of Communication qu’elle a commencé à s’intéresser au « poids de ce conformisme » qui pèse particulièrement sur les jeunes femmes chinoises. Alors confrontée à la culture européenne, elle s’est interrogée sur la valeur assignée aux femmes dans sa culture d’origine. Tout au long du livre, un fil rouge traverse les photos. La photographe explique: “En travaillant sur cette série, je me suis rendu compte que le fil rouge était un élément très présent. Les parents disposent les feuilles A4 (sur lesquelles figurent les petites annonces) de différentes façons, certains utilisent de la ficelle rouge pour les accrocher aux arbres ou à des ombrelles. En prêtant attention aux éléments du parc où se rencontrent les parents pour tenter de marier leurs enfants, j’ai fait une liste des annonces accrochées dans le parc, celles qui étaient « clippées » et celles attachées par une ficelle rouge. En regardant tous ces éléments pour essayer d’en faire quelque chose, j’ai remarqué ce fil rouge qui parcourait les images et j’ai décidé de l’utiliser dans mon travail. Par ailleurs, le fil rouge a une signification symbolique dans les mariages chinois. Donc je l’ai utilisé dans le livre et dans les œuvres sur papier. Il n’y a pas simplement le fil rouge « physique », mais aussi le rouge utilisé dans les annonces disposées par les parents. Les informations importantes, comme l’âge et le genre de leur enfant, sont écrites en rouge. D’une certaine manière, le fil rouge métaphorique fait écho au vrai fil rouge. (…) Je pensais que les mariages arrangés appartenaient au passé, mais en travaillant sur ce projet j’ai réalisé à quel point ce phénomène était à nouveau devenu populaire, un peu comme une vogue rétro. J’ai été choquée de constater que, en dépit du développement de la société chinoise, il existait encore des lieux où s’orchestrent des mariages arrangés. Un immense fossé culturel s’était ouvert devant moi.” Le livre, avec sa très belle couverture en velours, inclut trois pochettes dont on peut extraire une double page contenant deux photographies. Édité à 800 exemplaires, il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions La Maison de Z.

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GAEL BONNEFON – ELEGY FOR THE MUNDANE

Les images de Gael Bonnefon tracent une sorte de documentaire personnel qui sillonne des situations inconscientes pour une fiction qui s’ancre dans son quotidien. Longtemps, le jeune photographe installé à Toulouse a titré l’ensemble de ses images About Decline. Un corpus de photographies s’étalant sur plus de 10 ans, qui rend hommage à la beauté du banal et du quotidien. Il en explore les interstices, entre visible et invisible, là où la vie ordinaire révèle ses parts d’ombres. Un travail qui évolue au fil des années mais dont l’écriture conserve une même cohérence: ici, les paysages (cascades, forêts ou grandes étendues désertes…) vibrent avec la même force et la même intensité que les scènes ou les portraits de personnes usées, éreintées, à bout de souffle, mais bien vivantes. Premier ouvrage rétrospectif de son œuvre, Elegy for the Mundane – publié par les éditions lamaindonne – présente la diversité d’un travail toujours homogène, pouvant aborder la violence et le déclin tout autant que la douceur et la tendresse. Ici, les sentiments ne sont pas figés mais résonnent les uns avec les autres… Dans une récente interview, Bonnefon explique: “La notion de perte de contrôle dans un monde formaté est liée à l’omniprésence de la représentation du déclin qui se déploie au fil des séquences de mes images. Malgré la fiction en jeu, les photographies ne sont pas mises en scène mais captées de manière brute et directe. C’est avant tout une recherche d’intensité dans les images.” Les clichés présentés dans l’ouvrage dévoilent ainsi au fur et à mesure la personnalité et l’évolution de l’écriture photographique de Gaël Bonnefon. Le livre de 184 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions lamaindonne.

