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ALEC SOTH – ADVICE FOR YOUNG ARTISTS

Alec Soth (1969) est un photographe américain, né à Minneapolis dans l’état du Minnesota. Il suit des études de peinture au Lawrence College dont il en sort diplômé d’art. À la suite d’une conférence donnée par le photographe Joel Sternfeld, il abandonne la peinture et opte pour la photographie. Son oeuvre puise sa racine dans la tradition de Walker Evans, Robert Frank et Stephen Shore. Sa représentation du quotidien fait apparaître la complexité d’une société américaine construite sur des idéaux d’indépendance, de liberté, de spiritualité, et d’individualisme. Les éditions britanniques MACK publient aujourd’hui son nouvel ouvrage intitulé Advice for Young Artists. Entre 2022 et 2024, Alec Soth a visité vingt-cinq programmes d’études artistiques de premier cycle à travers les États-Unis. Ce livre comprend les travaux qu’il a réalisés à cette occasion. Son titre – peut-être comme les visites elles-mêmes – est trompeur : plutôt qu’une sagesse ou des conseils, Soth propose une réflexion anguleuse et irrésolue sur la création artistique à différents stades de la vie et sur les relations entre la photographie, le temps et le vieillissement. Les photographies présentées ici vont d’études formelles évoquant la salle de classe à des œuvres d’expression personnelle plus indisciplinées. Des mises en scène ambiguës, des formes trouvées et des portraits lyriques sont entrecoupés de citations gnomiques et de crédos inachevés griffonnés sur des Post-it. Parmi les étudiants, Soth lui-même apparaît par intervalles, sage incertain au milieu d’eux. Inspiré par les derniers polaroïds de Walker Evans, ce récent corpus d’œuvres révèle une nouvelle expansion de la pratique de Soth et un nouveau point de vue, vingt ans après la publication de son premier livre. Rappelant le concept de Broken Manual, il utilise un format d’instruction comme une fausse couverture pour l’introspection et la provocation. Plus qu’une étude de l’expérience du jeune artiste, il s’agit d’une réflexion sur la perspective de devenir un vieil artiste. Soth explique: « Mon nouveau livre a un titre trompeur. Je n’ai pas de conseils à donner. Au lieu de jouer le rôle d’un sage aîné, ce livre est une tentative de me rappeler ce que j’ai ressenti lorsque j’ai découvert la création artistique. » L’ouvrage de 72 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions MACK.

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HARRY GRUYAERT – MOROCCO

Membre de l’agence Magnum depuis 1982, Harry Gruyaert décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation. Héritier de la tradition américaine incarnée par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, très influencé par le cinéma, Harry Gruyaert a su créer une palette chromatique extrêmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une manière de découper la lumière et ses ombres dans le cadre. Le photographe belge explique: « La couleur est plus physique que le noir et blanc, plus intellectuel et abstrait. Devant une photo en noir et blanc, on a davantage envie de comprendre ce qui se passe entre les personnages. Avec la couleur on doit être immédiatement affecté par les différents tons qui expriment une situation. » C’est en plongeant dans ses archives qu’Harry Gruyaert a redécouvert un grand nombre d’images qu’il avait faites au Maroc et qu’il avait oubliées. Depuis son premier voyage effectué en 1972, Harry Gruyaert n’a eu de cesse de revenir dans ce pays, à la recherche du choc initial ressenti : un accord splendide entre les formes, les couleurs, les gestes quotidiens des gens et la nature. Ce nouveau livre présente une suite de variations sur le même thème : l’envoûtement que ce pays exerce sur le photographe depuis son premier voyage. Du Haut Atlas au désert, des campagnes à Marrakech, Fès, Essaouira ou Erfoud, les images de Gruyaert constituent des théâtres imaginaires où s’exprime la fascination que ce pays exerce sur lui depuis plus de 50 ans. Mais ses photographies sont aussi paradoxalement très physiques. « Faire une photo, c’est à la fois chercher un contact et le refuser, être en même temps le plus là et le moins là. Sur le terrain, il s’agit d’une vraie “bagarre” avec la réalité, d’une sorte de transe pour enregistrer une image ou peut-être tout manquer. C’est dans cette bagarre que je me situe le mieux. » Près de dix ans après l’épuisement du mythique ouvrage Maroc, le design élégant de Morocco, publié par les Éditions Textuel, avec sa couverture toilée invite à une traversée sensorielle du Maroc à l’opposé des codes du photoreportage. Morocco est l’expression de cette tension particulière qu’éprouve le photographe, à mi-chemin entre l’exaltation et le ravissement. Le livre de 208 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des Éditions Textuel.

