Category Archives: Art

JASON FULFORD – CONTAINS: 3 BOOKS

jason fulford

Photographe, designer, éditeur (J&L Books), Jason Fulford a adopté avec talent le livre de photographie comme principal mode d’expression, dans lequel ses photos construisent plusieurs niveaux d’expression à travers leur séquence et leur agencement. Pour son nouvel ouvrage intitulé Contains: 3 Books, il rejoint la jeune maison d’édition néerlandaise fondée par Lorenzo de Rita, The Soon Institute. Pour ce projet, Fullford s’est laissé guidé par son appareil photo dans une quinzaine de pays à travers le monde, pendant près de trois ans. Trois volumes sont ainsi rassemblés dans un superbe coffret aux reflets métalliques: I Am Napoleon, &&, et enfin Mild Moderate Severe Profound. La mise en page des trois livres est particulièrement originale, avec de nombreux textes qui viennent se mélanger aux clichés, et qui tour à tour éclairent et embrouillent le lecteur. Beaucoup des questions posées par cette nouvelle œuvre du photographe américain sont intentionnellement laissées sans réponse. Son travail porte sur l’expérience de la recherche et de la pensée, invitant le lecteur à être un participant actif. À travers ces diaporamas d’images et ces courts récits, Jason Fulford évoque les grandes questions de la vie: celles de l’existence, du surnaturel et de l’origine du sens. Chacun des trois livres laisse au lecteur la liberté de compréhension et d’interprétation afin qu’il puisse se créer sa propre histoire. Ce très beau coffret est maintenant disponible sur le shop online de The Soon Institute ainsi que sur Amazon.com.

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ANGUS FRASER – SANTA MUERTE

Le premier livre du lauréat du Bar Tur Photobook Award de 2014, Angus Fraser, Santa Muerte, suit les membres de ce culte mexicain, populaire parmi les communautés marginalisées où règnent la criminalité, et examine les rapports à la mort, son acceptation, à travers différentes régions du Mexique. Santa Muerte est une sainte folklorique dont les origines remontent à des centaines d’années, aux rituels aztèques mêlés aux croyances et pratiques catholiques. Bien que dénoncée par l’Église catholique du Mexique comme satanique, le culte a connu une popularité croissante au cours de la dernière décennie. De nombreux observateurs ont noté que son essor coïncidait avec les meurtres et la violence associés à la guerre entre cartels de la drogue rivaux et le gouvernement mexicain. Depuis 2011, le photographe britannique s’est rendu à plusieurs reprises au Mexique, afin de réaliser son projet photographique sur les dévots de Santa Muerte. Son travail examine le contraste entre les perceptions occidentales et mésoaméricaines et l’acceptation de la mort. Ses images incluent des portraits de croyants, de leaders spirituels, des sanctuaires, des autels privés et publics, des accessoires, des prières, des cérémonies et des rassemblements de rue, pour analyser les liens avec la grande faucheuse. Publié aux éditions britanniques Trolley Books, le livre identifie les individus qui ont été parmi les premiers à construire et gérer les sanctuaires de Santa Muerte, et qui sont maintenant considérés comme des patrons et chefs spirituels de la foi. Angus Fraser a été autorisé à photographier les pratiquants dans leurs lieux de culte, ainsi que dans leurs foyers et dans les prisons où le culte est particulièrement célébré. Les photographies présentées dans cet ouvrage de 210 pages sont accompagnées d’un essai de la réalisatrice mexicaine primée, Eva Aridjis. Santa Muerte est disponible sur la boutique en ligne des éditions Trolley Books ainsi que sur Amazon.com.

