Category Archives: Art

RAVENS & RED LIPSTICK – JAPANESE PHOTOGRAPHY SINCE 1945

La photographie japonaise a été longtemps ignorée des Occidentaux mais connaît depuis peu une véritable renaissance. Publié par les éditions britanniques Thames & Hudson, Ravens & Red Lipstick, du nom de deux célèbres séries réalisées par les photographes Masahisa Fukase (voir ici) et Ishiuchi Miyako, est un magnifique ouvrage constituant l’un des premiers aperçus de la photographie japonaise à être publié en anglais. S’appuyant sur des recherches approfondies, Lena Fritsch (spécialiste de la photographie et de l’art japonais des XXe et XXIe siècles et conservatrice de l’art moderne et contemporain au Ashmolean Museum de l’Université d’Oxford) retrace l’évolution chronologique de la photographie japonaise, de la sévérité du réalisme d’après-guerre à l’inventivité de la photographie dans le Japon contemporain. Entrecoupé d’interviews originales fascinantes avec certains des photographes les plus influents de chaque époque, le livre retrace notamment le parcours du groupe Vivo des années 1960, Provoke dans les années 1970 (voir notre article ici), et la mode du Girl Power des années 1990, jusqu’aux tendances contemporaines. Au fil des pages, les lecteurs rencontrent les figures-clés entrées dans l’histoire de la photographie, comme Daido Moriyama, Nobuyoshi Araki ou Rinko Kawauchi. Ravens and Red Lipstick offre ainsi un impressionnant et audacieux aperçu visuel de l’histoire récente de la photographie japonaise. Fritsch encadre chaque mouvement de façon magistrale avec leurs différents contextes: elle démontre par exemple que le consumérisme et les débats politiques intenses des années 1960 et 1970 au Japon, sont au cœur du style brut des artistes Provoke. La grande réussite de Fritsch est d’apporter des observations issues d’un large éventail de disciplines à son analyse avec imagination et clarté. Richement illustré avec plus de 200 clichés, le livre est à la fois une introduction accessible et un travail d’analyse éclairant de la photographie japonaise depuis 1945. Ravens and Red Lipstick est maintenant disponible sur la boutique en ligne de Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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JONO ROTMAN – MONGRELISM

Le Mongrel Mob d’Aotearoa en Nouvelle-Zélande est connu pour son extrême violence, et a longtemps été considéré comme le grand ennemi de la nation. Né dans les années soixante, ce gang signifiant littéralement «bande de bâtards» ou «meute de bâtards» est devenu le plus puissant et redouté du pays. Ses quelque 1000 membres ne circulent habituellement pas à moto. Mais le gang est organisé comme un club de bikers, très hiérarchisé, avec ses prospects ou ses chapitres – il existe une trentaine de branches locales dans le pays. Le gang affiche de nombreuses contradictions: son icône est le bulldog britannique coiffé d’un casque nazi, alors que ses membres sont en grande partie des Maoris autochtones. Cette réappropriation des symboles nationalistes de l’Empire britannique et du IIIe Reich est une manière de questionner la notion d’identité raciale dans cette ancienne colonie. En immersion dans l’underground du Mongrel Mob pendant plus de 8 ans, le photographe néozélandais Jono Rotman publie aux éditions Here Press Mongrelism, le résultat d’une impressionnante recherche autour du célèbre gang. En détournant le genre de l’enquête ethnographique, il réalise près de 200 portraits de ces guerriers aux visages tatoués arborant fièrement leurs emblèmes, des portraits d’une terrifiante intimité. Rassemblant 152 reproductions et complété par des archives et des entretiens, l’ouvrage réalisé grâce au Prix du Livre Images Vevey témoigne de la richesse de cette sous-culture marginalisée. Ce magnifique ouvrage de 300 pages tiré à 1500 exemplaires, dont le projet a suscité la polémique en Nouvelle-Zélande – certains accusant le photographe de rendre le mal esthétique -, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Here Press (il ne reste que quelques exemplaires).