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IAN HOWORTH – A COUNTRY KIND OF SILENCE

Ian Howorth est un photographe actuellement installé à Brighton, au Royaume-Uni. Travaillant presque exclusivement sur pellicule analogique, son œil est attiré par la nature parfois kitsch des villes balnéaires anglaises. Ayant vécu dans différents endroits pendant son enfance, Howorth cherche à retrouver dans son travail la nostalgie de sa jeunesse, lorsqu’il se rendait en Grande-Bretagne avec son père. Son oeuvre s’inspire des pionniers américains de la photographie en couleur, Stephen Shore et William Eggleston, ainsi que d’artistes européens tels que Luigi Ghirri. Il s’inspire de ces langages visuels pour explorer le paysage unique du Royaume-Uni, souvent avec des juxtapositions pleines d’esprit qui rappellent les premiers travaux de Martin Parr. Le sens immaculé de la composition de Howorth attire l’attention sur les détails perdus du quotidien ou du banal. Les éditions britanniques Setanta Books publient aujourd’hui son troisième ouvrage intitulé A Country Kind of Silence. Le photographe y explore la perspective visuelle de l’Angleterre, les lieux physiques et les paysages en relation avec le temps, du point de vue d’un individu qui n’est pas originaire de ce pays. Howorth explique : « Je pense que le fait de ne pas être originaire d’un endroit vous permet de le voir légèrement différemment, presque comme s’il contrastait avec quelque chose d’autre plutôt que d’être simplement regardé de manière singulière. (…) Je veux célébrer cette période de transition que connait actuellement la Grande Bretagne avec des images qui montrent un calme tranquille, un moment de silence capturant divers éléments du passé avant qu’ils ne soient perdus et oubliés. » Ce superbe ouvrage de 156 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Setanta Books.

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WILLIAM EGGLESTON – MYSTERY OF THE ORDINARY

william eggleston

À l’ocassion de la grande rétrospective consacrée au photographe américain William Eggleston au musée C/O Berlin (du 28 janvier au 4 mai 2023), les éditions Steidl publient Mystery of the Ordinary, un magnifique catalogue de l’exposition. Au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de cinq décennies, William Eggleston a été reconnu pour avoir, presque à lui seul, élevé la photographie couleur au rang d’œuvre d’art. Avec Stephen Shore et Evelyn Hofer, Eggleston a été l’un des premiers photographes à reconnaître le pouvoir distinctif de la couleur et sa capacité unique à créer des images qui remettent continuellement en question le quotidien. Un bouquet bleu sur la porte d’une maison, une façade colorée, un plafond peint en rouge sang éclatant : l’intensité de la couleur et la sensibilité constante d’Eggleston à son égard constituaient à elles seules une provocation formelle et analytique. Eggleston reconnaissait la beauté et le mystère dans le quotidien et imprégnait ses images d’un élément de mystère, rendu particulièrement visible par la relation unique de la couleur avec la perception. Sa fascination pour la visualité poétique du Sud américain l’a poussé à étudier son environnement immédiat, même si, au cours de sa carrière, il s’est aventuré à travers les États-Unis et le monde entier, toujours muni de son appareil photo et appliquant le même discernement à tout ce qu’il photographiait. Sa réputation de pionnier de la photographie couleur s’est ainsi répandue dans le monde entier. Mystery of the Ordinary présente l’ensemble de l’évolution et de l’héritage d’Eggleston : de ses premiers travaux en noir et blanc de la fin des années 1950, dans lesquels nous assistons à la découverte et à l’exploration de thèmes et de cadrages non conventionnels, jusqu’à certaines de ses images couleur les plus emblématiques. Le livre de 208 pages vient juste de sortir et est dès maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions allemandes Steidl.

