Kaws présente depuis ce weekend sa nouvelle exposition personnelle, Where the End Starts, au Modern Art Museum de Fort Worth (Texas). Cette grande rétrospective de la prolifique carrière de l’artiste new-yorkais passe en revue plus de vingt ans de création: de ses premiers détournements d’affiches publicitaires à ses toiles abstraites aux couleurs vives, et ses sculptures monumentales en bois et en fibre de verre. On y retrouve ses célèbres personnages tels que le Companion, le Chum, l’Accomplice, les Kimpsons, les Skurfs, Sponge Bob, Snoopy, etc. Jusqu’au 22 janvier 2017.
Né en 1980 à Tallinn, en Estonie, Alexander Gronsky vit actuellement à Riga en Lettonie. Son œuvre photographique se concentre sur les paysages et les grands espaces russes. Abandonnés, silencieux, ils offrent à l’artiste la possibilité de mener une réflexion sur les effets de l’environnement sur les populations locales. Le travail de Gronsky a la mystérieuse capacité de toujours raconter une histoire, celle de vies isolées et silencieuses, sans évoquer le drame. Ses jeux sur la perspective, son sens de la composition et sa maîtrise de la lumière rappellent les procédés traditionnels de la peinture contemplative. Dans cet univers statique, chaque objet, chaque sujet constitue un élément d’un paysage presque déshumanisé. Dans ce nouvel ouvrage intitulé Mountains & Waters, le photographe nous présente sa vision de la dualité de la Chine. Le livre se compose d’une série de diptyques réalisés à la lisière de Shanghai, Chongqing et Shenzhen, ces métropoles chinoises où l’agitation génère un désordre presque chaotique. À une esthétique proche de l’école de Düsseldorf, Alexander Gronsky marie une conception chinoise du paysage, moins descriptive que mentale. Le diptyque permet d’élargir le champ de vision et de rester fidèle à la dualité de la pensée chinoise : l’association des idéogrammes «montagne» et «eau» forment, en Chinois, le mot «paysage». L’objet de cette série est bel est bien, dans le prolongement des deux idéogrammes qui forment le titre du travail d’Alexander Gronsky, de s’approprier les codes de composition asiatiques du paysage, en photographie. Après Schema publié plus tôt cet année (voir ici), le photographe estonien signe une fois de plus un remarquable ouvrage. Publié par The Velvet Cell et limité à 750 exemplaires seulement, Mountains & Waters est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions britanniques.
Al Vandenberg (1932 – 2012) était un photographe américain connu pour ses portraits de rue et sa collaboration avec les Beatles entant que directeur créatif sur la couverture de leur album mythique Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Les éditions britanniques STANLEY / BARKER s’associent à la galerie londonienne Eric Franck Fine Art afin de publier la toute première monographie de Vandenberg: On a Good Day. L’ouvrage de 52 pages se consacre exclusivement au travail du photographe dans les rues de la capitale britannique, dans les années 70 et 80. L’artiste s’efforce durant ces deux décennies de capturer le style, l’humeur et le ton de cette nouvelle jeunesse de l’après-guerre, marquée par un regain d’optimisme, une nouvelle liberté et une soif d’expression personnelle : les teenagers. La cinquantaine de clichés noir et blanc présentés dans le livre explorent avec justesse le tumultueux passage à l’âge adulte, avec son lot de confusion et d’envies de rébellion. L’auteur de la postface de l’ouvrage, le conservateur général du Victoria and Albert Museum, Martin Barnes fait remarquer qu’Al Vandenberg était à la fois sincère et perspicace et qu’il comprenait l’humain, quel que soit son contexte social et ses origines culturelles. Chaque photographie est imprégnée d’une intention positive et exaltante. L’artiste avait le don de l’empathie et entrait presque immédiatement en rapport avec ses sujets. Au sujet de cette nouvelle génération d’adolescents qu’il photographie sans relâche, Al Vandenberg écrit: « Il fait bon être jeune et avoir la vie devant soi. C’est le temps de l’amour, de l’espoir, des rêves et d’une créativité sans limite. On sort de la maison, on se libère des parents, du foyer, on crée sa liberté. On sent qu’on peut devenir ce que l’on veut et tout faire. Le futur semble très positif. » On a Good Day est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions STANLEY / BARKER.