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MAISIE COUSINS – RUBBISH, DIPPING SAUCE, GRASS PEONIE BUM

Maisie Cousinsm est une photographe londonienne de 27 ans. Dans un monde obsédé par la perfection, la jeune artiste expose des photos provocantes et inattendues. Elle capture la beauté crue et nue de la femme, mélangée à la nature. Elle est l’auteure d’un art hédoniste, axé sur la puissance, le féminisme, la nature, la technologie, mais également sur le corps et l’indulgence. Les éditions britanniques Trolley Books publient aujourd’hui la première monographie de la photographe intitulée Rubbish, Dipping Sauce, Grass Peonie Bum, et qui présente des images grand format de ses trois premières grandes séries. Son travail cru met l’accent sur le brut et l’humain, où sont mis en avant principalement des fleurs, des fruits, des fesses, des insectes. Cousins joue avec les textures, les couleurs, les corps, la nature. Elle montre que le corps, les animaux, les plantes peuvent être beau et en même temps repoussant : « la nature est toujours belle mais aussi dégoûtante. Même les personnes les plus belles pissent, saignent et chient ». Sur ses clichés apparaissent poils, imperfections physiques… Elle joue avec nos sentiments, la contradiction est à la base de son travail : le beau et le laid, l’attirant et le repoussant, l’envie et le dégoût. L’artiste explique: « Les images imitent ce que j’ai essayé d’exprimer au cours des dernières années, ce que je n’arrive pas à bien exprimer avec des mots. Je pense qu’une grande partie du travail est liée à l’expression sexuelle et aux frustrations. La photo la plus ancienne date de 2013, donc je pense que je regarderai ce travail quand je serai plus vieille et que je m’en souviendrai comme la découverte de ma sexualité au début de la vingtaine. » L’ouvrage de 56 pages, sélectionné dans la catégorie Prix du Livre Photographique de l’Année des Prix du Livre 2019 organisés par Paris Photo et Aperture, contient une introduction signée Simon Baker (Directeur du MEP, Paris). Il est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Trolley Books.

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CHRISTIAN WARLICH – TATTOO FLASH BOOK

Christian Warlich (1891 – 1964) était un tatoueur de Hambourg qui a professionnalisé le tatouage en Allemagne. Selon son propre témoignage, Warlich tatouait “tout ce que le corps masculin doit exprimer : politique, érotisme, athlétisme, esthétique, religion, dans toutes les couleurs, à tous les endroits”. En plus de 40 ans de travail comme tatoueur, il comptait plus de 50 000 clients, dont le prince Axel et le prince Viggo de la famille royale danoise. De renommée mondiale, son flash book est l’un des objets les plus convoités dans le monde du tatouage, et est aujourd’hui exposé au Musée de Hambourg. L’ouvrage est maintenant disponible dans cette nouvelle édition très réussie, publiée par Prestel, qui comprend plus de trois cents magnifiques dessins réalisés à la main par Christian Warlich au début des années 1900 et restaurés dans leur état d’origine. On y retrouve des représentations complexes de cow-boys et d’indiens, de dragons chinois et de geishas, de poignards, de serpents et de crânes japonais. Le livre de 66 pages contient également des photographies et d’autres documents d’archives, dont la plupart n’ont jamais été publiés auparavant, ainsi qu’une section écrite en anglais et allemand sur la vie et l’histoire de Warlich, qui permet de mieux comprendre l’importance de l’artiste dans l’histoire du tatouage. Tattoo Flash Book est maintenant disponible sur Amazon.com.

