Category Archives: Art

GREGORY HALPERN – ZZYZX

zzyzx

Dans son nouvel ouvrage ZZYZX, publié par les éditions Mack, le photographe new-yorkais Gregory Halpern étudie de manière lyrique la Californie contemporaine, où la beauté solaire du Rêve américain se heurte à la réalité de la pauvreté, de l’instabilité et de l’inégalité de manières étonnamment déroutantes. Les premiers colons appelaient la Californie le « Golden State » (l’État en Or), ou encore « The Land of Milk and Honey » (le Pays du Lait et du Miel). Aujourd’hui, en observant l’étalement urbain, les échangeurs routiers, les bas-fonds, l’ironie parait évidente, mais ce territoire n’est pas souvent visualisé autrement que comme un cliché ou comme sa propre fin. Il y a une étrange sorte d’harmonie quand tout est perçu concomitamment – le sublime, le psychédélique, l’autodestruction. Comme tous les lieux, il est imprévisible et contradictoire, mais d’une façon plus extrême encore. Les cultures et les histoires coexistent, le beau côtoie le laid, la rédempteur côtoie le désespéré, le tout sous une lumière singulière, tout autant transcendante que sévère. Les photos de ce livre débutent dans le désert à l’Est de Los Angeles et se dirige vers l’Ouest à travers la ville, pour finir au Pacifique. Ce mouvement général vers l’Ouest fait allusion à une soif de l’eau, tout comme à l’expansion originelle de l’Amérique, qui est née à l’Est et qui s’est déplacé avidement vers l’Ouest jusqu’à atteindre le Pacifique, remplissant ainsi sa destinée manifeste. Encensé par la critique et considéré pour beaucoup comme l’un des meilleurs livres de photos de l’année passée, ZZYZX s’est imposé comme lauréat du Prix du livre photo de l’année 2016 décerné par Paris Photo – Aperture Foundation. Le livre de 128 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques Mack, ainsi que sur Amazon.com.

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CHRISTOPH BANGERT – HELLO CAMEL

hello camel

Après le succès de son ouvrage War Porn sorti en 2014 (voir ici), où il montre toute l’horreur des combats dans les zones de conflits, le photographe de guerre Christoph Bangert revient avec Hello Camel. Dans ce nouvel ouvrage publié aux éditions Kehrer, le photographe allemand souligne un autre aspect de la guerre: son absurdité. « D’après moi, les deux deux principales caractéristiques de la guerre sont l’horreur et l’absurdité », explique Bangert. Il replonge donc pour l’occasion dans ses archives et dévoile une série d’images qui révèlent l’ennui des soldats sur le front, les malentendus culturels, la comédie latente, mais aussi le désir de revenir à une vie plus normale. Le titre du livre fait référence à la photo de couverture, lorsqu’un soldat américain se retrouve face à face avec un chameau, comme deux mondes que tout sépare. Le fossé culturel entre les forces d’occupation et la population locale et le fait qu’ils n’arrivent pas à se comprendre est l’un des thèmes les plus profonds du livre. Les clichés du photographe allemand sont à la recherche de restes d’humanité au milieu du chaos absolu. Pour Christoph Bangert, le rire est un mécanisme de protection, une tentative hâtive et volontaire de créer un certain quotidien: « Dans la guerre, ou vous riez, ou vous mourrez », explique t-il dans la préface de son nouveau livre. Dans ce recueil de 96 pages, le photographe présente des clichés de guerre à la fois étonnants et déconcertants. Ses images à la fois calmes, composées et étranges issues des conflits en Afghanistan, à Gaza, au Darfour, au Liban et en Irak, vont à l’encontre de notre conception clichée de la guerre moderne qui serait une expérience dynamique, dramatique et héroïque. Hello Camel est un formidable documentaire sur l’effort de l’homme à créer un semblant de normalité face à la violence et au chaos quotidien. Le livre est maintenant disponible sur Amazon.com.

