Les éditions Rizzoli publient une nouvelle monographie d’Ari Marcopoulos. Not Yet passe en revue les nombreuses séries qui ont fait le succès du photographe néerlandais, à travers quatre décennies: photographies de paysages austères, portraits d’artistes et de célébrités, photos de famille intimes, culture underground (skateboard, snowboard, hip hop), etc. Ce magnifique volume de 304 pages contient des photos cultes ainsi que de nombreux clichés inédits. Le livre vient de sortir et est maintenant disponible en ligne sur Amazon.com.
Harry Callahan (1912-1999) est considéré comme l’un des grands maîtres de la photographie, surtout pour ses images en noir et blanc qu’il développait et tirait lui-même. Le photographe américain a abordé à peu près tous les genres : le portrait, le paysage, la photo de rue. Mais moins avec l’intention de décrire ses sujets que de les sublimer, les révéler. Ses splendides vues urbaines, dans les années 1950-1960, sont comme des apparitions : des passants à peine éclairés, perdus dans leurs pensées, à Detroit, Chicago et Providence, semblent trouer la nuit, tandis qu’au sol les lignes sur le bitume, d’une blancheur éblouissante, tracent d’étranges formes graphiques. L’œuvre originale de Callahan est composée d’une large gamme de techniques photographiques comme l’expérimentation de l’exposition et un sens aiguisé de la ligne et de la forme, de la lumière et de l’obscurité. Publié par les éditions britanniques Black Dog Publishing, The Street permet une compréhension plus profonde de l’impact du photographe sur les techniques et les styles de la photographie contemporaine. Ce très bel ouvrage de 160 pages explore les œuvres moins connues de l’artiste, en se concentrant sur ses clichés de scènes urbaines en noir et blanc et en couleur. Rassemblant travail documentaire, natures mortes et mises en scène – presque exclusivement de sa femme Eleanor, qu’il a photographié tout au long de sa vie -, le livre apporte un éclairage nouveau sur l’approche personnelle et pionnière de Callahan. The Street est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Black Dog Publishing ainsi que sur Amazon.com.
Après le succès de la grande rétrospective du photographe américain Bruce Davidson à Barcelone, cette dernière est présentée depuis hier à la Sala Recoletos de la Fundación MAPFRE de Madrid. Membre de l’agence Magnum depuis 1958, Davidson dévoile dans cette superbe exposition, la plus vaste de sa carrière, plus de cinquante années de travaux. On y retrouve quelques-unes de ses plus célèbres séries parmi lesquelles Brooklyn Gang, East 100th Street, Time of Change: Civil Rights Movement, Cafeteria Garden, Circus (ci-dessus) ou encore Subway. La sélection inclut également ses dernières œuvres: Nature of Paris et Nature of Los Angeles. Toutes ces séries révèlent le regard humaniste de Bruce Davidson où les gens sont au cœur de la photographie. Son travail est le reflet d’un engagement éthique aux dures réalités des environnements précaires et vulnérables dans lesquels se développe la vie quotidienne des personnes photographiées. Jusqu’au 15 janvier 2017.