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PAUL REAS – FABLES OF FAUBUS

Fables of Faubus est la première monographie rétrospective du travail du photographe documentaire britannique Paul Reas, couvrant une période de 30 ans et présentant des œuvres inédites. Reas fait partie de la génération pionnière de photographes, comme Paul Graham, Martin Parr et Anna Fox, qui ont révélé et critiqué la classe et la culture britanniques dans les années 80 et 90. Fortement influencé par son éducation ouvrière à Bradford, il s’est servi de l’humour et de l’observation aiguisée pour commenter un nouveau monde corporatif et commercial incarné par les nouveaux sites du patrimoine, les centres commerciaux et les supermarchés. Publié par les éditions britanniques Gost Books, le livre ausculte ainsi les mutations socio-économiques qui ont affecté la classe ouvrière britannique de 1982 à 2012, entre déclin de l’industrie minière et essor de la distribution de masse. Plusieurs séries de travaux sont présentées, dont “Industry” (1982) et “Penrhys Estate” (1984) sur le quotidien des mineurs du Pays de Galles. “The Valleys Project” (1985) décrit quant à lui l’impact du déclin des industries de l’acier et du charbon et l’émergence des industries de nouvelles technologies. “I Can Help” (1988), le premier projet en couleur de Reas, illustre de façon acerbe l’augmentation des dépenses de consommation et le développement de nouveaux centres commerciaux, situés en périphérie des villes – les nouvelles cathédrales de la consommation. Une autre vision de la Grande-Bretagne est présentée dans “Flogging a Dead Horse” (1993), qui montre l’essor de l’industrie du patrimoine, avec ses musées industriels et ses maisons de campagne thématiques qui offrent à un pays à la dérive de l’industrie et de l’empire un nouveau sentiment de lieu et d’identité. Le passé recréé par ces attractions touristiques dissimule de nombreuses contradictions pour créer une version fictive et romantique du passé. Sa série la plus récente, “From a Distance” (2012) documente l’essor actuel de la promotion immobilière et les changements auxquels est confrontée la classe ouvrière traditionnelle. Ce magnifique ouvrage de 240 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Gost Books, ainsi que sur Amazon.com.

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YAN WANG PRESTON – MOTHER RIVER

Yan Wang Preston, photographe d’origine chinoise a réalisé plusieurs voyages dans son pays natal, de 2010 à 2014, dans le but de photographier le Yang-Tzé, le plus long fleuve d’Asie. Considérée comme la « rivière mère » de la Chine, elle est souvent représentée par des lieux emblématiques, et c’est cette image conventionnelle qu’a souhaitée bousculer la photographe. Ce projet des plus ambitieux vise à représenter la Chine contemporaine. À l’aide d’un appareil photo grand format, la photographe a pris des clichés le long des 6 211 kilomètres du fleuve, par intervalle de 100 kilomètres, appelés points Y. Yan Wang Preston a dû surpasser de nombreuses difficultés physiques, logistiques, émotionnelles et artistiques pour produire ce récit de la Chine contemporaine – de ses campagnes à l’ouest jusqu’à ses métropoles à l’est. Son travail ne donne pas à voir de paysage pittoresque ou d’apparition du sublime. C’est une collection de territoires banals et aléatoires qui n’ont jamais – ou très peu – été photographiés jusqu’alors. Publié par les éditions allemandes Hatje Cantz, Mother River relate l’histoire de la Chine dans toute sa largeur, et démontre qu’à une époque où la cartographie par satellite et les images abondent, il est encore possible d’obtenir de nouvelles perspectives en réalisant une cartographie ambitieuse, physique et personnelle. Le livre de 160 pages, accompagné d’une carte qui référence tous les points Y, contient une préface de Jem Southam, photographe paysagiste très respecté, et deux essais approfondis du professeur de culture photographique Liz Wells, de l’Université de Plymouth, et du Dr Michael Pritchard, PDG de la Royal Photographic Society. Édité à 1500 exemplaires, Mother River est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Hatje Cantz, ainsi que sur Amazon.com.