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JUNGJIN LEE – ECHO

jungjin lee

Née en 1961 en Corée, Jungjin Lee est installée à New York et a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire à base d’images panoramiques monochromes aux compositions parfaites et qui dégagent une ambiance de sérénité. Au début des années 1990, la photographe coréenne effectue plusieurs voyages à travers l’immensité de l’Amérique. Elle y a capture des images archaïques et primitives des déserts, des rochers, des broussailles et des cactus. Ses séries d’images fragmentaires et poétiques ont été décrites par le grand Robert Frank comme des «paysages sans la bête humaine». S’appuyant sur son héritage sud-coréen, l’artiste développe un langage pictural unique en son genre: Ocean, On Road, Pagodas, Things et Wind sont autant de séries dans lesquelles son intérêt fondamental pour la nature et la culture s’exprime dans un espace de résonance poétique. Dans son œuvre, Jungjin Lee utilise sa compréhension profonde de la matérialité, la texture et l’artisanat. Elle utilise notamment un papier de riz traditionnel coréen sur lequel elle applique à la brosse en chambre noire une émulsion photo-sensible (Liquid Light). Les imprécisions qui en résultent dans le processus de développement et les imperfections dans la production vont à l’encontre de la supposée prétention à la vérité de la photographie. La présence physique des photos grand format de Jungjin Lee est immédiatement captivante. Photographier le paysage est pour elle une exploration de son propre esprit – les états introspectifs de l’artiste, dont le regard photographique est insistant et transformateur. «Mes images doivent être vues comme des métaphores : ni représentation du monde réel, ni expression de sa beauté visuelle, elles sont une forme de méditation». Elle utilise la photographie pour poursuivre une recherche intérieure quasi mystique, une méditation sur notre place dans le monde, sur notre rapport à la nature et aux objets. Qu’elle pose son regard sur le lointain ou le proche, Jungjin Lee transcende la vision ordinaire et extrait du monde des « immémoriaux ». Ses photographies nous font entrevoir ce que pouvait être l’art à ses débuts : une médiation chamanique qui reliait l’homme à ce qui l’entourait. «Ce que je cherche dans mes photos, ce sont les éléments de vie. La solitude de l’humain. La vie change en surface, comme un océan. L’eau est en mouvement perpétuel à la surface, mais dans les profondeurs, au cœur, rien ne bouge». Publiée par la maison d’édition allemande Spector Books, à l’occasion de sa rétrospective à la galerie Fotomuseum Winterthur, la nouvelle monographie Echo de Jungjin Lee présente onze séries d’œuvres commentées et contextualisées à travers des essais de Lena Fritsch, Hester Keijser et Liz Wells – fournissant pour la première fois un aperçu d’une œuvre s’étalant sur deux décennies. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Spector Books.

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ARAKI – HI-NIKKI (NON-DIARY DIARY)

hi-nikki

Né en 1940 à Tokyo, Nobuyoshi Araki invente en 1980 le concept de « faux journal intime photographique ». Il trouve son inspiration dans l’histoire de son pays, sa vie quotidienne et l’érotisme japonais. Situé à la frontière entre l’autobiographie et le journal intime, son travail se caractérise par la pratique de la photographie spontanée de situations mises en scène. Après sa très belle rétrospective au musée Guimet achevée en septembre dernier (voir ici), Nobuyoshi Araki s’illustre une nouvelle fois à Paris en sortant un nouvel ouvrage photographique. À l’occasion de son 30e anniversaire en 2014, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a demandé au photographe japonais de prendre une photographie chaque jour, commande destinée à être publiée chaque semaine sur le site Internet de la Fondation Cartier sous forme de diaporama. Araki se prend alors au jeu et réalise entre mars et mai 2014 un total de 1250 photographies couleur inédites – soit plus d’un cliché par jour – nous invitant à le suivre à travers un Tokyo intime et sensible mêlant portraits de jeunes femmes, natures mortes sensuelles et lieux emblématiques de la vie personnelle de l’artiste (comme ce petit bar du quartier de Kabukicho où le photographe a ses habitudes). La Fondation Cartier dévoile aujourd’hui toute la richesse de ce sublime kaléidoscope au sein de l’ouvrage Hi-Nikki (Non-Diary Diary) qui réunit l’ensemble des photographies réalisées pour ce projet. Ce très beau livre de 696 pages, avec son coffret et sa reliure japonaise, est un ouvrage indispensable à la compréhension de l’œuvre fleuve du très prolifique Araki, aujourd’hui âgé de 76 ans. Il est maintenant disponible en librairie, à la Fondation Cartier et sur fondation.cartier.com, ainsi que sur Amazon.com.