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HARRY GRUYAERT – BETWEEN WORLDS

harry gruyaert

Membre de l’agence Magnum depuis 1982, Harry Gruyaert décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation. Héritier de la tradition américaine incarnée par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, Harry Gruyaert a su créer une palette chromatique extrêmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une manière de découper la lumière et ses ombres dans le cadre. Le photographe arpente, depuis plus de quarante ans, le monde en quête de la lumière décisive. Son rapport très intuitif et physique aux lieux immerge le spectateur dans un univers qui emprunte à la fois au monde du cinéma et à celui de la peinture.  » Une bonne photo est une photo qui dit beaucoup de choses sur le lieu et le moment où elle a été faite « , précise le photographe. L’espace donc – sa complexité, la perception que nous en avons, sa plasticité – est à l’égal de la couleur une composante majeure des images de Gruyaert, comme si la dualité entre couleur et spatialité – sujet majeur des beaux-arts des siècles précédents – se dissolvait pour au final créer une oeuvre où seul importe le plaisir de l’immersion. Basculer dans l’image, dissoudre les frontières entre espaces extérieurs et intérieurs, monde clos ou au contraire ouvert sur l’ailleurs : Between Worlds , son nouvel ouvrage publigé par l’Atelier EXB offre une immersion sensorielle. Peu importe les lieux (boutiques, gares, cafés, métros, chambres d’hôtel, centres commerciaux…), les pays (Europe, Moyen-Orient, Asie, États-Unis, Afrique…), l’époque (des années 1970 à aujourd’hui), le photographe déploie ici l’essence même de son écriture visuelle : une alchimie lumineuse dans un temps suspendu. Où sommes-nous ? Peu importe, seul règne le délice de se perdre. Un texte de David Campany examine la démarche et le positionnement singulier du photographe qui se situe « dans l’espace du seuil (où) nous sommes en équilibre, ni dedans ni dehors, présents mais dans aucun des deux endroits ». Le livre de 144 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Atelier EXB.

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ALEC SOTH – A POUND OF PICTURES

alec soth

Les photographies d’Alec Soth puisent leurs racines dans la tradition de Walker Evans, Robert Frank et Stephen Shore. Sa représentation du quotidien fait apparaître la complexité d’une société américaine construite sur des idéaux d’indépendance, de liberté, de spiritualité, et d’individualisme. Son nouvel ouvrage intitulé A Pound of Pictures, publié par les éditions britanniques MACK, est une célébration du flux de conscience du médium photographique, réunissant une nouvelle série inédite d’œuvres réalisées entre 2018 et 2021. Grand collectionneur de clichés de particuliers qu’il acquiert dans des brocantes ou sur eBay, le photographe explique: « Je rassemblais ces objets, je les regardais simplement et je réfléchissais à ce médium. Sur ce que cela signifie d’être un photographe, et sur les différentes façons dont les photographies vivent dans le monde. » Dépeignant un éventail de sujets très varié – statues bouddhistes, ornithologues ou de chercheurs de soleil, bustes d’Abe Lincoln – ce livre réfléchit au désir photographique d’épingler et de cristalliser le vécu et les expériences, en particulier lorsqu’ils sont représentés par des images imprimées. Dans cette séquence éclectique, on retrouve les présences récurrentes de l’iconographie, des souvenirs et des mémoires, et des créateurs d’images qui nous entourent au quotidien. Les photographies de Soth sont suivies de ses propres notes et réflexions dans une longue postface, formant ainsi un voyage sinueux et ruminatif. « Si les photos de ce livre parlent d’autre chose que de leurs surfaces chatoyantes, écrit-il, elles parlent du processus de leur propre création. Il s’agit de pénétrer dans un monde extatiquement spécifique et de créer un lien entre l’éphémère (la lumière, le temps) et le physique (les yeux, le film)”. Le livre de 156 pages, contenant cinq reproductions aléatoires de photographies vernaculaires insérées au hasard des pages, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions MACK.