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MARTIN PARR – TBILISI

Membre de la coopérative photographique Magnum Photos depuis 1994, Martin Parr a parcouru le monde pour étudier les phénomènes globaux de la consommation, des loisirs et de la communication. Pour son nouveau projet publié par les éditions Prestel, le photographe britannique s’est rendu à Tbilissi, la capitale géorgienne, l’un des sites touristiques les plus dynamiques d’Europe et considéré par beaucoup comme le “nouveau Berlin”. Ses images souvent humoristiques juxtaposent l’insolite et l’ordinaire. En pleine croissance, la ville de Tbilissi est le sujet idéal pour les portraits éloquents de Parr. Destination de voyage en plein essor, la ville est à cheval entre le chic européen du XXIe siècle et les influences soviétiques. Dans les marchés de rue et les magasins haut de gamme, les gymnases et l’opéra, les fêtes de famille et les casinos, Parr documente, à sa manière inimitable, une ville dynamique, en constante évolution, qui semble à la fois lointaine et résolument familière. Avec ses 80 photographies couleur, l’ouvrage nous montre – avec l’humour bienveillant de Martin Parr – les contrastes et les contradictions qui existent entre le vieux Tbilissi et la ville moderne. Le livre de 128 pages, avec une introduction par l’auteur géorgien populaire Aka Morchiladze, est maintenant disponible dans les meilleures librairies, ainsi que sur Amazon.com.

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ANTHONY HERNANDEZ @ FUNDACION MAPFRE MADRID – OPENING

La Fundación MAPFRE de Madrid accueille depuis aujourd’hui la grande rétrospective du photographe américain Anthony Hernandez, avec une impressionnante sélection de plus de 200 clichés. Subversif, méditatif et social, Hernandez a développé, depuis plus de quarante-cinq ans, un style photographique très personnel qui gravite autour de Los Angeles, sa ville natale, reflétant sa beauté désolée et ses étendues croissantes de bitume et de ciment. L’exposition s’étend des premières premières prises de vues des passants de Los Angeles dans les années 70, à la célèbre série en couleur Discarted, réalisée entre 2012 et 2015, sur les lieux abandonnés aux abords de la ville. On y retrouve également la série pour laquelle il abandonna définitivement le noir et blanc, Rodeo Drive (1984), ses travaux Landscapes for the Homeless ou encore la série plus récente Screened Pictures. Jusqu’au 12 mai 2019 à la Sala Fundación MAPFRE Bárbara de Braganza à Madrid.

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SUNIL GUPTA – CHRISTOPHER STREET, 1976

Artiste photographe acclamé dans le monde entier, Sunil Gupta est issu de cette génération prolifique de la diaspora indienne qui est apparue sur la scène artistique du Royaume-Uni dans les années 80. Par son travail, il défie les stéréotypes et questionne les convictions. Il explore les problèmes de race, genre et sexualité ainsi que les questions qui en découlent : culture, frontière et identité. Pendant ses études à la New School de New York, sous l’égide de la légendaire Lisette Model, Sunil Gupta passait ses week-ends à se balader sur Christopher Street, son appareil photo à la main. C’était une période enivrante, après les émeutes Stonewall et avant l’apparition du SIDA, dans laquelle le jeune Gupta et ses amis créèrent un espace public homosexuel jamais vu auparavant. “Je me suis lancé dans la photographie au début des années 1970, explique le photographe. Ce qui n’était au départ qu’un simple hobby a rapidement trouvé sa raison d’être dans le mouvement naissant de libération homosexuelle, en documentant les marches pour les droits des homosexuels ainsi que la scène gay en plein essor. En rétrospective, ces images sont devenues à la fois nostalgiques et emblématiques d’un moment très important de mon histoire personnelle.” Publié par les éditions britanniques Stanley / Barker, Christopher Street, 1976 présente une sélection de ces clichés monochromes, véritable capsule temporelle d’une époque révolue, et témoignage unique de l’identité gay américaine. Le livre de 100 pages, édité à 1000 exemplaires avec sa reliure spirale métallique, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Stanley / Barker.

