Category Archives: Art

CHRIS DORLEY-BROWN – THE LONGEST WAY ROUND

The Longest Way Round

Publié aux éditions britanniques Overlapse, The Longest Way Round dépeint le récit de la vie de soldat du père de Chris Dorley-Brown pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’influence de cette période sur la vie de sa famille. Le photographe crée une narration visuelle particulièrement originale et réussie en puisant dans les archives de photographies et de lettres de ses parents, ainsi qu’en utilisant ses propres images contemporaines. Il retrace de cette façon une version remaniée de son histoire familiale. Les thèmes centraux de l’ouvrage sont l’amour et la guerre. On y découvre notamment le père de Chris, Peter, qui fût prisonnier en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, et sa relation naissante avec sa future femme, Brenda Lawrence, que la guerre sépare. La dernière partie du livre présente leur vie de famille apaisée dans un paradis balnéaire, aux antipodes de la tragédie de la guerre. Clichés en noir et blanc, gravures jaunies par le temps qui passe, négatifs de films Super 8 et photos récentes créent une mosaïque colorée relatant l’histoire mouvementée d’une famille jetée dans le tourbillon des tragiques évènements du 20ème siècle. Illustré de 226 images et lettres sur du beau papier avec quelques pages surprises, The Longest Way Round est une aventure épique se déroulant sur plus de 168 pages. Le livre doit son magnétisme à l’édition brillante et à sa mise en page originale, ainsi qu’à sa conception graphique intéressante. Différentes couches temporelles et esthétiques se mélangent au fil des pages, et pourtant tout ce patchwork crée un ensemble cohérent. Le charme poétique de cette histoire fascinante qui mêle images contemporaines et souvenirs de famille séduira les amateurs de photographie et d’histoires nostalgiques. Le livre est disponible sur le site des éditions Overlapse.

Continue reading

BOOGIE – A WAH DO DEM

Après le succès de ses précédents ouvrages (It’s All Good, Boogie, Sao Paulo, Istambul, Belgrade Belongs To Me), Boogie revient sur le devant de la scène avec un nouveau recueil de photographies publié par les éditions italiennes Drago: A WAh Do Dem. Toujours fasciné par la pauvreté, la violence et le crime, le photographe serbe délaisse pour la première fois le noir et blanc pour saisir en couleur la capitale de la Jamaïque, considérée comme le troisième pays le plus dangereux au monde. Internationalement reconnu comme l’un des photographes les plus influents de la culture de rue, Boogie émerge une fois de plus pour susciter notre curiosité et raconter des histoires authentiques dans son style brut si original. Cette sixième monographie du photographe nous plonge dans le ventre bruyant et cryptique de la capitale Kingston. A travers ses photos, il illustre à la fois la folie et l’humanité d’un lieu complexe, où la pauvreté, la violence et la criminalité sont souvent des éléments dominants de la vie quotidienne. Boogie utilise son instinct pour gagner la confiance des gens qui vivent en marge de la société, et pour photographier leur univers d’une manière honnête et objective. A WAh Do Dem est le résultat d’une véritable immersion du photographe dans les quartiers les plus dangereux de la capitale jamaïquaine. À travers les 124 pages de ce très bel ouvrage, Boogie nous livre sa vision de Kingston entre portraits de rue, vision des bas-fonds et réalité de la vie jamaïquaine. Le livre est maintenant disponible sur le site des éditions Drago ainsi que sur Amazon.fr et en pré-commande sur Amazon.com.