Les éditions Nazraeli Press (Royaume-Uni, États-Unis) publient depuis 1998 la série One Picture Book dans le but de proposer des œuvres originales de photographes de renom, à un prix abordable. La série se compose de livres reliés de taille moyenne, tous conçus de la même façon: 16 pages servent de toile à l’artiste, afin de présenter au lecteur une œuvre originale et cohérente. Chaque ouvrage est publié dans une édition de 500 exemplaires numérotés, et chacun contient une photographie originale, signée au verso par l’artiste; d’où le nom de la série. Nazraeli Press a fait appel au californien Ed Templeton pour la réalisation du One Picture Book #95. À la fois photographe, peintre et skateur professionnel (il est également le fondateur de la marque Toy Machine), Templeton nous emmène dans un roadtrip familial de 5 jours, de Pismo Beach jusqu’à San Francisco, en passant par Santa Cruz, entre le 15 et le 20 mars 2016. Le photographe présente une vingtaine de clichés (16 monochromes et 4 en couleur) qui mettent en scène tranches de vies et moments d’insouciance de la jeunesse californienne. « Ces êtres et leurs innombrables danses tourbillonnent autour de vous en chuchotant des histoires impossibles à comprendre dans le temps qui nous est donné ». Particulièrement original, le tirage proposé avec le livre représente deux personnes sur le téléphérique du parc d’attraction Boardwalk de Santa Cruz. Comme avec tous les ouvrages de la série One Picture Book, Memories of the Salt… est numéroté et la photographie est signée par l’artiste au verso. Le livre est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Nazraeli Press.
Klaus Pichler est un photographe autrichien né en 1977. En 2005, il est diplômé de l’université des sciences, spécialisé en architecture de paysages. Son nouvel ouvrage, Golden Days Before They End, publié par la maison d’édition suisse Patrick Frey, se consacre au phénomène des Branntweiners, ces vieux bistros viennois où le temps semble s’être arrêté, où l’alcool bon marché arrose des habitués du matin au soir et qui ferment les uns après les autres. Accompagné de l’écrivain Clemens Marschall, le photographe s’est rendu à l’intérieur de ces établissements en voie de disparition où se croisent les assoiffés de la capitale autrichienne, afin de documenter cet univers parallèle. Pichler a pris des photos des clients, leur quotidien, la folie et le grand drame de cette situation; Marschall a quant à lui interviewé les propriétaires pour obtenir leur point de vue. Pour de nombreux clients, ce sont les seuls endroits où ils trouvent encore quelqu’un à qui parler. La plupart du temps, le bar entier prend part à une conversation. Ce sont des familles de substitution avec leurs propres rituels quotidiens. Témoignage à la fois cru et poignant d’une génération d’alcooliques vouée à disparaître, l’ouvrage explore ces derniers refuges des laissés-pour-compte de Vienne. Golden Days Before They End est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Patrick Frey ainsi que sur Amazon.com.
À l’occasion de sa nouvelle exposition personnelle (We Are One – voir ici) à la galerie madrilène Javier Lopez & Fer Frances, Guillotine s’est entretenu avec Todd James (REAS). L’artiste new-yorkais qui présente (jusqu’au 2 novembre) ses nouvelles œuvres, dévoile une fois de plus sa vision où la guerre, la mort et le chaos contrastent avec les femmes nues se relaxant au soleil. Il nous parle de ses influences, son processus créatif et l’évolution permanente de son œuvre, ainsi que ses futurs projets.