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PLAIN BLACK: ABSTRACT PAINTINGS BY CLARE ROJAS

clare rojas

L’artiste californienne Clare Rojas utilise une large gamme de médias tels que la peinture, l’installation et la vidéo. Ses images font référence à l’art noble et à la culture populaire, le modernisme de la côte ouest et le quaker art, les mosaïques byzantines, les textiles amérindiens, la peinture d’enseignes traditionnelles et l’art brut. Elle chante et joue également de la guitare et du banjo sous le nom de Peggy Honeywell. Définitivement éloignée de son style folk pour se reconvertir dans un travail plus abstrait, l’artiste californienne Clare Rojas réalise désormais de magnifiques toiles minimalistes composées de diverses formes géométriques colorées. À l’occasion de sa dernière exposition personnelle (Everyone Has Those Spaces) chez Kavi Gupta (voir ici), la galerie de Chicago publie une très belle monographie intitulée Plain Black: Abstract Paintings by Clare Rojas. On y découvre des reproductions de ses nouvelles œuvres inspirées par l’observation des formes dans la nature, et qui s’inscrivent dans la ligne de son étude sur l’abstraction géométrique. Avec leur angularité vive et leur chromatisme audacieux, ses récentes toiles qui mettent l’accent sur l’image flottante dans l’espace, sont des réductions formalistes rappelant le travail d’Alexander Calder, Matisse, Kazimir Malevich ou Ellsworth Kelly. Retirant les personnages de ses peintures et nourrissant sa disposition instinctive vers certaines formes et couleurs, l’artiste construit un exercice de simplicité et d’autoréflexion. Dans certaines œuvres, les formes composent un équilibre élégant reposant dans un espace blanc dont Rojas dit: « Je le vois, et peux presque l’entendre, comme vous entendez la résonance d’un son dans l’espace. » Les travaux sont accompagnés d’un essai du conservateur et directeur adjoint du Jewish Museum, Jens Hoffmann, et d’un poème de David Whyte. L’ouvrage de 208 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de la galerie Kavi Gupta ainsi que sur Amazon.com.

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RAGNAR AXELSSON – FACES OF THE NORTH

faces of the north

Publié pour la première fois en 2004, Faces of the North a établi Ragnar ‘RAX’ Axelsson comme l’un des meilleurs photographes documentaires de notre temps. Cette deuxième édition (Crymogea) tant attendue est le résultat de plus de 30 ans de documentation sur la vie des chasseurs, des pêcheurs et des agriculteurs des pays nordiques. On y retrouve deux fois plus de clichés que la sélection originale, avec des photographies inédites de la collection de RAX, des récits personnels de ses nombreux voyages, ainsi que quelques-uns de ses croquis. Le résultat est un témoignage rare des cultures à travers l’Islande, les îles Féroé et le Groenland. Ragnar Axelsson, sensible aux multiples visages que la nature offre à son regard, est aussi avide de rencontres: « Chaque fois que je croise une personnalité intéressante, je m’arrête et j’engage la conversation. Souvent, des heures se passent avant que je ne prenne mon premier cliché. » Ses modèles de prédilection sont les vieilles personnes, les pêcheurs en déshérence, les agriculteurs reclus qui peinent à survivent dans leurs fermes isolées, quasi inaccessibles au fin fond des régions les plus reculées d’Islande… « J’aime les visages qui racontent une histoire. » Ses photographies en noir et blanc sont intemporelles, ouatées de silence, peuplées de solitudes. Capter dans sa fugacité le mouvement, l’instant, l’atmosphère, ce que le regard exprime. S’il y a tant de portraits chez Ragnar Axelsson, c’est que les visages sont pour lui la mémoire des pays et de leurs habitants, ils en reflètent l’histoire. Un témoignage photographique unique d’univers et de modes de vie qui ont aujourd’hui presque disparu. Avec ses 410 pages, l’imposant et somptueux Faces of the North est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions islandaises Crymogea, ainsi que sur Amazon.com.