Michael Wolf photographie les mégapoles. Deux fois vainqueur du World Press Photo, il a notamment connu un grand succès pour ses clichés oppressant de façades de gigantesques immeubles résidentiels en Asie. Depuis 2013, le photographe allemand met en lumière – à travers une série de neuf ouvrages – un pan essentiel de son œuvre à savoir : son exploration menée depuis plus de quinze ans dans les rues de Hong Kong, ville où il a élu domicile. Aux grandes artères et ses architectures rutilantes, il préfère les petites ruelles et arrière-cours, et leurs constructions empiriques. Dans la lignée d’un Walker Evans qui a œuvré avec constance et tendresse pour la reconnaissance des formes vernaculaires, Michael Wolf s’attache à dresser minutieusement une cartographie souterraine de la ville, relevant quotidiennement ces petits arrangements informels qu’un regard attentif découvre aux détours des back alleys. Retournant parfois jusqu’à vingt fois sur le même lieu, le photographe pointe ces formes innocemment sculpturales, et dessine le visage d’une ville au travers de ses usages, car toujours derrière ces ready mades colorés se devine le geste d’un travailleur, d’un habitant, qui parvient à faire sien un territoire de béton, d’acier et de verre. Faisant se côtoyer façades monumentales et bouts de ficelle, ce corpus file la trame d’une ville où ingéniosité et poésie s’entremêlent. Pour ce septième volume publié par les éditions allemandes Peperoni Books, le photographe présente une série de clichés de chaussures et bottes en caoutchouc. Si ces dernières paraissent à priori sans intérêt, leur disposition sur des cintres, sur des cordes à linges à coté de poissons, accrochées à des tuyaux, ou encore posées sur des rebords de fenêtres est à la fois drôle et poétique, et dévoile un instant d’humanité dans cette urbanité galopante. Hong Kong Rubber Boots and Shoes est maintenant disponible sur Amazon.com.
Les éditions parisiennes Textuel viennent de publier un nouvel ouvrage du photographe français Bernard Plossu: Western Colors. Célèbre pour la poésie de ses clichés noir et blanc et ses reportages de voyages, c’est ici l’occasion de découvrir ses photographies couleur réalisées au cœur du Grand Ouest américain, où le photographe a résidé 20 ans, dans les années 70 et 80. Quand Bernard Plossu est arrivé au Nouveau-Mexique au milieu des années 1960, il a retrouvé les paysages sublimes qui avaient marqué son imaginaire lorsqu’il allait voir, enfant, les westerns de Peckinpah ou Aldrich au cinéma avec son père. Loin du traditionnel road trip et de l’Amérique rutilante qu’on voit habituellement, les images de Plossu mêlent les tumbleweeds aux routes ocres de Monument Valley, le sable et le vent de la terre navajo à l’architecture années 50 désuète de diners ou de stations services qui jalonnent la myriade de bleds traversés. Le Sud-Ouest américain de Plossu est un tableau de Bruegel, aux couleurs brunes et rudes. On y devine le silence et la solitude heureuse du photographe. Et sa vie pleine et entière, qu’il articule non pas autour de lieux ou de sujets précis, mais autour de sensations et d’impressions fortes. Les couleurs si particulières des 80 images – pour la plupart inédites – présentées dans Western Colors sont dues au mode de tirage au charbon des laboratoires Fresson, un procédé en quadrichromie plein de poésie et de douceur, qui transforme les photos de paysage en délicates aquarelles. Cet ouvrage très réussi présente un versant du travail de Plossu moins connu que ses photos noir et blanc, et ouvre une autre dimension de son œuvre, tout aussi poétique et séduisante. Le livre est maintenant disponible sur Amazon.fr.
La galerie bruxelloise Alice accueille depuis jeudi dernier l’artiste de San Francisco Clare Rojas pour sa nouvelle exposition personnelle: The Inexhaustible Middle. L’artiste y présente ses nouvelles toiles au style minimaliste, à la fois géométrique et abstrait. Durant le vernissage, l’épouse de Barry McGee a réalisé une performance musicale sous son pseudonyme Peggy Honeywell. Jusqu’au 28 octobre 2016.
La galerie Javier Lopez & Fer Frances à Madrid accueille depuis hier soir la nouvelle exposition personnelle de Todd James (REAS): We Are One. L’artiste new-yorkais y présente ses nouvelles œuvres composées de peintures à l’huile sur toiles grands formats et de quelques gouaches sur papier. Une fois de plus, la guerre, la mort et le chaos contrastent avec les femmes nues se relaxant au soleil. Jusqu’au 2 novembre 2016.