À l’occasion de la grande rétrospective du photographe américain William Eggleston Portraits, qui se tient à la National Portrait Gallery de Londres du 21 juillet au 23 octobre 2016, un magnifique catalogue a été publié. Né dans le Tennessee en 1939, Eggleston a grandi dans l’état du Mississippi et a pris des milliers de clichés dépeignant le quotidien de ses compatriotes, notamment dans les années 60 et 70. Il a su donner aux photographies en couleurs leurs lettres de noblesse, en les faisant entrer dans le cercle de l’art grâce à son exposition personnelle de 1976 au MOMA de New York. Cette nouvelle exposition, très complète, dévoile une centaine d’images, et explore toute l’œuvre d’Eggleston, des années soixante à aujourd’hui. Avec, au programme, deux tirages monumentaux d’images iconiques, prises dans le Mississippi et révélées pour la première fois en 1976, mais également, des clichés en noir et blanc des années 60, encore jamais vus. Des tirages en noir et blanc de stations services, diners et paysages urbains de Memphis font aussi partis de cette rétrospective. Tout au long de l’exposition, on croise le visage de musiciens, d’acteurs et de quelques amis et membres de la famille du photographe. En plus de montrer aux lecteurs comment son travail a mêlé figures publiques et privées, Portraits permet de pénétrer dans la vie de William Eggleston et dans son univers le plus intime comme jamais auparavant. Le livre contient un essai de Sofia Coppola, qui revient sur la riche carrière artistique et le talent du photographe. Publié par les éditions britanniques Yale University Press, l’ouvrage de 184 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne de la National Portrait Gallery ainsi que sur Amazon.com.
Jeff Koons est sans conteste l’un des artistes les plus influents et les plus controversés de ces dernières décennies. Né à York, en Pennsylvanie en 1955, l’artiste américain travaille sur les thèmes relatifs à la culture de masse, le commerce, la publicité, le goût, le plaisir et la banalité. Depuis 35 ans, il explore de nouvelles approches du « readymade » et de l’appropriation, jouant de la lisière entre culture des élites et culture de masse, poussant les limites de la fabrication industrielle et changeant le rapport des artistes au culte de la célébrité comme aux règles du marché. À l’occasion de son exposition personnelle à la galerie de l’artiste Damien Hirst Newport Street Gallery à Londres (du 18 mai au 16 octobre 2016), un catalogue intitulé Now a été publié aux éditions britanniques Other Criteria. L’ouvrage d’une centaine de pages offre un panorama des œuvres présentées à l’exposition et retrace la carrière de Koons de 1979 (Inflatable Flowers (Short White, Tall Purple)) à nous jours. On y découvre notamment certaines de ses séries les plus importantes comme Inflatables, The New, Equilibrium et Made in Heaven. Résumé par le conservateur et critique Norman Rosenthal comme des «manifestations d’une acceptation joyeuse de la culture américaine », le travail de Koons interroge et taquine dans une égale mesure, et nous permet de réfléchir aux profondeurs de notre existence et à la banalités de la vie quotidienne. Cette publication comprend également un essai du critique d’art Michael Archer et une préface du conservateur en chef de la Newport Street Gallery, Hugh Allan. Le livre est maintenant disponible en ligne chez Other Criteria ainsi que sur Amazon.com.
Né en 1980 à Tallinn, en Estonie, Alexander Gronsky vit actuellement à Riga en Lettonie. Son œuvre photographique se concentre sur les paysages et les grands espaces russes. Abandonnés, silencieux, ils offrent à l’artiste la possibilité de mener une réflexion sur les effets de l’environnement sur les populations locales. Le travail de Gronsky a la mystérieuse capacité de toujours raconter une histoire, celle de vies isolées et silencieuses, sans évoquer le drame. Ses jeux sur la perspective, son sens de la composition et sa maîtrise de la lumière rappellent les procédés traditionnels de la peinture contemplative. Dans cet univers statique, chaque objet, chaque sujet constitue un élément d’un paysage presque déshumanisé. Dans ce nouvel ouvrage intitulé Schema, réalisé en collaboration avec Ksenia Babushkina, les deux photographes présentent un jeu passionnant sur la perception de l’espace et du temps. Le livre se nourrit de l’histoire de la photographie et des particularités de la prise de vue numérique contemporaine. Il se compose de diptyques et triptyques pris entre 2005 et 2015, dans différents pays à travers le monde, y compris la Russie, le Japon et l’Azerbaïdjan. Pour ce projet, les deux artistes ont sélectionné les clichés pour problématiser des caractéristiques de base tels que le moment de la prise de vue et la position de l’appareil photo. Le résultat apparait incompréhensible au premier abord. Que représentent les deux photos? Ont-elles été prises au même endroit, au même moment? Tout tourne ici autour de la tautologie et de la perception de la réalité en général: certaines prises de vues semblent être identiques – mais possèdent pourtant une sorte d’anomalie radicale. Publié par les éditions lituaniennes Orbita, ce premier volume d’une trilogie est une grande réussite qui séduira les amateurs de photographie contemporaine. Édité à 700 exemplaires avec une superbe couverture lenticulaire, le livre de 144 pages est dès maintenant disponible sur la boutique en ligne shop.talka.lv.