Continue reading

WALKER EVANS – DEPTH OF FIELD

walker evans

Depth of Field présente dans tout ses détails la trajectoire de la carrière du grand photographe américain Walker Evans (1903-1975), à l’honneur durant l’édition 2015 des Rencontres d’Arles. Le livre retrace le développement complexe de son œuvre des années 30 aux années 70, depuis ses débuts brillants dans la photographie de rue, en passant par ses images iconiques de la Grande Dépression, jusqu’à ses derniers attachements pour la photographie couleur, et particulièrement le polaroid. Ses clichés des états du Sud des États-Unis durant la Grande Dépression ont fait sa renommée, mais le talent d’Evans ne se limite pas à cette période de l’histoire et l’ouvrage présente une incroyable variété de sujets et de lieux. Il fut en effet un expérimentateur particulièrement pointu de la notion de document et un photographe radical, quasi pré-conceptuel dans son approche de la photographie. Il est profondément un photographe moderne, indémodable, car intemporel. Publié par les éditions Prestel, Depth of Field permet au lecteur de suivre et de partager le développement de la vision artistique de Walker Evans à travers des séries d’images plus captivantes et poétiques les unes que les autres: scènes de rue, portraits d’employés d’usines, de fermiers, d’enfants, casses automobiles, objets de la vie quotidienne, corrosion sur les murs des maisons, etc. Le livre, qui accompagne une grande exposition itinérante de l’œuvre d’Evans (Allemagne, Atlanta, Vancouver), contient des essais d’amis proches tels que John T. Hill, Jerry L. Thompson, Alan Trachtenberg, ainsi que des commentaires de Dr Heinz Liesbrock, le directeur du Musée Josef Albers à Bottrop en Allemagne. Le recueil de 408 pages, indispensable pour tous les passionnés de photographie documentaire, est maintenant disponible sur le site des éditions Prestel ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

Continue reading

WOLFGANG TILLMANS – ABSTRACT PICTURES

Le photographe/plasticien contemporain allemand Wolfgang Tillmans vient de sortir une nouvelle édition de son ouvrage Abstract Pictures, sorti pour la première fois en 2011 et publié par Hatje Cantz. Né en 1968 en Allemagne, Tillmans vit et travaille à Londres. Il s’est rendu célèbre dès les années 1980 en investissant les sujets traditionnels de la photographie pour en renouveler l’approche et la perception, en abordant les thèmes liés aux modes de vie de ses contemporains (sexualité, remise en question des normes sociales, musiques électroniques…). Depuis 20 ans, il ne cesse d’interroger et d’étendre les possibilités de la photographie par tous les moyens à travers ses œuvres photographiques et filmées. Souvent rapproché de Nan Goldin ou de Larry Clark pour la crudité de ses images, Wolfgang Tillmans s’impose d’abord comme une des signatures les plus marquantes de la photographie de mode contemporaine. En plus de ses portraits, photos de fêtes et natures mortes, le photographe aborde également des motifs nettement plus abstraits. Durant ces dix dernières années, il a constamment développé son approche pour créer des œuvres totalement non-figuratives qui examinent des thèmes tels que le processus d’exposition et le support des images. Il utilise de délicats voiles de couleurs pour ses projets Blushes et Freischwimmer et photographie des rouleaux de papiers photo tels de véritables sculptures. Sa série Lighter se compose quant à elle de travaux sur la couleur et la lumière particulièrement originaux. Conçu par le photographe, Abstract Pictures propose 275 reproductions couleur de ces œuvres et présente de manière impressionnante le travail abstrait de Wolfgang Tillmans. Le livre est maintenant disponible en ligne sur le site de Hatje Cantz ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