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ALEX WEBB – LA CALLE

Alex Webb

À l’occasion de l’exposition itinérante (New York, Tuscon, Ohio) consacrée à la série sur le Mexique du photographe californien Alex Webb entre septembre 2016 et mars 2017, les éditions Aperture en partenariat avec Televisa Foundation publient un superbe catalogue: La Calle. Durant trente années, ce photographe de l’agence Magnum a livré un travail à la fois percutant et subtil, dominé par une véritable obsession de la couleur. Entre reportage et documentaire, la série La Calle rassemble un florilège de plus de 30 ans d’images prises par Alex Webb dans les rues du Mexique entre 1975 et 2007, avec un point de vue tantôt ironique tantôt intime sur les habitants de ce grand pays. Que ce soit en noir et blanc ou en couleur, les compositions multicouches et complexes de Webb abordent de nombreux genres. La capacité du photographe à condenser les gestuelles, la lumière et les tensions culturelles dans des cadres uniques et séduisants lui permet de réaliser des images évocatrices qui transmettent un sentiment de mystère, d’ironie et d’humour. Après un premier voyage au milieu des années 1970, Webb revint fréquemment au Mexique, travaillant sans relâche sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique et dans le sud du pays, tout au long des années 1980 et 1990, inspiré par ce que le poète Octavio Paz appelle le mexicanisme (mouvement artistique et culturel dont l’objectif est de mettre en avant et de remettre à l’honneur les racines précolombiennes dont son issus les mexicains). La Calle est une véritable célébration de la rue mexicaine comme baromètre sociopolitique, bien que celle-ci ait subi une transformation importante depuis les premiers voyages de Webb dans le pays. Dans ce théâtre absurde du quotidien, ce grand virtuose de la photographie couleur réalise certains de ces plus beaux clichés. L’ouvrage de 176 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Aperture ainsi que sur Amazon.com.

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KRASS CLEMENT – IMPASSE HOTEL SYRIA

impasse hotel syria

Krass Clement (né en 1946) est l’un des photographes danois les plus remarquables de sa génération. Toutes ses photographies abordent les questions existentielles de la condition humaine. Elles nous parlent des sentiments de perte, d’angoisse et de solitude. De cette part de vécu que nous essayons tous de maintenir à distance. Si l’univers photographique de Krass Clement nous touche si profondément, cela tient non seulement à son grand talent visuel, mais également à son aptitude à rendre ces thèmes proches et abordables. En 2001, le photographe se rend en Syrie, dans les villes de Damas, Palmyre, Alep, Homs et Deir Ezzor. Krass Clement dépeint dans ce voyage et ce livre très personnel un monde d’hier. Dans Impasse Hotel Syria, publié par la maison d’édition danoise Gyldendal, le photographe présente un passé récent. Il y a tout juste 15 ans, Clément a pris des photos d’un pays qui subit aujourd’hui un changement profond et radical. Un pays entier et tout son peuple sont devenus victimes de la guerre, ce qui est encore plus révoltant à la vue des sublimes clichés de Krass Clement. Les photographies sont à la fois lyriques et ambitieuses, et jettent un regard en arrière sur une société qui, il y a quelques années à peine, était apparemment épanouie et en paix, mais qui est maintenant en ruine. Avec la mélancolie de ses tirages monochromes, Impasse Hotel Syria est un livre unique qui séduira tous les passionnés de photographie.

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HAJIME KIMURA – PATH IN BETWEEN