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HELEN LEVITT – MONOGRAPH

Helen Levitt (1913-2009) est l’une des figures de proue de la photographie de rue. C’est dans les années 1930 que cet observatrice et chroniqueuse passionnée de la vie dans les rues de New York a commencé à prendre des photos des habitants de quartiers pauvres tels que le Lower East Side, le Bronx et Harlem. Avec un œil pour le surréalisme et l’ironie des détails, elle passera de nombreuses décennies à immortaliser les gens du quotidien dans des compositions dynamiques: des enfants en train de jouer, des passants qui prennent la pose, des couples qui discutent. Le langage pictural non sentimental de Levitt donne lieu à un spectacle humoristique et théâtral, qui se situe au-delà de tout cliché documentaire moral ou social. Son utilisation de la couleur était révolutionnaire: Levitt fait partie de ces photographes qui ont été les pionniers de la couleur comme moyen d’expression artistique. Publié par les éditions allemandes Kehrer à l’occasion de sa grande rétrospective au Musée Albertina de Vienne (du 11/10/2018 au 27/01/2019), cette nouvelle monographie présente près de 130 œuvres iconiques de la photographe américaine. Bon nombre de ces clichés proviennent de la collection personnelle d’Helen Levitt, et ce très bel ouvrage les dévoile pour la première fois au public. On y retrouve notamment ses premières photographies surréalistes de dessins à la craie, sa série de 1941 prise au Mexique, ainsi que ses portraits clandestins de passagers du métro new-yorkais que Walker Evans l’encourage à faire dès 1938. Ce très bel ouvrage de 232 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Kehrer, ainsi que sur Amazon.com.

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KRASS CLEMENT – ACROSS THE CUT

Krass Clement (né en 1946) est l’un des photographes danois les plus remarquables de sa génération. Toutes ses photographies abordent les questions existentielles de la condition humaine. Elles nous parlent des sentiments de perte, d’angoisse et de solitude. De cette part de vécu que nous essayons tous de maintenir à distance. Si son univers photographique nous touche si profondément, cela tient non seulement à son grand talent visuel, mais également à son aptitude à rendre ces thèmes proches et abordables. Fondée sur le réalisme de la photographie documentaire, la démarche artistique de Krass Clement consiste à travailler les images comme des métaphores. Il compare volontiers sa photographie à la poésie, où quelques mots suffisent à générer chez le lecteur des souvenirs ou un univers entier. Publié par les les éditions RRB Publishing à l’occasion d’un court séjour du photographe à Bristol en juin 2016 pour Photobook Bristol, Across the Cut est le dernier ouvrage en date de Clement. Si la création de ce livre n’était pas planifiée, il s’est développé pendant son séjour. Contrairement à beaucoup d’autres œuvres, il a commencé à développer et à séquencer ses images dès son retour au Danemark. Le temps passé à Bristol coïncidait avec la préparation du référendum britannique sur l’adhésion future à l’Union européenne. La notion selon laquelle la Grande-Bretagne pourrait quitter l’UE a profondément troublé le photographe et a sans doute influencé son humeur et sa perception lorsqu’il photographiait. L’inquiétude d’être laissé pour compte, la solitude, les sentiments de limbes et d’impuissance sont présents dans tous les livres de Clement et ne sont pas spécifiques à un lieu, mais néanmoins peu le montrent aussi puissamment que ses images autour de Bristol’s Cut, cette voie navigable artificielle séparant quartiers populaires au nord et quartiers plus aisés au sud. Krass Clement considère Across the Cut comme l’une de ses œuvres les plus difficiles, les plus complexes et les plus importantes de sa carrière. L’ouvrage de 136 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions RRB Publishing.

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PROVOKE – COMPLETE REPRINT OF 3 VOLUMES

À l’occasion du cinquantenaire de la revue japonaise culte qui a bouleversé l’histoire de la photographie, Provoke, les éditions Nitesha ré-éditent en fac-similé les trois volumes du magazine publiés initialement en novembre 1968, mars 1969 et août 1969. Bien que passé inaperçu à l’époque, Provoke est aujourd’hui considéré comme la pierre angulaire de la nouvelle photographie japonaise des années 70 et au-delà. Ce magazine avait été créé par les critiques et photographes Koji Taki et Takuma Nakahira, le photographe Yutaka Takanashi, et l’écrivain Takahiko Okada. Le photographe Daido Moriyama se joindra à l’équipe à partir du deuxième numéro. Manifeste à la fois esthétique et philosophique, Provoke a opéré une rupture radicale en seulement trois numéros. Les collaborateurs de la revue imposent un nouveau langage visuel, « rough, grainy and blurred » (brut, flou et granuleux), à même de capter la complexité de l’expérience vécue par chacun et les paradoxes de la modernité subis par tous. Parallèlement à l’essor fulgurant d’une société de consommation sur le modèle occidental, le pays traverse pendant dix ans (de 1960 à 1970) une crise identitaire majeure qui se déploie sur de multiples fronts : bases militaires américaines à Okinawa, bataille contre la construction de l’aéroport de Narita, occupation des universités par les étudiants… Ré-édités le plus fidèlement possible, les trois volumes sont également accompagnés d’un quatrième livret qui reprend les textes originaux des trois numéros, y compris ceux de Takahiko Okada, traduits en anglais et en chinois. Provoke – Complete Reprint of 3 Volumes est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions japonaises Nitesha, ainsi que dans les meilleures librairies.