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NICK TURPIN – ON THE NIGHT BUS

Durant les trois derniers hivers (de 2013 à 2016), le photographe de rue anglais et fondateur du collectif In-Public Nick Turpin a photographié, à travers les vitres, les passagers de bus londoniens rentrant chez eux le soir, pour sa série personnelle Through a Glass Darkly. Le photographe met en scène avec sensibilité tous ces anonymes qui viennent peupler les transports en commun tôt le matin ou tard le soir. À travers les vitres embuées des bus de Londres, ses clichés nous donne l’impression d’être sur le quai, témoin d’une tranche de vie, nous faisant percevoir la chaleur des bus, la torpeur des passagers, le froid extérieur, l’humidité ruisselante des vitres. Pour ce projet, Nick Turpin s’est placé sur une plateforme un peu en hauteur, avec son téléobjectif, pour pouvoir photographier facilement l’étage des bus londoniens et dévoiler ces moments intimes des travailleurs pendulaires de Londres. Ces portraits, du fait des lumières artificielles des bus et de la buée omniprésente, ressemblent à de véritables aquarelles classiques, apportant une dimension particulière aux photos. Certains passagers interagissent les uns avec les autres, certains dorment, d’autres sont timides et pensifs, d’autres perdus dans des pensées lointaines. Tous sont étrangement silencieux derrière le verre glacé. Liant l’artistique et le documentaire, Nick Turpin a créé des moments irréels et suspendus dans la nuit et l’hiver londonien. Publiées pour la première fois par la maison d’édition britannique Hoxton Mini Press, les photographies du projet Through a Glass Darkly sont maintenant réunies dans un très bel ouvrage de 104 pages, intitulé On the Night Bus. Le livre est disponible sur la boutique en ligne des éditions Hoxton Mini Press ainsi que sur Amazon.com.

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NEW YORK IN PHOTOBOOKS

NEW YORK IN PHOTOBOOKS

New York est sans nulle doute la ville la plus photogénique et la plus photographiée du monde. À l’occasion de la grande exposition itinérante sous le commissariat du spécialiste du livre de photographies Horacio Fernández, les éditions Editorial RM publient un magnifique catalogue: New York in Photobooks. Après son travail sur l’Amérique latine qui avait donné lieu à une exposition au Bal en 2012, Fernandez rassemble ici 48 ouvrages cultes sur New York qui marquèrent l’Histoire de la photo de 1931 à 2002. On y reconnaît entre autres Naked City de Weegee, A Way of Seeing de Helen Levitt, Many are Called de Walker Evans, The Destruction of Lower Manhattan de Danny Lyon, Subway de Bruce Davidson, mais aussi les livres de Nobuyoshi Araki, Keizo Kitajima, Ugo Mulas, Raymond Depardon ou Robert Rauschenberg. Dans ces images tirées des livres sélectionnés, la ville des gratte-ciel est capturée de sa construction dans les années 1930 à la destruction du World Trade Center en 2001, tout comme la vie urbaine des new-yorkais eux-mêmes. Beaucoup de recueils sont le fuit du travail de photographes européens et japonais, qui ont découvert des perspectives multiples (humaines, culturelles, sociales, économiques…) à partir desquelles regarder la ville qui façonna le XXe siècle. Cet ouvrage passionnant de 240 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Editorial RM ainsi que sur Amazon.com.