Hajime Kimura

La jeune maison d’édition italienne L’Artière vient de publier le nouvel ouvrage du photographe japonais Hajime Kimura: Path in Between. Le livre présente un témoignage personnel sur les traces de sa famille et de son père, autant de souvenirs retranscrits dans des nuances photographiques évanescentes et fragiles, tour à tour au grain d’un gris diffus ou dans de forts contrastes noir et blanc. Diplômé en architecture et en anthropologie au Japon, Hajime Kimura se passionne pour la photographie et trouve son inspiration dans sa région natale, auprès de son père, dans la campagne japonaise. Ce qui est important pour lui : photographier sa famille, son environnement et laisser son empreinte dans ce monde. Pour cela, il photographie en noir et blanc et accentue les contrastes des images pour rendre compte de l’atmosphère froide et hivernale ressentie au moment même. “Mon travail porte sur mon père et son histoire. C’est un projet très personnel car je n’étais pas vraiment proche de lui, et quand il est décédé en 2011, j’ai réalisé qu’il y avait tout un aspect de sa personne que je n’ai jamais connu », déclare Kimura. « Ma relation avec mon père n’était pas très bonne et après sa mort, j’ai commencé à en savoir plus sur lui. C’est ainsi qu’a débuté mon nouveau projet: ce voyage à la découverte de mon père ». Les images poignantes et émouvantes du photographe, avec ses paysages et silhouettes à la fois flous, surexposés et contrastés se lisent comme autant de souvenirs lointains que le temps estompe et qui finissent par tomber dans l’oubli. Cette magnifique publication de 104 pages est une édition limitée à 500 exemplaires et contient un très bel essai de la photographe indépendante Yumi Goto. Path in Between est disponible sur la boutique en ligne des éditions L’Artière.

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JIM GOLDBERG – THE LAST SON

the last son

Entré chez Magnum Photos en 2002 en tant que membre associé, Jim Goldberg en est devenu membre à part entière en 2006. Pourtant, sa façon de raconter la réalité n’a pas grand chose à voir avec le photojournalisme. The Last Son, le second livre d’une série de trois ouvrages publiés par les éditions japonaises Super Labo, retrace l’évolution du développement de Jim Goldberg en tant qu’artiste. Le photographe américain relate un conte à travers des images et des souvenirs. Jouant avec des photos de famille et des notes manuscrites issues de son passé, afin de construire un univers pour lui-même et pour le lecteur, Goldberg explore les différentes circonstances qui l’ont mené là où il est aujourd’hui. Fils cadet d’un fabricant de bonbons, il se penche dans The Last Son sur les rêves que son père n’a jamais réalisés, ses regrets, et leur relation à sa maturation en tant qu’artiste. Son enfance compliquée l’a poussé à la fugue, ce qui l’a rétrospectivement conduit à photographier les jeunes fugueurs en Californie, sur une période de dix ans, pour finalement créer son livre culte Raised By Wolves, où il explore les origines de la délinquance juvénile aux États-Unis. Le récit de ce nouvel opus se lit aussi plus généralement comme une histoire sur la persévérance américaine, la dynamique familiale et la lutte pour dépasser les attentes de nos proches. Mélange de photographies, de collages, de textes manuscrits et de visuels de films familiaux, Goldberg puise dans ses archives pour construire un récit de souvenirs à partir de ses tous premiers clichés. Le livre est une collection sculpturale de pages débordantes, offrant une interaction palpable avec son processus de narration. The Last Son offre un aperçu tactile du processus empathique de Goldberg qui cherche à donner un sens à sa propre histoire. Faisant suite à ses célèbres projets qui ont fait l’objet de publications tels que Rich and Poor (voir ici) ou Open See, Jim Goldberg explore une fois de plus avec The Last Son de nouvelles formes narratives et les combinaisons possibles entre texte et image. Ce magnifique ouvrage de 134 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Super Labo.

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ABBAS – LES DIEUX QUE J’AI CROISÉS