GEORGE CONDO – PAINTING RECONFIGURED

george condo

Les éditions britanniques Thames & Hudson viennent de publier une nouvelle monographie de l’artiste new-yorkais George Condo, dont l’œuvre est principalement constituée de portraits, dans lesquels il explore et interprète les innombrables modèles et références de ce genre traditionnel dans l’histoire de l’art. Avec son style à la fois saisissant et dérangeant, George Condo a émergé du dynamisme de la scène artistique new-yorkaise dès le début des années 80. Depuis, il n’a cessé de peindre, dessiner et sculpter sans relâche, s’inspirant librement de l’histoire de la peinture occidentale qui l’a précédée: Rembrandt, Hals, Picasso, De Kooning, Rothko, Guston, Degas… autant d’artistes qui lui ont permis de se forger sa propre identité artistique. Après avoir travaillé auprès d’Andy Warhol à la Factory, il va s’imposer comme l’un des artistes majeurs de la génération où émergent aussi Jean-Michel Basquiat et Keith Haring. Proche de la scène new-yorkaise, il collabore avec l’écrivain William Burroughs et le poète Allan Ginsberg dans le cadre d’un film, le Condo Painting de John McNaughton. Enfant du Pop Art, Condo qualifie son art de «réalisme artificiel» et cherche à offrir une reproduction crédible d’un monde factice. Artificial Realism, tel est le terme employé par George Condo pour décrire ses personnages déstructurés aux sourires forcés. À travers cette « représentation réaliste de l’artifice », l’artiste transfigure le réalisme apparent de ses portraits grâce à l’émotion qui saisit et défigure volontairement ses toiles, jouant ainsi sur d’innombrables références à l’histoire de l’art autant qu’aux convulsions du monde contemporain. Travaillant en étroite collaboration avec l’artiste, l’écrivain et historien de l’art Simon Baker combine une approche biographique, chronologique et thématique de l’œuvre de George Condo dans ce nouvel ouvrage intitulé Painting Reconfigured. Un essai introductif sur la nature contradictoire de Condo et un chapitre explorant les débuts de sa carrière artistique sont suivis par trois chapitres thématiques qui se penchent sur les années 1980 à nos jours, retraçant ses différentes approches systématiques du langage de la peinture. L’auteur explore la relation de l’artiste avec le concept de l’abstraction et sonde le côté sombre de son iconographie psychologique. Avec ses 288 pages, cette monographie de référence sur l’œuvre du peintre à scandale new-yorkais est déjà culte. Le livre est maintenant disponible en ligne sur le site de Thames & Hudson ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

Continue reading

LEE FRIEDLANDER – PRAYER PILGRIMAGE FOR FREEDOM

LEE FRIEDLANDER

La maison d’édition new-yorkaise Eakins Press Foundation a publié en septembre dernier un nouvel ouvrage qui ravira les amateurs du photographe américain Lee Friedlander: Prayer Pilgrimage for Freedom. Le 17 mai 1957, ce dernier eu carte blanche pour photographier les participants au pèlerinage de la prière pour la liberté à Washington, DC. Cet événement extraordinaire réunit un nombre important de grands penseurs et leaders du mouvement des droits civiques et solidifia la position de Martin Luther King Jr. entant que leader au rôle prééminent. Le jeune Friedlander n’a alors que 23 ans et commence à peine sa carrière de photographe. Ces 58 clichés inédits, reproduits en noir et blanc dans ce magnifique recueil, sont parmi les tout premiers travaux du photographe. Avec un accès total à la scène, Friedlander a réussi à dépeindre les personnes célèbres présentes à l’événement, comme Mahalia Jackson, A. Philip Randolph, Harry Belafonte, Ruby Dee parmi beaucoup d’autres, ainsi que le public composé de près de 25000 hommes, femmes et enfants, tous réunis pour donner une voix et de l’énergie aux idées avancées par le mouvement. Programmée à l’occasion du 3ème anniversaire du Brown v. Board of Education, cette grande manifestation pacifique exerça une intense pression sur l’administration Einsenhower afin de mettre un terme à la ségrégation dans les états du sud du pays et pour mettre en avant la lutte pour les droits civiques. On retrouve également dans l’ouvrage quelques documents facsimilés comme le programme imprimé de ce rallye historique et l’appel à la prière distribué aux participants. Ces images évocatrices d’inconnus et de dirigeants de la lutte pour les droits civiques démontrent que, même à un stade précoce de son développement artistique, Friedlander avait déjà le souci du détail et de la composition, ce qui fera de lui l’un des plus grands photographes américains du 20e siècle. En plus d’être d’un grand intérêt pour les passionnés de photographie, ce livre est également indispensable pour toute personne ayant un intérêt dans le mouvement des droits civiques aux États-Unis. Le livre de 88 pages est disponible en ligne sur le site d’Eakins Press Foundation ainsi que sur Amazon.com.