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AMERICAN GEOGRAPHY : PHOTOGRAPHS OF LAND USE FROM 1840 TO THE PRESENT

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American Geography : Photographs of Land Use from 1840 to the Present est le nom du nouvel ouvrage édité par Sandra S. Phillips et Sally Martin Katz, et publié par les éditions américaines Radius Books. Des premiers clichés photographiques de l’habitat humain aux images aériennes et numériques les plus récentes, du désert pratiquement inhabité et des territoires montagneux isolés à la prolifération des banlieues et aux villes densément peuplées, cette publication offre une perspective de plus en plus subtile du paysage américain. Organisées par région, ces photographies montrent comment différentes histoires et traditions d’utilisation du territoire ont donné lieu à différentes transitions culturelles : des prairies du Midwest et des traditions agricoles du Sud aux systèmes fluviaux du Nord-Est, en passant par les défis et les richesses environnementales du Grand Ouest. American Geography offre une étude complexe et stimulante qui présente des œuvres de Robert Adams, Dawoud Bey, Barbara Bosworth, Debbie Fleming Caffery, William Eggleston, Mitch Epstein, Terry Evans, LaToya Ruby Frazier, Emmet Gowin, Lee Friedlander, Dorothea Lange, An-My Lê, Trevor Paglen, Wendy Red Star, Mark Ruwedel, Victoria Sambunaris, Stephen Shore, Alec Soth et Carleton E. Watkins, entre autres. On y retrouve également des essais signés Beverly Dahlen, Hilary Green, Layli Long Soldier, Barry Lopez, Jenny Reardon, Richard White et Richard B. Woodward. Ce magnifique ouvrage de 404 pages est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Radius Books, ainsi que sur Amazon.com.

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ARNAUD MONTAGARD – THE ROAD NOT TAKEN

arnaud montagard

Arnaud Montagard est un jeune photographe originaire de Nancy, qui vit et travaille à Brooklyn depuis 2013, et qui s’est rapidement spécialisé dans la photographie de rue. Plébiscité sur le net et les réseaux sociaux (@arnaudmontagard), et reconnu par le milieu avec plusieurs trophées remportés dont notamment celui d’un concours national, le photographe continue de voyager à travers le monde afin de capturer l’énergie et la vie d’autres lieux. Travaillant beaucoup sur la lumière, jouant d’une grammaire esthétique maitrisée, sa nouvelle monographie,The Road Not Taken, publié par les éditions britanniques Setanta Books, est un voyage au cœur de l’Amérique profonde. Elle incarne les icônes américaines de notre imaginaire collectif. De la country de Johnny Cash aux lumières de Saul Leiter, les ambiances sublimées par le peintre Edward Hopper aux clichés de Stephen Shore et William Eggleston, le livre est un hommage à ces artistes qui ont façonné le mythe américain. Des enseignes commerciales dans des polices de caractères dépassées. Vieux motels, restaurants, stations d’essence rurales. Des voitures dont la carrosserie s’étire en longueur et en hauteur comme la route pour laquelle elles ont été construites… Montagard déclare à propos de l’ouvrage: « J’aime le fait que l’on puisse se demander à quelle période la photo a été prise. On y retrouve une sorte d’intemporalité et surtout une invitation à la décélération. Au cours de la réalisation de ce projet, j’ai commencé à photographier en numérique. Puis, petit à petit, je me suis mis au moyen format argentique, j’apprenais à prendre le temps. » Publié dans une édition limitée à 750 exemplaires, The Road Not Taken (avec sa préface signée Leah Ollman du Los Angeles Times) est actuellement en rupture de stock sur la boutique en ligne des éditions Setanta Books. Quelques copies en édition limitée de ce superbe ouvrage seront disponibles en fin d’année (plus d’informations sur cette page).