Membre de la célèbre agence Magnum depuis 1980, le photographe iranien Abbas Attar révèle l’hindouisme dans toute sa complexité, de ses rites anciens à ses pratiques contemporaines, dans un nouvel ouvrage publié aux éditions Phaidon: Les Dieux que j’ai croisés. Véritable légende de la photographie documentaire classique, Abbas a couvert tous les conflits des années 1970, du Vietnam au Biafra, en passant par le Bangladesh, le Chili et l’Irlande du Nord. Dans les années 80, il entreprend son projet majeur: représenter le monde à travers les religions qui le structure et forment ses lignes de fracture tout à la fois. Dans ce dernier opus, Abbas s’appuie sur les éléments ritualistes – vent, eau, terre, feu, magie, spiritualisme des animaux – pour étudier les mystères de la foi hindoue. Réalisées en Inde, au Sri Lanka, au Népal et à Bali, ses photographies explorent les croyances des religions mineures, comme le sikhisme et le jainisme, ainsi que la vie quotidienne des Hindous. Dans ce somptueux volume, le photographe a invité la couleur à côtoyer le noir et blanc, parce que, selon ses dires : « En Inde, la couleur est une tentation à laquelle il est impossible de résister. » Fruit de plus de deux ans de voyage, de 20011 à 2013, l’ouvrage se compose de 147 images fascinantes qui témoignent de ce qu’est l’hindouisme aujourd’hui, des rites ancestraux du feu et de la terre à la vie moderne, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Ces photographies sont accompagnées de légendes explicatives et d’extraits du journal du photographe relatant son périple. Après le Christianisme, l’Islam, le Judaïsme et le Bouddhisme, Abbas continue avec succès de saisir la foi et la dévotion des peuples à travers le monde. Le livre de 224 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Phaidon ainsi que sur Amazon.com.

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ZACKARY CANEPARI – REX

zackary canepari

Les éditions italiennes Contrasto publient en cette fin d’année le nouvel ouvrage du photographe américain Zackary Canepari: Rex, l’histoire de Claressa Shields, première médaillée d’or olympique de la boxe féminine aux jeux olympiques de Londres en 2012. La boxeuse n’a que 17 ans quand elle décide de vaincre le sort malgré une enfance difficile à Flint, dans le Michigan. Canepari nous fait suivre Claressa « T-Rex » et sa sœur cadette Briana, à la fois dans ses différents entrainements, combats et son quotidien d’adolescente dans une ville au taux de pauvreté élevé et où les troubles sociaux et la criminalité généralisée sont omniprésents. S’ajoute à cela un contexte familial difficile: leur père est en prison et leur mère toxicomane. Le livre raconte l’histoire d’une jeune fille qui a réussi à échapper à Flint en se concentrant sur sa carrière sportive, et qui, grâce à la boxe, son véritable refuge, a trouvé un moyen d’échapper à la réalité tragique de sa ville d’origine, alors que sa sœur semble s’y enliser de plus en plus. La beauté des clichés de Zackary Canepari et les notes manuscrites de Claressa Shields à la façon d’un journal intime, confèrent des imperfections toutes humaines au portrait de la championne, la rendant à la fois touchante et inspirante. L’ouvrage de 196 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Contrasto ainsi que sur Amazon.com.

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FACTORY – ANDY WARHOL / STEPHEN SHORE

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À New York, en 1965, un jeune photographe nommé Stephen Shore, alors inconnu, commence une série d’images sur l’artiste Andy Warhol, déjà une star quant à lui, figure emblématique du Pop Art. Durant deux ans, Shore va suivre Warhol et ses acolytes dans leur quotidien peu banal et témoigner de l’effervescence régnant à cette époque au sein de la célèbre Factory. À l’occasion du trentième anniversaire de la disparition d’Andy Warhol et du cinquantième anniversaire de ce reportage unique réalisé par le photographe américain, les éditions Phaidon publient Factory. Cette première édition française de l’ouvrage The Velvet Years : Warhol’s Factory 1965-67, parue en 1995, dévoile une vision de l’intérieur d’un lieu et d’une époque extraordinaire. Stephen Shore a 17 ans lorsqu’il commence à fréquenter la Factory, l’atelier d’artistes créé par Andy Warhol à Manhattan. Entre 1965 et 1967, Shore y passe presque tout son temps, photographiant tous les personnages de la bande (musiciens, acteurs, peintres, écrivains) dont Edie Sedgwick, John Cale, Gerard Malanga, Sterling Morrison, Jonas Mekas, Nico et Lou Reed, sans oublier Warhol, le maître des lieux. Shore s’intègre si naturellement à la bande que plus personne ne fait attention à lui. Cet ouvrage présente une sélection personnelle des clichés de Shore, une vision de l’intérieur de ce lieu et de cette époque extraordinaires signée par l’un des photographes les plus emblématiques de ces dernières décennies. L’expérience est aussi marquante pour sa relation avec l’art, avec son art: « À la fin de mon séjour à la Factory, j’ai découvert que le fait d’être simplement en contact avec Andy et de l’observer m’avait fait réfléchir différemment à ma fonction en tant qu’artiste. J’étais devenu plus attentif à ce que je faisais. » – Stephen Shore, Time. Le texte de la romancière, nouvelliste et critique Lynne Tillman éclaire les photographies de Shore en donnant voix à la Factory, à travers les confessions de ses plus fréquents visiteurs de l’époque. Ce magnifique livre de 192 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Phaidon ainsi que sur Amazon.com.