Continue reading

MARK COHEN – FRAME

mark cohen

Mark Cohen est le photographe de rue par excellence. Né en Pennsylvanie en 1943, ce dernier utilise depuis les années 60 une approche agressive dans laquelle il se rapproche au plus près des passants, appareil photo dans la main, flash dans l’autre, et prend son cliché avant qu’ils ne soient conscients d’être photographié. Ses images, d’apparence austère, sont prises dans les rues de Wilkes-Barre et d’autres villes de la classe ouvrière de Pennsylvanie. Elles capturent des moments, des gestes, et des émotions qui, parce qu’ils pourraient être invisibles aux sensibilités des autres, témoignent de la perception innée supérieure de Cohen, son don visuel à la fois précis, intelligent et subtil. Son œuvre a reçu une reconnaissance précoce, avec une exposition personnelle au Musée d’Art Moderne de la ville de New York dès 1973, alors qu’il n’avait que trente ans. Les critiques à son égard n’ont depuis cessé d’être élogieuses. Aujourd’hui, le travail de Cohen est exposé dans plus de trente collections internationales de premier plan, allant du Metropolitan Museum à New York au Metropolitan Museum of Photography de Tokyo. Publié par University of Texas Press, Frame est la première rétrospective de la carrière de Mark Cohen. L’ouvrage de 304 pages présente plus de deux cent cinquante images, dont une centaine qui n’ont jamais été publiées auparavant. On y découvre des clichés pris en Espagne, en Irlande, en Angleterre, en Italie et au Mexique, sans oublier son pays natal, les États-Unis. Le livre met en valeur à la fois la photographie en noir et blanc pour laquelle Mark Cohen est le plus connu, et ses incursions occasionnelles en couleur. C’est le photographe lui-même qui a réalisé la disposition des images. Leur rythme et leurs juxtapositions parfois surprenantes révèlent une éloquence et une profondeur artistique qui surpassent ses publications précédentes. Conservatrice et historienne d’art, Jane Livingston, qui a connu Cohen tout au long de sa carrière, offre une introduction qui place son travail dans la tradition de la photographie de rue, tout en célébrant les qualités insaisissables qui le distinguent de tous les autres adeptes du genre. Frame est maintenant disponible en ligne sur le site d’University of Texas Press ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