En 1962, Robert C. W. Ettinger publiait The Prospect of Immortality, le livre qui donna naissance à l’idée de la cryogénisation – le processus de congélation d’un corps humain après la mort, dans l’espoir que les avancées scientifiques et technologiques futures permettront de le ressusciter. Cinquante ans plus tard, entre 2006 et 2015, le photographe britannique Murray Ballard a entrepris une vaste enquête sur la pratique inspirée par Ettinger. Les photographies de ce nouveau livre documente la petite mais dévouée communauté internationale qui se consacre à l’avancée de la cryogénisation, illégale en France mais pratiquée aux États-Unis. Il s’est notamment rendu dans la cité balnéaire britannique pour retraités de Peacehaven, dans les laboratoires de haute technologie de l’Arizona et dans les installations rudimentaires de KrioRus, à la périphérie de Moscou. Il y a, à ce jour, environ deux cent patients à travers le monde qui sont stockés de manière permanente dans de l’azote liquide, et plus de 2000 personnes ayant signé un contrat de cryogénisation, qui prendra effet une fois leur heure venue. Le projet combine des photographies des différents procédés techniques et des portraits de personnes engagées dans la quête pour vaincre la mort. Alors que les participants ont souvent été ridiculisés pour leurs points de vue (résultats incertains, coûts élevés), Ballard a essayé de prendre une position objective, permettant au spectateur de réfléchir sur l’éthique de cette pratique, et de décider si les membres sont entraînés dans un monde fantastique de science-fiction, ou s’il s’agit d’une véritable innovation scientifique. Publié par les éditions britanniques GOST, ce très bel ouvrage de 186 pages est maintenant disponible sur leur boutique en ligne ainsi que sur Amazon.com.
Ed van der Elsken est certainement l’un des plus célèbres photographes néerlandais. Il a notamment fait plusieurs fois le tour du monde avec son appareil photo et est l’auteur de célèbres ouvrages comme Sweet Life (1966) ou Love on the Left Bank (1956) qui présente de nombreuses images du quotidien des figures de la bohème parisienne de la rive gauche, alors qu’il habite à Paris en 1950. Entre 1966 et 1979, Van der Elsken réalise de nombreux reportages pour le magazine Avenue, où il présente des images de voyages mises en relation avec les textes d’écrivains célèbres. Ces images sont publiées en 1977 dans le livre Eye Love You, son tout premier ouvrage de clichés en couleur. Le point de départ de ce livre était à l’origine l’amour, en particulier l’amour entre l’homme et la femme comme il existe partout dans le monde. Au fur et à mesure, le centre d’intérêt du photographe a évolué et est devenu la lutte pour l’existence que les hommes et les femmes expérimentent, dans la solidarité. Tout comme avec le livre Amsterdam! publié à l’origine en 1984 puis réédité cette année, toutes les diapositives originales ont été nettoyées, scannées et méticuleusement éditées en utilisant une nouvelle technique développée par le studio de restauration du Nederlands Fotomuseum. Cette réimpression présente le travail de Van der Elsken dans une qualité impressionnante. De ce livre, le photographe hollandais dira : « C’est un livre d’êtres humains, un livre de femmes/d’hommes, un livre de libido, de sexe, d’amour, d’amitié. Un livre de bonheur, de souci, de souffrance, de mort, de conflit, de courage, de vitalité. » Publié par les éditions néerlandaises Lecturis, Eye Love You est maintenant disponible sur leur boutique en ligne ainsi que sur Amazon.com.