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VIEWPOINTS – PHOTOGRAPHS FROM THE HOWARD GREENBERG COLLECTION

À l’occasion de l’exposition “Viewpoints – Photographs from the Howard Greenberg Collection” (du 10 août au 15 décembre 2019), qui réunit certaines des photographies les plus marquantes et les plus influentes du XXe siècle, explorant le pouvoir transformateur de la photographie et son rôle dans la contribution à la mémoire collective, un catalogue très réussi est publié par le Museum of Fine Arts de Boston. Au cours du XXe siècle, la photographie a évolué en tant que forme d’art tout en servant de témoin oculaire du changement social, culturel et politique. Figure passionnée et avertie dans le domaine artistique, Howard Greenberg est un ancien photographe, un galeriste, un ardent défenseur des artistes et, par-dessus tout, un connaisseur qui a passé des décennies à constituer l’une des plus importantes collections de clichés des photographes les plus remarquables de l’époque. Les photographies vont des chefs-d’œuvre modernistes européens des années 1920 et 1930 à des œuvres socialement conscientes comme des témoignages visuels puissants de l’Amérique de la Dépression, des photographies de rue politiquement engagées, du photojournalisme de guerre et des représentations convaincantes de la vie afro-américaine des années 1930 par le mouvement des droits civils. Si l’exposition présente près de 150 clichés issus de la collection de Howard Greenberg récemment acquis par le MFA de Boston, le livre dévoile quant à lui une sélection de plus de 80 images significatives – dont beaucoup de tirages d’époque uniques – qui ont défini leur époque, et nous invite à jeter un nouveau regard sur les photographies célèbres de maîtres du medium tels que Berenice Abbott, Margaret Bourke-White, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Walker Evans, Robert Frank, Consuelo Kanaga, Dorothea Lange, Gordon Parks, Edward Steichen et Weegee. L’ouvrage de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne du Museum of Fine arts de Boston, ainsi que sur Amazon.com.

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SOPHY RICKETT – THE CURIOUS MOANING OF KENFIG BURROWS

Sophy Rickett est une artiste plasticienne originaire de Londres, travaillant avec la photographie et l’installation vidéo / sonore. The Curious Moaning of Kenfig Burrows, son nouvel ouvrage publié par les éditions britanniques Gost Books, s’inspire de la vie et de l’œuvre de Thereza Dillwyn Llewelyn, une artiste et astronome galloise peu connue, qui a exercé à la fin du XIXe siècle. À travers la photographie et le texte, Rickett retrace son cheminement vers la compréhension des archives tentaculaires et complexes de la famille Dillwyn Llewelyn. L’histoire de Thereza a été le point de départ du projet. Toutefois, dès le début, l’objectivité de son étude est corrompue par une approche idiosyncrasique, où les résultats des recherches originales menées à la British Library se mélangent avec des rencontres fortuites, des associations subjectives et des malentendus. Rickett tente d’établir des liens entre l’ancien monde victorien de Dillwyn Llewelyn et ses privilège, son utilisation de la photographie et sa propre expérience de la vie, du travail et de la photographie en Grande-Bretagne au 21e siècle. Le projet consiste en 41 œuvres photographiques, combinant des images prises à des endroits de la péninsule de Gower associés à la vie de Thereza Dillwyn Llewelyn, des œuvres en studio et d’autres images trouvées. Différentes histoires de Thereza Dillwyn Llewelyn, une pionnière de la photographie, émergent, ainsi que les structures à travers lesquelles elle a développé sa pratique. Dans ce livre, Rickett développe son intérêt pour les pratiques archivistiques et le fonctionnement de l’industrie du patrimoine, en mettant en scène certains repères par lesquels le passé est rendu visible. Le livre de 80 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gost Books. Une édition spéciale limitée à 25 exemplaires signés par l’artiste et contenant un cliché numéroté et signé par le photographe est également disponible ici.