Continue reading

STEPHEN SHORE – SURVIVANTS EN UKRAINE

Dans son nouveau livre, Survivants en Ukraine, Stephen Shore dévoile une facette plus intime de son histoire. En effet, le grand-père paternel du photographe a quitté l’Ukraine pour les États-Unis à la fin du XIXe siècle. Bien que Stephen Shore ait toujours connu ses origines, c’est son épouse, Ginger, qui lui a suggéré de s’intéresser à l’histoire des survivants juifs de la Shoah vivant encore en Ukraine. « Elle a compris que mon travail devait entrer dans une sphère plus personnelle », explique le grand photographe dans ce livre. Et Ginger Shore a fait preuve d’une grande perspicacité : on retrouve dans cette nouvelle série de photographies tout l’art de la composition et l’exubérance des premières œuvres de Shore, auxquels s’ajoutent un sens de la narration et une délicatesse remarquables. Survivants en Ukraine est l’œuvre parfaitement maîtrisée d’un artiste parvenu au sommet de son art. Le sujet du livre a une résonance actuelle. 2015 est l’année du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais c’est aussi une année marquée par des affrontements incessants dans l’est de l’Ukraine. Le livre de Shore témoigne de l’histoire du XXe siècle mais avec un sens aigu du temps présent. Dans les photographies de Stephen Shore se côtoient des médailles militaires et des graffitis anti-Union européenne ; d’anciens textes talmudiques et des gamins avec leurs écouteurs sur les oreilles ; des jeunes se baignant dans une rivière et les médicaments d’une personne âgée ; ou encore des dessus de tables élimés, couverts de légumes du potager. Dans l’introduction du livre, Jane Kramer, correspondante européenne du New Yorker, parle de la vie des survivants que Shore a photographiés, avec la rigueur d’un texte d’histoire et la vigueur narrative d’un roman du XIXe siècle. Shore a photographié 22 personnes, mais Jane Kramer s’est intéressée à l’une d’entre elles, Anna Gribun-Perlova, décédée à l’âge de 95 ans, peu avant la parution de ce livre. « Si j’ai choisi de raconter l’histoire d’Anna, ce n’est pas parce qu’elle était différente, mais parce que ses propos étaient si réfléchis et, souvent, d’une clarté si douloureuse que, d’une certaine manière, elle s’exprimait pour tous. », écrit-elle. Survivants en Ukraine, septième livre de Stephen Shore publié par Phaidon, affiche une ambition artistique comparable à celle des précédents ouvrages. Comme dans le portrait intimiste d’Israël et de la Cisjordanie qu’il a réalisé en 2014, From Galilee to the Negev, les photographies de Shore captent le poids de l’Histoire dans les vies quotidiennes. Comme dans Surfaces américaines, on trouve des compositions de paysages rappelant les tableaux de Claude Lorrain, même si, évidemment, les ruines romaines et les voiliers font place, dans les photographies de Shore, à des étals de bord de route, à des lotissements et à des carrefours. On retrouve les décorations et les tchotchkes (bibelots) déjà vus dans son ouvrage de référence sur demande, The Book of Books, mais ils ont ici quelque chose de poignant. Cette beauté concrète s’exprime dans le livre lui-même. Avec un dos dépliable et un portrait du survivant et héros de guerre Tzal Nusymovych encollé sur la première de couverture, ce livre est d’une sobriété correspondant parfaitement au sujet et aux œuvres remarquables de ce photographe exceptionnel. L’ouvrage de 136 pages est dès maintenant disponible sur le site de Phaidon ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

Continue reading

DANNY LYON – CONVERSATIONS AVEC LES MORTS

En 1967, le photographe Danny Lyon pointe son objectif sur la vie des prisons américaines. La réédition en fac-similé et en version française de Conversations With The Dead, parue en septembre dernier chez Phaidon, est le reflet poignant des quatorze mois qu’il a passés à l’intérieur de six pénitenciers du Texas. Libre de ses allées et venues, le photographe new-yorkais a pu observer les prisonniers dans leur cellule, travaillant dans les champs, en train de manger, de rêver… Il s’est lié d’amitié avec eux, consignant leurs témoignages et livre un document unique sur la vie en prison dans les années 1960. Danny Lyon fut l’un des pionniers de ce qu’on pourrait aujourd’hui appeler le photojournalisme d’immersion. Il traite son sujet à la manière des premiers écrivains de l’école du New Journalism des années 60, tels que Tom Wolfe et Hunter S. Thompson. Pour ce grand projet, il capture les jeunes prisonniers, dont beaucoup ont la peau recouverte de tatouages religieux, alignés dans la cour d’exercice de la prison, dans les files d’attente des repas, dans le réfectoire ou encore à la cueillette du coton dans les champs environnants, tandis que des gardes armés à cheval les surveillent sans relâche. Comme le confirment les écrits du prisonnier Billy McCune, beaucoup d’entre eux purgent des peines excessivement longues non pour des crimes violents mais pour simple possession de marijuana. Une routine malsaine s’installe alors dans leurs vies, avec un quotidien oscillant entre l’encroûtement et la répétition sans but. Les mots des prisonniers viennent remplir les espaces entre les images qui sont souvent austères, toujours envoûtantes. Danny Lyon développe la vision globale de son projet à travers des clichés de documents éphémères: rapports de prison, photos carcérales d’identité des prisonniers, lettres d’appel, sans oublier les témoignages manuscrits bouleversants des autres détenus avec qui il se lie d’amitié et qui ont fini par lui faire confiance au fil du temps. Le photographe a ajouté une postface à cette édition et l’ensemble des documents sont traduits en français en fin d’ouvrage. Plus de quarante ans après sa première publication, le livre conserve sa puissance brute et son sentiment persistant de tristesse face à toutes ces vies gâchées. Publiée pour la première fois en 1971, cette nouvelle édition de ce grand classique de la photographie est désormais disponible en ligne sur le site de Phaidon ainsi que sur Amazon.fr et Amazon.com.