Les éditions Rizzoli publient une nouvelle monographie d’Ari Marcopoulos. Not Yet passe en revue les nombreuses séries qui ont fait le succès du photographe néerlandais, à travers quatre décennies: photographies de paysages austères, portraits d’artistes et de célébrités, photos de famille intimes, culture underground (skateboard, snowboard, hip hop), etc. Ce magnifique volume de 304 pages contient des photos cultes ainsi que de nombreux clichés inédits. Le livre vient de sortir et est maintenant disponible en ligne sur Amazon.com.
Harry Callahan (1912-1999) est considéré comme l’un des grands maîtres de la photographie, surtout pour ses images en noir et blanc qu’il développait et tirait lui-même. Le photographe américain a abordé à peu près tous les genres : le portrait, le paysage, la photo de rue. Mais moins avec l’intention de décrire ses sujets que de les sublimer, les révéler. Ses splendides vues urbaines, dans les années 1950-1960, sont comme des apparitions : des passants à peine éclairés, perdus dans leurs pensées, à Detroit, Chicago et Providence, semblent trouer la nuit, tandis qu’au sol les lignes sur le bitume, d’une blancheur éblouissante, tracent d’étranges formes graphiques. L’œuvre originale de Callahan est composée d’une large gamme de techniques photographiques comme l’expérimentation de l’exposition et un sens aiguisé de la ligne et de la forme, de la lumière et de l’obscurité. Publié par les éditions britanniques Black Dog Publishing, The Street permet une compréhension plus profonde de l’impact du photographe sur les techniques et les styles de la photographie contemporaine. Ce très bel ouvrage de 160 pages explore les œuvres moins connues de l’artiste, en se concentrant sur ses clichés de scènes urbaines en noir et blanc et en couleur. Rassemblant travail documentaire, natures mortes et mises en scène – presque exclusivement de sa femme Eleanor, qu’il a photographié tout au long de sa vie -, le livre apporte un éclairage nouveau sur l’approche personnelle et pionnière de Callahan. The Street est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Black Dog Publishing ainsi que sur Amazon.com.
Après le succès de la grande rétrospective du photographe américain Bruce Davidson à Barcelone, cette dernière est présentée depuis hier à la Sala Recoletos de la Fundación MAPFRE de Madrid. Membre de l’agence Magnum depuis 1958, Davidson dévoile dans cette superbe exposition, la plus vaste de sa carrière, plus de cinquante années de travaux. On y retrouve quelques-unes de ses plus célèbres séries parmi lesquelles Brooklyn Gang, East 100th Street, Time of Change: Civil Rights Movement, Cafeteria Garden, Circus (ci-dessus) ou encore Subway. La sélection inclut également ses dernières œuvres: Nature of Paris et Nature of Los Angeles. Toutes ces séries révèlent le regard humaniste de Bruce Davidson où les gens sont au cœur de la photographie. Son travail est le reflet d’un engagement éthique aux dures réalités des environnements précaires et vulnérables dans lesquels se développe la vie quotidienne des personnes photographiées. Jusqu’au 15 janvier 2017.