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MAGNUM SQUARE PRINT SALE 2019 – HIDDEN

La Magnum Square Print Sale ‘Hidden’, en partenariat avec Aperture, se déroule du lundi 28 octobre à 8h EST au vendredi 1 novembre 2019 à minuit EST. Les photographes et les estates de Magnum puisent dans leurs archives pour choisir une seule image qui reflète les enjeux, les pratiques de travail et les signatures visuelles qui ont fait la réputation des membres du collectif au cours de leur carrière. Le thème explore ce que le photographe voit, qui est sinon caché. Depuis ses débuts, la photographie a fonctionné en partie comme un moyen de montrer ce qui n’est ni accessible ni visible pour la majorité d’entre nous, ainsi que de mettre en lumière ce qui nous entoure et qui est autrement négligé. Des sociétés lointaines aux « fraternities » d’élite, des lieux isolés aux objets si communs que nous ne nous arrêtons pas pour les regarder, les photographies révèlent des choses, des lieux et des vies cachés. Les artistes, eux aussi, décrivent souvent leurs propres espaces privés et leur vie intérieure comme faisant partie intégrante de leur travail. Chaque photographe participant offre sa propre interprétation du thème. La vente comprend plus de 100 tirages réalisés par certains des plus grands photographes de notre époque, dont Susan Meiselas, Don McCullin, Stephen Shore, Alex Webb, Todd Hido, Daido Moriyama, Bruce Davidson, Mary Ellen Mark, Joel Meyerowitz et Justine Kurland parmi d’autres. Les tirages, 15,2×15,2cm, de qualité muséale, signés ou tamponnés par l’estate, sont en vente pour 5 jours seulement, à $100 sur le site shop.magnumphotos.com.

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JOACHIM BROHM & ALEC SOTH – TWO RIVERS

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À l’occasion de l’exposition Two Rivers des photographes Joachim Brohm et Alec Soth au NRW-Forum Düsseldorf (du 29 mars au 7 juillet 2019), les éditions Koenig Books publient un très beau catalogue. Ce dernier se concentre sur la série Sleeping by the Missisippi (2000-2004) d’Alec Soth et la série Ruhr (1980-1983) de Joachim Brohm, qui présentent toutes deux des personnes en bordure de rivière. Brohm, qui a étudié à la Folkwang Hochschule, est un artiste visuel qui s’exprime à travers la photographie. Soth est quant à lui un photographe documentaire lyrique dans la tradition de Robert Frank, Stephen Shore et Joel Sternfeld. Une vision documentaire-artistique unit les deux photographes, et les distingue comme des documentaristes sensibles de leur environnement social. Une sélection d’œuvres issues d’autres séries est également présentée dans le catalogue, comme Ohio, Culatra et des extraits du nouveau projet de Brohm, Dessau Files, ainsi que Songbook et Niagara d’Alec Soth, et permettent d’avoir une vue plus large des œuvres des deux photographes. La série de portraits Flash Ohio de Brohm, publiée pour la première fois exactement 35 ans après sa création, occupe également une place particulière dans le livre. L’ouvrage de 176 pages, accompagné d’essais signés Ralph Goertz, Vince Leo et Wolfgang Ullrich est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Koenig Books, ainsi que sur Amazon.com.