Continue reading

V1 GALLERY – 13 EXHIBITION

v1 gallery

La galerie de Copenhague V1 Gallery célèbre son 13ème anniversaire et organise à cette occasion une exposition rétrospective regroupant 13 toiles de 13 artistes avec lesquels elle collabore. On y découvre des œuvres récentes d’Eddie Martinez, Geoff McFetridge, HuskMitNavn, Jenny Holzer, John Copeland, Misaki Kawai, Søren Behncke, Richard Colman, Sara-Vide Ericson, Todd James, Thomas Øvlisen, Troels Carlsen et Wes Lang. Jusqu’au 9 janvier 2016.

Continue reading

SHOJI UEDA – SHOJI UEDA

shoji ueda

L’œuvre de Shoji Ueda (1913-2000) occupe une place singulière dans l’histoire de la photographie du XXe siècle. Le photographe est considéré comme l’une des figures les plus remarquables de la photographie japonaise. Il est resté profondément attaché à sa région natale de Tottori, au bord de la mer du Japon, qui lui a servi de toile de fond pour la majeure partie de son œuvre. Aventurier sédentaire, Ueda explore inlassablement les dunes qui dessinent le paysage au fil des saisons. Son œuvre reste à jamais éclairée par ses extraordinaires séries réalisées à 100 km de sa ville de Sakaiminato. « C’est mon studio. On ne peut pas trouver d’arrière-plan plus parfait, l’horizon est étirable à l’infini. La dune est un paysage presque naturellement photographique. C’est la nature mais réduite à un fond unique. » Ce décor épuré, cette planète vierge où il ne cesse de revenir pour ses mises en scène et réinventer son propre monde, lui offrent une qualité de lumière et une pureté d’air qui donnent à ses images leur caractère unique. Son regard curieux se pose sur tout ce qui l’entoure : une carte du monde, un champ de blé caressé par le vent, un garçon à patins, la silhouette gracile de sa femme Norie… Quand Ueda ne flâne pas, il compose des natures mortes de fruits de saison et objets incongrus, petits trésors trouvés ici et là. Sa pratique de la photographie est étroitement associée à la curiosité et au tempérament ludique de son esprit : poésie et humour habitent ses images. Le monde de l’enfance tient une place essentielle dans sa vision étrange et poétique. Les éditeurs de Chose Commune se sont rendus à Tokyo où ils ont pu avoir accès aux archives du photographe conservées par son petit-fils. La jeune maison d’édition française réalise ainsi la première monographie trilingue à lui être consacrée. Cet ouvrage rassemble pour la première fois un grand nombre de photographies inédites, en noir et blanc et en couleur. Pour cette occasion, Chose Commune a donné carte blanche à l’écrivain Toshiyuki Horie (Le Marais des Neiges, Le pavé de l’ours), qui met en partition un texte de fiction en résonance avec l’univers singulier du photographe. Limité à 1200 exemplaires, le recueil de 188 pages est une vraie réussite, avec l’utilisation de papiers de tailles et de qualités différentes. Une édition spéciale composée de 30 coffrets est vendue avec un tirage (18 x 24 cm) en édition limitée, imprimé sur papier de qualité, tamponné et numéroté au verso. Le livre est disponible en ligne sur le site des éditions Chose Commune.

Continue reading

STUSSY 35TH ANNIVERSARY TOM TOM BE@RBRICK

stussy

Pour célébrer son 35ème anniversaire, Stussy collabore avec Medicom pour concevoir un nouveau Be@rbrick 1000%. Ce dernier est noir avec le logo de la marque californienne et l’inscription 35. Il est recouvert d’une combinaison en tissu avec le célèbre imprimé Tom Tom développé par Stussy. Une version 100% est également proposée. Disponible dès le weekend prochain dans tous les chapter stores de la marque.

Continue reading