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NIKOLAY BAKHAREV – NOVOKUZNETSK

NOVOKUZNETSK

Nikolay Bakharev est né en 1946 dans le village de Mikhailovka, en Sibérie. Depuis 1991, il fait partie de la Photographer’s Union of Russia (Union des photographes de Russie). Au cours des années 80, l’artiste travaille comme mécanicien et photographe employé par les services municipaux en URSS. Pour compléter ses revenus, il réalise en toute clandestinité quelques portraits sur les plages publiques de Russie orientale. Si la séance se déroule convenablement, il invite ses modèles à faire d’autres clichés dans un cadre plus intime. Pendant plusieurs heures ces derniers prennent des poses contorsionnées et érotiquement chargées, ce qui à l’époque était hautement illégal. Après la chute du rideau de fer, Nikolay Bakharev commence à travailler plus ouvertement en tant qu’artiste, bien qu’étant souvent relégué au rang de pornographe. Ses photographies de cette époque révèlent bien plus que les corps de ses modèles, mais les rêves ardents et embrumés des habitants d’une ville industrielle en pleine mutation et les désirs d’un artiste acharné. Il serait aisé de mal interpréter ces images comme de simples fantasmes pornographiques d’un vieil homme manipulateur et pervers, mais il y a quelque chose de plus profond dans ces clichés – dans les yeux des modèles, dans leur candeur, leur curiosité et complicité, ainsi que dans les décors qu’utilise le photographe, comme l’explique Aaron Schuman dans son essai. Tout dans ses portraits joue entre maîtrise et abandon. Chaque photographie semble être habitée d’une poésie qui touche jusque dans la nudité à une forme d’immanence. Ce nouvel ouvrage de 120 pages publié par les éditions britanniques STANLEY / BARKER présente cette œuvre unique dans un pays où la sexualité et le corps nu ont été censurés dès le milieu des années 1930. Novokuznetsk est maintenant disponible sur la boutique en ligne de STANLEY / BARKER.

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PURIENNE – HOLIDAY

purienne

Le photographe de mode sud-africain Henrik Purienne signe en ce début d’année sa deuxième monographie, Holiday, aux éditions Prestel. Fondateur du célèbre Mirage Magazine, Purienne dévoile ses nouveaux clichés sensuels et ensoleillés, toujours très inspirés des années 70 et 80, où la beauté naturelle et physique se mélange à une ambiance à la fois chaude et exotique. L’imagerie voyeuriste, érotique et voluptueuse du photographe oscille sans cesse entre provocation et profondeur. Le plus souvent, la toile de fond est un endroit banal, une chambre, les abords d’une piscine ensoleillée qui suggère un sentiment de nostalgie et de tendresse. La chaleur omniprésente est perceptible dans chacune de ces images. Les portraits de Purienne, qu’ils soient personnels ou commerciaux, montrent le regard et les traits de ses sujets dans une lumière qui expose toutes sortes de défauts et d’imperfections. Ses photos révèlent la beauté naturelle et intacte des modèles qu’il dépeint. Avec Holiday, Purienne présente une série de clichés de vacances avec ses amies, qu’il a réalisé entre son Afrique du Sud natale, la Méditerranée, et Los Angeles où il réside désormais. Prises exclusivement au format 35 mm, sa véritable marque de fabrique, les images de Purienne ont une esthétique unique et rappellent à la fois un passé proche et un avenir pas si lointain. Purienne semble avoir créé son propre univers de fantasmes, où il transforme la photographie de mode en photos de coulisses d’un été sans fin, et où le corps de la femme est sublimé. L’ouvrage de 260 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Prestel, ainsi que sur Amazon.com.