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PETER SAUL – POP FUNK BAD PAINTING AND MORE

À l’occasion de la grande rétrospective de l’œuvre de Peter Saul aux Abattoirs de Toulouse (du 20 septembre au 26 janvier 2020), la première consacrée à l’artiste pop en France depuis 1999, un très beau catalogue bilingue anglais/français a été édité par les éditions allemandes Hatje Cantz. L’artiste californien de 85 ans mélange avec humour Pop Art, Surréalisme, Expressionnisme Abstrait, culture funk de San Francisco et univers du cartoon. Ses toiles aux couleurs criardes, au dessin trash, portent un regard caustique sur la société de consommation et ses valeurs, sur les idoles planétaires (Superman), sur l’impérialisme américain (la guerre du Vietnam, la geôle d’Abu Ghraib), les inégalités sociales et la violence urbaine. Influencé par la bande dessinée et les graffitis, Saul développe une thématique violente, pornographique, scatologique et drôle dans un style qu’on dit (à tort) bâclé. Son œuvre est une fête de l’esprit et des sens que Dali lui-même appréciait. Cette figure majeure de l’underground américain, maître de la peinture de la satire et du sacrilège, met en lumière la face sombre du rêve américain. Le catalogue Pop, Funk, Bad Painting, and More couvre ainsi toute la carrière de Peter Saul depuis la fin des années 1950 jusqu’à aujourd’hui et rassemble avec une ampleur inédite près de quatre-vingt œuvres (peintures, arts graphiques, etc.), pour certaines inédites, ainsi qu’un ensemble d’archives. Le livre de 224 pages, comprenant des textes de John Yau, Annebelle Ténèze et de l’artiste lui-même, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.

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MIKE KELLEY – TIMELESS PAINTING – NEW YORK

Au cours de ses quatre décennies de carrière, Mike Kelley (1954-2012) a produit une œuvre particulièrement hétéroclite dans toute une gamme de médias, mêlant ce qu’on appelle la haute culture et la basse culture, critiquant les conventions esthétiques dominantes et combinant les notions traditionnelles du sacré et du profane. Cette exposition intitulée Timeless Painting, organisée par la galerie new-yorkaise Hauser & Wirth en collaboration avec la Fondation Mike Kelley pour les arts, présente des peintures de différentes séries créées sur une période de 15 ans, entre 1994 et 2009, mettant en lumière l’ampleur de l’engagement de l’artiste dans le domaine de la peinture. Organisée par la conservatrice Jenelle Porter, l’exposition tire son titre et son point de départ conceptuel de la série qui a donné naissance à de nombreuses œuvres exposées, et dont “l’approche compositionnelle”, a déclaré Kelley, “doit être lue en dehors de l’influence du développement esthétique historique”. Rassemblant une douzaine d’œuvres dont The Thirteen Seasons, Cult Paintings et Missing Time Color Exercises, cette exposition met en lumière la remarquable exploration de la peinture en couleur de Kelley. Jusqu’au 25 janvier 2020 à la galerie Hauser & Wirth.