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JH ENGSTROM – REVOIR

JH Engström est né en 1969. Il a grandi en Suède, mais a passé beaucoup de temps à Paris et en France au cours de son enfance et son adolescence. Il a été l’assistant du photographe Mario Testino en 1991 à Paris, et en 1993 il devient celui du photographe Anders Petersen à Stockholm. JH Engström fait partie de ces photographes qui ont fait connaître la photographie suédoise dans le monde entier au cours de ces dix dernières années. Depuis son succès avec l’ouvrage Trying to Dance dont Robert Frank a fait l’éloge, il a reçu de nombreux prix et a publié de nombreux livres dont From Back Home avec son ami Anders Petersen. En cette fin d’année, le photographe suédois propose une revisite de son ouvrage culte Trying to Dance (2004) à travers une sélection de négatifs de celui-ci, pour la plupart jamais publiés auparavant. Engström considère que cet ouvrage est plus qu’un livre et que les photographies qu’il contient constituent un univers visuel propre. «La photographie avait sur moi à l’époque un effet libérateur en tant qu’artiste visuel. Je vivais principalement à New York, mais aussi dans le Värmland, et je voyageais beaucoup à travers les États-Unis et l’Europe. Mentalement, je me trouvais entre deux mondes, entre ces réalités, entre l’urbain et le rural. En fait, c’était aussi une époque où je m’interrogeais sur l’importance et la pertinence qu’avait vraiment pour moi la photographie La liberté ressentie si puissamment tout au long de la réalisation de Trying to Dance a largement répondu à mes doutes et est dès lors devenue la boussole de mon processus créatif.» À l’origine peu convaincu par l’idée de Gösta Flemming (Journal), Patric Leo et Christian Caujolle de reprendre les négatifs de l’œuvre originale, il se décide néanmoins à parcourir ses archives et est frappé par la quantité d’images: tant qui n’ont pas été retenues pour Trying to Dance, et tellement de nouvelles combinaisons possibles. Il décide alors de publier Revoir, une revisite de cette période qui s’étale du milieu des années 1990 au début des années 2000. Le livre a été produit en étroite et joyeuse collaboration avec toutes les personnes avec lesquelles le photographe avait travaillé pour Trying to Dance. Près de deux-tiers des photographies n’ont jamais été publiées auparavant. Pour la première fois, Engström a scanné les négatifs avec Ewa-Teréz Gölin et laissé le présent le guider jusqu’à l’impression de Revoir. Le livre contient un très beau texte de Christian Caujolle qui fut le premier, à l’époque, à voir et à apprécier ces photographies avec bienveillance, il y a presque 17 ans de cela. JH Engström signe une fois de plus un superbe ouvrage et ce dernier, publié par les éditions suédoises Journal, est maintenant disponible en ligne sur le site de Le Bal ou encore chez PhotoBookStore.