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FRANK HORVAT – PHOTOGRAPHIC AUTOBIOGRAPHY

Frank Horvat est né en 1928 à Abbazia en Italie. Il étudie le dessin académique pour ne plus se consacrer rapidement qu’à la photographie. Tour à tour reporter voyageur, grand photographe de mode (il a travaillé pour les magazines Life et Vogue) ou artiste intimiste, sa photographie opère comme un véritable mode d’expression, sans se soucier ni des codes ni des époques. Près de neuf décennies de vie et sept décennies de carrière dans la photographie: l’autobiographie visuelle de Frank Horvat, Photographic Autobiography (publiée par Hatje Cantz), est tout sauf un livre de photographie ordinaire. Installé en France à la fin des années 50, il dévoile dans ce nouvel ouvrage un aperçu très personnel de sa vie privée: cette autobiographie en images révèle des moments personnels de toutes les phases de sa vie. On y retrouve les grands thèmes de l’humanité, tels que la naissance, la mort, l’amour, la solitude, et l’on y aperçoit sa famille, ses proches et ses amis. Ce sont des images de tous les jours, comme n’importe quelle personne aurait pu les rassembler dans un album. À ceci près qu’il s’agit ici d’un des plus grands maitres de la photographie: la qualité des clichés présentés dans cette monographie parle d’elle-même. En annexe, Horvat commente chacune des images classées par ordre chronologique. « Une bonne photo, c’est une photo que l’on ne peut pas refaire », confiait il y a peu le photographe. « Elle doit être imprévisible, et tout ce qu’il y a dedans doit être nécessaire », ajoute-t-il, pour préciser sa pensée. Le livre de 520 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.

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FRED HERZOG – MODERN COLOR

Né en Allemagne en 1930, Fred Herzog a émigré au Canada au début des années 1950. S’installant à Vancouver à partir de 1953, il photographie la ville durant les heures de liberté que lui laisse son travail de photographe médical. Longtemps ignoré, son travail a été redécouvert au milieu des années 2000 et ses photos sont aujourd’hui exposées dans les musées et les galeries du monde entier. « Pendant plus d’un demi-siècle », écrit David Campany dans l’introduction de cette nouvelle monographie consacrée à son œuvre, Modern Color, publiée par Hatje Cantz, « il a regardé vivre, travailler, jouer et changer Vancouver ». Son style documentaire rappelle le photographe américain Walker Evans (voir ici), mais il possède également la vision poétique et la sensibilité picturale d’un Edward Hopper, mort en 1967, à l’époque où Fred Herzog captait les couleurs d’un monde encore dans sa splendeur crépusculaire. Cette superbe monographie réunit une sélection d’œuvres tirées de l’immense corpus photographique que Herzog consacra à la capitale de la Côte Ouest canadienne, sa ville d’adoption. On y voit le développement, l’expansion, des projets, les gens, les lumières extraordinaires mais aussi les côtés sombres d’une ville qui connut un essor hors du commun en quelques décennies seulement, et notamment grâce à l’immigration, en grande partie asiatique. Herzog a passé plus d’un demi-siècle à déambuler dans les rues de Vancouver avec son appareil photo Leica chargé de la fameuse pellicule couleur Kodachrome. Son regard s’est en particulier porté sur des zones un peu en marge des splendeurs du centre-ville naissant : friperies, terrains abandonnés, barbiers, gargotes, des lieux bondés de gens, de certains rêves mais aussi de désillusions. Le photographe extrait de la lumière saisie au gré du climat la chaleur que cette ville du nord laisse s’échapper des néons ou des vitrines surchargées de montres ou de magazines. Une vision documentaire qui fige dans le temps un paysage urbain voué à la transformation irréversible. Ce livre rassemble plus de 230 images, dont beaucoup n’ont jamais été reproduites, et présente des essais des auteurs renommés David Campany et Hans-Michael Koetzle, ainsi que de l’artiste Jeff Wall. C’est la publication la plus complète à ce jour sur ce photographe majeur du XXe siècle. L’ouvrage de 320 pages est disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Hatje Cantz ainsi qu’en pré-commande sur Amazon.com.

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