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TONY RAY-JONES

Tony Ray-Jones (1941-1972) a marqué l’histoire de la photographie indépendante britannique. Plaçant sa vision artistique au-dessus de toutes considérations commerciales, il a documenté son époque à la recherche de sujets décalés et saugrenus. Dans cette nouvelle monographie publiée conjointement par les éditions britanniques RRB Photobooks et la Fondation Martin Parr, son œuvre est replacée dans son contexte et l’évolution de la photographie dans les années 1960 est également abordée. Le livre se concentre sur des photographies prises entre 1966 et 1969, alors que Ray-Jones, motivé par sa curiosité, parcourait le pays pour documenter les coutumes sociales anglaises et ce qu’il considérait comme un mode de vie en voie de disparition. Ce corpus de photographies, petit mais distinct, s’inscrivait dans l’évolution de la photographie britannique, plaçant la vision artistique au-dessus du succès commercial. Au cours de cette courte période, Ray-Jones a réussi à établir un style personnel individuel. Il a construit des images complexes sur un fond typiquement anglais, où les espaces entre les composants de l’image étaient aussi importants que le sujet principal lui-même. Le photographe explique: « J’ai essayé de montrer la tristesse et l’humour dans la folie douce qui règne chez les gens. Les situations sont parfois ambiguës et irréelles, et les juxtapositions d’éléments apparemment sans rapport, et pourtant les personnes sont réelles. J’espère que cela contribue à créer un sentiment de fantaisie. La photographie peut être un miroir et refléter la vie telle qu’elle est, mais je pense aussi qu’il est peut-être possible de passer, comme Alice, à travers le miroir et de trouver un autre monde avec la caméra. » Les talents de Ray-Jones ont été mis à profit par une génération de photographes de rue qu’il a rencontrés alors qu’il vivait à New York au milieu des années 1960. Parmi ces photographes figuraient Garry Winogrand, Joel Meyerowitz et d’autres personnes associées au cercle du légendaire directeur artistique de Harpers Bazaar, Alexey Brodovitch. Leurs images définissaient l’époque car ils utilisaient la rue comme cadre. Ray-Jones a appliqué cette nouvelle façon de voir à son Angleterre natale et a photographié ses observations comme elles ne l’avaient jamais été auparavant. En 2012, Martin Parr, aux côtés du conservateur Greg Hobson, a revisité les planches contact de Ray-Jones de cette période et retrouvé des images inédites. Parr explique: « Tony Ray-Jones a été l’une de mes premières inspirations. Ses images m’ont montré comment il était possible de photographier mon propre pays. » Ces nouvelles découvertes sont publiées avec des images anciennes emblématiques, notamment des tirages d’époque de la collection de la Fondation Martin Parr. L’ouvrage de 128 pages, qui comprend un essai de Liz Jobey et une introduction de Martin Parr, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Photobooks.

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MICHAEL KENNA – BEYOND ARCHITECTURE

Les photographies du britannique Michael Kenna, exclusivement en noir et blanc, sont des tirages de petit format d’une grande finesse, dont les virages subtils leur confèrent une poésie singulière. Quel que soit le continent qu’il parcourt, l’artiste s’attache essentiellement aux paysages sauvages et aux représentations urbaines vides de toute présence humaine. Les éditions britanniques Prestel publient aujourd’hui Beyond Architecture, une superbe sélection de clichés pris par le photographe au cours des quarante-cinq dernières années. Michael Kenna est considéré comme l’un des photographes les plus accomplis travaillant aujourd’hui. Ce livre retrace son œuvre dans le domaine de la photographie architecturale, en montrant comment son approche de l’environnement bâti oriente son style, qu’il s’agisse de capturer des structures naturelles ou humaines. Page après page, le livre crée des dialogues entre les images pour montrer comment Kenna applique la lumière, l’ombre, la composition et la perspective à des effets similaires dans différents contextes. L’approche curative astucieuse d’Yvonne Meyer-Lohr nous aide à comprendre comment le photographe se déplace habilement entre les techniques, s’il capte le réseau de câbles sur un pont suspendu, les bijoux scintillants d’un paysage urbain nocturne, ou la silhouette hantée d’une tour d’usine. Avec ces travaux s’affermit aussi le principe de la construction par projets, de la série travaillée sur le long terme dans la profusion des prises de vue. « La première fois, je commence par l’extérieur et je fais les photos les plus évidentes ; la seconde fois, j’y regarde d’un peu plus près. Les images deviennent plus intéressantes ; la troisième fois, le défi est plus important, et à chaque occasion successive les images gagnent en force, bien qu’elles soient de plus en plus difficiles à obtenir. » Kenna nous montre le paysage comme un moment d’un lieu, où s’exercent des forces esthétiques. Pour un artiste enclin à la solitude et au silence, photographier New York et les grandes mégapoles en cours d’édification peut confiner au masochisme. Mais Kenna veut nous montrer, dans l’urbain, le justement nommé tissu : chaîne, trame, matière, moires, éclats, lignes, franges, motifs, sutures, trous… Sensuel et tactile, organique. Accompagné d’essais éclairants signés Yvonne Meyer-Lohr, cet imposant volume offre un regard complet sur un photographe brillant dont le dévouement à l’art et la technique le distingue de ses contemporains. Le livre de 384 pages est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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