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GEOFF MCFETRIDGE – COMING BACK IS HALF THE TRIP

L’œuvre de Geoff McFetridge porte sur la condition humaine. Il aborde l’existence et la sémiotique dans une perspective curieuse, pragmatique, poétique et personnelle. Ses peintures, dessins et sculptures tournent souvent (littéralement) autour de thèmes tels que le commencement et la fin, la relation et la compréhension, la perception, le transcendantal et l’inconscient. Mais dans le travail de l’artiste originaire de Calgary, ces thèmes humains courants sont explorés avec la légèreté d’un vocabulaire graphique intuitif. Complexe et dense tout en étant tout aussi fragile et épars, le langage visuel de McFetridge ressemble à la fois à de la danse et à de l’alpinisme : lourd en préparation, léger en exécution. Coming Back Is Half The Trip se compose d’une série de travaux préparatoires pour peintures et sculptures présentées dans sa quatrième exposition personnelle avec V1 Gallery / Eighteen à Copenhague, du 27 octobre au 24 novembre 2018. Le livre, publié par les éditions suisses Nieves à l’occasion de l’exposition, propose de nouvelles approches de la cognition. Geoff McFetridge s’aventure aux frontières du sens, nous entraînant avec lui dans un voyage que nous pouvons ressentir, mais qu’il est plus difficile de verbaliser. Un état d’esprit méditatif, empreint d’empathie, où nous sommes connectés au-delà du temps et des mots, en reconnaissance de notre existence complexe. Publié en décembre dernier, ce très beau livre de 112 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Nieves.

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CHAIR ANATOMY – DESIGN & CONSTRUCTION

Plus qu’aucun autre élément de mobilier, le siège a suscité les rêves les plus fous des designers. La courbe singulière d’un dossier, le galbe d’un pied, l’angle d’une assise ou la couleur de l’ensemble reflètent tous le souci esthétique d’une époque. Professeur de design de produits et de mobilier à l’Université des sciences appliquées de Rosenheim en Allemagne, James Orrom publie aux éditions Thames & Hudson Chair Anatomy – Design & Construction. Concepteurs et architectes, dont le travail s’articule autour de l’espace, du confort et de la fonction, s’efforcent depuis des siècles de fabriquer les chaises les plus parfaites – ou les plus insolites. La plupart des chaises, cependant, ne sont pas uniques, mais fabriquées en grandes quantités, pour être expédiées dans le monde entier, exposées et commercialisées. Nous ne voyons que le produit final et nous ne savons que très rarement comment notre chaise a été conçue. Grâce au travail minutieux de déconstruction et de réduction à leurs composants des chaises, Chair Anatomy – Design & Construction va au cœur de plus de cinquante designs iconiques de ces 150 dernières années : comment les pièces ont été conçues et produites pour s’assembler ; pourquoi un certain matériau confère une certaine qualité, une avancée fonctionnelle, ou un confort ; comment la structure de la chaise peut résister aux contraintes tout en étant élégante et économique à produire. On y découvre en détails des pièces cultes comme la Standard et l’Anthony de Jean Prouvé, la Chaise Longue et la Grand Confort de Le Corbusier, la DKR, la DSW, la LCW ou encore la PAW de Charles et Ray Eames… A la fin du livre – avec un glossaire des termes techniques et une bibliographie pour une lecture plus approfondie – se trouve une sélection des designers derrière les chaises présentées. Offrant une nouvelle perspective sur certaines des chaises les plus emblématiques dans l’histoire du design, cet ouvrage de référence est incontournable pour les passionnés comme pour les collectionneurs. Le livre de 240 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Thames & Hudson, ainsi que sur Amazon.com.

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