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BOOGIE – IT’S ALL GOOD

Boogie

Les éditions powerHouse célèbrent le dixième anniversaire de l’ouvrage culte de Boogie, It’s All Good, en sortant une nouvelle édition révisée avec 40 photographies inédites de la première monographie du photographe serbe. Connu pour ses portraits documentaires de personnes en marge de la société, Boogie s’est rendu pour It’s All Good, dans les tristement célèbres quartiers new-yorkais de Bushwick, Bedford-Stuyvesant et Queensbridge, où il a capturé des images rares, intimes et pleines de tension. Dès 2003, Boogie a une idée en tête: il veut documenter le quotidien de toxicomanes. Ce milieu difficile d’accès le fascine. « Ces HLM sont des repères à gangs, à drogue et à violence. Elles abritent une jeunesse qui n’a jamais eu d’enfance et qui n’a jamais eu la chance de démarrer une vie où ne prévalaient pas les lois du ghetto. La prostitution, le vol et l’extorsion sont les seuls moyens de survie dans un environnement ravagé par la drogue et pris au piège d’une spirale de violence, de pauvreté et de taux de mortalité élevés.» Petits gangsters, héroïnomanes ou accros au crack lui accorderont tous leur confiance. Pendant trois ans de 2003 à 2006 il a partagé leur vie. Les «héros» s’appellent Perla, Tito, Diana ou encore Yvette. Ils sont accros au crack ou à l’héroïne. Ils se sont prostitués ou ont tué pour une dose. Ils ont tous accepté d’être pris en photo, pour «raconter leur histoire, laisser une marque sur terre, une preuve de leur existence», explique le photographe. Malgré le malaise que suscite le livre, les photographies de Boogie constituent un témoignage précieux sur la face sombre des grandes villes américaines et sur les laissés pour compte du Rêve Américain. Cette nouvelle édition de l’ouvrage culte et très recherché est désormais disponible sur la boutique en ligne des éditions powerHouse ainsi que sur Amazon.com.

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WILLIAM EGGLESTON – THE DEMOCRATIC FOREST – SELECTED WORKS

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À la fin des années 1950, William Eggleston a commencé à photographier autour de chez lui, dans le Sud des États-Unis, utilisant des pellicules 35 mm noir et blanc. Fasciné par le travail de Cartier-Bresson, il déclare à l’époque « Je ne pouvais pas imaginer faire mieux que de parfaits faux Cartier-Bresson ». II a finalement développé un style photographique personnel, qui viendra quelques années plus tard façonner son travail en couleur. C’est une vision inédite de l’Amérique quotidienne, banale, avec ses typologies : les supermarchés, les bars, les stations-services, les voitures et des personnages fantomatiques perdus dans l’espace. Comme un acteur qui ne parvient pas à se libérer du rôle qui l’a rendu célèbre, Eggleston est resté longtemps prisonnier de l’étiquette aussi réductrice qu’excessive “d’inventeur” de la photographie en couleur. C’est sans doute pour dissiper ce malentendu qu’il publie en , ffffff1989 The Democratic Forest, livre dans lequel il se proclame “en guerre contre l’évidence”. “Un œil démocratique, une guerre ouverte contre ce qui semble aller de soi : les deux se combinent, il faut voir ce qu’a priori on n’aurait pas regardé. Tout peut mériter l’attention, le déclic”. À l’occasion de la rétrospective du photographe à la David Zwirner Gallery de New York, présentant une sélection de clichés de la série The Democratic Forest, les éditions allemandes Steidl publient en partenariat avec David Zwirner Books ce magnifique catalogue qui dévoile plus de soixante images exceptionnelles du projet épique d’Eggleston. Sa photographie est «démocratique» dans sa résistance à la hiérarchie où, comme l’a souligné l’artiste, « aucun sujet particulier n’est plus ou moins important qu’un autre« . Avec un très bel essai issu des recherches d’Alexander Nemerov, cette remarquable présentation de The Democratic Forest offre un contexte historique pour une œuvre monumentale, et ravira tous les passionnés de photographie. L’ouvrage de 120 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Steidl, chez David Zwirner Books ainsi que sur Amazon.com.

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