L’artiste multidisciplinaire londonien Peter Liversidge vient de sortir un nouvel ouvrage, Twofold, publié par les éditions allemandes Hatje Cantz. Le livre se compose de diptyques de Polaroids, présentés pour la première fois sous la forme d’une série. Travaillant avec des pellicules à développement instantané et sans utiliser de trépied, le photographe conceptuel réalise deux prises de vues: le cliché initial guide la composition du second, qui est pris juste après que la première image soit développée, dans une tentative de reproduire exactement l’exposition originale. Parfois profondes, parfois subtiles, de nombreuses et inévitables différences entre les deux instantanés sont perceptibles. Ces dernières sont essentielles pour l’œuvre, non seulement dans sa lecture, mais aussi car elles sont le témoin du temps qui passe – une particularité qui n’est pas présente dans les images individuelles. Liversidge explique que « deux images presque identiques ne peuvent jamais être observées avec la même attention aux détails et le même niveau de concentration au même moment. Cet acte conscient de regarder entre deux images similaires est essentiel à l’œuvre. » L’ouvrage, qui accompagne l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Sean Kelly de New York (du 10 septembre au 22 octobre 2016), contient deux essais d’Alec Soth et Colm Tóibín, qui reviennent sur la riche carrière artistique et le talent de Peter Liversidge. Twofold est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.
Erik Hinz est un photojournaliste indépendant allemand qui vit à Münster. Né en 1967, il travaille dans le monde entier. Plus que sa profession, la photographie est avant tout sa passion. Que ce soit pour des reportages, des commandes, ou simplement par curiosité, il a parcouru le monde avec son appareil photo, dans la but de documenter la multitude de formes du comportement humain dans des situations, cultures et environnements différents. Publié par la maison d’édition allemande Peperoni Books en juin dernier, Twenty-one Years in One Second est le nouveau livre du photographe. L’ouvrage se compose d’une sélection de 100 images monochromes réalisées durant plus de deux décennies, à travers de nombreux pays. L’Indonésie, la Chine, la Russie, le Chili, l’Argentine, Cuba, l’Afrique du Sud, les Émirats Arabes Unis, l’Angleterre, la Grèce, l’Espagne et Chypre ne sont que quelques-uns des pays où Erik Hinz a su saisir un instant captivant, en une fraction de seconde: portraits, clichés urbains, scènes quotidiennes, situations absurdes, etc. Entre deux photos, Hinz a inséré un poème de l’allemand Christian Morgenstern pour que le lecteur s’en fasse sa propre interprétation, comme il convient de le faire pour chacun de ses clichés. Avec un regard parfois mélancolique, le photographe nous parle de la folie de la vie quotidienne et des conditions souvent ridicules de l’existence humaine. Le livre de 144 pages est maintenant disponible en ligne sur le site des éditions Peperoni Books ainsi que sur Amazon.com.
La photographe américaine Chloe Sells a passé les 15 dernières années dans le Delta de l’Okavango, au Botswana, le second plus grand delta intérieur du monde avec près de 18 000 km2. Son œuvre, une grande variété de clichés de paysages pris avec un appareil photo grand format puis manipulés dans la chambre noire de son studio londonien à l’aide de diverses techniques artistiques et expérimentales, vient d’être publiée dans un nouveau livre intitulé Swamp, publié par Gost Books. Cette publication coïncide avec son exposition personnelle, Under the Sun, à la galerie new-yorkaise Julie Saul au printemps dernier. Les images de la photographe sont mystérieuses, sculpturales et imprégnées de couleurs intenses. Avec ces créations uniques, Chloe Sells nous présente sa vision des paysages africains qui lui sont si chers, à travers différentes perspectives. Certaines des images sont des détails de la flore (arbres, feuilles, fleurs), tandis que d’autres sont des vues aériennes de l’environnement. Un incroyable rythme est formé entre les textures superposées qui représentent la topographie du Botswana, les motifs qui font écho à l’artisanat et la culture africaine, et les couleurs à la fois saturées et vibrantes issues des expérimentations artistiques de la photographe. La construction de l’ouvrage par les éditions britanniques Gost Books est une fois de plus une grande réussite: Swamp est conçu pour faire découvrir les images dans leur taille originale (planches contact 5×4) et quelques pages sont découpées créant ainsi un certain dynamisme. De plus chaque couverture du livre est unique. Ce premier livre de Chloe Sells est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gost Books et en pré-vente sur Amazon.com.