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ALEC SOTH – I KNOW HOW FURIOUSLY YOUR HEART IS BEATING

alec soth

Les photographies d’Alec Soth puisent leurs racines dans la tradition de Walker Evans, Robert Frank et Stephen Shore. Sa représentation du quotidien fait apparaître la complexité d’une société américaine construite sur des idéaux d’indépendance, de liberté, de spiritualité, et d’individualisme. Tirant son nom d’un vers du poème The Gray Room de Wallace Stevens, le dernier ouvrage du photographe américain – publié par les éditions britanniques Mack – est une exploration lyrique des limites de la représentation photographique. Bien que ces clichés grands formats en couleurs soient réalisés dans le monde entier, elles ne concernent pas un lieu ou une population en particulier. Par un processus d’engagement intime et souvent prolongé, les portraits et images que Soth réalise de l’environnement de ses sujets impliquent une étude sur la façon dont une représentation photographique peut dépeindre plus que la surface extérieure d’un individu, et peut-être même sonder les profondeurs de l’inconscient à la fois chez le photographe et le sujet. Alec Soth explique: « Après la publication de mon dernier livre sur la vie sociale en Amérique, Songbook, et une rétrospective de mes quatre grands projets américains, Gathered Leaves, je suis passé par une longue période de réflexion sur mon processus créatif. Pendant plus d’un an, j’ai cessé de voyager et de photographier les gens. Je ne prenais presque plus de photos. Quand je suis revenu à la photographie, j’ai voulu dépouiller le médium pour le ramener à ses éléments fondamentaux. Plutôt que d’essayer de faire une sorte de récit épique sur l’Amérique, je voulais simplement passer du temps à regarder les autres et, je l’espère, entrevoir brièvement leur vie intérieure. Afin d’essayer d’accéder à ces vies, j’ai fait toutes les photos dans les espaces intérieurs. Bien que ces pièces existent souvent dans des endroits éloignés, c’est seulement pour souligner que ces photos ne concernent aucun endroit en particulier. Qu’une photo soit prise à Odessa ou à Minneapolis, mon but était le même : simplement passer du temps en présence d’un autre cœur qui bat. » Ce magnifique livre de 84 pages, qui se referme avec un entretien entre l’artiste et la romancière anglaise Hanya Yanagihara, est maintenant disponible sur la boutique en ligne des éditions Mack, ainsi que sur Amazon.com.

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ALEC SOTH – NIAGARA

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Les photographies d’Alec Soth puisent leur racine dans la tradition de Walker Evans, Robert Frank et Stephen Shore. Sa représentation du quotidien fait apparaître la complexité d’une société américaine construite sur des idéaux d’indépendance, de liberté, de spiritualité, et d’individualisme. Après le succès de sa première monographie Sleeping by the Mississippi (voir notre article ici), acclamée par la critique, le photographe américain s’est tourné vers un autre plan d’eau emblématique, Niagara Falls. Comme pour ses photographies du Mississippi, celles sur le Niagara évoquent moins les merveilles de la nature que la complexité des désirs humains. «Je suis allé à Niagara pour les mêmes raisons que les jeunes mariés et les suicidaires, explique Soth. Le tonnerre implacable des Chutes suscite de grandes passions.» Ces photographies, prises pendant une période de deux ans du côté américain et canadien des chutes, à l’aide d’un appareil photo grand format 8×10, sont minutieusement composées et richement détaillées. Alec Soth s’attaque tout autant à un monument du paysage américain qu’à la destination emblématique de la lune de miel pour des générations d’amoureux. Aux paysages grandioses des chutes, il associe des portraits de couples et des vues de parkings de motels. On y voit des couples enlacés, à moitié nus, des alliances de prêteurs sur gages, des parkings, coins de rues et autres lieux déserts, que rendent encore plus poignants les lettres d’amour, maladroitement écrites par certains de ces couples, qui parsèment l’ouvrage. «J’ai trouvé, en travaillant sur la série Niagara qu’elle parlait en fait d’un nouvel amour et d’une nouvelle romance. Cette chute d’eau puissante et destructrice, un lieu qui attire les suicidaires, pourquoi l’utilisons-nous comme métaphore pour les amours nouvelles ? Il y a aussi un rapport avec le film Niagara avec Marilyn Monroe. Elle joue une nouvelle mariée et essaie de tuer son époux qui lui est infidèle. Ces thèmes sont présents dans ma série, donc il y a un rapport avec le risque et le danger. Je crois que l’amour neuf est dangereux et décevant.» La passion et la désillusion sont omniprésents dans le Niagara de Soth, qui offre un portrait saisissant de l’amour moderne et de ses conséquences. Publié pour la première fois en 2008, cette nouvelle édition réalisée par les éditions britanniques Mack est maintenant disponible sur leur boutique en ligne, ainsi que sur Amazon.com.

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